Un an après sa mort, Nicolas Ker ressuscité

Le 17 mai 2021, le corps de Nicolas Ker, âme d’une grande partie du rock destructeur des années 2010 et symbole à lui tout seul de la flamboyance d’une fusée s’auto-détruisant dans le ciel, s’éteignait. Un an après cette mort subite, et histoire de rappeler à l’industrie qu’on ne fera plus jamais deux chanteurs comme ça dans le même moule, le label Pan European exhume un inédit des sessions de l’album « Les faubourgs de l’exil ». Ca s’appelle La mémoire perdue à nouveau, et c’est beau comme du Jim Morrison en Bretagne.
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L’ennui Kevin Morby

Dans la musique comme dans l’industrie, on n’aime pas taper sur du plastique mou. Une raison qui explique certainement pourquoi tous les albums du troubadour dylanien sont régulièrement encensés quand bien même le folk-rock de Morby ressemble aux tapisseries trouées de l’Amérique des années 60, en couleurs Super 8. Une inquiétante et lente nostalgie, à peine plus rapide que Joe Biden lancé dans un 100 mètres, et qu’on retrouve parfaitement exprimée sur le septième album de l’endormeur, « This is a photograph ».
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Rupture d’anévrisme pour Brain Magazine

Pendant 15 ans, le média fondé aura été l’emblème de « l’intellol », un endroit numérique un peu à part dans le paysage médiatique français, comme une sorte de petit-fils fini à l’urine (couleur or) d’Actuel, Vice et de ce qu’on n’appelait pas encore l’humour des réseaux sociaux. Aujourd’hui, Brain s’auto-débranche pour des raisons expliquées ci-dessous par sa fondatrice de l’ombre Anais Carayon. Le signe inévitable de la fin d’une époque d’insouciance sur internet, et qui pose d’autres questions plus profondes sur le devenir même des médias indépendants.
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Avec ‘’Lack of Imagination’’, Rottier prouve qu’il est plus post-punk que Phil Collins

Quand il est question de batteur capable de cogner des baguettes comme un micro, bref, d’une sorte de montée en ligue 1 quand on joue à l’AS Montbéliard, le nom de l’affreux chauve en chaise roulante ayant traumatisé la jeunesse des années 70 avec Genesis est souvent évoqué – même dans le titre de cet article. Mais que cela ne vous détourne pas du premier album de Guillaume Rottier, lui-même batteur et auteur d’un premier album qui contrairement à ce que son nom indique, déborde d’imagination.
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MNNQNS en session électrique sur « Massive Clouds Ahead »

Avec la crise en Russie, on savait déjà que la France allait manquer d’essence, mais personne n’avait prévu que le compteur électrique souffrirait lui aussi avec le deuxième album des Rouennais de MNNQNS, aussi électrique que le premier, mais plus que jamais à placer dans la mince liste des albums français à caler entre ceux de The Horrors et NIN. Des guitares, évidemment, mais aussi des tripatouilages l’électronique et une toque sur la tête : c’est parti pour une session en studio avec l’un des meilleurs titres de « The Second Principle » : Massive Clouds Ahead.
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‘’Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme’’, chef d’œuvre cinglé d’Astéréotypie  

Avec son troisième album écrit en chelou dans le texte, le collectif Astéréotypie réussit l’exploit de partir d’un un rêve éveillé avec un acteur américain millionnaire pour accoucher du meilleur album de rock français de ce début d’année 2022, et tout cela  avec le budget d’une PME en faillite. Une grosse dragée pour toute la concurrence, et qui rappelle qu’en art brut, la normalité est une insulte.           
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La société est étrange, mais Société Étrange l’est encore plus

Une plaque de vomi bicolore recouvrant un lingot d’or ayant transité par l’Allemagne et les Tropiques. A regarder ce qui s’apparente à l’une des pochettes les plus laides de l’an 2022, c’est la première image qui vienne à propos de « Chance », deuxième album du groupe Société Étrange fraichement publié chez Bongo Joe et qui, en seulement 6 titres, redonne à la transe ses lettres de noblesse en lorgnant plus du côté de CAN que du côté des cracheurs de feu altermondialistes.
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Une discussion pas répétitive avec Gavin Bryars

Il faut croire que certains genres musicaux se prêtent mieux à la postérité que d’autres : Alors que la date de péremption sur les disques « rock » affiche la trentaine maximum, au risque d’une indigestion, les compositeurs de l’école dite minimaliste, qui englobe finalement trop d’artistes et de sous-genres pour qu’on en délimite clairement les contours, semblent rajeunir avec l’âge. C’est le cas de Gavin Bryars, 79 ans, et dont la musique résonne encore comme les cordes de sa contrebasse. Rencontre avec l’Anglais au sourire fuyant, à l’occasion de son passage à Paris en mars dernier, pour un long entretien en français dans le texte.
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‘’Christophe, de jour comme de nuit’’ : un tribute à la fois beau et bizarre

Des « Paradis perdus » aux « Vestiges du chaos », le concept de ruines a toujours habité l’œuvre de Christophe. Et c’est à travers ce désormais mausolée post-moderne, autant composé de colonnes romaines que de Ferrari en warning et de jukebox à lampes, que le collectif français Deviant Disco propose une virée nocturne avec 11 reprises à la fois inégales mais parfois, aventureuses.
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Avec son super single « Zodiac », Baston veut faire saigner des gencives

Du groupe Baston, on avait gardé comme une légère trace, un cocard à peine effacé par trois ans de silence depuis la sortie de « Primates » en 2019. Trois ans plus tard, les Bretons remettent ça sur un deuxième album, « La Martyre », parfaitement introduit par Zodiac, un titre de new-wave cogne-dur qui semble faire le lien invisible entre XTC et Beak. 
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Melaine Dalibert, un pianiste qu’il est bien pour ceux qui aiment le piano

Que vaut la parole d’un pianiste français dans la quarantaine dans un monde algorithmique où tout se mélange, dans lequel Kanye West peut sampler sans rire King Crimson et où le rap, bon comme mauvais, invisibilise ce qui s’apparente désormais à des sous-genres ringardisés ? C’est à cette question que Mélaine Dalibert répond, sans mots, avec son premier disque chez Ici d’Ailleurs. Seul bémol : il faudra s’armer de patience ; « Shimmering » dure plus longtemps qu’une séance chez le coiffeur.
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Le roman-photo de Ruth, 40 ans après

C’est l’histoire d’un disque vendu à 50 exemplaires à sa sortie et qui, refusant l’époque à laquelle il est né, aura mis 40 ans pour enfin renaitre dignement avec un repressage ces jours-ci chez Born Bad. Fairplay, Thierry Müller, rescapé de sa propre aventure revient pour Gonzaï sur la trajectoire de comète du seul album de Ruth, « Polaroid / Roman / Photo ». 
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Etienne Jaumet, sur tous les fronts

Certains l’ont découvert en train de jouer du sax au Stade de France avec les Red Hot Chili Peppers, d’autres avec l’un des groupes français les plus sous-estimés du début des années 2000 (The Married Monk), d’autres racontent avoir pris 15 litres de flotte sur la gueule lors de ses concerts avec Zombie Zombie et certains même racontent l’avoir vu dans le vercors en train de sauter à l’élastique. Etienne Jaumet, 52 ans, semble bien parti cette année pour devenir le Damon Albarn du chelou avec déjà 2 albums annoncés, dont l’un formidable, aux côtés de Fabrizio Rat.
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Les médias musicaux sont-ils tous devenus des prestataires de service ?

La lente désaffection actuelle des médias, qui s’accompagne depuis plusieurs années d’une décrédibilisation chez les plus vieux et d’un immense désintérêt chez les plus jeunes, n’épargne pas les médias musicaux. Alors que le nombre de titres spécialisés disponibles en kiosque fond comme neige au soleil, le jeu algorithmique des réseaux sociaux semble aujourd’hui aussi tuer progressivement les médias numériques, désormais condamnés à être « partagés » par les artistes ou groupes pour continuer d’être visibles. Un comble. Mais surtout un syndrome de Stockholm dangereux qui sonne comme un ad lib dangereux pour toute une profession. Ou ce qu’il en reste.
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Kid Loco, toujours loco

Il faut être avoir un trou dans le casque pour sortir un album de reprises des années 60 en 2022. Surtout quand l’homme derrière ce projet a fait ses débuts dans le punk plutôt radical avec Bondage Records. Surtout quand le mec en question s’est ensuite spécialisé dans le trip hop et la musique dite « un peu électronique ». Sauf que le type qui nous fait face aujourd’hui semble un peu s’en foutre de tout, des conventions comme des étiquettes musicales. Depuis presque 40 ans, Jean-Yves Prieur conduit sa loco émotive sur différents chemins et ouais, il continue de penser que ce « Born In The 60’s » était une bonne idée. Allons vérifier ça.
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Dominique Paturel, une voix définitivement off

C’était l’ombre dans le miroir, le second rôle invisible, l’une des voix les plus entendues pendant votre enfance et c’était, enfin, aux côtés de Roger Carrel, l’un des plus grands doubleurs français. À 90 ans, Dominique Paturel, l’homme derrière Hannibal dans l’Agence Tous Risques, David Vincent des Envahisseurs ou JR de Dallas, s’est éteint comme une partie des séries films qu’il aura doublé, toujours sans accrocs. L’entretien qui suit date de 2018, année où il refaisait vibrer ses cordes vocales une dernière fois pour un superbe concept album, « Fantaisies stellaires », avec l’histoire d’un astronaute perdu dans l’espace. 
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Elzo Durt, l’homme à tête de chou de Bruxelles

Bruxelles : ses frites, son Atomium et son dessinateur complètement freak, Elzo Durt. A 41 ans, le graphiste-artiste le plus cinglé de la Grand-Place bénéficie enfin d’une expo plus grosse que le zizi du Manneken-Pis, et c’est l’occasion pour les novices de rentrer dans cet univers siphonné peuplé de monstres SF, d’anges divinement trépanés et de collages baroques. Et si l’héritier de Magritte sous acides, c’était lui ? 
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Transversales, un label carrément oblique

La légende raconte que le mythique label Shandar, fondé au début des années 70 et à l’origine des premiers albums de Philip Glass, Dashiell Hedayat, Sun Ra ou encore Terry Riley, mit la clef sous la porte après l’inondation d’une cave où était entreposée le stock des disques reliques. Si l’info est en partie fausse (voir pour cela notre papier sur cet Ovni discal), elle aura indirectement donné naissance à la maison Transversales. Quarante ans après la mort de Shandar, Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat prolongent à leur façon l’amour de la musique instrumentale grâce à des rééditions prodigieuses qui, une fois encore, rendent hommage à la parenthèse harmonique que furent les années 70. 
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Brace ! Brace ! signe un retour tout en grâce, grâce

Il faut un certain courage mégalomaniaque pour rajouter des points d’exclamation dans le nom de son groupe de rock. D’autres avant eux ont essayé sans succès (qui se souvient de !!! ?), mais les Français de Brace ! Brace ! ont au moins le mérite d’avoir des idées en plus d’avoir des envies. On retrouve un peu de tout cela sur « Care », deuxième album qui arrive 4 ans après le succès critique d’un premier album salué par l’ensemble de la profession indie écoutant encore des albums (soit environ 25 personnes). Tout de suite, un nouvel extrait en exclu sur Gonzaï ! Gonzaï !
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