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NOIR BOY GEORGE
Metz noire pour nuit blanche

La gare de Lyon et sa chaleur écrasante vers une destination à la chaleur encore plus écrasante, gare Saint Lazare en manteau noir pour une petite virée proustienne en Normandie ; Trouville, Cabourg, les plages du débarquement. La gare du Nord encore, ses trains de banlieues chauds, ses promesses de drogue vers le nord ou Londres voir de la famille. Mais surement pas la gare de l’Est, ce vortex vers quoi d’ailleurs ? C’est grand, l’est. Ca peut nous mener loin. Vers une base militaire de RFA pour un pauvre appelé des années 90, tirant nerveusement sur sa cigarette, déambulant sur les quais déguisé en militaire. Vers un camp en Pologne. Vers Lagny, ou Meaux, toute la Seine et Marne. Histoire de gens qui s’aiment jusque dans les fourrées de sous-bois sans passants, avec la mort au bout du rendez vous d’amour. Des gens qui s’engueulent sous les caméras de confession intime. Beaucoup de cimetières militaires. Et la Grande triple Alliance Internationale de l’Est. Noir Boy George raconte.
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ASAP FERG
Trap Lord

En Arizona, en Oklahoma ou en Virginie, la Corrections Corporation of America, entreprise pénitencière privée, a négocié avec les autorités des clauses d’occupation garantissant au système judiciaire un taux d’occupation des cellules de 100%, et ce indépendamment de l’évolution de la criminalité. La justice comme business, le jeune noir (40% des détenus pour 13% de la population générale) comme chair à prison et des armes à foison, pris dans la nasse. C’est dans ce merdier que prospère le « Trap Lord », le seigneur du piège que chante A$AP Ferg.
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COOLIO
Nouvelles du paradis des gangsters

La carrière de Coolio est semblable à un iceberg dont la partie émergée n’aura été percutée que par la micro-génération 80-81, celle qui était en classe de troisième lorsque sorti “Gangsta’s Paradise”, et dont le passage en boucle allait infester à tout jamais les oreilles immatures. Pour les plus anciens il ne s’agissait que d’une reprise de Stevie Wonder, pour les générations suivantes ça sera simplement un titre d’Eminem.
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La playmate du mois
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LA BATAILLE DE SOLFERINO
Le jeu des partis (pris)

Dés que Vincent Macaigne apparaît à l’écran, nous savons qu’il va dévorer le film. Une présence à la fois burlesque et envahissante qui traversera le film en emportant tout sur son passage. Voilà « La bataille de Solferino », c’est le deuxième tour de l’élection présidentielle. Hollande va battre Sarkozy et Vincent est bien décidé à rendre visite à ses enfants tandis que leur mère, journaliste I-Télé, doit filer pour couvrir l’évènement.
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YANNICK HAENEL
Les Renards pâles

« Cercle » était le récit d’un saut dans l’existence, celui de Yannick Haenel abandonnant travail, femme et RER C direction Versailles sous l’injonction d’une voix lui grondant « c’est maintenant qu’il faut reprendre vie ». C’était station Champs de Mars, septième arrondissement. Le voici quelques années plus tard de retour dans «Les Renards pâles », semi-clochard dans sa voiture garée rue de Chine, 20ième arrondissement, à l’autre bout de Paris. Dérive de Saint Germain des Prés vers les quartiers populaires, effet collatéral de l’augmentation du prix de l’immobilier sur la littérature française. Qu’on ne dise pas qu’elle n’entretient plus de rapport avec le réel. Elle se fait même ici politique.
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SATANISME DANS LE ROCK
Histoire d’un mythe

Si Satan était vraiment une ordure, il ne passerait pas son reste d’éternité à mâchonner les trois plus grands traîtres de l’histoire – Judas, Brutus et Caïus – au neuvième sous-sol des enfers : il leur servirait des cocktails en leur disant : « bravo les gars ». Pourtant, voilà des siècles qu’on lui donne le mauvais rôle : celui de procureur, celui qui s’acharne sur les pauvres hères lors des leurs comparutions immédiates, celui de gardien de prison, tortionnaire à ses heures. Mais il ne juge en rien, le juge ce n’est pas lui c’est l’autre. Le mauvais rôle, le mauvais job. Donnez lui une guitare, il chantera du blues. La réédition de « Satanisme et sorcellerie dans le Rock » au Camion Blanc chante cette histoire.
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A$AP ROCKY
The birth of the Swag

Il aura suffit de quelques liens entre d’obscurs blogs de rap pour faire sortir du néant A$AP Rocky. Découvert sur le Tumblr de Eastsidestevie via le titre Purple Swag, l’internet est crate diggé par une équipe organisée autour du blog français Pure Baking Soda afin d’en tirer une mixtape nommé par leurs soins Deep Purple. Du gros son “chopped and screwed alien” produit par Clams Casino, assemblage de samples volés sur des sites de partage illicites et balancés gratuitement directement via la plus grosse maison de disque du monde : Youtube.
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GUILLAUME DUSTAN
Oeuvres tome 1 : L’enfer de Dante

« J’ai pensé – c’est l’enfer de Dante et j’ai foncé dedans ». La référence peut paraître indigente mais c’est probablement dans cet état d’esprit que Guillaume Dustan, initial G. D. pour Génie Divin, abordait à la fois sa vie et la littérature, avec peut-être l’ambition d’écrire un triptyque intitulé « Odyssée du sexe » qui pourrait se lire comme une Divine Comédie où la tripartition cartographique Enfer- Purgatoire-Paradis serait remplacée par L’Enfer, la Loco et le Keller. L’édition d’un premier volume nommé “Oeuvres” par P.O.L ressort l’écrivain de son tombeau infernal.
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COBRA
Une carrière au service du socialisme

Tandis que les affaires décapitent gouvernement, entreprises du CAC 40 et hauts magistrats, que le chômage monte et que les partis catilinaires appelant à la dissolution de la cinquième république pèsent en cumulé électoralement plus lourd que les partis gouvernementaux, il aura pu sembler étonnant à certains que le gouvernement de monsieur Ayrault préfère concentrer ses efforts sur la légalisation du mariage gay ou l’installation d’une salle de shoot à la Chapelle. Pas à ceux qui savent que le programme du parti socialiste est officieusement d’inspiration sataniste, et qu’il a été écrit par le groupe Cobra.
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FRED (1931-2013)
Le train où vont les choses

Nous mettons en garde les enfants contre beaucoup de choses. Les voitures, le froid, les loups et même les cacahuètes. Mais nous négligeons de les avertir quant aux rêves. Alors ils se réveillent et pleurent et nous ignorons pourquoi. Mais que pourrions nous leur dire ? Le rêve ne précède t-il pas l’existence au monde ? Ne doit pas on d’abord s’extraire de la gangue onirique intra-utérine. Le rêve précède l’éveil. Il est déjà trop tard pour les prévenir. Mais nous pouvons encore leur apprendre à rêver. Et pour cela il y a Philémon.

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JOHN CALE
Shifty adventures in nookie wood

“Shifty adventures in nookie wood”, cela sonne comme une aventure de Link en pays d’Hyrule, avec peut être la promesse d’une princesse Zelda un peu plus dépravée qu’à l’accoutumée. Il s’agit pourtant du dernier album de John Cale, le grand architecte de quelque un des plus grands chefs d’oeuvre de la musique contemporaine. Il faudra pourtant vite déchanter, tant l’album semble aussi moderne qu’une Nintendo 8 Bit. Shifty adventures ? Il y un “f” en trop.
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COCTEAU TWINS
Les enfants terribles

1982, Robert Smith annonçait en clôture du rétrospectivement optimiste album Pornography : “I must fight this sickness, find a cure”. Quelques mois plus tard, il avait visiblement trouvé la solution et offrait à son public le titre “Let’s go to bed”, de quoi devenir encore moins convainquant que sa propre parodie par les Inconnus – nos Monthy Pythons français. En définitive, les goths n’avaient plus qu’à se retourner dans leur tombe. Ensuite tout s’enchaîna très vite. Bowie sortit “Let’s Dance”, New Order “Blue Monday”, et le compact disc fut lancé sur le marché anglais, contribuant à faire des années 80 l’enfer dont nous nous souvenons encore. Heureusement, quelque part en Écosse, résistait un couple d’irréductibles, les Cocteau Twins.
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HOMER SIMPSON
Il était un père

Pour beaucoup de personnes de ma génération, Homer Simpson fut l’unique modèle de père. Charles Ingalls était depuis longtemps relégué au fond de la prairie à couper du bois en fond de grille sur M6, tandis que nous, on ressemblait déjà tous à Al Bundy, le cul avachi devant la télé, la main dans le paquet de chips, apostrophant Kelly sous les ricanements du public. Pensé superficiellement, Homer pourrait être considéré comme le pire des géniteurs. Stupide, laid et alcoolique, avec sa maison et sa vieille bagnole et son chien, sa femme et ses trois enfants. C’est oublier qu’il est docteur en physique nucléaire et chargé en tant qu’ingénieur de la sécurité de la centrale de Springfield.
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FRUSTRATION
Malaise dans la civilisation

Lorsque Borges apprit qu’il avait vendu trente sept exemplaires de son “Histoire de l’éternité”, il eut une impression de foule. Trente sept personnes, hommes et femmes avec des chapeaux différents, chacun son livre dans sa main. Il ajouta : “à mon époque c’était mieux, on ne pensait pas en termes de public, on écrivait pour un tout petit cénacle, pour quelques amis”. Quelques amis, voilà ce qui suit de salle en salle le groupe Frustration. Et ils commencent à être nombreux.

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