Absent des écrans depuis plusieurs mois, Steven Seagal vient d'achever la construction d'un immense complexe de studio de cinéma dans la banlieue de Sausalito. Celui que certains surnomment le Luc Besson du nouveau-Mexique n'a pourtant pas perdu la main, il le prouve avec un nouveau film, "The Phantom Threat", drame virtuose sur la relation tumultueuse d'un grand couturier avec sa muse.

C’est un film dense et somptueux que livre Steven Seagal pour son retour à la réalisation. Plongée dans le Miami des années 90, hanté par les nappes synthétiques de Giorgio Moroder, le film brosse, avec une rigueur maniaque et de très longs plans inutiles, l’ascension fulgurante et la chute tragique d’un jeune immigré italien, prêt-à-tout pour réussir dans le prêt-à-porter.

En s’inspirant de la vie et de la mort du couturier Gianni Versace, Seagal produit une allégorie subtile du travail artistique, filmant avec une délicatesse perverse les relations du couturier avec sa sœur et les top models qui l’inspirent. Car malgré les nombreuses fusillades et poursuites en hors-bord, The Phantom Threat est avant tout un drame psychologique intense qui dépeint la violence de tout acte de création.

Peu importe que mon personnage soit un homme ou une femme, tant qu’il a une grosse paire de couilles.

L’interprétation d’Al Pacino, toute de fureur contenue, donne une épaisseur particulière au personnage de Versace et à son combat contre les puissants cartels de la mode. Mais il aurait été impossible de parvenir à ce degré de complexité, à cette infinité de nuances, sans la puissance des rôles féminins. Marion Cotillard, nominée pour l’Oscar, est impériale dans le rôle tout en retenu de Carla Bruni – un rôle pour lequel elle a pris de nombreux cours de guitare, auprès notamment de Louis Bertignac, Jean-Jacques Goldman, Florent Pagny, Mick Jagger et Eric Clapton. Son affrontement avec la sœur du couturier culmine dans une scène de combat étourdissante.

En choisissant de jouer lui-même le rôle de Donatella Versace, Steven Seagal retrouve l’un des personnages féminins au caractère trempé qu’il aime à interpréter: “Peu importe, confie-t-il au magazine Variety, que mon personnage soit un homme ou une femme, tant qu’il a une grosse paire de couilles.” A l’exemple d’Alec Guiness ou de Peter Sellers, Seagal joue plusieurs rôles dans le film, dont celui de Karl Lagerfeld qu’il interprétait déjà dans le biopic Yves Saint Lawrence, tandis qu’Arnold Schwarzenegger apparaît dans le rôle de Giorgio Armani. Pour les Inrockuptibles, The Phantom Threat n’est rien moins qu’un autoportrait de l’artiste en démiurge, une lecture possible quand on connaît la précision et le contrôle que Steven Seagal exerce sur ses films.

D’aucuns s’étonneront de la ressemblance entre le film de Steven Seagal et The Phantom Threat (la ficelle fantôme) du réalisateur Paul Thomas Wes Anderson, dans lequel un couturier empêche un mannequin de faire du bruit en mangeant des toasts. Interrogé par le magazine Variety, Steven Seagal reconnaît avoir rencontré Paul Thomas Wes Anderson: “Wes est venu me voir car il voulait tourner un film de vengeance, j’ai passé beaucoup de temps à lui donner des conseils sur ses plans et ses personnages, mais Paul est trop brouillon, si on le laissait faire il tournerait tous ses films avec un iphone.” C’est l’académie des Oscars qui départagera dans quelques semaines les deux films. Steven Seagal, en tout cas, est prêt pour le combat.

The Phantom Threat, bientôt en salles quelque part.

4 commentaires

  1. steven seagal le plus mauvais acteur du monde et a mon avis ce mec n’a aucun talent de realisateur ,je fuis a toute jambe ce film en plastique , a quand un biopic sur Giorgio Armani par Jean-Claude Van Damme lol 🙂

  2. nesta, es-tu une vrai personne, avec des bras, des jambes et tout et tout ?
    là, j’ai comme un doute.
    merci de ta réponse.

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