Fin du championnat 2009: "Po po po po po po poooo!". Mickaël, Micky pour les intimes, un jeune abruti à écharpe, gueule Seven nation army devant son poste en regardant des déc

Fin du championnat 2009: « Po po po po po po poooo! ». Mickaël, Micky pour les intimes, un jeune abruti à écharpe, gueule Seven nation army devant son poste en regardant des décérébrés millionnaires qui viennent de pousser la baballe au fond des filets. Promis à un avenir de jeune cadre pro-actif, il engloutit des litres de bières pour oublier sa future dépression et sa bedaine naissante.

Quarante ans et deux liposuccions plus tard, il se souvient avec nostalgie de la soirée où, avec ses potes, il était sorti fêter la victoire dans une boîte bordelaise. Cette nuit là, il avait attrapé une petite biatch dans les chiottes avant d’aller la culbuter sur le capot de sa bagnole forçant le respect de ses camarades qui avaient filmé le truc en douce avec leurs portables. C’était le bon temps.

C’est dimanche. Comme Cindy, sa troisième femme, n’est pas encore rentrée avec les gosses de l’église de scientologie, il se balade dans une bibliothèque virtuelle avant le Téléfoot 8.0. Dans la vie il aime «gratouiller» un peu alors il va mater des apprentis guitar heroes rejouer le riff mythique façon karaoké rock sur des guitares en plastique vintage.

Sur le côté gauche de son écran tactile, une fenêtre active lui propose une vidéo présentée par ce jeune critique hystérique qui porte des chemises bariolées à la mode. Il l’a déjà vu, c’est le fils d’un ancien ministre de la contre culture qui avait défrayé la chronique en passant une main au cul contestataire à la vieille Carla Bruni lors des obsèques de l’ex-président Jean Sarkozy, mort prématurément d’une crise cardiaque. Trop de café, comme le père.

N’empêche, le teaser est alléchant : «Redécouvrez l’album de Dead Weather, le dernier groupe culte de Jack White, l’ermite du rock reclus dans une secte birmane». Film réalisé par Zaïgon «on se branle des détails, seul l’objectivité compte».

Et le critique de brailler comme un givré sous X dans une boîte à partouze, qui retrace le destin de Jack White qui a enchainé les projets après le carton des White Stripes, essayant sans cesse de déjouer l’appel inexorable des dieux du stade version rock. D’abord avec les Raconteurs puis avec The Dead Weather, super groupe dont le nom était aujourd’hui considéré par les spécialistes comme une véritable prophétie des catastrophes écologiques de ces dernières années. A l’époque, on avait peu discuté ce point chez les endormis de la presse papier et dans les ego blogs, pas encore remplacés par le retour des Tatoos 2.0. On faisait l’éloge du beau linge réuni sous la bannière Dead Weather.

Pensez donc ! Jack White, qui avait mis Meg au lit pour une sieste à durée indéterminée, avait joué au couple échangiste avec Alison Mosshart des Kills et, en plus, il avait invité Jack Lawrence de Greenhornes et Dean Fertita des QOTSA.

Les couvs de magazine pleuvaient avec des manchettes du genre « le nouveau groupe de Jack White» alors qu’il ne composait guère que quelques bribes de l’album et se défoulait sur la batterie, l’instrument de ses premiers groupes, pour oublier.

L’histoire se foutant des happy ends, la vérité était évidemment tragique. Meg était restée déprimer à Detroit pendant que Jack reconstruisait sa vie à Nashville, loin des garageux jaloux de son succès. Lui s’était marié, s’occupait de sa progéniture et de son label futuro-réac Third Man, pendant qu’elle tombait dans une déchéance qui la mena tout droit au suicide par pendaison. On connaissait peu de choses sur le pétage de plombs de Jack après avoir appris la nouvelle, certains ont même avancé qu’il se serait rendu dans la villa de Mickaël Jackson pour lui faire ingurgiter des médocs, mais les dates ne correspondaient pas. En tout état de cause, il avait immolé ses guitares et ses costumes rouges et blancs, s’était rasé la tête puis avait disparu dans la nature. Ironie du sort, la mémoire collective n’avait retenu que cet hymne de stade pour supporters endiablés. Et puis…

 

Micky entend la porte claquer. Eh merde… Cindy déboule et lui assène un gros coup de quotidien vulgaire tout en s’affalant sur son canapé flashy, modèle retro 80’s.

– T’en as pas marre de regarder tes vieilles conneries ? Putain c’était d’un chiant cette messe, je suis claquée… Je le fais vraiment pour les enfants, hein? Tiens, fais-moi plaisir, bouge ton gros cul et va acheter de quoi réparer les volets. Sandy m’a encore annoncé une tempête pour demain.

– Et Sandy, elle t’aurait pas aussi dit « Bah il n’y a plus de saison ma bonne dame » ?

– Je vais te faire un procès pour machisme, ça va te calmer. Sandy n’est pas météo-astrologue diplômée pour jouer aux billes, hein? Elle lit les cartes du ciel pendant que toi tu t’accroches à ton vieux pognon. De toute manière, tu comprends rien à rien, t’es qu’un fumier de financier au rabais, elle au moins, elle essaie de changer les choses.

– C’est ça, c’est ça et toi t’es qu’une esthétichienne, t’es bien content d’en profiter de ma thune ! Oh putain le niveau… Et elle a un nom ta petite tempête ?

– Ouais, c’est Dead Weather.

Dans un élan mystique et par superstition, beau comme 40 ans plus tôt dans son maillot extra-large, Micky coupa net. Le temps, lui aussi, semblait s’être arrêté:

– OK, fais pas chier la grosse, j’irai voir après Téléfoot,mais t’es vraiment une emmerdeuse de télé réalité.

The Dead Weather // Horebound // Columbia



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