Parce que démonter le présent, ca reste toute de même un sacré pari sur l'avenir. A l'heure du droit d'inventaire, en marge des bilans d'une décennie qu'on n'a pas bien compris, plutôt que de s'

Parce que démonter le présent, ca reste toute de même un sacré pari sur l’avenir. A l’heure du droit d’inventaire, en marge des bilans d’une décennie qu’on n’a pas bien compris, plutôt que de s’épancher sur des listes aussi grosses (et futiles) que Teki Latex et Anthony & the Johnsons, Gonzaï s’arrête l’espace de quelques instants sur le pire des 2000’s. Objets stupides, groupes éphémères, modes improbables et croyances absurdes, Gonzaï brule dix ans de vide rétro-futurisme, toutes les semaines et jusqu’au premier janvier 2010. Cette semaine, la casquette solaire à ventilateur intégré (?!).

Quand j’ai reçu le mail groupé de Bester claquant précisément « écris un texte droit d’inventaire sur les années 2000 avec le truc (un album, un objet, un film, ce que tu veux) qui n’aurait jamais du voir le jour », j’ai d’abord pensé que mon gourou rédactionnel voulait
combler la probable frustration de son échec face au sujet « l’inutile » pour son bac de philo. C’est alors qu’un soleil aux rayons plus pollués que le cul d’un bovin m’éblouit. Bingo! Où ai-je mis ma casquette solaire avec ventilateur intégré ?!

Non, je déconne. Je n’ai jamais eu cette casquette. D’ailleurs je ne suis pas tout à fait sûr qu’elle date des 00′. Comprenez-moi, j’avais tout juste 11 ans quand mon ordinateur-éducatif Vtech a bogué au début de la décennie. Alors les casquettes solaires avec ventilateur intégré… j’en avais rien à secouer.

Pourtant, ce couvre-chef avait tout pour me séduire. Flashy et avant-gardiste, il me semble
l’avoir vu pour la première fois à Valras-Plage sur un beauf des plus somptueux. Le type de mec qui passe ses journées à cramer sur son siège de plage couleur gay-pride avec un t-shirt trop court laissant entrevoir une bande velue similaire à l’ex-jungle de Calais, le tout mal rasé, parfumé au pastis et foutant cette casquette pour montrer à ses 5 gosses qui c’était le patron dans cette putain de famille !

Bref, aujourd’hui je loge à Nice et même s’il reste encore 2-3 touristes sur la prom’, les partisans du képi de plage 2.0 sont tous rentrés à l’usine. Un peu frustré, je fonce jeter un oeil du côté de la Vieille-Ville où est implanté un nombre outrancier de boutiques à la con. Et comme une lumière divine sortant des carreaux d’un lieu saint, une casquette ventilo’ ose se foutre en travers de mon chemin au croisement de l’allée Centrale et de la rue du Collet. J’y croyais pas. Elle était là. Telle l’unique survivante d’un été caniculaire qui ôta la vie aux 0,3% de séniors qui lisaient Gonzaï. À l’entrée de l’échoppe, un mec peu différentiable du beauf de Valras me reçoit avec ses pouces rentrés sous la ceinture de son froc. Faisant gober au type que je suis en train de monter un blog intitulé « Summer-Dream », je lui demande s’il peut me prêter une des casquettes ventilo’ pour que je puisse gratter un papelard sur les tendances plage de l’été prochain. Il accepte en échange de ma carte d’identité. Dingue, non ?

Je rentre chez moi, je bouffe une tomate et vire tout le bordel présent sur mon guéridon pour analyser la bête.

Après 5 minutes d’exposition plein sud du panneau solaire, j’enfile ce fruit du millénaire prenant bien soin de faire passer une mèche de cheveux dans le petit trou derrière, (on dira que ça fait parti du look et de la ligne éditoriale de Summer-Dream). Deux minutes plus tard, le verdict s’annonce foireux. Moi qui m’attendais à la Tramontane du siècle, cet équipement du petit beauf en herbe est scandaleux, voire « pas honnête » comme dirait Mr. Hecht. Au niveau des options, le ventilateur est orientable : soit dans les yeux, soit sur la bouche.

Après une demie-heure d’utilisation j’ai les rétines lattées, sèches comme mon trou à bouffe. Cligner des yeux devient aussi douloureux qu’un prélèvement urétral et mastiquer un stylo craquèle le contour de mes lèvres. Une vraie merde cette casquette et voilà qu’il me faut des soins. Problème : plus de sérum physiologique pour mes globes dans les placards ni de stick à muqueuse pour ma bouche dans le sac à main de ma petite femme. Bordel, une apocalypse ! À moitié aveugle après avoir enfin trouvé des gouttes pour les yeux, il manquait plus que je me vautre sur cette putain de casquette éclatant le panneau solaire fixé à coup de Pattex périmé sur la partie supérieure de l’accessoire. Une vraie merde cette casquette je vous dis. Du coup, je ne sais pas si je reverrais un jour ma carte d’identité et je ne sais pas non plus si demain, au croisement de l’allée Centrale et de la rue du Collet, je me ferais péter la gueule, mais saloperie d’années 2000… C’EST UNE VRAIE MERDE CETTE CASQUETTE !!!

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