" Si le diable était un poulet, on mangerait plus souvent du bouc " Proverbe Pontifical

 » Si le diable était un poulet, on mangerait plus souvent du bouc  » Proverbe Pontifical

Dépêche numéro XII335 : Iggy Pop fait son Préliminaires : un nouvel album inspiré de La Possibilité D’une Ile de Michel Houellebecq, aux accents Nouvelle-Orléans post Katrina, ancienne colonie française pour laquelle le Pop reprendra « Les Feuilles Mortes »… en français dans le texte. Virgin France s’est annoncé très enthousiaste à l’idée de ce nouveau positionnement marketing inspiré directement par la mort de Ron Asheton. Le « Best Friend » d’Iggy (selon les dires du survivant) aurait, en effet, été très content d’apprendre que ce dernier en avait marre d’entendre ces « choses stupides avec des guitares » Pop aurait donc préféré revenir avec des accents Jazzy. « Un beau coup » reconnaît Universal France, qui permettrait à l’antichambre d’EMI de surfer sur la vague rock prescriptrice, associée aux cuivres palots et aux références bobos. Les points de vente du 18°, 17° et 12° arrondissement en auraient déjà fait le plein. Fin de transmission…

Makcim Brats l’a annoncé sur Facebook le 24 Mars à 9:34 : Iggy ce soir ET Ddemain… Nakedd Yeahhh. Ce que Makcim entendait par là, c’est qu’il allait glander deux jours au studio 1000, au 144 de l’avenue du président Wilson à la Plaine Saint-Denis. Deux jours d’enregistrement de l’émission Nightclubbing/La Musicale spécial Iggy, entouré d’une tripotée d’invités prestigieux. Allez, on vous la fait dans le désordre : AYO, CATHERINE RINGER, ARIELLE DOMBASLE, KEREN ANN, STEPHAN EICHER, PEACHES, BENJAMIN BIOLAY et CHINA MOSES. Vous imaginez bien que devant une telle réunion contre-nature, parfaite alchimie bobo/rock, Gonzaï ne pouvait résister. Témoignage.

Participer à une émission de télévision, c’est un peu comme être à la messe : on vous fait lever quand vous n’en avait pas envie, on doit feindre la béatitude, approuver tout ce qui se dit dans la salle. Les plafonds sont pleins de lumière et les dévots au premier rang (Nicolas Ullman dans le cas présent). De plus, la soirée possède un dress code : les années 50. Vous comprenez ; le Jazz, la prohibition, le Coton Club, Ella Fitzgerald… bref les années 20-30. On ne peut en plus demander aux producteurs de programmes musicaux d’avoir de la culture.

Tel un porno participatif. De toute manière, on n’est pas là pour cela. Le but, ce soir, c’est de voir Benjamin Biolay se viander littéralement dans l’interprétation chaotique d’une chanson avec le Pop devant lequel il traîne de la queue comme un corniaud en période de canicule. Peut-être même entre-apercevoir le sexe rasé de Peaches sous un collant blanc qui ne trahira jamais l’inutilité de sa prestation. Ou encore Catherine Ringer se perdant dans un numéro de cirque lui faisant oublier de chanter I Put a Spell On You. Bref, rien de tout cela n’effacera l’infamie ayant fait lever l’index de votre rédacteur : un soit-disant hommage à Ron Asheton avec une chanson nommée It’s Nice To Be Dead. C’est sûr, c’est cool d’avoir mis ce bon Ron à la basse pour le laisser tomber comme une merde, puis finalement revenir vers lui 30 ans plus tard. Business makes money makes business etc…

Attention, je ne dis pas que Ron était cool, gentil, intelligent ou beau ; mais de la à danser sur sa tombe avec une connasse (Maya Barsony) décrite comme la nouvelle Janis Joplin, tout cela parce que son micro est poussé à 12 et qu’elle est la coqueluche des branchés parisiens… il y a tout de même une putain de limite. Ajoutez à cela qu’elle est la sœur d’Arthur H et qu’elle ne connaît pas les paroles de Gloria ; Ronnie doit effectivement être content d’être mort.

Sauvons tout de même le duo provoqué avec Emma De Caunes, qui n’avait pas uniquement de charmant le téton dépassant de sa robe. Voilà le peu de lait qu’il nous fallait pour adoucir l’aigreur d’un tel concert:

The way your eyes are black / The way your hair is black / The way your heart is young / There’s just a few like you / Just the kind I need / To fall in love with me / Iggy Pop : Fall In Love With Me

Après cette heure de puanterie sans retenue, baignant dans le j’men foutisme complet d’un Iggy pas spécialement convaincu par son swing… à quoi ressemble donc Préliminaires?

Cet album ressemble à du Jazz de blanc mené par un iguane chantant toujours mieux à défaut d’injecter la dose de fun qui a toujours fait sa musique. Préliminaires sera certainement un disque agréable lorsque l’on aura 50 ans, un passé en perfecto et des angoisses sur le court de l’action Vivendi. L’album que j’aurais offert à mon père s’il n’était pas né au mois de mars, histoire de rapprocher nos deux générations trop distantes.

N’allons pas trop vite en besogne : l’album n’étant pas arrivé dans nos boîtes aux lettres, il serait trop rapide de le juger aussi durement (laissons cela pour plus tard). Par contre, il nous est permis de féliciter le coup marketing pressenti chez EMI. Parce que Préliminaires, c’est quand même cette équation magique : Jazz + Iggy Pop + Michel Houellebecq + Français = Ultra ciblage chez les bobos littéraires et amoureux de musique. C’était sans compter sur la controverse que Houellebecq continue de susciter en France, alors que les trentenaires préfèrent le rock disco et que les vieux n’ont jamais lu La Possibilité d’une île. Alors avec tout ça…  Hormis le fait qu’Eric Naulleau continue à trouver du génie aux paroles de Cali, je ne vois pas très bien à qui s’adresse cet album.

Certainement pas a Ron Asheton en tout cas.

Le site d’Iggy

27 commentaires

  1. Salut je travaille chez EMI et si ce qui compte c’est le detail c’est peut être important de preciser que le vil patron maison de disque qui suggère à Iggy Pop de faire un disque de Jazz pour en vendre des caisses ca n’existe pas, on vous a bien eu.
    En fait il a tout décidé tout seul et après il se casse parce qu’en fait maintenant il est riche et il a pas VRAIMENT besoin de ça.

    Mais bon ca donne plus de sens à ce genre d’articles de rêver des maisons de disques décadentes et cyniques. Ca parle a tout le monde ça, on dirait presque du marketing.

  2. et blahblahblah, le crooner, il fait ça depuis toujours, Iggy. Mais j’ai pas bien compris ce truc sur ces petits jeunes qui grattent sur des guitares pour faire de la grosse merde. Il parle de qui là???? Ce genre de reflexions m’inquite beaucoup plus!

  3. Sauf que l’article parle d’un concert, pas d’un album.
    Avant de mentionner du marketing, il faudrait peut être lire jusqu’au bout.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.