Il y a quelque semaines, une jeune fille encore mineure venait voir l'un de mes amis en qualité de conseiller d'orientation. Cette fois, elle veut devenir manageuse de groupe sans

Il y a quelque semaines, une jeune fille encore mineure venait voir l’un de mes amis en qualité de conseiller d’orientation. Cette fois, elle veut devenir manageuse de groupe sans trop savoir pourquoi. Elle ne lit aucune presse musicale, n’as jamais vu d’autre concert que ceux d’AC/DC au stade de France. La littérature n’est pas une préoccupation dans son monde, ni la mode, ni la fête. Elle est bien sûr pas tout a fait parisienne (la banlieue) et n’a qu’une question à nous poser : « l’anglais, est-ce important pour ce métier ? »

Si le naturel revient au galop, faut-il le chasser à grand renfort de maquillage ? La jeunesse de la décennie fraichement accomplie semble avoir fait une remise à niveau complète : fun, sexe, fringue, culture et beauté. Alors qu’il semble exister un réel traumatisme chez les personnes ayant vécu la fin des Libertines à Paris dans un épisode autodestructeur/junky, que pourra-t-il bien rester de cette première jeunesse ? Après la tournée des grands ducs de la culture mods, rockab, anglaise, psychédélique, kraut, synthétique, musique de film et chanson française… Où va le mouvement ?

Pour l’instant, nulle part. Les anciens acteurs continuent à creuser un peu plus profond dans leurs sillions. C’est l’usure qui les aura. Le temps fera quelque chose a l’affaire. Pour les autres, il resterait bien une voie… Celle qu’ont toujours emprunté les justes depuis la fin des année 60 et en à fait survivre bien plus d’un dans les années 80 : la culture Trash.

Tri Sélectif

Pour les novices, il ne s’agit pas de groupes métal satanistes et/ou révolutionnaires. Mais en déterrant quelque T.B Sheets de Van Morrison, Willy Deville et ses boots a boucles dorées, ou même Lux Interior… certaines des obsessions de notre début de siècle nous montrait un chemin obscur et tortueux… “Slinky” comme l’on dit. Nous étions devenus des amateurs de culture Trash. Tout ce que l’histoire et la culture pop n’ont pas voulu, ce qui s’est réfugié dans le caniveau. Des obsédes du blues, du XIX éme siècle noir, du vaudou et des rockies. Oh, et le Mexique, les têtes de mort, le Tango et les truands. Pour ceux qui ont la démarche cool de Cadillac Jack d’André Williams, Cubism Blues comme album de chevet et le rêve d’acheter une voiture impossible à garer en Europe. SI vous cernez un peu plus de quel genre de gaillards il est question, quiconque empruntera cette route pourrait bien devenir un de ces jours le héro.

En France, personne ne s’est encore engagé dans la brèche. Il y avait bien notre scène baby rockeuse, les psychédéliques et autres amoureux de Denver… mais aucun groupe n’a relevé le défi: sortir du tiroir la guirlande magnifique d’un rock tribal et intelligent. Ou sinon ce sont les rockeurs de Yussuf Jerusalem et on ne peut trop y croire. Pourtant, si l’on suit à la trace un label comme In The Red, Alive Records ou même Vodoo Rythm en suisse ; cette culture tombe sous le sens. Bluessy à souhait, crade, pousse-au-crime. Des artistes qui vous font casser les filtres de vos cigarettes et repasser un coup de peigne a l’approche de la baston. Reverend Beatman (et ses Sureal Folk Blues Gospel TRASH), Black Diamond Heavies  (qui sortent un album live au fait) et tout les autres enfants de l’axe du mal Alan Vega/Willy Deville/Tav Falco.

Voilà la source dans laquelle devraient venir s’abreuver toutes les personnes en mal d’authenticité. Car ce sera le combat de cette décennie : alors que l’on voudra que vous restiez chez vous à manger macrobiotique et prenant soins de votre santé assistée par de nouvelle technologie ; la culture Trash pourrait bien vous aider à rester humain.

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