Quatrième album en presque 20 ans de carrière pour le Français mutant le plus résistant de sa génération : avec « Du cortex à l’iris », Etienne Jaumet prouve encore une fois que la longévité artistique est le saint Graal de toute carrière qui se respecte.
Il est devenu, avec Rubin Steiner et quelques rares autres, un ancien. Etienne Jaumet, 56 ans au compteur, publie ces jours-ci un nouvel album venant s’empiler sur cette déjà très lourde étagère où l’on devine des disques avec Married Monk (le très beau Elephant People), d’autres avec Zombie Zombie, sans compter toutes ces collaborations avec la crème de l’underground des seventies, de Richard Pinhas à Emmanuelle Parrenin en passant par Gilbert Arman (Lard Free) qui font dire que le binoclard le plus touche-à-tout des 20 dernières années aurait parfaitement trouvé sa place sur des labels français comme Cobra, Futura, Saravah ou Shandar ; pour ne citer que les plus beaux points névralgiques de la France free-jazz-électronique des années 70.
Vraiment pas versatile
Etienne Jaumet étant par définition un homme de son temps – il est né en 1970 – c’est sur le label Versatile qu’il signe depuis 2009 ses escapades en solo. Un choix avisé ; Versatile étant lui-même un bastion de résistance géré par un musicien (Gilbert Cohen) qui, à défaut de générer des millions de streams, s’est lui-même bâti une solide longévité (30 ans d’existence en 2026).

Mais là où d’autres se seraient faits une fracture des synapses à dissocier carrière en groupe et disques plus égoïstes en solitaire, Jaumet assume depuis Night Music (2009) une continuité étonnante, voire atypique dans un monde discographique où la régularité est souvent perçue comme un défaut : Du cortex à l’iris, son nouveau né, creuse encore plus profond ce même sillon où l’on trouve les ombres de Manuel Gottsching, John Carpenter, Heldon et tant d’autres rats de laboratoire. Ici, et pendant les 41 minutes que dure ce quatrième album, toutes les influences du saxo-freak sont passées à la moulinette dans un continuum à part où le temps semble compressé. Majorité des titres auraient pu être écrits voilà 10, 20 ou 50 ans ; la notion de chronologie perdant tout son sens. Plus qu’une série d’albums, Jaumet livre une grande partition où tous les titres, tous les albums solo sèchent sur une seule et même corde à linge, sans jamais vieillir. A ce détail près que Du cortex à l’iris, en dépit de l’âge de son créateur, sonne frais sans tomber dans le jeunisme : le titre d’ouverture, micro-chanté par Etienne Jaumet, drague l’EBM sans se fourvoyer dedans ; Flex aurait pu se retrouver sur un album de Zombie Zombie sans rougir ; quant à Perdu en plein vol, c’est une forme de déclaration d’amour au jazz électronique, à la fois complètement tordue et cohérente avec les précédents essais (réécouter son tribute aux standards du jazz, 8 regards obliques, sorti en 2018).
En synthèse, comme on dit dans les conférences TedX pour placer sa chute, il n’y en a pas. Là où d’autres carrières s’essoufflent à tant vouloir reproduire une formule magique, celle de Jaumet continue de planer dans une autre dimension où le seul objectif reste justement de s’affranchir de ces contraintes liés au regard des autres sur votre œuvre, voire au premier degré insupportable qu’apporte généralement la vieillesse. On ne sera donc pas surpris d’apprendre que la pochette de l’album doit son existence à un moulage du visage de Jaumet par sa belle-mère, ni que ledit disque doit son existence à l’envie de « réduire la distance entre le cortex et les sens afin de composer des images mentales avec des sons ». D’une idée toute conne peut parfois naître quelque chose de solide, tangible et beau : ça s’appelle une ligne tracée dans le ciel. Dans cette période de tiktokisation de la musique, c’est surement la plus belle façon pour aider les auditeurs à lever la tête.
Etienne Jaumet // Du cortex à l’iris // Versatile
https://etiennejaumet.bandcamp.com/album/du-cortex-liris
la kim G a les genous cagneux & les jambes arquées.. le reste ?…
Il est pas TOp moderne
jeudi que le roi se mord
Convaincu par sa musique
J’y arrive toujours pas
Un jour peut-être
Sait-on Jaumet
Mec insupportable qui se la pète de ouf, gros boomer mental qui a tout vu/tout écouté mais est resté bloqué dans ses marottes de vieux mec prog chiant. Comportement social bof bof.. Bref, faut sortir Gonzai, c’est finito tout ce tralala vieux comme Hérode.