A l’invitation du musicien infirmier Fred Lo, spécialisé dans les cas complexes, Houellebecq redonne sa voix à entendre sur un deuxième album, Souvenez-vous de l’homme. Sous prétexte de pré-canonisation et dans une ambiance post-humanitaire, ce retour tardif 25 ans après Présence humaine sonne surtout comme un crève-cœur.
C’est l’histoire de deux disques qui se regardent du coin de l’œil depuis un tiers de siècle.
A gauche, Présence Humaine de Houellebecq, enregistré en 2000 sous l’impulsion de Bertrand Burgalat et du groupe Eiffel ; un disque dont on a déjà raconté en long et en large l’histoire délirante et qui mériterait à elle seule un livre qui deviendrait instantanément un best-seller à base de violences sourdes, de sexe en coulisses et de petits pains sur l’autoroute allemande.
A droite, Crèvecœur de Daniel Darc et Fred Lo, et où le second proposait en 2004 au premier des chansons-rédemptions tel un Rick Rubin ressuscitant le vieux Johnny Cash. L’ancien Taxi Girl remonté comme un coucou à mi-chemin entre Barbès et l’hôpital, 60 000 disques vendus et une impression de pluie fine sur l’auditeur dans un contexte rock français assez maussade (Superbus, Luke, Kyo, Mickey 3D… autant dire le musée des horreurs).
Le combat des perdants
A quatre ans d’intervalle, les deux albums dessinent une ligne similaire par deux voix blanches refusant de chanter, chacune à sa manière, le combat des perdants. Et c’est ainsi que Daniel Darc ayant rejoint les ombres en 2013, Fred Lo eu d’abord l’idée d’inviter Houellebecq (fan de Crèvecoeur, apprend-on) sur une chanson hommage (Psaume 23) finalement non conservée au montage sur le disque tribute Coeur sacré (2023). C’est de cette première rencontre en 2019 que naît aujourd’hui Souvenez-vous de l’homme, avec pas mal de fantômes dans le placard.
Le premier d’entre eux, c’est Présence humaine, l’indépassable disque de rock français composé l’année même du nouveau siècle; le disque qui sans le savoir annonçait l’avènement des machines, de ChatGPT et la délégation de nos intelligences à des disques durs. Réécouter 25 ans après le titre d’ouverture suffit à se convaincre de la plus grande vision de Houellebecq, à la fois traduite dans ses livres et dans cette chanson : la conviction d’assister à la fin d’une course; celle de l’Humanité, prête à être absorbée par les datas (un mot rarement utilisé en 2000) :
Nous avons existé
Telle est notre légende
Certains de nos désirs
Ont construit cette ville
Nous avons combattu
Des puissances hostiles
Puis nos bras amaigris
Ont lâché les commandes
Et nous avons flotté
Loin de tous les possibles
La vie s’est refroidie
La vie nous a laissés
Nous contemplons nos corps
À demi effacés
Dans le silence émergent
Quelques datas sensibles
Bientôt les êtres humains
S’enfuiront hors du monde
Alors s’établira
Le dialogue des machines
Et l’informationnel remplira
Triomphant
Le cadavre vidé
De la structure divine
Ces 4 minutes dantesques de talkover balancé dans une époque post French touch animée par des yuppies biberonnés à Daft Punk et à la nouvelle économie de Jean-Marie Messier suffisent à rendre caduque tout combat entre Présence humaine et Souvenez-vous de l’homme, à écouter et voir comme la suite d’un film qu’on aurait trop aimé. C’est l’équivalent du visionnage du Parrain 3 en version française, et c’est à se demander, en écoutant ces nouvelles compositions aux côtés de Fred Lo, ce que cherche à réaliser le poète le plus rock de sa génération.
Entreprise de démolition
Dès 2011, l’homme autant fasciné par Iggy Pop que Bowie s’essayait à une suite à son Présence Humaine, mais sans aucun des protagonistes de l’aventure. Exit Burgalat et Eiffel, bonjour au très culte Jean-Claude Vannier pour la musique de deux poèmes (Le Film du Dimanche et Novembre) en version piano bastringue. Un exercice pas vraiment mémorable où Houellebecq s’essayait au chant; comme pour effacer la réussite de 2000 et saboter son propre chef d’œuvre et les architectes derrière sa construction. Une tentation chaotique précédée par une autre, avec la sortie en 2009 du très mauvais Préliminaires d’Iggy Pop, lui-même inspiré par La possibilité d’une île.
C’est ainsi qu’on en arrive à ce Souvenez-vous de l’homme, disque de chevet d’un homme avec déjà un orteil dans l’au-delà. Spécialisé dans l’aide aux mourants (Daniel Darc, Pete Doherty), Fred Lo est ainsi convoqué sur douze chansons dont l’objectif semble être d’être servies à 16H00 avec gâteaux mous dans les 7500 Ehpad conventionnés que compte la France.

Revenu heureusement au chanté-parlé, Houellebecq reprend cette fois la formule de Présence Humaine, mais hélas avec la vigueur d’un asthmatique au printemps. Exception faite de Le lendemain de l’explosion et Perdus dans des rêves inutiles, deux chansons futuristes rappelant l’essai de Dominique Paturel (voix française de JR, entre autre) sur Fantaisies stellaires, l’impression qui se dégage de ce moment pas désagréable, c’est celle du combat de trop ou pour être modéré, d’une bataille pour rien. Bien moins disruptif dans cette France droitisée façon CNews qu’à l’époque où il était le chantre de ce qu’on n’appelait pas encore le “grand remplacement”, Houellebecq radote sur ses visions de monde d’après et de fascination pour la vie post-humaine. En ce sens, Souvenez-vous de l’homme n’est pas très éloigné du Electric Café de Krafwerk (1986). L’arrivée de l’ordinateur et des machines a déjà été prophétisé cinq ans plus tôt; tout a déjà été dit, “tout est accompli” comme aurait dit Mitterrand au seuil de sa vie. Chaque acte ultérieur sonne dès lors comme une redite.
Un voyage dans l’inter-espace du bon goût
Le Houellebecq de 2026 n’étant plus disruptif; restent donc ces petites valses déprimantes ayant pour ambition de « chanter » la fin du monde avec des instrumentations low-tempo. Drôle de fin pour un décliniste, et qui suffira sans doute à ravir les novices comme ceux qui n’ont pas encore déserté la pensée houellebecquienne. Pour les autres, nous voilà confronté à un disque dont le principal défaut est qu’il n’est même pas assez mauvais pour être vraiment détesté. Coincé dans un inter-espace du bon goût, on y entend un corps usé de 70 ans énoncer des mots et des pensées qui instantanément s’évaporent ; comme si plus rien n’adhérait. La faute sûrement aux musiques trop collées au flow de rappeur sous Tranxène de Houellebecq, et qui donne à l’ensemble un côté ton sur ton.
On aurait préféré une vraie sortie de piste assumée, voire même un Lulu à la Lou Reed pour fracasser la discographie au moment de préparer le post-portem. Raté. Celui qui avoue une passion pour le poète du Velvet Underground (“Sweet Jane, j’aurais pu l’écrire”, dit-il ici) se prend les pieds dans le tapis dans la maison de retraite. On se souviendra certainement de l’homme, mais pas de ce disque.
Michel Houellebecq & Fred Lo // Souvenez-vous de l’homme // Modulor
rencontrer abbé venant d’un coin vers Auch sur le tgv italien avant Milano, blah blah, dixit, l’homme va disparaitre c ecrit blah blah blah il ecoute lui de la rumba des anciennes colonies belges.
mr le président sans cravate a touquet plage vous ressemblez a un ministre iranien de la propagande
pas etonnant qu’a perpignan çà trouille disquaire allemand qui n’en trave rien ancin dj tekno alors le rock français il se tape un mogol a 200eu alors que le seuil d epovrete de la ville est a son comble aucune culture gitane que des crasseux garageux un peu de beatles et bocoup de haschiche…..
QQQui retire ses capotes d’içi mardi 18H ?
Album pépite
Article merdique
alors t’a pas ecoute rle dernier opus d’e; cantona
1 chantre l’autre repasse