Dans une époque où la magouille est devenue arme de destruction massive, où Dan Deacon s’impose comme ré-a

Dans une époque où la magouille est devenue arme de destruction massive, où Dan Deacon s’impose comme ré-arrangeur divin de sonorités conniventes, où le bordel électronique sans dessein ni frontières envahit la plus underground des scènes new-yorkaises… la froide vérité glisse sur la superficialité.

Phénomène cyclique, à jamais fléau existentiel du siècle nouveau. Je te hais, raclure. Tu bousilles l’amère pour chérir le sucré. Le passé oublié, l’ère nouvelle et futile post-management prend désormais le pouvoir Outre-Atlantique. Les labels indépendants se régalent et signent sans projet concret des groupes sophistiqués, créent pour marcher. Le débat est éternel et le phénomène intemporel, il est vrai. Mais il est grand temps de dénoncer les couvertures futures des grands médias francophones et anglo-saxons :Yeasayer, Bear in Heaven, Gang, Dragons of Zynth, Barghest, non, vous ne passerez pas !

Brooklyn, appât de luxe d’une machine indépendante déraillée et corrompue jusqu’au cul.

Il est si facile de surfer mode et délaisser le défrichage passionnant qu’entreprennent des labels comme I am Sound et les très bons Suckers, pour agripper la tendance électronique populaire adoubée par les bobos de Williamsburg pour contaminer la saine scène de Brooklyn. Etonnamment originaire de Portland, le label Home Tapes s’empresse de signer les trentenaires les plus, esthétiquement parlant, horripilants du moment: Bear in Heaven. Il suffit d’une écoute légère pour pointer le manque de sincérité flagrant du quatuor. Créer dans l’espoir de signer. Accumuler sonorités branchées, enquiller fausses notes sur fausses notes. Pour être tendance, à n’importe quel prix. Ne serait-ce que par l’absurde volonté d’unir l’inécoutable à l’arythmie anti-mélodie. Quelle horreur. Et je prends le pari qu’un cocktail Inrocks, bobos abrutis, Regine, les transporte en tête d’un énième mouvement hypeux « hallucinantmaistupeuxpascomprendretropdifférentropnovateur ».

La grippe mexicaine, petite conne sans prétention face au fléau mondial du mauvais goût et de la sous culture hypeuse.

Le pourquoi semble inscrit dans une logique implacable. Masquer le déficit grandissant de renouvellement, l’étouffer sous une ribambelle de fashionables sans prétention, sans grand talent, présents au bon moment.  L’exemple est tout trouvé. Logeant sous l’enseigne « Made in Brooklyn », Yeasayer s’invite dans la danse, à la conquête du monde. Une bouse bien avancée qui ne tardera pas à venir éclabousser sa pestilence aux pieds de parias européens, hypnotisés par le vide. Et son label indépendant, We are free, sourire aguicheur, l’air satisfait, le regard vert de billets. Bien loin d’être esseulé dans la médiocrité, Yeasayer est accompagné de mes préférés. Ponytail. Bondage compilant du Super (pourri) Furry Animals, un peu de Sunset Rubdown et les tops délires des  Flaming Lips. Le syndrome « on est tout foufou, on fait des bruits bizarres dans le micro » ou encore « on est des tarés trop rigolos » : stop.

De la flûte de pan…Et quoi encore ? Vous voulez m’achever ?

Je ne conclurai pas ce papier en abandonnant l’idée préconçue que tout espoir, même dégradé et silencieux, s’apparente au plus primaire des instincts. La survie, coûte que coûte. Le ciel, insolant de noirceur, laisse entrevoir notre rayon de soleil salvateur. Wierd Records. Exception pas si étrange. Petit label new-yorkais, Wierd se démarque en signant tour à tour Led Er Est et Epee du Bois. Une puissance électrique somnambule, qui court se péter la gueule les yeux fermés. Soit dans une cold wave bouleversante (Misery de Epee du bois), soit dans une dance ringardos épileptique (Wait for you de Led Er Est).

Air du temps, air de changement

Ne pas se laisser souiller par la médiocrité. L’air poussiéreux du Brooklyn Bridge regorge encore de biens des mystères. Que ce soit l’avènement de nouvelles cultures ou le recyclage d’anciennes, Brooklyn décide bel et bien de notre avenir musical. Qu’on se le dise, le choix ne nous appartient pas. Plus. Subir ? Non. Un gonzo ne subit pas. Il s’oppose et n’abdique jamais. Ok, pas à six heures du mat’, complètement jeté, à danser sur Beyonce.  Mais au moins, on aura essayé.

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