Lorsque le producteur turc Togan Sonmez a offert à Steven Seagal ("Kill Switch", "Urban Justice") de tourner une adaptation de "Roméo Et Juliette", l'acteur réalisateur et musicien, avec l'audace qui le caractérise, a proposé de faire du film une comédie musicale.

Lorsqu’on souligne le risque pris en transformant Roméo et Juliette en une comédie musicale, Steven Seagal se montre rassurant : “J’ai eu cette idée parce que je suis aussi musicien, pour moi Shakespeare ce n’est pas seulement des gens avec des perruques à la cour du Roi Soleil, regardez les films d’Orson Welles ou le travail d’Al Pacino avec Looking for Richard. Il y a une véritable contemporanéité de l’écriture que j’ai voulu transmettre dans mon film. Bien entendu, il n’était pas question de sombrer dans la violence gratuite comme l’a fait Baz Luhrmann : Roméo et Juliette c’est avant tout une histoire d’Amour.”

L’œuvre de William Shakespeare n’est pas une découverte pour Steven Seagal. Dans l’un de ses premiers films, l’acteur tue un trafiquant de drogue en lui écrasant la tête avec une édition complète des tragédies du dramaturge anglais. On se rappelle aussi cette réplique de Jay Roderico dans Justice Sauvage: “A car ! My kingdom for a goddamn f*ing car!“, un clin d’œil appuyé à Richard III, l’ancêtre de tout les bad guys.

steven-seagal-machete
Interrogé sur le choix de déplacer l’action du film à New York, Steven Seagal explique: “Mon précédent film Mad in Japan se passait à New York, cela nous coûtait donc beaucoup moins cher d’utiliser les mêmes décors plutôt que d’essayer de reconstruire une ville d’Espagne au temps du Roi Soleil.” L’action se déroule donc dans le West side où deux gangs rivaux s’affrontent pour le contrôle du marché de l’héroïne. Rob Mariano, le chef de l’un des gangs, tombe amoureux de Julia McIntrey, membre du clan rival. Dans le film, Steven Seagal y joue le rôle de Casey Ripley, un officier de la brigade antidrogue qui monte les deux clans l’un contre l’autre afin qu’ils s’entretuent. Loin de ses rôles habituels Steven Seagal souligne la complexité de son personnage: “Dans ce film, mon personnage est ambigu, car s’il est du côté de la justice, il est aussi la cause de la tragédie. C’est vrai que je tue pas mal de monde dans le film, mais il s’agit avant tout d’une expression Heideggérienne de la destinée.”

tumblr_m9qzbzaU6S1rdn9dao1_500Pour son adaptation, le réalisateur s’est inspiré d’une vieille comédie musicale des années 50. Déçu par la musique originale, Steven Seagal a cependant tenu à recomposer lui-même l’entièreté des morceaux. S’il interprète la plupart des parties de guitare, il a également fait appel à son vieil ami Joe Satriani. Les deux hommes se connaissent depuis plusieurs années puisque Satriani apparaît déjà en 2004 dans le film de Steven Seagal, Délivrance, où il interprète le rôle d’un attardé mental uniquement capable de jouer de la guitare très vite.

Pour la scène finale, le réalisateur a choisi d’utiliser une composition inédite de Rhys Chatham. Dans cette scène Ripley fait irruption au mariage de Rob Mariano et Julia McIntrey pour affronter seul les deux gangs réunis pour l’occasion. La composition pour un orchestre de cent guitares électriques illustre parfaitement le déchaînement des passions et la mort tragique des deux amants, défenestrés accidentellement durant la fusillade. Interrogé sur le choix d’utiliser uniquement des morceaux de guitare électrique, Steven Seagal a confié à Guitar mag:Bien sur cela va choquer certains spectateurs, mais devient évident dès que l’on comprend qu’au fond, William Shakespeare est le Jimi Hendrix du théâtre Elisabéthain. “

  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.