Pop arme blanche et coupe Jeanne d'Arc, voici les petits anglais de These New Puritans : les frères Jack (chanteur-compositeur-guitare), George Barnett (batteur-d

Pop arme blanche et coupe Jeanne d’Arc, voici les petits anglais de These New Puritans : les frères Jack (chanteur-compositeur-guitare), George Barnett (batteur-designeur) et les exécutants Thomas Hein (basse) et Sophie Sleigh-Johnson (claviers). Deux ans après un premier disque faussement réglo (Beat Pyramid, 2008), ce faux groupe formé en 2006 a sorti le grand jeu. Déclaration d’indiependance, Hidden upgrade le schmiblick à un niveau où ne pourront les rejoindre tous ceux qui s’ingénient à faire danser les filles.

29 avril 2010. 20h. Nous sommes au bord du canal, devant le Point Ephémère, une heure avant que These New Puritans monte sur scène. Le temps est estival et Jack est venu seul comme si ça coulait de source qu’IL était le groupe. Il a 22 ans. ça me tuera. ça me tuera parce qu’à un moment, l’écoutant et le regardant, je penserai : « ça pourrait être mon petit frère. »
Jack a le teint glauque et le regard rentré de l’ado pas encore purgé. Genre le type qui passe sa vie sur Doom, WOW et souhaite raser toute médiocrité d’une balle. Mais Jack fait de la pop et vient d’un pays où l’on file de l’argent aux jeunes de son genre pour qu’ils expriment leurs univers démesurés. Incarnent here and now leur désir d’avatar. Donc tout est Ok.

Une heure plus tard, porté par le désir de la foule et de beaux titres vénères comme We Want War, ce petit corps malingre prendra le pouvoir. Et ça me tuera. ça me tuera parce qu’à un moment, l’écoutant et le regardant, lui et sa côte de maille, je penserai : « C’est dingue, on dirait qu’il porte leur rage et leurs espoirs comme un nouveau Thom Yorke. »

Bonjour Jack. Je dois t’avouer que la découverte de votre musique est un peu spéciale. ça remonte à quelques semaines. Il était tard, j’allais me barrer d’une soirée ennuyeuse et je rencontre un type avec qui on se met illico à parler musique. De notre rapport au rock. Il me dit que son truc fondateur à lui, après Rimbaud, c’est The Cure. Qu’il garde un lien très fort à ce groupe, presque sectaire, même si leurs derniers disques bof bof. Que depuis il n’y a guère qu’Arcade Fire et Radiohead pour lui avoir fait un effet comparable, que sinon, voilà, le rock il a lâché l’affaire. Je lui dis que pareil : j’aime ces groupes, surtout Radiohead, et, journalistiquement comme humainement, je n’ai moi aussi plus trop envie de défricher la pop. Mes coups de cœur derrière moi, je suis en train de passer à autre chose. Et là il me dit que récemment il a quand même trouvé l’exception. Il est tombé sur le dernier album d’un jeune groupe, These New Puritans, et ça l’a de nouveau excité…

Il t’a donc conseillé de nous écouter ?

Oui, notamment le morceau We Want War.

Cool.

Je voulais savoir, toi, c’est quoi toi ton rapport au rock ? Ta découverte de tout ça ?

J’ai eu la chance d’avoir un grand frère passionné qui n’arrêtait pas d’acheter des disques. Grâce à lui j’écoutais le Velvet, Radiohead, Nirvana, des choses comme ça.

Quel âge avais-tu ?

J’étais jeune, je devais avoir 7 ans.

Et lui ?

On a 6 ans d’écart, donc 13 ans. En tous cas je suis content d’avoir découvert cette musique si jeune car maintenant je n’en ai plus besoin, j’écoute autre chose et j’ai mon propre univers.

En même temps as-tu tant que ça le temps et le désir d’écouter la pop d’aujourd’hui ?

Non, de moins en moins. Je tends plutôt à avoir un rapport obsessionnel à certains univers. Par exemple en ce moment je fais une fixette sur Benjamin Britten (célèbre compositeur britannique de l’après guerre dont Jeff Buckley a repris un titre sur son album Grace – Nda). Je n’écoute presque plus que ça.

Ta découverte du rock t’a-t-elle directement donné envie d’en faire ?

Oui, parce que j’avais beaucoup de curiosité pour la musique. A 7 ans, je me suis construit mon propre set de batterie avec diverses boîtes de récupération. Après j’ai pris des cours de guitare. Et j’ai eu ma première console d’enregistrement à 12. Aujourd’hui j’ai 22 ans. J’enregistre donc de la musique depuis un petit moment.

En effet. Un artiste ou un disque en particulier est-il responsable de ce déclic ?

Oui, et je crois que c’est Grace de Jeff Buckley.

Vraiment ?

Oui, je sais que ça étonne mais c’est lui. A l’époque j’avais 10 ans, je composais à la gratte. J’aimais vraiment cette musique.

T’arrive-t-il de la réécouter ?

Non, je ne l’avais pas réécouté depuis ce temps-là, je ne pourrais pas, ce n’est plus mon truc. Mais c’est marrant parce que l’autre jour, par hasard, je suis tombé dessus à la radio et ça m’a fait tout drôle. J’étais submergé. La force du souvenir, je suppose.

Radiohead, tu écoutes toujours ?

Non, pareil, ça fait longtemps que je ne les ai pas écouté. Cela dit, ils sont un des derniers groupes rock qui compte encore. J’aime la manière dont ils continuent d’avancer, de s’ouvrir à d’autres styles de musique et d’expérimenter tout en restant populaire. Dans le groupe George et Thomas sont assez unanimes à propos de Radiohead. Moi pas. Ils ont certaines chansons qui me parlent, d’autres pas.

A quels morceaux de Radiohead es-tu le plus sensible ?

Leurs morceaux les moins rock. J’aime une chanson comme « Videotape ».

En un sens je ne suis pas étonné que tu aies pu aimer Jeff Buckley et Radiohead. Vos musiques diffèrent mais partagent si je puis dire un même goût pour l’emphase. C’est d’ailleurs ce qu’on semble vous reprocher. J’ai fait le tour des chroniques consacrées à Hidden, et les gens vous taxent régulièrement de mégalomanie. Qu’en penses-tu ?

Il y a plusieurs manières d’être singulier. Tu peux l’être en faisant quelque chose de très spontané et tu peux l’être en faisant quelque chose de très réfléchis. Moi ce que je veux c’est que chaque son de nos disques soit bien spécifique. La plupart du temps ce n’est pas ce que j’entends quand j’écoute de la pop. J’entends des sons mal choisis ou qui n’ont juste aucune raison d’être. Je ne crois pas que ce soit faire preuve de mégalomanie de vouloir lutter contre ça…. Regarde les compositeurs de musique classique. Ils pensaient chaque note dans leurs moindres détails. Eux étaient peut-être mégalomanes, mais moi je n’en suis pas là !

Pas encore !

Oui, ça viendra peut-être !

Dirais-tu tout de même que These New Puritans est un groupe cérébral ?

Je ne voudrais pas qu’on nous voie comme des intellos de la pop. Je n’aime pas les groupes trop intellectuels ou qui essaient de se faire passer pour tel, genre « Oh, je suis un artiste, je suis formidable ». Je dirais juste que notre musique est autant cérébrale que physique. Elle est très rythmique. On a plein de rythmes dance hall et ragga.

J’ai d’ailleurs lu que pour définir la musique de These New Puritans tu disais que ça ressemblait à ce que Steve Reich produirait s’il se mettait au dance hall !

Oui, je me rappelle avoir dit ça quelques années avant qu’Hidden ne sorte. Avec le recul je trouve que la formule s’est avérée assez juste !

Pour en revenir à cette histoire de mégalomanie, ce que je trouve curieux c’est qu’il y a 15 ans personne ou presque ne critiquait l’emphase de Radiohead et de Jeff Buckley. Aujourd’hui les choses ont changé. En fait, j’ai un peu l’impression qu’on ne tolère plus trop cette idée de l’Artiste avec un grand A. Cette idée de quelqu’un qui aspire le plus sérieusement du monde à sa propre toute puissance de tout envoyer paître. Se serait-on fait ramollir par plusieurs années de pop dépourvue de folie ?

Je ne sais pas. Mes rapports avec la pop sont ambigus. Autant la plupart des musiques que j’aime sont pop autant j’y trouve beaucoup de choses que je n’aime pas… Au-delà de ça, tu sais, j’ignore vraiment s’il y a jamais eu une époque où les gens écoutaient intelligemment la musique. Moi j’aime faire une musique qui fasse bloc, des disques où les titres s’enchaînent, qu’il y ait un début, un milieu, une fin. Mais pour moi c’est naturel. J’ai toujours composé de la musique comme si j’étais un groupe. Plus jeune je composais des albums entiers dans ma tête. Je faisais très attention à ce que toute cette mécanique tourne rond. Aujourd’hui plus personne ne semble s’intéresser à cette approche du disque !

Je n’en suis pas sûr. C’est peut-être une réaction face à l’obsolètisation du disque en tant que support économique, technologique et artistique mais ces derniers temps j’ai pu me rendre compte que pas mal d’artistes osaient faire des doubles voire des triples albums.

Oui, j’exagère. La prochaine fois nous ferons donc sûrement un quadruple album…

Il paraît que l’idée de la musique d’Hidden t’est venue avant celle de Beat Pyramid, qui est pourtant, en terme de sortie, votre premier disque. C’est vrai ?

Oui, Hidden rassemble certaines idées que j’avais déjà eues depuis un moment… En fait, quand le groupe s’est formé, j’ai continué à faire ma propre musique pour moi, qui différait pas mal de celle de These New Puritans. Après la sortie de Beat Pyramid j’en suis venu à me demander pourquoi je segmentais ainsi ma musique. Je ne savais même pas. J’avais pris cette habitude, comme ça. Mais je me suis soudainement aperçu que ces idées pouvaient fusionner, que ça sonnerait bien. J’imaginais déjà le résultat. J’ai donc tout chamboulé et c’est comme ça qu’Hidden est né. Aujourd’hui je continue de composer en marge du groupe mais je garde consciencieusement toutes mes idées pour qu’elle s’intègre dans le plan d’ensemble qui présagera d’un nouvel album de These New Puritans.

Votre premier album vous a valu d’être comparé à des groupes de rock indé comme The Rakes et Franz Ferdinand. Cela t’a-t-il surpris ?

Oui, parce que je pense qu’on ne s’inscrivait pas du tout dans ce genre-là. Maintenant qu’on a sorti Hidden ça ne prête plus à débat, les gens peuvent voir la différence. Mais oui, je persiste à croire que Beat Pyramid n’a pas été compris. Pour moi c’est plus un album d’électro ou de hip hop qu’un album de rock indé. Rien que dans la façon dont les morceaux ont été faits et assemblés ça a requis beaucoup de techniques… Je veux dire : on n’est pas un vrai groupe !

These New Puritans n’est pas un vrai groupe ?

Non, je ne pense pas. On est très différent de tous les autres groupes, qui ne sont sans doute pas de vrais groupes eux-mêmes. Moi j’ai l’impression de ne m’intéresser qu’à la musique et un groupe ça t’apporte tellement de choses qui n’ont rien à voir avec ça… Pour moi, faut être un peu schartbé pour vouloir faire partie d’un groupe. Je dis ça, ça vaut également pour moi.

Pourquoi avoir donc formé These New Puritans ?

Je ne sais pas. Je me souviens qu’au début aucun de nous n’y prenait plaisir. On se disait juste que ça pourrait nous amener quelque part.

Tu as donc recruté ton frère jumeau, Robert…

Oui, parce que George faisons de la musique ensemble depuis qu’on est môme… C’est bizarre… mais je pense qu’on a eu raison de faire ça car le fait d’être un groupe sans trop aimer ça fait de nous un groupe différent…

Un groupe sans sexe, sans drogue ni rock’n’roll !

Attention, on n’est pas aussi puritains que les gens peuvent croire. On ne l’est même pas du tout ! Ce que je veux juste dire c’est que parfois je sens plus d’art dans une chose comme ce bâtiment qu’on voit là que dans n’importe quelle autre chose qui a trait au rock. Pour moi les groupes de rock ne sont pas si importants. Même s’il y en a de bons de temps en temps !

Y en a-t-il actuellement dont tu te sens proche ? Par exemple ceux avec qui vous avez tourné, des groupes comme Crystal Castles, The Kills, The XX ?

Non, s’il y en a un que j’aime bien en ce moment c’est Salem, un groupe américain. Ils sont bons. Mais sinon, non, rien de spécial.

J’ai lu que tu aimais un vieux groupe culte du nom de This Heat. Je ne connais pas. Peux-tu m’en parler ?

Ils sont bons mais je ne sais pas grand-chose d’eux.

Ok. Tu préfères peut-être parler de Britney Spears ? Il paraît que son dernier album, Black Out, est pour toi un disque important. Tu le penses vraiment ou c’était de l’ironie ?

C’est vrai que c’est marrant à dire mais dans le même temps je le pense vraiment. Quand on mixait Hidden j’ai donné Blackout à la personne qui s’en chargeait (Dave Cooley – Nda) en lui disant d’essayer de faire sonner notre disque comme ça. Parce que j’adore la production de ce disque, à la fois classe et crade. J’aime ses fréquences, toutes ces textures étranges. Je crois que c’est souvent en pop que se trouvent les musiques les plus singulières qui soient et cela a beaucoup à voir avec la production. Parce qu’aujourd’hui c’est dans la pop que la production musicale innove le plus. C’est aussi pour ça qu’il n’y a plus du tout de rock aujourd’hui. Je voulais donc oublier toute notion de production rock et mélanger une production musicale de type « musique classique » avec une production musicale de type « pop ». Mais si j’aime ce disque c’est aussi pour Britney Spears elle-même. Elle est clairement tarée, et en musique c’est parfois bien de l’être.

En ce moment on n’entend plus trop parler d’elle, mais plutôt de Lady Gaga. C’est elle qui défraie la chronique. T’en penses quoi ?

Je n’ai pas beaucoup entendu ce qu’elle faisait, elle est probablement douée… Mais je préfère la folie plus sincère de Britney Spears à l’excentricité calculée de Lady Gaga. La folie de Britney c’est aussi ça qui fait que Blackout est un disque si étrange, parce qu’il y a là-dedans quelque chose de presque nihiliste… Ce qui est bien c’est que plus tu es populaire plus tu peux te permettre de faire des disques osés. C’est ce que j’aime dans le fait d’être un groupe pop : tu peux être audacieux car tu avances masqué par une forme accessible. Je suis donc content qu’un disque comme Blackout puisse marcher. Car c’est aussi ça l’idée de These New Puritains : faire de la pop, mais tordue.

Je vois. Parlons donc plus précisément de la pop tordue de ce deuxième album, Hidden. Je ne sais pas si on peut justement parler de « single » car c’est peut-être un peu trop tordu, mais le premier morceau tiré de ce disque s’appelle « We Want War » alors je demande : qui est ce « we » dans « We Want War » ? Vous en tant que groupe ? La jeunesse que vous représentez ?

Hum, je suppose que c’est juste moi et ceux qui écoutent notre musique…

« We Want War » dessine les 3 W du World Wide Web. Serait-ce donc une chanson de la génération Internet contre le phénomène de placardisation que génère Internet ?

Non, ça ne parle pas d’une guerre en particulier, c’est juste pour dire « allons-y », plus l’idée de se mettre à construire des choses, de générer de l’énergie et de chercher à en recevoir.

C’est votre côté Rage Against The Machine ?

Euh, non, pas trop !

Je plaisante ! N’empêche, d’autres morceaux comme « Attack Music » et « Fire Power » peut-être vus comme des va-t-en guerre ou quelque chose d’approchant…

Oui, il y a ça dans le disque mais il comporte aussi des morceaux plus calmes, mélancoliques. Je voulais y faire le pont entre ces deux extrêmes car dans la musique comme la vie l’intérêt vient toujours du mélange des contraires. Quand il y a une sorte d’ambiguïté, d’ambivalence. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. On peut donc voir notre musique comme quelque chose de frontal, de violent, mais pour moi ce n’est pas si simple. J’y vois aussi pleine de confusion, des choses masquées, inarticulées…

Oui, comme les paroles, dont on ne peut pas dire qu’elles prédominent sur le son…

C’est vrai. C’est peut-être dû au fait que je compose toujours la musique d’abord…

Les paroles de « Three Thousand », « Attack Music », « Fire-Power » et « Drum Courts – Where Coral Lie » n’apparaissent pas dans le livret. Pourquoi ? Tu n’en es pas fier ?

Il y a un peu de ça, oui ! Mais c’est plus parce que contrairement aux autres morceaux dont les textes sont plus écrits, et présentent bien en tant que texte, sur la page, ceux-là tirent plus leur valeur de la manière dont je les chante, leur côté purement sonore, répétitif… Et puis je trouve que dans une chanson il n’est jamais bon de prendre le texte en dehors de sa musique.

Ca me rappelle ce que Jarvis Cocker du groupe Pulp avait fait mentionner en nota bene sur le livret de This Is Hardcore : « Merci de ne pas lire les paroles pendant que vous écoutez le disque ».

Oui, ça me parle. Car quand tu écris un texte de chanson tu joues sur les sonorités, les syllabes. Ce texte est fait pour être chanté, pas pour être lu, et c’est ce chant qui caractérise la pop.

Toi, si j’ose dire, tu ne chantes pas vraiment, tu pratiques plus une sorte de chanté-parlé, presque rap parfois. C’est parce que tu n’as pas la chance d’avoir une voix comme celles Scott Walker, Jeff Buckley ou Thom Yorke ?!

Non ! D’ailleurs sur Hidden je chante déjà plus que sur notre premier disque où j’étais plus dans le chuchotement… C’est juste que je n’ai pas d’idée précise de la manière dont je voudrais que sonnent mes paroles. Souvent je chante collé au micro pour brouiller le sens de ce que je chante et je chante de manière très lente, posée car de cette manière tu obtiens d’étranges nuances. Et voilà, comme je ne suis pas Pavarotti c’est très bien comme ça !

Si je viens d’évoquer Scott Walker c’est qu’il s’agit d’un artiste pop atypique à plus d’un titre et je me lui laissé dire que tu aimerais ce qu’il faisait…

Pour être honnêtre je ne suis pas très fan de sa première période. Il semble y avoir deux types d’auditeurs de Scott Walker : ceux qui aime sa première période (de 1967 à 1974 – Nda) et ceux qui aiment sa seconde (de 1984 à aujourd’hui – Nda). Je suis plutôt de la seconde.

C’est peu dire que des disques comme Tilt et The Drift ne sont pas gais et facile d’accès !

Oui, mais ce sont deux disques absolument magnifiques. J’ai toujours cherché à m’en détacher, à proposer une musique différente, mais ils m’ont indéniablement marqué.

Comment as-tu découvert ces disques ?

Par mon grand frère, encore une fois.

As-tu vu le documentaire « Scott Walker, 30 Century Man » ?

Oui, oui. Tu vois la scène où Scott demande à son batteur de frapper un morceau de viande ?

Oui.

Il a failli venir jouer sur notre disque.

Vous aviez quelques morceaux de viande à lui faire frapper ?!

Non, il devait juste nous faire quelques batteries. C’est un très bon batteur. Il fait partie de l’Orchestre National de Londres.

Je plaisantais à moitié : sur un morceau comme « Attack Music » j’entends des sons que je n’arrive pas à identifier. Je me suis dit que c’était peut-être des bruits de viandes…

Non, mais c’est vrai qu’on utilise diverses sources sonores…

Ce qu’on entend par contre clairement dans vos morceaux, ce sont kes bruits de chaînes en fer et de lames de couteaux…

Oui, j’aime bien insérer ce genre de sons high tech comme si on était dans un film ou un jeu vidéo. Mais c’est aussi un peu l’équivalent de ces coups de feu que tu peux entendre dans les morceaux de hip hop. On a juste changé d’arme : les couteaux remplacent les guns (il saisit le boîtier d’Hidden que j’ai posé sur le muret sur lequel nous sommes et me montre un détail au dos de l’objet – Nda). Tu vois ce logo là ?

Qu’est-ce que ça représente ?

Les épées de la vérité.

C’est aussi le nom d’une chanson de votre premier disque, Beat Pyramid.

Oui, et ça c’est comme le logo des épées de la vérité.

Ah euh ok. Les visuels semblent importants pour vous. Mais dis-moi, pourquoi y’a tout le temps des corps nus dans vos clips. « Elvis », « We Want War », « Attack Music » : à chaque fois plein de gens nus. Pourquoi ?

Aucune idée.

Ton frère jumeau a été modèle pour Dior. Vous avez fait un morceau, « Navigate, Navigate », pour le défilé de la collection Dior Homme Automne-Hiver 2007 d’Hedi Slimane. La mode vous inspire ?

Pas vraiment, non. Cette musique pour le défilé Dior est la seule expérience que j’en ai. Pour nous ce n’est pas aussi important que ce que les gens imaginent, notamment en Angleterre. C’était juste stimulant parce que la seule chose qui comptait était de créer de la beauté, et c’est ce qui nous préoccupe chez These New Puritans.

Diriez-vous qu’il y a des points communs entre l’univers d’Hedi Slimane et le votre ?

Possible.

N’est-ce pas bizarre que ce type aime à la fois votre musique et celle de Pete Doherty ?

Sans doute.

J’ai remarqué que tu étais pas mal obsédé par l’idée de symétrie et de double. Au-delà des visuels très angulaires et cybernétiques qui me rappellent les univers d’H.G. Giger et d’Escher, sur Beat Pyramid, c’est visible à l’intitulé de certains morceaux comme «… ce I Will Say This Twice », « I Will Say This Twi… », « Infinity Ytinifni » et sur Hidden, par la symétrie d’axe vertical, tu as dupliqué l’inscription du tracklisting au dos du boîtier. Tout ça c’est important pour toi ?

Ca l’était surtout pour notre premier disque. Je voulais que tout soit symétrique par jeu de miroir, nombres et infini. Me limiter à ça. Hidden prolonge peut-être cette thématique. Je ne sais pas, je n’y ai jamais réfléchi.

Tout ça c’est peut-être une histoire de gémellité…

Ah oui, tu fais référence au fait que Georges et moi sommes jumeaux ?

Euh oui. J’ai moi-même un frère jumeau…

Ah ok.

Je me dis qu’inconsciemment ça peut peut-être, plus que d’autres, nous pousser dans des quêtes de double, de moitié…

Oui, je ne sais pas…

Tu m’as beaucoup parlé de ton grand frère, de comment sa discothèque t’avait permis de grandir pour être celui qui tu es aujourd’hui, mais tu ne m’as pas dit : joue-t-il lui aussi de la musique et si oui pourquoi? Ne fait-il pas également partie de These New Puritans ?

Aha, bonne question ! Mon grand frère joue en effet de la musique lui aussi. Petit, je faisais de la basse sur ses enregistrements. C’est d’ailleurs un de me plus grands souvenirs de gosse, être appelé dans sa chambre pour le rejoindre à faire ça. Il a composé de très bonnes chansons. Il se peut que j’en reprenne quelques-unes sur le prochain album These New Puritans.

Comptes-tu le sortir d’ici 2-3 ans ?

J’ai plein d’idées pour ce disque, plusieurs options qui se dessinent. Il ne devrait donc pas sortir avant un certain temps… Mais avec These New Puritans, on ne va pas faire que des disques, on prépare d’autres choses, étranges, dont certaines sont déjà en cours…

Des choses visuelles ?

Oui, entre autre.

Quel sera le prochain morceau d’Hidden à faire l’objet d’une vidéo ?

Ce sera « Hologram ». La vidéo sera basée sur une performance, mais pas dans le sens traditionnel de la chose. On a fait ça avec Saam Farahmand. Dans un entrepôt. On fera d’abord circuler une version spéciale « director’s cut ». On devrait sortir ça début juin.

http://www.myspace.com/thesenewpuritans

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12 commentaires

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  2. Chouette interview, j’aime bien le détachement de Jack, il a l’air sincèrement très loin des codes rock indés Si tout les artistes avaient un point de vue aussi distancié la musique ne s’en porterait pas plus mal !

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