Votre petit copain geek sort déprimé de son été ? Il passe son temps à chialer dans les chiottes parce qu’il a été déçu par un bonhomme qui se trimballe avec une lanterne verte et un patriote américain bodybuildé ? Pour le consoler vous avez le choix : soit vous réalisez ses fantasmes les plus fous (et croyez-moi, c’est pas ce que vous voulez), soit vous filez acheter le onzième tome de The Boys qui sort le 24 août. Courez vite en librairie, il enfile déjà sa soubrette.

« Oncle Ben, j’peux tirer des boules de feu avec mon trou du cul !!

– Super fiston (sourire Colgate). Mais n’oublie pas (mode donneur de leçon en pleine action) : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités… ».

Coupez !!! C’est dans la boîte !!! Vous venez de tourner la plus grande comédie super-héroïque de tous les temps.

« Ho non, c’est plein de bons sentiments et pis c’est une histoire de justicier au grand cœur… »

Quand Oui-oui aura fermé sa grande gueule, vous aurez tout le loisir de méditer sur le ridicule de la situation. Imaginez que vous êtes un loser qui du jour au lendemain a les moyens de faire absolument tout ce qu’il veut, et ce en portant un collant super tendance. Est-ce que votre premier réflexe serait de sortir mémé des orties ?

Bingo, vous avez capté, les super-héros se font entuber profond, ou plutôt les fans de comics se bercent de douces illusions. Papier ou écrans, on nous abreuve de nobles sentiments jusqu’à l’indigestion. Et il faut l’avouer, une fois qu’on sait que le gentil gagnera à la fin, les scenarii souvent limite sombrent dans une nullité abyssale. Alors certes, parfois on apporte une touche d’originalité, on nous propose des personnages plus sombres, moins manichéens, c’est le cas des Watchmen et autres encapés plus « dark ». Mais globalement, la recette de Papi Stan n’a pas changé. Et ça, Garth Ennis (Preacher) et Darick Robertson (Transmetropolitan) le savent parfaitement, et pour cause ils sont du milieu. Ou plutôt ils l’étaient, car depuis 2006 ils ont pris le maquis, ils ont craché dans la soupe fadasse pour produire une série complètement délirante : The Boys.

Je vous plante le décor : Vouhgt-American, une multinationale à la moralité douteuse, a trouvé la recette du concentré de super-héros. Du coup des centaines de super-slips, héros autoproclamés, se baladent en toute liberté. Et soyez-en sûr, ils connaissent aussi bien les leçons de morale d’oncle Ben que moi le Nouveau Testament. Résultat : un vilain part à la conquête du monde ? Ils lui cassent la gueule. Une victime appelle à l’aide ? Ils lui cassent la gueule. Une fille reste insensible à leurs charmes ? Ils lui cassent la gueule… après l’avoir violée (je ne vous parle même pas des effets d’une bite bourrée au Red Bull / Viagra x 1000).

Pour camoufler tout ce joyeux bordel, V-A met en scène les aventures de ses super-timbrés dans des comics où les « dommages collatéraux » sont occultés, histoire de faire passer la pilule. La vérité, c’est ce que vous lisez. Une belle mise en abyme de la part d’Ennis et Robertson, qui ont le don de nous rendre parano…

Mais où est la justice dans tout ça ? Justement, la justice c’est les P’tits Gars (The Boys pour les bilingues). Une équipe dopée au composant V (le stéroïde super-héroïque) qui ramène les supers sur le droit chemin à grands coups de tatanes dans les burnes. Cette folle équipée en manteaux noirs se compose d’éléments triés sur le volet : Billy Butcher, le patron violent qui pause sa batte pour le Tea-time ; la Crème, un colosse d’ébène adepte des tâches ménagères ; le Français et la Fille, des tueurs psychopathes, sanguinaires, mais avec un bon fond ; et le p’tit Hughie, embarqué dans cette affaire de fou le jour où sa copine est devenue un « dommage collatéral ». Ah et j’allais oublier Terreur, un bulldog trop con pour donner la patte mais qui a appris à niquer sur commande.
Un concentré d’action et de franche rigolade qui dévoile tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le monde secret des comics U.S. : depuis les tests d’admission au sein d’une Justice League (où la profondeur de la gorge compte), jusqu’à la création des fameux cross-overs qui rythment notre année (et qui donnent surtout l’occasion aux guignols en collant d’aller se taper une super-partouze). Mention spéciale pour Tek-Paladin, un héros aux pulsions sexuelles incontrôlables, qui a fait sien le gimmick : « s’il y a un trou, je peux le combler ».

On l’aura compris, tout l’intérêt de la série tient donc dans ce grand détournement des clichés qui ont nourri nos prédécesseurs. Un manichéisme désuet pour une génération qui a cessé de croire naïvement aux Super-Gentils en même temps qu’au Père Noël. Bref, ceux qui ne connaissent pas encore sont les plus chanceux, ils vont en prendre plein leurs petits yeux innocents. Quant à toi, qui suis la série depuis son fondement, tu vas pouvoir savourer ta came et découvrir ce qui se passe quand Butcher croise Hughie et sa régulière…

Conclusion : on se sort les doigts du cul et, plutôt que d’aller investir dans une projection 3D de Green Lantern, on se jette sur The Boys. Et surtout n’oubliez pas, si vous croisez un mec en pyjama bleu avec une cape rouge, il ne se sert pas de sa vision X pour traquer les méchants, il matte votre petite culotte… et plus si affinités.

Garth Ennis-Darick Robertson // The Boys (tome 11): Les Innocents // Panini Comics

3 commentaires

  1. “Et il faut l’avouer, une fois qu’on sait que le gentil gagnera à la fin, les scenarii souvent limite sombrent dans une nullité abyssale.”

    Voilà une vision bien simpliste du comic book de super héros…J’espère que ç’est juste pour mettre en valeur The Boys (excellente bd au demeurant), sinon ç’est grave.

  2. entouca tu reproche aux histoire de superhero d’être toujour tous blanc mois je reprocherés à des truc comme the boys détre toujour tous noir le monde et suffisamment degeulase jenes pas vraiment envie de voir des fiction qui cherche à le rendre enccore plus degeulase c’est un avie personel aprés je reconés que l’idée de the boys et plutot original et que sa peux éventuel remettre en question sertene choses comme le film man of steel qui pressante superman comme un véritable dieux enfin toussa pour dirre ouis the boys et une bonne BD mes il ne faux pas nonplu la prendre aux pied de la lettre

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