A la demande de l’organisateur et afin de justifier dignement notre accréditation avant même le premier larsen strident balancé sur le gazon de Saint Cloud, Gonzaï se fend d’un papier d’annonce qui vous permettra d’éviter les grosses machines rouillées du festival mais également de découvrir quelques bons groupes, cachés derrière la tireuse à bières. Pour ces préliminaires d’introduction, Matt Oï mouille le maillot (mais lequel?)

Se rendre à Rock en Seine, c’est un peu contraindre sa nature défricheuse à subir l’assaut de gros gabarits rocks bâchés et rebâchés au milieu desquels seront dispersées quelques petites perles qui font l’intérêt de ce festival qui a lieu chaque année dans le parc domanial de la forêt de Saint-Cloud, accessoirement un endroit top pour faire du VTT. Rock en Seine ou la passion de l’aiguille…

Car c’est pas en me coltinant les Foo Fighters, Big Audio Dynamite ou Biffy Clyro en entrée que je vais faciliter la digestion. En revanche ces quelques têtes d’affiche du vendredi feront peut-être renaître une fougue adolescente susceptible de me faire oublier que je ne suis qu’un vieux con intéressé par des groupes bien confidentiels ayant exercé leurs talent dans une zone située approximativement entre le Nord et le Sud de Portland entre 1996 et 2006. C’est ça la magie de Rock en Seine : oublier, tout oublier. Que l’été est fini, que Paris aime tellement la scène underground française que le seul festival d’ampleur qu’elle lui offre ne concerne que 3 ou 4 groupes, et encore faut arriver tôt l’après-midi (notamment le vendredi) :

  • Beat Mark : pop-shoegaze à base de choeurs bien inspirés des Beach Boys, un brin psychédélique, à la fois répétitif et progressif. Je ne vais pas en rajouter une couche sur le fait qu’il s’agit du side project du guitariste et du chanteur d’Adam Kesher, de deux membres de This is Pop et de l’ancienne batteuse de Yussuf Jerusalem, personne n’en a rien à branler. Y’a pas écrit rédacteur de fiches techniques aux Inrocks sur ma gueule. Je ne vais pas non plus surenchérir en les positionnant entre MGMT et Crocodiles, a Place to Bury Strangers ou encore Pains of Being Pure at Heart, c’est absolument faux. Tout le monde sait qu’il s’agit d’une indie-rockinette (dite aussi trottinette pitchforkienne) un effet de style consistant à tout mettre dans le même sac tant que ça donne l’apparence du cool, que c’est à la mode, avec de la mélodie et un peu de reverb. Mais en effet c’est plutôt cool et rafraîchissant. Go further : http://gonzai.com/de-adam-kesher-a-beat-mark-petits-flirts-entre-amis
  • The Feeling of Love : Du rock garage distendu vraiment stylé entre ta grand-mère en Harley, ta pute en short et ton cadavre en ambre. Une des dernières bonnes sorties garage-rock de l’année from l’est de la France, là où ils mangent des saucisses qui ne sont pas de Toulouse ni de Lyon. On les aime bien chez nous, accompagnés d’un peu de pain et de moutarde, c’est suffisamment prog et psyché : http://gonzai.com/the-feeling-of-love-dissolve-me.
  • François & The Atlas Mountain : un très bon groupe de Gironde réunis autour de « François » dont je me fous du nom comme de l’an 40 (on va dire que c’est & The Atlas Mountain), installé à Bristol. Je les avais vu en première partie des Besnard Lakes au Bus Palladium, ils avaient vraiment assuré le chauffage de salle en ce mois d’hiver ou les saints de glace dégoulinaient dans les caniveaux du 9e. Un genre d’Animal Collective national (trottinette…), une bande de jeunes exaltés qui envoient un sacré truc éléctro-tribal à base de loops, de claviers, de cordes plus traditionnelles, de chœurs sur fonds de ciel africain menée d’une main de maître par celui qui doit être le fils spirituel de Richard Bohringer et Beth Gibbons.

Bref. Rock en Seine aurait le mérite de remettre tout le monde au boulot dans un climat d’une certaine douceur si ce n’était également un grand rassemblement de marques avides de transformer tout un chacun en dérouleur de PLV Pinault/Printemps/La Redoute collection été-wannabe 2011 (allez, on va se rattraper sur le mois d’août) à tendance automne-prospectif. Je propose d’ailleurs que tout journaliste boycotte le report du festival si le prix de la pinte dépasse les 6€. Ben quoi comment on va pouvoir acheter des Levi’s, du Coca-Cola toute l’année et des Adidas si on claque tout notre blé dans les bières à Rock-en-Seine, non? A quoi servent les partenariats du coup ? Faut assurer le brand-fisting or not ? Un peu de cohérence Messieurs.

Au milieu de ce fourre-tout partiellement réussi et en se plaçant  du point de vue « synthèse des trucs que t’as pas pu louper cette année ou il y a 15 ans » des merdes du genre My Chemical Romance, Simple Plan (peut-on sortir vivant de ce concert ?) ou encore les BB Brunes qui n’oublieront pas de faire mouiller la ménagère de 25 ans, ancienne pin-up des magazines de mode pour ados dans les lointaines années 2005. Et puis Likke Li, Tinie Tempah, Nneka, The La’s, Seasick Steve, Cherri Bomb, The Naked and Famous c’est quoi? Des meubles? Des coups de coeur de programmateurs zonant sur les sous-sites de dubstep report? Non vraiment, j’y comprends rien à tout ça. J’essaierai donc de me frayer un chemin dans ce chaos globo-fist-rock-fucker à la recherche de la perle, doux objet d’évasion censé m’éloigner de l’enfer de la rentrée et de toutes ces soirées under-underground avec ces concerts de groupes aux noms plus décalés les uns que les autres, le tout organisé par l’armée des bookeurs associés. En attendant Rock en Seine et la rentrée, je vous pète une bise et m’empresse de regagner mes véritables activités vacancières à la recherche du temps perdu.

3 commentaires

  1. Les festivals dans de grands champs c’est au final plus polluant que les flatulences d’un troupeau de vaches. (un public bovin, des sons de batteries de boeufs,des saucisses en veux tu en voilà et des gerbes qui ressemblent étrangement à des bouses.)
    Le plus marrant à Rock en Seine c’est le côté rentrée des classes sous la tente presse, ” whaou ça me fait super plaisir de te voir, tu as l’air vraiment en forme”, Comment ça va ma chérie ? Tiens t’as vu l’autre con qu’est en train de lécher le cul de machin, nan mais franchement. T’as appris bidule c’est fait débarqué cet été, c’est vraiment des enculés hein ? bon en même temps vu ce qu’il foutait… Sans oublier les bons points donnés aux groupe comme à l’école des fans, bref un enclos fort dépressif et déprimant

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