18 ans après la sortie de "Almost Famous", l'heure est venue d'admettre que ce film a inspiré toute une génération de pigistes ratés et de stars en devenir. Revenons point par point sur le film qui a tant fait pour la jeunesse qui aime le bon rock et lit toujours "Rolling Stone".

Pour ceux qui auraient cruellement besoin de lâcher les films d’auteurs, Almost Famous c’est l’histoire de William Miller, un ado de 15 ans un peu rond et chétif qui espère augmenter sa popularité en s’intéressant à la musique du diable, le Rock’n’roll. C’est sous l’aile de Lester Bangs, le critique musical le plus triste de l’histoire, qu’il se retrouve malgré lui à bosser pour Rolling Stone magazine. Et comme tout roule pour William, il est directement missionné pour suivre en tournée l’un des groupes les plus prometteurs de sa génération, les paumés de Stillwater et leurs groupies. C’est le début des emmerdes et de la vraie vie pour ce gamin sur-couvé par sa mère et sauvé par sa soeur qui lui a un jour conseillé d’écouter l’album “Tommy” des Who.

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Les origines d’un succès accidentel

Epuisé par les films torturés sur la drogue qui ont fait le bonheur des années 90, le réalisateur Cameron Crowe a puisé dans ses souvenirs de gosse pour écrire Almost Famous; un film qui deviendra très vite l’hymne d’une génération d’ados en quête de sensations et de bonne musique. Et c’est pendant sa lune de miel avec Nancy Wilson, musicienne à ses heures perdues, que le réalisateur compose la plupart des titres du groupe de rock fictif de son film. Leurs chansons un poil ringardes aujourd’hui constituent la B.O. du film retraçant sa jeunesse et celle de Lester Bangs, tous deux journalistes chez Rolling Stone durant leur adolescence. Avec l’aide de sa femme, ils créent le groupe StillWater et composent une poignée de chansons qui rappellent à Crowe sa propre adolescence.

Les bases de l’histoire étant établies, le couple n’a plus qu’a créer des personnages emblématiques et attachants à l’instar de Penny Lane, groupie de première classe que le groupe entier lutte à conquérir. Si la douce blonde contribue à faire fantasmer toute une vague de puceaux en 2000, impossible d’en dire autant de la mère du petit William, hystérique et en guerre contre la musique et les drogues. Elle me rappelle un peu ma mère, sauf qu’elle n’a pas pu m’empêcher de réaliser mes rêves et de faire du Rock, désolée maman. Le film bourré de références provenant directement de l’enfance de Cameron Crowe, des disques de Led Zep au physique des filles qui le dépucèlent (sic). Almost Famous contient plus de 50 chansons et aurait pu viré à la comédie musicale ringarde ou au film d’ado un peu attardé mais avec 1,5 million de dollars de budget, il fallait anticiper un minimum ce succès. La légende dit qu’un autre attardé répondant au prénom de Steven avait approuvé le scénario du film quelques jours avant le début du tournage.

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Récit d’une génération fantasmée

Almost Famous, coincé entre voyage initiatique et road trip foireux, reste avant tout un bon film sur la musique des années 70, la démocratisation de la drogue et le métier de journaliste. Au-delà du strass et des paillettes, le petit Will, journaliste malgré lui, fait de son mieux pour supporter un ramassis de losers eux-mêmes en quête d’identité. Entre pantalons pattes d’eph, groupies, acides et chansons originales, Almost Famous relate l’enfance que tous les kids des 70’s auraient voulu vivre. Cameron Crowe tape dans le mille en mélangeant fiction et réalité avec ce film quasi autobiographique. Ok, il ne s’est pas retrouvé dans un plan à quatre lors sa première fois, mais il s’est sûrement dit que le plan collait bien avec l’esthétique du film.

Presque 20 ans plus tard, à l’air de l’Iphone et des crocs, le film incarne encore quelques fantasmes. Soyons honnêtes, qui n’a jamais rêvé de prendre une trace avec Iggy ou n’importe quelles autres drogues d’ailleurs dans les années 70 ? De partir en tournée avec un groupe entouré de groupies tout en étant payé par le magazine musical le plus cool au monde ? C’est tout le mal qu’on se souhaite après avoir regardé le film en version longue. Led Zep, Iggy, Bowie tous sont référencés dans ce film jamais tiré par les cheveux, promettant un trip sans acides ni gueule de bois.

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Le cas Lester Bangs

Personnage emblématique et bien pathétique, Lester Bangs, ami des stars déchues des années 70 et accessoirement journaliste pour Creem Magazine, est l’archétype du loser magnifique. Il est fauché, triste et fait même un peu de peine mais s’accroche à ses rêves comme Juppé à la politique. Un poil lourd mais d’une bienveillance attachante, lui aussi est à l’origine de nombreuses vocations.

Seul, souvent alcoolisé et passionné par la musique qui tournait déjà un peu en rond à l’époque, le journaliste refuse de laisser sa place. Son rôle a même filé la grippe à l’acteur Philip Seymour Hoffman, malade tout du long du tournage (92 jours au total, faut croire qu’on a rien sans rien). Le lascar fait d’ailleurs face à un autre collège du journalisme Gonzo, le très cool et sûrement très con Hunter S. Thompson. Celui qui n’a plus rien à perdre, mais plus rien à gagner non plus, n’est pas avare en conseils qui continuent d’inspirer les pigistes du nouveau siècle : “Ne fais pas confiance aux musiciens, ils sont cools et voudront te faire plaisir, ils te paieront des coups et de la drogue, te feront voyager gratuitement mais ces gens ne sont pas tes amis.” Retenez bien ces mots, ils valent plus que tout ce que vous diront vos profs en journalisme qui n’ont sûrement jamais entendu parler de John Maus ou lu un numéro de Rolling Stone.

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Bref, ce classique des années 2000 et ses histoires de jeunes paumés avide de Rock’n’roll donne envie d’arrêter d’écouter la radio pour se raccrocher aux rêves des pigistes d’une autre époque. A partir de là, il ne reste plus qu’à choisir mon camp entre la groupie et la muse, la musicienne et journaliste. Et en attendant, Almost Famous reste, presque 20 ans après sa sortie une source inépuisable d’inspiration et de motivation pour continuer de croire qu’il y a encore de l’avenir dans l’industrie du Rock. Il est le récit d’un voyage initiatique touchant voir même fébrile d’une génération pleine de rêves et d’idoles déjà perdues.

7 commentaires

  1. Un bon film ça, on a pas du voir le même.
    Bowie, Iggy? ou ça?
    Industrie du rock ou Rock Indus?
    La Rock critic Star morte c’est bon ça coco.
    Vous avez deux heures pour rédiger

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