5 janvier 2015

NOT ON TOP #8
Un docu sur Patrick Edlinger

Vous ne verrez pas de t-shirts à l’effigie de Patrick Edlinger. Et pourtant malgré un nom de serial killer de l’est pédophile, il a été pendant les années 80 l’un des sportifs préférés des français, un symbole de liberté, de conquêtes à mains nues des grands espaces. Pour les plus jeunes d’entre vous Patrick Edlinger était donc grimpeur dans la vie. Ce non-métier qui consiste à se mettre en bas d’un caillou et de vouloir monter dessus, un challenge de gamin pour aller voir ce qu’il y a en haut, pour chasser le gaz, vaincre la peur et le vide, sans attache.

Engagement total, pas celui des Lemmy ou de n’importe quel trou du cul du rock avachi sur un canapé backstage, Edlinger pratiquait l’art de l’escalade libre en solo. Depuis, des furieux grimpent plus vite, plus haut. En montagne, Ueli Steck explose tous les records tel un cyborg à la cage thoracique en acier et Alex Honnold se tape des pans entiers des Yosemites sans protection mais, ce qui importe, c’est l’esprit de la pratique d’Edlinger. « Ce qu’il y a de plus important en escalade c’est la façon dont tu passes… L’intérêt c’est d’essayer d’être le plus esthétique, le plus harmonieux possible, en fait c’est une expression corporelle au même titre que la danse, la chorégraphie est dictée par les prises, c’est l’opéra vertical. » Humble, farouchement indépendant, Edlinger avait la classe que l’on ne s’achète pas avec une panoplie de de parfait grimpeur ou de parfait rockeur (cochez la case)… Ironie du sort, il est mort chez lui, en tombant dans les escaliers. Plus cruelle sera la chute.

La Vie au bout des doigts // Jean-Paul Janssen

 

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