...C'est Alice au pays qu'on sodomise.

A 00mn17, le marin me dit vient. A 00mn18 Lady D. me dit vient, puis la secrétaire, le gendre idéal, monsieur Loyal, tous

…C’est Alice au pays qu’on sodomise.

A 00mn17, le marin me dit vient. A 00mn18 Lady D. me dit vient, puis la secrétaire, le gendre idéal, monsieur Loyal, tous me disent : viens viens chérie. A 00mn27 entrée du lapin. Ou de la lapine, je ne sais pas. C’est quoi un lapin maquillé ? Une lapine ou un malade ?

A 00mn38, le marin me dit SEX, le gendre me dit SEX, Boris me dit SEX aussi, puis le marin de nouveau. A 1mn18 enfin, le marin jouit, lady D. jouit, la secrétaire jouit, à sa façon. A 1mn30 le coup de cravache et à 2mn, moi aussi je vais prendre un coup de cravache si je ne suis pas sage. Le monde foutraque et burlesque de Laurence Wasser n’est pas joli joli, les filles ont mal rasé leur barbe et les mecs ont le maquillage qui bave. C’est sale comme les tâches humides au pied de baigneuses chez Courbet, c’est salement pervers comme un fantasme qu’on ne réalisera jamais. Et auquel on pense tout le temps. 

Ca tombe bien, Laurence Wasser sort un EP, Hoochie cookie bunny (le clip, home made et réalisé seul, illustre le morceau Mummy gelly), aux morceaux courts et énergiques, tous sont de petites grenades dégoupillées, voix déjantée et mélodies obsédantes proches des contes d’un Mrheartattack des Liars. Longtemps après que le diamant eut léché le sillon, les morceaux me tournaient encore en tête.  Sur scène Laurence Wasser est seul, tout son petit monde est resté au vestiaire, au-delà du miroir, pour mieux mettre en valeur une putain de présence scénique dont la batterie n’est que la partie visible, ses compositions ont évolué au profit d’une recherche rythmique toujours aussi répétitive, mais plus aérée et groovy.  Bonheur, j’ai eu l’occasion de poser quelques questions à Tata Wasser, artiste protéiforme. En plus il est beau ce con.

Est-ce que tu peux retracer l’historique de Laurence Wasser ? Depuis quand joues-tu, avec qui ?

J’ai fait une première démo quand j’étais tout seul  à Lyon (2001), puis je suis parti à Bruxelles où j’ai fait une deuxième démo en cdr. Là-bas, on jouait un peu avec Clémentine, puis on a demandé à Dash et plus tard à Nico  nous rejoindre. Cette première formation (batterie, guitare, clavier) a duré un an puis pour diverses raisons on s’est séparé. Je suis parti à Paris où j’ai eu l’occasion de jouer avec différentes personnes de passage pour les concerts, puis je suis allé à Londres où ça s’est stabilisé avec Manu et Régis (qui était là par intermittence depuis Bruxelles). Ensuite je suis rentré à Paris, Régis est parti à Marseille et Manu est resté à Londres. Ca faisait un moment que je voulais faire quelque chose en solo, ça a été l’occasion.

Tu sors un EP, Hoochie cookie bunny et tu m’as dit que les morceaux dataient déjà un peu. Qui a décidé de les ressortir, dans quelle mesure es-tu intervenu dans la production ?

Alors oui, ça date car on les avait enregistrés en 2006 avec Manu dans son studio à Londres. Puis le studio a alors fermé et on n’a pas pu mixer les morceaux. Rentré à Paris, Abraham Toledano et Yves m’ont proposé de sortir les morceaux sur le label qu’ils étaient en train de monter, Plastic Spoons. Du coup, j’ai fait le mixage maison.

C’est quoi un « Hoochie cookie bunny » ?

Selon le wasserpédia, c’est un lapin qui aime bien se faire mettre en discothèque, et qui aime bien les gâteaux au chocolat. C’est un jeu de mot franglish qui ne veut rien dire. Il y a un morceau de Muddy Waters qui s’appelle Hoochie coochie man, mais y a pas de lien.

Comment tu assumes la dichotomie entre ce EP et tes nouveaux morceaux ?

Il s’est passé du temps depuis l’enregistrement, d’ailleurs déjà à ce moment-là on partait sur quelque chose de plus répétitif . Mais bon, je les aime bien ces morceaux, de bons souvenirs en concert !

Depuis quelque temps tu joues tout seul, qu’est-ce que tu as apporté en sus des musiciens ? Ça t’a apporté quoi comme contraintes et comme liberté ?

Comme ce sont des boucles, ça permet d’utiliser de petits bruits d’instruments cassés et autres, violon, autoharp, etc. qui seraient difficile à refaire en live, en tout cas pour moi, vu mon niveau de violon. En terme de contraintes, le réglages des sons (notamment lors des balances, en concert) peut être laborieux, c’est moins sauvage qu’avec d’autres musiciens, il y a moins d’imprévu … Et en terme de liberté, ça permet d’utiliser beaucoup plus de sons différents.  Je fais ce que j’ai envie de faire sans qu’on m’emmerde et un ordi ne va pas se pointer bourré en répète en t’expliquant qu’il n’a pas eu le temps de bosser parce que son caniche fait une dépression nerveuse (bon d’accord, c’est moi qui avais sorti cette excuse mais c’est pas une raison)

Des projets bientôt ?

Jouer à Lyon en décembre avec les Rubik’s le 18 décembre et enregistrer de nouveaux morceaux !

On a hâte, putain, on a hâte.

http://www.myspace.com/lawrencewasser
Photos: Gaelle Riou-Kerangal

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