« Vision violente des Rolling Stones en shorts sur la plage, terrible angoisse de Crosby Stills & Nash se prostituant au rayon charcuterie, la musique de Gush hésite entre le road-movie mal

« Vision violente des Rolling Stones en shorts sur la plage, terrible angoisse de Crosby Stills & Nash se prostituant au rayon charcuterie, la musique de Gush hésite entre le road-movie mal sous-titré et le cirque barnum avec Monsieur Pipeau dans le rôle du chanteur à nœud pap’. Pédophiles de la pop, amateurs de ringarderies lustrées au Paic Citron, ruez-vous sans crainte sur leur premier album. Ici comme ailleurs, c’est du Déjà Vu ».


Jean-Charles avait tant bien que mal réussi à finir l’article, exaspéré par le style lourdingue, les métaphores vaseuses et cette « putain de prétention parisienne à tout juger à l’emporte-pièce ». Gush, franchement, c’était pas pire que Gossip, Micky Green et toutes les nanas qu’on nous vendait tous les jours à la TV. En plus, Gush, Jean-Charles les avait vu en concert l’été dernier ; foutre dieu ils avaient vraiment assuré, pour sûr, ça changeait de la folk française pour les lopettes qui pleurent à la première rupture. L’été dernier d’ailleurs, Jean-Charles s’était fait plaqué par Lucie, 19 ans, il avait écouté « un peu de tout » pour se consoler : Stairway to Heaven de Led Zep, Sunday bloody Sunday de U2, Aerodynamic des Daft Punk et Russian Roulette de Rihanna.
A la fin de l’artice, Jean-Charles s’était posé deux secondes devant l’écran, réfléchissant méthodiquement au pseudo qu’il allait utiliser pour signer son commentaire. « Faut quand même déconner non plus, marre de ces rock-critics à deux balles qui font la pluie et le beau temps sur la toile cirée, ah ah ah ! ».

Mars 10, 2010, par GROUCHO MARS

« HEY BESTER. TA GUEULE.
On n’y comprends rien à tes articles. Pourquoi t’en parles si t’aimes pas ? Tu pourrais pas claquer ton beignet pour une fois ou écrire des choses intéressantes au lieu de raconter ta vie dans tes papiers ? Vous êtes vraiment qu’une bande de branleurs chez gonzai, Gush c’est vachement bien et j’arrête pas d’écouté leur album, spécial mention à No Way, c’est un putain de tube ça. T’as aussi quelque chose contre les tubes, hein ? Retourne écouter Sympathy of a devil des Stones si t’as que ça à foutre, pauvre crétain. »

Voilà, ca va mieux pour JC. Il vient de se défouler, pas touche à son groupe hein. D’ailleurs Gush passe pas très loin de chez lui, à Rouen, peut-être pourrait-il appeler Lucie, passer la chercher, tester son nouvel auto-radio, lui (re)faire le coup du fauteuil qui s’incline. D’ailleurs, elle aussi elle « kiffe Gush, ca lui vide la tête ». Et Jean-Charles, le tableau il le voit d’ici: elle et lui sur la banquette d’après concert, seuls dans la voiture à s’écouter Let’s burn again, comme avant. Pour l’instant seul dans sa chambre, méthodiquement, JC compile vieux souvenirs et nouvelles chansons: Les Beatles, Syd Matters, Hey Hey My My, The bewitched hands on the top of our heads and Gush, forcément, qui lui redonnera le moral et, accessoirement, la fille qu’il aurait bien aimé lustrer. « Faudrait quand même que j’écoute Deja Vu » se dit JC, « des fois que l’autre enculé de scribouillard ait quand même raison. Et puis tiens, merde, rien à foutre, je vais l’appeler ». A force d’auto persuasion, on fait parfois des conneries. On en dit aussi :

– DRING, DRING
– Allo Lucie, c’est JC. Je te dérange pas ?
– Ah, euh, non, trop pas. Enfin, c’est à dire que…
– Nan parce que je viens de voir que Gush passe au Zénith demain soir, je me demandais si …
– … Qui tu dis ?
– Gush, les mecs qui font de la pop, tu sais, c’est vachement positif, on les avait vu ensemble, à l’époque. Le concert était dingue, ça avait presque duré 45 minutes et après on avait acheté le T-Shirt de la tournée…
– Ouais mais non, et de toute façon demain je suis pas dispo. Je sors avec Jonathan, on va voir les Naïve New Beaters. Jo’ connaît bien le manager et il nous dit qu’après on pourrait peut être rencontrer David Boring, le chanteur. Trop cool quoi !
– Espèce de trainée, tu peux pas me faire ça ! J’ai déjà acheté les billets, c’était une surprise en plus! Et puis c’est quoi cette histoire avec les Naïve New Beaters, tu m’as jamais dit que t’aimais ce groupe de loosers !
– Ouais, bon ben salut hein. KRING.

KRING. Jean-Charles a les mains qui tremblent. Et de Lucie, il ferait bien un puzzle, de la chaire à canons peut-être. Là tout de suite il la jetterait bien dans un chenil avec un collier d’os à ronger autour du cou, là dedans elle ferait surement moins la fière avec les bergers allemands accrochés à son cul. Espèce de salope tiens. Il lui ferait bien bouffer son cd des Naïve New Beaters puis monterait le volume du Gush à ce qu’elle s’en crève les tympans. Sale Pute. Bonne idée ça, « écoutons Orelsan ». Pour se détendre.

« Alors que Gush braille son rock devant un parterre d’abrutis occupés à regarder l’imbécile qui pointe la lune avec son doigt, Crosby Stills & Nash continuent d’enquiller les tournées, bedonnants mais still(s) alive. Comme au bon vieux temps, lorsque vos parents découvraient la joie de la capote qui s’ouvre, pas celle qui s’enfile. Et Gush dans tout ça ? Souhaitons leur une carrière à l’image de leur talent, quelque chose comme deux minutes de célébrités avec à la clef la fosse aux lions, le goudron et les plumes. »

Il a l’œil qui pique Jean-Charles, l’écran le nargue d’un peu trop près pour qu’il reste là sans broncher. C’est reparti pour un tour.

Mars 10, 2010, par GROUCHO MARS (ATTACKS)

« HEY BESTER, C’EST ENCORE MOI.
De toute façon tu peux crever toi et toute ta famille de lépreux. Vous crachez sur les Inrocks mais vous êtes tous les mêmes, tous occupés à vous tripoter la plume. J’suis sûr que tu l’as même pas écouté l’album. Et si tu crois que les loosers dont tu parles valent mieux que GUSH, alors tu peut MOURIR, je te HAIS, espèce de pétainiste sous pseudo. Au lieu de vous défoncer le nez tous les soirs, vous feriez mieux de venir voir les Gush à Rouen demain soir. D’ailleurs j’ai une place en trop, si ça intéresse quelqu’un. »

Qu’on soit auteur ou lecteur, c’est toujours la même conclusion: A force de croire qu’on deviendra tous des dieux, on finira tous sur le même trottoir, l’air un peu solitaire à ravaler sa salive. GUSH.

Gush // Everybody’s god // Wagram
http://www.myspace.com/wearegush



15 commentaires

  1. Eh Stef, tu sais aussi que sur Gonzaï y’a aussi beaucoup d’humour, beaucoup d’amour. On est parfois méchants, mais jamais con.

    Amitiés
    (et désolé pour les artistes Wagram, je m’en rends compte sur ton commentaire, pas fait exprès, vraiment)

  2. Ouais Gonzaï ce sont des articles avec autant d’amour dedans qu’une chanson de Gush, c’est un peu le monde des bisounours bien sûr

    mais où est-ce que j’ai dit con? J’ai dit « révisionnistes », mais au final même si ça peut être connoté péjorativement c’est à la fois une critique et un compliment

  3. Ben moi j’ai écouté GUSH, j’ai regardé les clips, honnêtement, sans a priori, en faisant fi de cet article; je n’avais jamais entendu parlé de ce groupe avant. Ca m’évoque à la fois les Eagles et Queen, avec Mika et James Blunt pour les looks.
    BORDEL DE MERDE, QUE C’EST LAID!!! Et même pas drôle.

  4. qu’en est-il ,quelques mois plus tard ?..

    consecration :les mecs de Gush ,qui sont devenu pote avec Mathieu Chedid entre temp ,viennent de servir de backing band à Johnny Halliday sur son dernier album..

    honnetement ,je dois confesser que j’aimais bien leur style Queen 1976..

    J’veux dire ,c’est rare les groupes qui essaient de sonner comme « somebody to love » de Freddie Mercury en mini short en jean..

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