9 mars 2015

FICHE LECTURE : « LE JARDIN D’EDEN » D’ERNEST HEMINGWAY

C_Le-Jardin-dden_9314Par contre, je suis persuadé que les ponts existent. Je n’ai jamais ressenti le besoin de lire Hemingway. Je ne sais pas de quoi parle Le Vieil Homme et la Mer, mais a priori, ça va venir. Tout ça grâce à Bukowski. Le salaud. J’étais bien à lire ses histoires de cul (qui sont évidemment bien plus que ça), mais à force de voir passer les noms des héros, on a envie de s’y frotter. J’ai horreur du suspense, j’ai donc commencé par la fin : Le Jardin d’Eden. La préface a de quoi faire bander : le bouquin n’a pas été achevé, l’éditeur a retouché le manuscrit et il s’agit probablement de son ouvrage le plus décrié. Parfait.

Pourtant, la beauté traverse cette oeuvre, qui trouve en plus un écho dans l’actualité (j’ai conscience qu’on créé parfois les hasards de toutes pièces, mais je vous emmerde). Des époux sont en voyage de noces à durée indéterminée et Madame veut devenir Monsieur, au moins un peu. Puis une seconde femme arrive et le duo devient trio. Le style est étrange, parfois lourd, mais toujours extrêmement riche et poétique, plein de phrases qu’on aurait envie de citer ou de s’appliquer à soi-même. Les histoires s’entremêlent ; le personnage principal est écrivain, les fictions se superposent sans jamais se perdre pour autant, et ce alors que la folie est présente tout au long du roman. Si c’est le pire travail d’Hemingway, j’ai vraiment peur du meilleur.

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