Steven Seagal n'a jamais caché sa passion pour Eric Rohmer. On se souvient qu'à la dernière Mostra de Venise, l'acteur et réalisateur avait molesté puis jeté dans un canal un journaliste de Télérama affirmant qu'il avait trouvé Pauline à la plage "un peu chiant".

C’est donc avec une excitation mêlée d’inquiétude que les journalistes ont découvert Le coup de genou de Claire, premier hommage de Steven Seagal au cinéaste français. Entièrement tourné en décos naturels, au bord du Lac d’Annecy, le film fait le pari de la fidélité. Les dialogues ont été entièrement conservé tel quel. C’est donc dans les détails que Steven Seagal impose à la fois sa marque et une relecture très personnelle de l’œuvre du maître.

« Nous avons ajouté un peu des trucs dans les moments où il ne se passent rien, confie l’acteur au magazine Variety, je me disais toujours sur le tournage, qu’est-ce qu’aurait fait Eric si l’avait disposé des effets numériques ?« . Le résultat parle de lui-même et la poursuite en hors-bord qui marque la séquence d’ouverture du film restera probablement comme l’un des plus subtil geste de reterritorialisation de l’œuvre du maître.

Reprenant le rôle de Jérôme, un attaché culturel et ancien soldat du GIGN, Steven Seagal s’est une fois encore beaucoup investi dans le rôle. Rodrigo Mendez le producteur du film confie d’ailleurs au magazine Variety, « Steven s’est beaucoup investi dans le rôle. » Plusieurs mois avant le début du film, l’acteur s’est laissé poussé la barbe pour ressembler à Jean-Claude Brialy. « Les gens n’imagine pas à quel point Steven est un perfectionniste, ajoute Rodrigo Mendez. Il s’entraînait plusieurs heures par semaine avec un maître barbier, pour obtenir le lustre si particulier de la barbe de Jean-Claude Brialy. »

claire

Bien qu’officiellement mort, Jean-Claude Brialy lui-même apparaît dans le film dans le rôle du boulanger-ninja. « C’était très troublant a confié l’acteur français, Steven s’est tellement imprégné du rôle de Jérôme que je le trouvais toujours dans ma loge quand j’y rentrais. » Pour le rôle de Claire, Steven Seagal avoue s’être beaucoup inspiré des personnages féminins de Luc Besson, lui-même un grand admirateur de Rohmer. Après de nombreux pourparlersn c’est finalement l’actrice Scarlett Johansson qui a été choisie. L’actrice a montré beaucoup d’enthousiasme pour le film, malgré sa déception de ne pas avoir de super-pouvoirs. C’est apparemment pour consoler l’actrice que la production aurait ajouté l’impressionnante scène en stop-motion dans la boulangerie.

« Rohmer est un réalisateur indépassable« , rajoute Steven Seagal, « personne ne pourra le contester » ajoute-t-il en fixant ostensiblement la chaise vide du journaliste de Télérama encore hospitalisé au moment de la conférence de presse. C’est vrai, nulle ne le conteste, l’œuvre du maître est désormais entre de bonne main.

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