Un film de Alexander Faem

Scénario original Alexander Faem

Musique : Alexander Faem

Synopsis: Nous sommes à Paris dans un quartier pas hu

Un film de Alexander Faem

Scénario original Alexander Faem

Musique : Alexander Faem

Synopsis: Nous sommes à Paris dans un quartier pas huppé pour deux sous. L’été tire à sa fin. Il fait presque beau pour un 22 juin. L’agent 238 arrive sur le lieu de rendez-vous tiré à quatre épingles. Droit dans des bottes qu’il ne porte pas, l’agent 238 me tend la main en clignant de l’œil. Il sourit. Je lui rends la pareille et deux trois trucs superflus qui ne me serviront plus. Je suis tendu comme un violon d’Ingres. Je ne souris pas. Je sens qu’il va pleuvoir des cordes.

Scène 1. AGENT 238, GONZAÏ 75  (ext. Rue, voitures, brouhaha, jour)

On papote en marchant. Il ressort de la conversation que nous habitons tous les deux à Paris et que nous sommes géographiquement parlant presque voisins.

On rit (rires)

Scène 2. AGENT 238, GONZAÏ 75 (ext. Terrasse, café, pression, camion poubelle, brouhaha, jour)

On s’installe tranquillement à une terrasse d’un café Parisien. On s’assoit l’un à côté de l’autre. On croise les jambes ni une ni deux. On observe instinctivement le trottoir d’en face, situé juste en face, dans un silence qui en dit long mais pas assez pour le coup. Un ange passe. Puis un deuxième en string.

On rit (rires)

Scène 3. AGENT 238, GONZAÏ 75  (ext. Terrasse, Vittel, pression, steak tartare, frites, magnéto, piles, enregistrement, brouhaha, jour)

On passe la commande. Je pose une première question de très haute volée (15-0). Mon taux de rebond m’étonne.

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Gonzaï 75 : L’agent 238 , c’est qui en fait, hein ?

Agent 238 : C’est moi !

On rit (rires)

On rit. C’est cool, sympa, mais c’est pas avec une réponse comme celle-là que je vais pouvoir écrire un truc qui tienne la route, moi. J’insiste.

Gonzaï 75 : Explique ?

L’agent 238 me regarde en chien de faïence ou en porcelaine de Limoge, je ne sais plus.

Agent 238 : Comme dirait Flaubert, Madame Bovary, c’est moi, L’agent 238, c’est moi. Mais d’après la légende, Flaubert n’aurait jamais dit cela donc ce n’est pas moi qui le dit non plus.Voilà, quoi !

(Super ! j’ai rien compris) C’est pas grave, j’embraye et passe la à la deuxième question.

Gonzaï 75 : Pourquoi avoir choisi un agent secret pour illustrer la thématique de ton concept album ? C’est un poil has been les agents secrets de nos jours, non ? Et puis la terre entière twite maintenant, et puis tout ça. Donc  franchement, il faudrait que tu m’expliques, en fait…

Agent 238 : Non, pourquoi tu dis cela ? L’agent secret, c’est l’absence d’identité. C’est l’effacement, la disparition. C’est le coup d’éclat. C’est le personnage  au multiple visage. C’est le bon. C’est le méchant ( la brute, le truand ). On ne sait pas. C’est tout et n’importe quoi. Ce personnage laisse une place énorme à l’imagination. Si j’avais pris par exemple un agent des PTT, je pense que cela aurait été moins drôle.

On rit (encore). Je ne suis pas entièrement d’accord avec lui J’ai ris mais je n’approuve pas. L’idée de l’agent des PTT était plutôt une excellente idée. Je ne dis cela, je dis rien en même temps. Après tout, c’est pas mon album. C’est le sien. Qui ne dit mot consent ou un truc dans ce style. On passe à la question suivante. Qui suit, donc.

Gonzaï 75 : Comment t’es venu l’idée saugrenue de l’agent secret ?

Agent 238 : J’y songeais depuis longtemps, en fait. Mais c’est réellement venu en composant les morceaux qui prenaient au fil du temps une tournure relativement cinématographique…

Je le coupe dans son élan. C’est pas bien, je sais, mais j’ai une question qui tue sur le bout de la langue. En même temps, je discute avec un agent secret, donc ça le fait ni vu ni connu, comment je l’ai l’embrouillé l’agent secret sur ce coup  là…

Gonzaï 75 : L’agent 238 me fait un peu penser à Roger Moore, non ?

Agent 238 : Effectivement, j’ai pas mal suivi la série des James Bond et les seuls qui me plaisent vraiment ce sont ceux avec Roger Moore. Roger Moore représente un personnage complètement décalé, pas du tout agent secret, pas tout viril et ça me m’a toujours fait marrer. Moi, je voulais justement un agent secret qui soit une sorte d’anti héro, fragilisé, quelqu’un de méchant mais quelqu’un qui était aussi capable de subir la méchanceté des autres et d’en souffrir. C’est un peu ce que je voulais faire ressentir au travers de ce personnage dont l’identité reste totalement obscure pendant tout l’album. Il intervient très peu. Deux fois. Dans Mogadiscio et puis dans le morceau caché, Fondu au noir.

Gonzaï 75 : L’écriture filmique, c’est une volonté délibérée ?

Agent 238 : Effectivement, au départ je voulais un album uniquement instrumental. C’était juste après Gülcher. On avait bossé pendant 5 ans ensemble, sorti deux albums de chansons et là je voulais exprimer uniquement de la mélodie avec des arrangements. Rapidement, j’ai trouvé que ça sonnait un peu creux. Donc, l’idée de tisser une histoire, une narration, m’est venue immédiatement à partir du moment où je me suis dit qu’il fallait que je change de direction.

Gonzaï 75 : En écoutant l’album, j’ai vraiment eu l’impression de regarder un film…

Il me coupe l’herbe sous le pied. C’est une expression. Je vous rappelle que nous sommes à Paris dans un quartier pas huppé pour deux sous (voir plus haut).

Agent 238 : C’était le but. Ecouter un disque comme on regarde un film. Il y a un début, un milieu et une fin. On brouille les pistes en faisant intervenir deux intervenants, deux personnages (Deborah Lane & Nils Durieux) qui sont des agents de la DGSE et qui savent tout sur ce personnage mais qui jouent un petit peu à ne rien savoir. Ce sont ces deux personnages qui racontent l’histoire de l’agent 238. Il y a des non-dits dans tout l’album et un réel refus de faire une sorte de comédie musicale. Quelque chose de boursouflé ou tout est dit, tout est indiqué et où toutes les émotions doivent être vécues par l’auditeur. Pour paraphraser Barthes, je ne tenais pas à ce que l’auditeur soit contraint d’apprécier ou pas le personnage. Ou de comprendre ce qui se passe. Je voulais que l’auditeur fasse sa propre histoire.

Après Barthes (pas le footballeur, hein ?), je décide de passer à des choses plus légères, plus basiques. Histoire de souffler un peu.

Gonzaï 75 : Comment as-tu travaillé les chansons sur cet album ?

Agent 238 : Sur cet album, j’avais pris la décision de tout écrire au piano (y a deux titres qui sont écrits à la guitare) ou au clavecin. J’ai arrangé par la suite basse, guitare, batterie, clavier analogique, chant et chœurs.

A priori, l’agent 238 a plus d’un bras dans son sac. On va dire cela pour faire simple, parce qu’en vrai c’est une pieuvre.

Gonzaï 75 : Les références littéraires  dans le livret ne sont pas piqués des hannetons, non plus. Exemple : «  A chaque histoire, il y a trois versions : la vôtre, la mienne et la vérité » Andrew Loog Oldman. Pourquoi avoir cité autant de citations ?

Agent 238 : Dans le livret, je voulais du texte extérieur. Des auteurs sur lesquels je voulais me baser pour donner du sens à cette histoire. Des citations qui avec leurs mots pouvaient résumer l’album. Ces citations, je les ai trouvé sur une année. Je suis tombé dessus un peu par hasard. C’est une piste pour comprendre l’histoire. Ces citations donnent des indications. Dans l’album, la narration est complètement fragmentée. Il y a des retours en arrières. Il y a un jeu de piste avec la narration, avec les différents narrateurs. On est un peu paumé (je confirme). Il fallait en plus, je pense, mettre quelques indications dans le livret pour aider à comprendre l’esprit dans lequel l’histoire de l’agent 238 s’inscrivait. C’est à dire une sorte de critique un peu cynique du travail de l’agent secret. L’agent secret est à la fois un défenseur de la nation et un tueur. Il fallait jouer avec ses codes là et les dénoncer!

Gonzaï 75 : Ce projet solo, c’était un besoin, une envie ? Parce qu’en fait, si on réfléchit deux secondes, tu n’es pas vraiment seul…

Agent 238 : C’était une obligation. J’en avais très envie. Il fallait que je le fasse. J’ai tout donné sur cet album. J’ai tout donné en terme de création. Il y a sûrement des faiblesses, ça c’est sûr ! Des faiblesses d’écriture, d’arrangements mais je suis allé  là où je devais aller. Je ne pouvais pas faire mieux.

Gonzaï 75 : Tiens, parles-nous des autres membres de ton groupe solo ?

Agent 238 : Clara Enghoff, elle chante avec moi dans un autre groupe qui s’appelle La Prairie. Pour l’instant, on a pas encore de date d’enregistrement. On a pourtant un répertoire qui tient la route. C’est un répertoire en français. Il y a aussi Julien Curé. C’est lui qui a fait la pochette de l’album. Il a aussi fait les batteries sur l’album et joue en live avec moi des claviers et des percussions. Il joue  aussi avec nous dans La Prairie. Julien est un élément essentiel de cet album. C’est lui qui a réalisé les pochettes de Gülcher. Il revient souvent dans le processus créatif de mes disques ( si je peux parler de mes disques) Il est toujours présent. Que se soit sur les pochettes ou comme musicien. C’est un élément essentiel. C’est ce que je lui dis souvent «  Sur le disque, la première personne que l’on voit finalement c’est toi, parce que tu fais les pochettes ». Là, il a vraiment fait du super boulot. Le livret est fabuleux.

Gonzaï 75 : La suite de l’histoire ?

Un deuxième album. Je travaille dessus. Ce sera un album un peu plus conventionnel. Un album de relâchement avant la suite mais chut, hein ? Bon, allez on peut manger maintenant ?

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Scène 4. AGENT 238, GONZAÏ 75  (ext. Terrasse, steak tartare, frites, ketchup , salade, amicalement votre , rires, café, addition, carte bleu, brouhaha, jour)

On mange.

L’agent ne fait pas le bonheur, certes, mais il y contribue.

(Fondu au noir)

www.myspace.com/alexanderfaem

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29 commentaires

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