Richard J Thomson est un réalisateur français, un mec qui avec trois costumes en carton recyclé, du bric-à-brac et un caméscope basse définition monte un film à caractère non industriel. C'est de l'artisanal, du pur souche.

Pièce jointe MailOn sonne à ma porte. Un mec qui ressemble étrangement à Olivier Besancenot me livre un joli petit paquet rectangulaire avec ficelle nouée et tout le tralala. Bien que surpris par la tournure des événements, en deux temps trois mouvements je dégaine un laguiole made in china. Tchlaak tchlaak, je déballe le bordel et y trouve le DVD d’un certain Richard J Thomson.

C’est un vendredi. Je suis bien affamé. Grand gourmet carnassier que je suis, ça fait une paye que je n’ai pas tâter de la bonne bidoche cinématographique. Affriolé par ce nom singulier (qui ressemble curieusement à celui d’un autre connard d’écrivain américain) je cours chercher une caisse de bière de la marque la moins chère à la supérette du coin. Revenu avec célérité, je m’empresse de fermer les stores, d’éteindre la lumière, d’enfiler le DVD et de m’installer convenablement dans un canapé à mousse molle tout confort.

Et puis, pendant trois demi-heures, devant mes yeux, se déroulent les tribulations d’un mafieux, d’un clown, d’un scientifique érotomane, d’un autre malfaisant, de plusieurs typesses seins nues, d’un sénateur plus ou moins véreux, d’un garde forestier simplet et d’un scout templier extrémiste. Ça en fait du grabuge.

Il en résulte une bouffonnerie plutôt grossière et infantile. Style, pipi caca cucul siphonné. Déçu par ce premier visionnage, je me tente à ressortir mes talents de boucanier afin de débusquer un autre classique de ce même réalisateur pour confirmer ou non ce premier bilan. La synopsis me donne plutôt confiance (cf wikipédia)  : « Un petit acteur mégalomane Jack Gomez est poursuivi par des nazis utilisant une machine à remonter dans le temps car Jack est le descendant d’un conquistador possesseur d’un talisman magique. »

Muni de l’espérance d’un jeune marmot voulant devenir footballeur professionnel, mon exaltation tombe cependant très vite. On y retrouve le même humour à tarte, avec autant de dialogues effarants :« La prochaine fois que vous voulez vous lavez les dents éviter le dentifrice à l’ail. » (Image)

1Pièce jointe MailMême avec un porte clé mousqueton, je n’arrive pas à accrocher à ce type de cabriole. Peut-être que d’autres y arriveront.
Voyez-vous, je considère que l’une des principales forces d’un nanar consiste en ce que le film en question ne se veut pas nanar ; où tout du moins, ne veut pas se montrer en tant que tel. Ici, Richard J. Thomson commet une maladresse à trop vouloir en faire au risque de tomber dans un cabotinage excessivement gnan-gnan qui donne l’impression que le film est destiné à un public de minots.

De cette expérience, on retient le coté artisanal, qui a bel et bien su satisfaire mes papilles les plus exigeantes. Cependant, moi qui avait une grosse faim, je me retrouve le ventre à peine remplie d’un happy meal de carotte rappée et d’un taillefine fizz 0%. L’allégée non merci, le gras c’est la vie.

Au lieu de lire un pseudo critique pète couilles qui s’abreuve seulement de liqueurs de haut degré, je vous recommande à vous aussi, d’aller fouiller dans la merde.

« Alors les rats vous quittez le navire ? ». Jack Gomez

Richard J. Thomson // Coffret DVD Jurassic Trash, Time Demon, Time Demon II // Jaguarundi
http://rjthomson.com/

4 commentaires

  1. Je comprends totalement ce que tu veux dire. Je ressens la même chose avec les Machete de Rodriguez (et les autres films du monsieur). Ya tout pour me plaire mais l’hommage est trop gros et ne passe pas si bien.

  2. Alors moi c’est l’inverse, les nanars je n’aime pas trop ça quand c’est justement « involontaire » mais quand c’est assumé comme dans un Rodriguez ou un Richard J.Thomson, j’accroche davantage. Certes on peut reprocher à ces deux cinéastes d’en « faire trop » mais après c’est une question de gout. perso Jurassic Trash me fait hurler de rire (Time Demon je n’ai pas vu mais je pense que ce serait pareil, vu la bande annonce ça promet) et Rodriguez je suis fan de ses films les plus parodiques, comme Machete ou Planete Terreur. Mais les gouts et les couleurs…

  3. Pour moi une bonne parodie ce n’est pas, justement, que le film « se veuille un nanar », au contraire …la parodie , ou l’hommage parodique -comme Jurassic Trash- implique un certain recul ou second degré, ce qui n’empêche pas la drôlerie 😉

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