Avec toutes ces listes de fin d’année, on frôle l’indigestion. Histoire de vous éviter une nouvelle crise de foie à base de journalisme prémâché ressorti du four comme un dindon sans farce, tous les membres de l’équipe ont planché sur LA chose marquante à retenir de l’an 2014. Une sorte de calendrier d'avant l'après à découvrir avant de rater encore plein de choses en 2015. Un livre, un album ou un détail (car comme chacun sait…), voici le manqué immanquable de l’an 2014 selon Rodolphe Casso : un film de zombies à 6 000 $.

En 2013, le film de zombie franchissait un nouveau cap avec World War Z : un budget pharaonique (190 000 000 $), une star mondiale comme acteur/producteur (Brad Pitt) et – ô prodige ! – pas une traître goutte de sang (film interdit aux moins de 12 ans seulement) ! Pendant ce temps, The Battery, réalisé, écrit, et joué par Jeremy Gardner, un inconnu total, écumait les festivals avant de connaître une sortie confidentielle en DVD cette année. Ben et Mickey sont deux joueurs de baseball qui errent dans la forêt à la recherche d’un toit et de nourriture. Dans leur vadrouille, ces deux gros glandus croisent des mort vivants presque inoffensifs tant ils sont lents. Ben est au taquet niveau survie, planifie tout et prend les décisions. Mickey est son boulet, pleurniche sans arrêt sur son sort et se coupe du monde en écoutant à fond son vieux Discman.

Si cette errance sylvestre n’est pas sans rappeler certains épisodes de The Walking Dead, le ton est ici radicalement différent, panachant road, teen et buddy movie. Avec un budget de 6 000 $, Gardner ripoline un genre essoré et se permet des scènes d’une incroyable audace, comme celle où les deux compères se retrouvent bloqués pendant 30 minutes (en temps réel) dans une voiture, cernés par les zombies, prenant avec eux le spectateur en otage. Tourné en 15 jours, avec deux acteurs et une poignée de figurants pour jouer les morts-vivants, le film de Gardner est de l’école Blair Witch/Cube, celle qui démontre qu’une vraie vision et une poignée de bonnes idées valent bien plus que tout l’oseille d’Hollywood.

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