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L’ÂGE DE GLACE
Un film de Steven Seagal

Bientôt les vacances scolaires et tous les parents soucieux de l'éducation de leurs enfants s'interrogent sur les films qui sauront éveiller l'intelligence de leurs enfants à la dure réalité de la crise économique mondiale dans un monde où le post-capitalisme terminal épuise consciencieusement les ressources d'un écosystème menacé par l'extinction massive des espèces sauvages et le réchauffement climatique. Pour cela, l'acteur Steven Seagal l'a bien compris, rien de tel qu'un petit animal rigolo et mignon…

Chacun se souvient du petit écureuil du film l’Âge de glace, personnage à la poursuite d’une noisette qui ne cesse de lui échapper. Pour son premier film pour enfant, Steven Seagal (Menace toxique, Terrain miné) a choisi de reprendre ce personnage d’écureuil au service d’une réflexion qui s’adresse aux plus petits comme à tous les adultes engagés dans des groupes paramilitaires d’autodéfense. B.A.BA de la survie en milieu hostile, L’Âge de glace, extinction finale est LE divertissement ultra-violent à voir en famille ce printemps.

Galvanisé par sa lecture de Guy Debord, Steven Seagal aborde le remake du film d’animation en héritier des cinéastes situationnistes. Reprenant les images du film original, il remplace la voix de l’écureuil par de longs monologues désynchronisés. Mélangeant les séquences, il ajoute aussi de nombreux extraits des documentaires animaliers de Jean Painlevé. Le réchauffement climatique sert ainsi de toile de fond à une fable apocalyptique où l’écureuil conduit les animaux de la forêt à travers une nature hostile. « L’animal, confie Steven Seagal au magazine Variety, est celui que je pense me penser sans pouvoir atteindre cette pensée. Avec ce film j’essaye de rendre le spectateur conscient de cette altérité qui nous échappe. Pensez à cette noisette, par exemple, elle est le symbole de notre condition humaine. »

Peut-on faire plus violent que la mort atroce de la mère de Bambi ?

Avant même sa sortie le film provoque des controverses. Plusieurs associations de parents ont interpellé les médias sur la violence du film, notamment la séquence où l’écureuil exécute une portée de marcassins pour obtenir des informations sur la noisette. Interrogé par le magazine Variety, Steven Seagal s’est insurgé: « On me dit que mon film est violent, mais croyez moi, est-ce que l’on peut faire plus violent que la mort atroce de la mère de Bambi, criblée de plomb, agonisant pendant des jours dans la forêt magique ? »

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Plusieurs cinéastes ont pris la défense de Steven Seagal, dont Martin Blackammer le réalisateur de Mission Ninja Commando IV ou Jean-Luc Godard, par le biais d’une VHS envoyée à la rédaction des Cahiers du cinéma. Dans ce document exceptionnel que nous avons pu visionner, JLG filme le reflet de la télévision allumé sur la table de sa cuisine à Rolles. Sa voix, reconnaissable entre toute, s’élève sur fond de journal télévisé :

« Alors il y a la télévision… et il y a le cinéma. Et le cinéma vous voyez, c’est un peu comme les noisettes… il faut les casser pour faire le film… Voilà, ce qu’on reproche à monsieur Seagal, ce n’est pas la violence… non, ce qu’on lui reproche c’est de casser des noisettes au lieu de les garder pour lui… Mais c’est seulement comme ça qu’on peut faire du cinéma… La violence et les noisettes, c’est comme les Raisins de la Colère… Voilà, regardez la caméra du cinéma… la caméra au cinéma elle filme ce qui se passe, elle ne garde pas, alors que la télévision… elle, elle enregistre… elle compte… la Une, la Deux, la Trois… Il y a des obligations comptables à la télévision, il y a des chaînes… Voilà… Alors le cinéma… le cinéma et la télévision… le cinéma et la télévision c’est un peu la Cigale et la Fourmi. La fourmi elle enregistre, et Steven Seagal casse des noisettes… Voilà. Et le cinéma, c’est Steven Seagal. »

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