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JUDAH WARSKY
Méfiez-vous des barbus

Les barbus n’ont ces temps-ci pas bonne presse. Aux plus sudistes, on reproche d’exploser pour un rien. Aux branchés pileux, de surfer sur la tendance, voire – et c’est même pire – d’avoir troqué la peau de bébé contre une panoplie folk idéale pour se gratter la corde sèche au fin fond du Larzac. Quant aux autres, ils s’appellent Carlos et ce sont autant des comiques fanta(stiques) que des terroristes incarcérés. Et si, au milieu de cet amas de poils pubiens et pubères, le premier album de Judah Warsky chantait pour tout ces Français barbants ?

Les barbus n’ont ces temps-ci pas bonne presse. Aux plus sudistes, on reproche d’exploser pour un rien. Aux branchés pileux, de surfer sur la tendance, voire – et c’est même pire – d’avoir troqué la peau de bébé contre une panoplie folk idéale pour se gratter la corde sèche au fin fond du Larzac. Quant aux autres, ils s’appellent Carlos et ce sont autant des comiques fanta(stiques) que des terroristes incarcérés. Et si, au milieu de cet amas de poils pubiens et pubères, le premier album de Judah Warsky chantait pour tout ces Français barbants ?

Il a beau en avoir le bruit et l’odeur, le disque « Painkillers & alcohol » ne chante en fait pour personne d’autre que son auteur. Un petit musicien – par la taille – dont on a déjà repéré le corps maigrelet derrière les synthés de Turzi, ou dans le groupe post doo-wop des Chicros, dont il est l’âme et les poumons. Ce poilu de tous les combats, c’est Mathieu Cesarsky.

Armé de sa seule barbe qui lui bouffe les joues comme les algues habillent les fonds sous-marins, il s’est enfin décidé à tenter l’aventure en solo. Façon de se prouver quelque chose, de jouer à fond le rôle du barde qui prêche dans le désert ; peut-être juste d’exprimer sur un disque qui lui appartiendrait ce qu’il n’arrivait pas à cristalliser chez les autres. Signé comme tant d’autres freaks pileux chez le barbier  local – Pan European, qui d’autre ? – Judah Warsky fait penser à du Grandaddy qui aurait bouffer l’espace avec une grosse bouche en forme de vortex. Dit comme ça, je vous l’accorde : ça ne veut rien dire. Et pourtant.

Un soir que nous discutions à l’orée d’un bar dont j’ai depuis oublié le nom, Judah me confia que sa mère était astrophysicienne, un truc dans le genre. Un truc qui, dans tous les cas, avait à voir avec l’espace, les étoiles, l’infini ; la notion même de la musique psychédélique qui devait permettre à l’adolescent d’autant fantasmer The Drifters, les premiers 45 tours de Lou Reed, Amon Düül que les supernovas, les galaxies en mouvement et la pupille dilatée qui s’ouvre sur l’infini.
Sur la fin de l’univers , on ne sait rien ou pas grand chose. Certains parlent d’un « Bip Rip », littéralement d’une grande déchirure qui viendrait contredire les théories d’un espace en constante expansion. Pour d’autres, ce même univers ne sera plus qu’un bain de photons de plus en plus froids, sans structure, sans évolution ; un peu comme un disque de Cocoon en fait. Il y a enfin les théoriciens pragmatiques qui n’en ont simplement rien à carrer de toutes ces conneries sur l’infini et qui, le temps de quelques chansons, parviennent encore à oublier la gravité du quotidien et le fait qu’on a tous un peu perdu notre triple I. Illusion, Imaginaire, Investissement.

Avec Koudlam et maintenant Judah Warsky, le label Pan European entame désormais sa petite révolution ; et plutôt que de tourner en rond en siphonnant les égouts parisiens à la recherche des derniers toxicomanes psyché-narcotiques, les voilà qui signe à tour de bras – bon faut le dire vite, c’est pas non plus la Motown – une nouvelle génération de chanteurs bricoleurs autant adeptes d’avant-garde que de new age et d’aurores boréales synthétisées sur de petits claviers. C’est pas l’Amérique, c’est pas le cosmos non plus, c’est juste la belle musique, celle qui aurait pu bercer la chienne Laïka avant de crever à la dérive dans son module de chez Spoutnik. En attendant la sortie de ce premier album en mars prochain, ne reste plus qu’à se demander si les barbus ont les poils qui frisent dans le vide intergalactique. Et pour le reste, on descend tous à la prochaine station. Mind the gap.

Judah Warsky // Painkillers & Alcohol // Pan European
http://paneuropeanrecording.bandcamp.com/album/painkillers-alcohol 

Crédit photo: Andrew T. Lench

10 Comments

  1. adrien

    23 janvier 2012 at 23 h 26 min

    belle découverte …

  2. Matt Oï

    24 janvier 2012 at 0 h 12 min

    Un peu boîteux tout ça…Il se sert des claviers comme autant de béquilles pour masquer un vide structural intersidéral . Mais ça en est presque touchant. Comme un hommage à la physique, il se sert de la gravité comme matelas pour l’improvisation. Attention aux trous noirs, ils conduisent parfois aux naines blanches.

  3. Roman Oswald

    24 janvier 2012 at 11 h 20 min

    3 constatations à brûle-pourpoint:
    1. Pour signer sur Pan European, suffit pas de mettre « alcohol » dans le titre ?
    2. Daniel Johnston, sors de ce corps !
    3. Le samovar contient de l’hydromel, si si, Le samovar contient de l’hydromel.

  4. Aldo

    24 janvier 2012 at 22 h 01 min

    Ce clip fait un peu mal aux yeux.

  5. DJ Slow

    27 janvier 2012 at 10 h 19 min

    Merci pour publier la musique et le photo de mon ami JW, mais je veux bien un lien ou de credit pur le photo, SVP!

    Merci bien.

    DJ Slow

  6. Bester

    27 janvier 2012 at 10 h 22 min

    Donnez moi les infos par mail ([email protected]) et je m’occupe des rajouts !

  7. Shorebilly

    27 janvier 2012 at 13 h 49 min

    barbus / barbants… Il va falloir faire évoluer votre rhétorique un jour ou l’autre monsieur Bester . Celle-ci ont commence à la connaître par coeur .

    Cet album a venir est tout simplement époustouflant.
    Bravo Judah ! J’ai confiance en toi .

  8. Shorebilly

    27 janvier 2012 at 13 h 54 min

    très bon article cependant .

  9. Pingback: PAN EUROPEAN ::: Toujours à l’Ouest, mais du nouveau | Gonzai

  10. Pingback: Gonzaï - Judah Warsky, Méfiez-vous ...

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