par
25 mai 2026

Qui es-tu Annie-Claude Deschênes, toi la Québécoise qui se déchaîne ?

Alors qu’une partie de la planète semble avoir découvert l’existence du rock québécois avec Angine de Poitrine, une autre figure irradie sans costume ni cagoule la scène depuis 20 ans. Que serait-il passé si Lio s’était subitement mise à chanter avec une version coldwave de Kraftwerk ? Réponse en trois mots : Annie-Claude Deschênes.

A l’heure internet, avant-hier semble bien lointain. Mais les plus anciens ou les moins amnésiques se souviennent peut-être d’Italians Do It Better, un label tout sauf italien fondé par deux Ricains voilà pile 20 ans, et sur lequel on pouvait trouver des émulations italo-disco telles Chromatics, Desire ou Glass Candy. Petit raz-de-marée de branchitude worldwide à la fin des années 2000 pour le cousin nord-américain d’Ed Banger, et puis l’accalmie après le claquage de porte du co-fondateur Mike Simonetti, au point qu’une rapide recherche sur le Google de 2026 nous amène sur un site de cuisine ritale. Cruel destin pour pour Johnny Jewel, l’autre moitié d’Italians Do It Better, sauf que le label n’est pas totalement mort.

annie-claude deschênes remix main de fer
Ⓒ Alice Hirsch

En partenariat avec cet autre label canadien (BonSound) qui est sans conteste le meilleur truc qui puisse arriver à qui pose les pieds au pays de Céline Dion, Italians Do It Better a remis un peu de sauce tomate dans son catalogue en co-publiant Les manières de table d’Annie-Claude Deschênes. C’était en 2024, deux ans après la fin du covid-19 et près de 40 après le déclin du mogul-disco Bobby Orlando dont on sent bien l’influence sur les productions morodoriennes de la Canadienne.

 

Dans un monde où le mot post-punk ne veut plus dire grand-chose, Les manières de table peut s’appuyer sur un CV bien garni pour Deschênes, en place sur la piste depuis 25 ans. C’est bien simple : si Annie avait la mauvaise idée d’ouvrir un compte LinkedIn, elle pourrait mettre résilience et adaptabilité en soft skills. Leader des très dance punk Duchess Says dans les années 2000, elle rebondit la décennie suivante avec PyPy, dont le Pagan Day reste l’un des bons disque rock de cette période qu’on réécoute sans rougir dix ans plus tard.

 

A ce stade, Deschênes aurait pu s’acheter une maison près d’un lac pour y faire pousser des plantes ; raté : début de carrière solo en 2022 avec un disque en gestation conçu comme une façon de faire un gros doigt aux conventions. Un point commun avec sa collègue Marie Davidson, puis un second : les deux n’ont pas grand-chose à foutre des barrières entre rock, garage, italo et techno. Ecouter pour cela le dernier single en date, Main de fer. Pour la voix, c’est un gant de velours. Pour le reste, c’est beaucoup de sueur sur les machines et l’impression d’entendre le groupe new-yorkais culte Pylon (réédité chez DFA milieu des années 2000) perdu dans un club de Detroit.

Devenue aujourd’hui prêtresse proto-punk de Montréal, Annie-Claude ne semble clairement pas prête à mettre le sceptre black disco au placard. Avec Yocto, Jesuslesfilles et quelques autres, voilà un parfait contrepoint à ce que la France tente en vain d’imiter depuis l’agonie sans fin de la French Touch : cette boucle disco-punk écrase toutes les quilles sur son passage et presque trente ans après ses débuts, Deschênes est toujours la reine du strike.

https://annie-claudedeschenes.bandcamp.com

En concert au Chinois le 30 mai (Gonzaï night), lien billetterie par ici (10 € en prévente).

Peut être un graphique de texte qui dit ’ANNE-CLAUDE DESCHENES DESCH ENES ज PREMI PREMIEREPARIE:CUTFACE ERE PARTIE: CUT FACE PREMIEREPARTIE: (EP release party) Con Gonza 30MAI2026 2026 Night 10€ PREVENTE/ 10EPPEVENTE/12ESURPLA 12€ SUR PLACE MONTREUIL LECHINOISI agmin’

partages
Aller enHaut

Ca vient de sortir

Cut Face : la perfide Albion dans le caisson

Duo franco-anglais branché sur les nerfs, Cut Face débarque avec

Oonagh Haines, petite sœur flippante de Fever Ray

Presque 20 ans après le Time to pretend de MGMT,
Suzanne Landier jouant du synthé dans le métro parisien

La nouvelle étoile noire de la Casiopop a 20 ans et elle s’appelle Suzanne Landier

La claque : sortie de (presque) nulle part, une gamine