Trahison des fans avec de l’autotune, signature sur le label de leurs ennemis jurés (les Arctic Monkeys) et influence du raï, c’est un peu le programme dans le désordre de notre rencontre avec la Fat White Family à l’occasion de la sortie de « Serfs Up! », un disque moins bordélique qu’il n’y paraît et où les bras cassés font surtout un beau bras d’honneur au rock anglais.

Quand l’album « Songs for Our Mothers » est sorti en 2016, les chances que Saul Adamczweski (guitare et chant) et Lias Kaci Saoudi (chanteur principal) revoient leurs mamans étaient à peu près aussi minces que du papier à cigarette. Consumée par cinq années sur la route et autant de temps à se brûler par les deux bouts, la bande illustrait à merveille l’idée qu’on continue encore, secrètement, à se faire d’un groupe de rock anglais : des chansons bancales, parfois géniales mais souvent brouillonnes, et un mode de vie suicidaire vous guidant tout droit vers le club des 27. C’était il y a déjà trois ans et cette famille si ingérable, en plus de dilapider sa jeunesse, avait eu la bonne idée de multiplier les projets parallèles comme The Moonlandingz ou Insecure Men ; c’était au point que cette multi-discographie bricolée risquait bien d’être plus courte que prévu sur Wikipédia.

Résultat de recherche d'images pour ""fat white family" 2019"Nous revoilà malgré tout ça, trois ans plus tard, avec un “disque de la maturité”. La formule est éculée ; pourtant artistiquement, avec « Serfs Up! », elle prend corps. Le disque dont il est aujourd’hui question est maîtrisé, mieux même, il décontenance : à l’inverse d’autres albums de rock, il s’écoute. Il s’entend même, du Feet d’ouverture gorgé de vocoder (« trahison ! » crient les fans) jusqu’au très T-Rex Tastes Good With the Money, qui rappelle surtout que le groupe n’a toujours pas un flèche en poche – si l’on s’en tient à leurs physiques édentés. Niveau encadrement en revanche, la Fat White Family s’est acheté un oncle : Domino. Le célèbre label indépendant a pris les brebis galeuses sous son aile et vu la concentration de jus toxique, c’est la meilleure chose qui pouvait arriver aux garçons.

Pour s’en convaincre, passons à la rencontre. Celle-ci est prévue un lundi d’avril, à Paris. Il est 15H20, quelque chose comme ça ; l’interview a été calée à Pigalle, siège de Domino France, coincé entre les derniers bars à hôtesses du quartier défiguré par la gentrification et Madame Arthur. Là, en haut d’un petit escalier en colimaçon, trois Anglais tapent le ballon sur une terrasse pour, entre deux séances de questions-réponses un peu trop chiantes, évacuer leur trop plein d’énergie. Avec même pas l’équivalent d’une moitié d’interview préparée, nous voilà fin prêts pour une rencontre filmée avec le Villejuif Underground britannique. Sauf que nous avons oublié la moitié du matos dans le métro – ledit matos sera retrouvé plus tard par miracle, sauf que le groupe possède un accent cockney à couper au cutter, sauf que la batterie de l’enregistreur nous lâchera en plein milieu d’interview. Disque de la maturité ? Tu parles. Même signée chez Domino, la Fat White Family porte toujours autant la poisse et c’est peut-être ce n’importe quoi coulant dans ses veines qui lui donne ce charme branquignole impossible à copier. La suite, c’est cette interview en roue libre tournée avec trois bouts de ficelle.

Et trois bouts de ficelle, ça suffit pour faire avancer un âne.

Fat White Family // Serfs Up! // Domino

Réalisation et montage : Karine Grouhel

13 commentaires

  1. ((cherche)))) 33t vinyl qui n’existe pas ‘les vies derangées des zombies’ par Arthur Doyle ((((((((((((())))))))))))))))

  2. Didier Super l’as dit: ils font un super premier album et puis après ils s’accrochent au métier comme des mouches à merde…
    Tu crois qu’ils parlait de la FWF?

  3. en saccrochant au ‘metier’ c pour pour de dopes, un flat decent, payer leur bills, & cramer tout çà en Israël ou B(Root!

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