Trois semaines de réflexions, deux invitations à des conférences sur le journalisme et le rôle de la rock critic à l’heure du « fossoyage de la profession par l’internet » et un papier pour faire le point : écrire sur la musique, cela a-t-il encore un sens alors que la majorité des lieux publics sont désormais non fumeurs et que « la vie en rock » se résume désormais à un café du commerce entre hémiplégiques interconnectés mais dépourvus de correcteurs orthographiques ? Petit rappel des faits, pour ceux qui auraient perdu le mode d’emploi.

– « Salut moi c’est Jean-Michel, je suis rock critic sur mon blog »
– « T’as vu le site Je suis un journaliste musical, c’est très drôle y’a une citation de toi, ça craint ! »
– « T’as écouté l’album de Lana Del Rey, on dirait du Moby. C’est décidé, ce soir j’écris un post pour dire la vérité à mes lecteurs. »
– « Moi je suis journaliste pour Technikart, j’écris un papier de 1000 signes tous les trois mois »
– « Twitter c’est du nouveau journalisme, j’ai 4564 followers qui lisent mes statuts »,
– « Morrissey ça prend deux r ou un seul ? »
– « Et sinon, tu gagnes combien tous les mois ? »
–  « J’aimerais bien écrire comme Philippe Garnier, le problème c’est que je trouve pas de groupes assez excitants pour écrire dessus. »
– « Salut nous c’est les Branlitos on adore Gonzaï et on voudrait vous faire écouter notre premier clip
[42 vues sur Youtube, physiques de rescapés de Yukushima et esthétique Vesoul circa 1993] pour une éventuelle chronique avant la sortie de l’EP autoproduit par notre voisin de palier ».

Et cætera et cætera. C’est sans fin. Comptez pas sur moi pour jeter la première pierre, mais quelque chose semble furieusement déconner au pays de la prose musicale. Comptez pas sur moi pour jeter la première pierre j’ai dit, un type affublé d’un pseudo aussi pompeux que Bester Langs peut pas avoir de véritable avis sur l’évolution de la rock critic à travers les âges. Un type qui se réfugie derrière un avatar de chien non plus. N’empêche, je vais quand même vous la donner mon opinion, vous en ferez ce que vous voudrez et vous pourrez bien l’imprimer sur la Xerox à maman pour vous la coller au fond du rectum en écoutant Jefferson Airplane que ça me défrisera pas plus que le dernier article pompé sur une biographie officielle et publié sur l’un de ces sites musicaux en vogue depuis que la société des commentateurs anonymes a pris le pouvoir au pays des analphabètes. Fin du premier paragraphe. Après la mise en bouche, la mise en bière.

Il suffit d’un coup d’œil dans le rétroviseur pour constater à quel point la file d’attente s’est, en l’espace de quelques années, rallongée. Au départ et comme au début de toute chose, il y a Internet. L’envie de revenir à la free press, à ces années glorieuses où Lester Bangs, Hunter S. Thompson et quelques autres paumés reclus dans des chambres de bonne faisaient la pluie et le beau temps sur la critique musicale. Tout ça c’était dans la décennie précédente ; Pitchfork n’était pas encore devenue cette agence de notation digne d’une Standard & Poors pour rédacteurs en chef en manque d’idées, le premier trouffion venu ne passait pas encore son temps à vous faire perdre votre temps avec la dernière révélation affichée sur son blog et la presse écrite n’était pas encore cette bassine d’eau tiède où chaque plumitif tente désormais d’être plus malin que son voisin avec des sujets tendance et des interviews de stars dont plus personne n’a rien à foutre. Et tout ça donc, c’était avant. En moins de cinq ans les prétendants à la relève du genre, clopes et exemplaires originaux de Novövision à la main, se sont massivement entassés dans la queue pour la postérité. Leur nombre a prodigieusement grandi, au point de désormais s’étendre sur plusieurs pâtés de maisons avec un nombre toujours plus restreint d’heureux élus lus. Parallèlement, la p(a)resse musicale a fait sa petite révolution, subi quelques évolutions technologiques (Internet, le streaming, Wikipedia, etc) puis tout le monde en est finalement arrivé au même constat : maintenant que la connaissance n’est plus l’apanage d’une caste grassement payée en tickets restaurant et que recevoir un album par le service presse est à la portée du dernier idiot du village, le journalisme culturel a-t-il encore un avenir ? C’est précisément la question que s’est collégialement posé l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille en m’invitant, avec quelques autres ouailles, à une conférence début janvier, face à des étudiants avides d’informations. Etre invité par l’une ces institutions qui vous a gentiment claqué la porté au nez dix ans plus tôt, avouez que c’est toujours bon pour l’égo. La raison de ma présence aux cotés de Didier Varrod (France Inter, Serge), Vincent Desailly (Snatch) et Marjorie Philibert (Technikart, Inrocks, GQ), visiblement c’est un papier anti-vieux qui a fait grand bruit. Très bien, voyons si la nouvelle génération a plus de suite dans les idées.

La première chose qui frappe en arrivant dans la ville de Martine Aubry, c’est la superficie des locaux de l’ESJ. Deux mille mètres carré, au bas mot, consacré à l’apprentissage du journalisme nouvelle ère avec de vastes salles au blanc immaculé, toutes remplies d’étudiants et d’iMac flambants neufs. Dans la cour de l’école quelques courageux bravent le froid pour un baby foot bien mérité, d’autres s’affairent à la cafet’ pour refresher leurs statuts Facebook ou boucler des révisions, c’est selon. Le temps d’un café, je me dis que bien des rédactions envieraient telle débauche de moyens pour parvenir à écouler leurs exemplaires toujours plus invendables.
La conférence finit par commencer. Face à nous, une soixantaine d’étudiants dont la moyenne d’âge, à en juger par l’insouciance dans les regards vides, tourne autour de 22 ans. La soirée débute par un laborieux exposé de deux commis d’office qui rappellent à l’audience que « jamais la presse culturelle française n’a semblé aussi mal en point », en proie à la concurrence acharnée du web gratuit et aux connivences avec l’univers impitoyable du publirédactionnel, « sans même parler des conflits d’intérêts générés par les cadeaux offerts par les services de presse ». Ca commence plutôt mal. J’ai l’impression que ces deux gamins sont restés bloqués sur la fin du vingtième siècle, cette époque où Bourdieu publiait Sur la télévision alors que Serge Halimi alertait l’opinion publique sur les méfaits de la collusion entre journalistes et vendus du marketing. Manquerait plus qu’ils citent le No Logo de Naomi Klein pour qu’on ait fait le tour des clichés ; tout le monde sait bien que la culture contemporaine – et davantage encore l’industrie musicale – se façonne désormais sans pognon. La presse culturelle, c’est plus le lobbying pétrolier, faudrait voir à mettre à jour vos fiches les gars. Puis on entre enfin dans le vif du sujet avec une série de premières questions à vous en faire tomber de votre chaise en plastique : « combien vous gagnez tous les mois ? Dans vos rédactions respectives, êtes-vous en CDI ? ». Les questions, aussi innocentes soient-elles, sont plutôt naïves. Le quotidien du pigiste engagé dans plusieurs rédactions parce que chacune d’entre elle ne paye plus – ou alors avec plusieurs mois de retard, tout seul face à son écran pour payer les factures en se coltinant du signe au kilomètre pour presque trois fois rien, visiblement aucun de leurs professeurs ne leur en a parlé. Passons. Recalé à l’ensemble des concours d’entrée pour les écoles de journalisme, ce n’est certainement pas moi qui vais leur faire la morale.

Le tout s’enchaine, sur fond de blagues plus ou moins drôle, dans une ambiance bonne enfant. A peine le temps d’essayer de faire passer un message personnel (« en France, vous ne pourrez compter que sur vous pour tenter de faire bouger les lignes, personne ne vous engagera avant que vous ayez 40 ans. La France, c’est la mafia des vieux indéboulonnables ». Pas de réponse dans la salle) qu’un étudiant prend le micro pour demander aux invités ce qu’ils pensent de la presse dite parisianiste. Encore un vieux fantasme d’étudiant. La France est jacobine depuis 1789 et depuis cette date, des concerts aux bouclages de mensuels, tout se passe à Paris. C’est injuste, mais c’est comme ça. « Mais si vous êtes capables de me dénicher la nouvelle Lana Del Rey à Dunkerque, je suis preneur ». Premier bide pour Bester, ça les fait pas trop marrer les étudiants, cet humour de « parisien ». Idem lorsque j’ai le malheur de leur dire que les papiers les plus formatés qu’il m’ait été donné de lire proviennent en général des écoles de journalisme. Rien ne semble les faire réagir, c’est à se taper la tête contre une machine à écrire. « Ca faudrait le dire à nos prof’ » se lamente un étudiant au fond de la salle. Ouf, tout n’est peut-être pas perdu. Fin de la conférence, chacun remballe très scolairement ses affaires, sans un mot. Chacun semble songer à son futur précaire et à son premier CDI, avec encore au fond du bulbe des restes des bribes de rêves avec Jack London et la presse d’investigation à l’intérieur d’un nuage de bande dessinée. Dans le meilleur cas finiront-ils à Marianne ou au Point, à rédiger des encarts sur des sujets périssables. Et quand à l’avenir de la presse culturelle, hormis le fait que 70% de l’audience du jour n’en verra jamais la queue, on n’est pas plus avancé. Tout au plus sait-on que les raisons de la médiocrité de la presse musicale actuelle sont à chercher du coté du portefeuille ; une génération de pigistes mal payés donne forcément naissance à des titres où se côtoient des cumulards arrivistes qui écrivent à droite à gauche, et plus souvent mal que bien. « C’était pas mal cette conférence » me confie l’un des étudiants, « c’était un peu plus… folklorique que d’habitude ». D’habitude, les locataires de l’ESJ reçoivent des grands reporters et des vieux briscards qui ont déjà couvert Sarajevo ou l’Irak alors forcément, ça doit les changer d’avoir quatre témoins de la presse culturelle qui n’ont jamais rien vu d’autre qu’un album watermarké. Dans le train qui me ramène, un peu dépité, à Paris, un mail tombe :

« Je me permets de vous contacter sur la recommandation de Laurent Chalumeau. Je suis directrice de la médiathèque Floresca Guépin à Nantes; nous organisons une exposition sur les rapports entre le Rock & la Littérature. Dans le cadre de cette exposition, nous organisons le 3 février une table ronde sur la critique rock. Souhaitez-vous en être ? »

Intervenir dans des colloques sur le rock, sans même être alcoolique ni grabataire et encore moins rangé des voitures … C’est à croire que j’ai raté ma vocation. Ou mieux : que j’ai encore un avenir. A ceux qui croient que j’ai déjà torché 10.320 signes rien que pour mentionner le fait que Laurent Chalumeau est un de nos fidèles lecteurs, je réponds que c’est absolument vrai. Rien que pour ça, l’aventure a un sens. Et ça continue, destination Nantes.
C’est pas vraiment le lieu ni le moment de vous confier mes états d’âmes, mais j’avoue souvent me demander à quoi ça sert tout ce barouf, tout ce temps passé à écouter des disques pour tenter de prêcher dans le désert en essayant d’expliquer à des lecteurs invisibles qu’il y a encore des raisons d’espérer au delà des sacro-saints monuments que sont Bukowski, Thompson et autres rock critics précités. C’est un fait, le terme ne veut plus rien dire depuis que l’époque est permissive en tout point de vue. Depuis cette date où le rock a cessé d’être un outil de contestation sociale[1], le simple fait de prendre la pose puis d’allumer une clope pour déblatérer un nombre monstrueux de conneries à partir d’un album me semble complètement dérisoire. La vacuité n’enlève absolument rien à la beauté du geste, mais c’est pourtant futile. Tous les jours, remettre son ouvrage sur le métier, se dire qu’au fin fond de la Creuse un gamin entendra vos suppliques et se dire que c’est suffisant pour continuer. C’est parfois suffisant, parfois pas. L’époque est ainsi faite, elle est paradoxale. D’un coté, une scène musicale – qui plus est en France – absolument foisonnante dont on vante quotidiennement les mérites, de l’autre une indifférence généralisée où l’esthétique et l’ambition sont constamment reléguées au second plan, une époque où la génération Deezer en sait mille fois plus que vous au même âge mais où plus personne ne sait comment découvrir le nouveau groupe sans être instantanément blasé. La contre culture musicale, c’est un peu le tonneau des Danaïdes. Tu pousses ta pierre, tu fermes ta gueule. On pourrait aussi bien écrire que la critique rock est un combat chevaleresque contre le néant qu’on n’aurait pas mieux résumé la chose et qu’on n’aurait pour autant rien dit. C’est avec ce genre de réflexions aussi vides que le cerveau de Thomas Vandenberghe que j’arrive à la médiathèque de Nantes. On est vendredi soir, il fait un froid de canard et le quartier – excentré – est aussi désert que le stade la Beaujoire en plein mois de juillet.

Les hôtes sont néanmoins plus que charmants. Portés par un espoir et un esprit d’initiative comme on en voit rarement à la Capitale, les salariés de la médiathèque Floresca Guépin ont entrepris depuis novembre d’offrir au public une exposition « Rock & Littérature » qui semble rencontrer un certain succès. Au programme : des concerts, des débats, des objets d’époque – numéros collectors de Best et Rock & Folk, affiches des Stones, bouquins de Nick Tosches – qui rappellent à tous que si le rock est un art de vivre, c’est surtout un vieillard sous respiration artificielle. La thématique du débat de ce soir en dit d’ailleurs long : 
« La question de la critique rock ou la critique rock en question ». On n’aurait su mieux dire. A mes cotés, Jean-Vic Chapus (Rock & Folk et surtout Voxpop dont il est le fondateur) et Florent Mazzoleni (plume reconnue de la presse écrite, des Inrocks à Vibration, désormais reconverti en auteur de livres musicaux à succès variables). Face à nous, une maigre audience qui a su braver le froid sibérien pour venir passer sa soirée avec trois inconnus prêts à donner leurs avis sur un genre littéraire que plus personne ou presque ne fantasme. En retour de hype au milieu des années 2000, le Las Vegas Parano de HST ne fait visiblement plus mouiller personne.
La soirée s’ouvre par un lénifiant documentaire sur les origines de la rock critic qui, à en croire l’auteur suisse, débute avec Lester Bangs et se conclue avec le Novövision d’Yves Adrien. 1968-1978. Résumé comme ça, autant se tirer une balle sur le champ. Après vingt minutes à bailler en regardant défiler les dépouilles des morts vivants – Richard Meltzer, Burroughs, Nik Cohn – déterrés par un acteur de seconde zone déguisé en rockeur qui s’évertue face caméra à lire les textes fondateurs du rock avec une voix si grave qu’elle donnerait à la pire des coloscopies des airs de fête foraine, on passe enfin aux choses sérieuses. Autant vous faire l’impasse sur les banalités, la discussion fut passionnante. On y parla de l’héritage du gonzo journalism, de l’impossibilité à transposer cette culture dans un nouveau siècle où toutes les barrières sociales sont tombées et des raisons qui font qu’Internet n’est pas le fossoyeur d’une presse écrite qui ne l’a du reste pas attendu pour devenir moribonde. Le reste est un peu flou, la conférence dura près de trois heures et se conclut par une courte série de questions où il fut établi avec certitude qu’il n’y avait finalement rien de nouveau sous le soleil. Parce qu’en France les décennies se suivent et se ressemblent et que chacune d’entre elle voit éclore de nouveaux journaux qui remplacent les anciens et qui, chacun à leur manière, parviennent à être en phase avec leur époque. Rock & Folk pour les années 70, Best pour les 80’s, les Inrocks pour les 90’s, Technikart pour le début des années 2000. Quant à la décennie actuelle, on ne peut que pour l’instant parier que sur Snatch ou Voxpop pour bousculer la fourmilière. En attendant mieux.

Si vous vous êtes cogné les 15.925 signes précédents à la recherche d’une réponse à la question initiale, il serait somme toute logique qu’on approche enfin de la conclusion. Elle m’est venue en fin de soirée, alors que les spectateurs quittaient un à un la salle de conférence, nous laissant seuls dans l’obscurité à divaguer avec nos micros amplifiés devant six érudits le cul rivé sur leurs chaises. Ce instant de solitude, c’était à la fois pathétique et sublime. C’était le signe qu’à l’inverse des pionniers, eux qui avaient su (d)écrire le futur pour les masses, nous étions désormais condamné au vœu de silence.
La soirée s’est terminée comme ça. Et puis chacun est rentré chez soi, à la recherche de ce disque ultime que personne d’autre que vous n’écouterait jamais plus. C’était devenu ça la rock critic : une quête désespérée de l’inaudible. L’envie de s’adresser à une foule de plus en plus éparse, assister lentement à la fuite des derniers fans qui tous, par grappe de deux, décidaient qu’il valait mieux fonder un foyer ou s’abonner aux chaines du câble plutôt que de continuer à acheter des disques ou – pire – se farcir l’avis de sombres inconnus sur des artistes qui ne l’étaient pas moins. La rock critic n’existait plus vraiment et nous étions pourtant là, seul à bord, « last men standing » pour paraphraser Jerry Lee Lewis, à tenter de savoir qui serait le dernier à parler. C’était, pour paraphraser Jacques Brel, beau et con à la fois.

Remerciements à Mathilde Carton et Muriel Desvois pour leurs invitations respectives.


[1] J’ai déjà écrit sur cette vaste thématique, on va quand même pas se répéter. Pour plus d’infos : http://gonzai.com/georches-marchais-et-le-jazz-death-of-the-cool/

46 commentaires

  1. C’est vrai. Plutôt la fin des années 90, pour être exact.
    Quand à Rock & Folk, oui tout pareil (Ca et les exergues Stupido du début de magazine, avouez que ça fait pas bien lourd).

  2. La profusion Deezer est valable pour tous, rock critic ou autre. Selon moi c’est la temporalité qui a explosé, c’est à dire qu’on peut aussi bien découvrir une pépite qui a six mois que 20 ans, Tyler the Creator ou The Durutti Column.
    Valable aussi pour les musiciens, qui en sont à ingérés de tels sommes d’influences, c’est le côté 2000, le revival Cold Wave, Rock, tout ça.
    Chacun donne son avis, ou alors chacun prend une guitare pour monter son groupe.
    Ce n’est pas la première fois dans l’histoire.

    Quand Luther a fait sa bible et l’a imprimé, tout le monde y a eut accès d’un coup. Et tout le monde s’est mis à en faire son commentaire. Le vatican a halluciné. Le vatican aujourdhui c’est Rock and Folk. QUi finira bien par s’etouffer avec une énième couverture sur les Rolling Stones. Mais je ne sais pas si ça a vraiment un rapport avec l’article.

  3. Economiquement la métaphore se tient. Fini la parole qui vient d’en haut, et fini aussi les cathédrales de 100 mètres de haut. Place aux temples austères et fauchés, où tout le monde parle à tort et à travers.

  4. Je te reconnais bien là… Note que l’école de journalisme ne me surprend guère, la vocation est devenue pour la plupart un choix entre école d’ingé, de commerce ou journalistes…

    Aller jusqu’à Nantes pour disserter avec Mazzoleni c’est quand même ardu. Avec un ami on l’avait surnommé le belphéghor des rédactions et des maisons de disques tant ce mec pouvait nous les briser menu. Un type qui envoi un fichier tous les mois dans des redacs avec les chroniques qu’il propose comme une liste de courses, c’est affligeant et symptomatique d’une mort …

    Le paradoxe dans ce marasme c’est qu’en France il y a plus de mags dits rocks en vente qu’en Angleterre qui est d’ailleurs en train de tirer la chasse sur une culture populaire de bon goût mais c’est un autre débat.

    Je propose de créer un statut spécial au sein des rédactions de France et de Navarre, le journaliste-prescripteur

    Sans rire comment voulez vous entrer en extase devant des cachalots échoués sur un canapé d’hôtel qui ne sont capables que d’énumérer le nom de leur producteur, le moment où leur nombril leur a fait bobo à la tête et leurs joies de devenir parent ( 3ème album) ?
    faute au journalisme certes, aux rédactions à la pensée molle, mais faute aux artistes, aux managers et labels qui ont inventé la promo consultation (système dont j’ai fait partie).

    Un pote avait pour habitude de dire , “le jour où l’attaché de presse de Dylan a préféré donner la seule interview pour la France à l’Express plutôt qu’à Rock and Folk en 81, la messe était dite”.

    Je pense qu’aujourd’hui c’est plus rock’n roll d’écrire sur la politique que sur la musique

  5. NB: une correction a été apportée au papier, afin de ne pas laisser de place aux qui proquos. Lille, décrite comme “le bastion de Martine Aubry”, ne doit pas être directement associée à l’ESJ. Il s’agit d’un problème de formulation pas très claire, de ma part. Don’t acte.

  6. Hé, on commence bien la semaine là…Je suis cité trois fois dans jesuisunjournalistemusical : j’espère vraiment que c’est des étudiants qui ont fait ça ou alors il se passe vraiment quelque chose autour de la critique musicale, une espèce de gros buzz à exploiter pour en foutre plein la gueule à “l’industrie” en décrédibilisant toute tentative de parler d’un sujet musical avec sérieux ou professionalisme auquel cas j’adhère.
    Ah ben non je suis con, c’était déjà il y a cinq ans avec la naissance de Gonzaï. C’est-à-dire que les mecs qui ont fait ce site, jesuis..mescouilles.com, ont réagi 5 ans après la naissance d’un média qui donne une réelle crédibilité à la subjectivité, c’est-à-dire à l’irrespect des règles et des formes qui ont fait notre succès et plus globalement celui d’Internet (dans la sphère musicale). Voilà le problème : la déstabilisation semble arriver trop tôt pour les entités web comparé aux bonnes vieilles écuries presse qui commencent à battre de l’aile après 40 ou 50 ans de règne sans partage.
    Et pourtant elle arrive bel et bien trop tard car la critique musicale doit être en permanente remise en question pour s’imposer, ce n’est qu’un jeu qui permet de se poser les bonnes questions au final. Quant à l’économique, il suffit d’observer les mouvements boursiers ou les cycles de la mode pour comprendre comment tirer son épingle du jeu, rien n’est plus épiphénomènale que l’argent dans la culture.
    En tous cas ton papier est émouvant et très bien écrit, il donne envie d’en savoir plus sur ce métier de con exercé par de si brillantes personnes.

  7. J’aurais bien aimé avoir l’avis de Didier Varod sur cette conférence et sur l’ESJ, que tu dépeins de façon un peu…orientée je trouve. Mais ton point de vue est intéressant. Un peu aigri mais intéressant.

    P.S. : “Bon enfant” hein.

  8. Ro la la … c’est déprimant tout ça et en même temps … ça fait des années que la profession se casse la gueule petit à petit à cause d’Internet. Il y a une question que je me pose quand même, pourquoi les pigistes de qualité n’ont pas créé leurs sites en mettant en avant leur professionnalisme ? Je vais sans doute mal m’exprimer mais la rédaction de ResMusica (musique classique) que j’ai créé en 99 a vu passer pas mal de “vrais” journalistes qui tentaient de surfer sur la nouvelle vague Internet en intégrant des sites comme le mien. Leurs papiers allaient de l’excellent au plus que moyen mais leur ego oh la la … Ils voulaient pour les plus acharnés reprendre la main sur le truc et dès qu’il y avait résistance on en prenait plein la gueule parce qu’on est pas journalistes nous … Bref, on a appris à faire sans eux et ça marche très bien.

  9. Et j’oubliais … Je fais un gros doigt à toutes les écoles qui s’affublent d’un Supérieur, ça me donne la nausée, j’aurais pu faire un BTS j’ai fait un DUT et Zut !

  10. Magnifique article, avec juste ce qu’il faut de cynisme désabusé et de foi dans l’avenir du rock.
    Assez représentatif de la tension entre la nostalgie de l’élan fondateur et la vitalité qu’apporte chaque nouvelle génération. Quand la contre-culture s’installe on n’est pas dans la merde.

    @D.I. Benway
    Les gens n’ont pas attendu l’imprimerie pour chacun faire son commentaire. Sinon il n’y aurait pas eu autant de vaudois, hussites, ariens et autres cathares.
    D’ailleurs on n’a pas non plus attendu internet pour faire des fanzines.

  11. Pathétique et prétentieux. Que de frustrations dans vos propos. Et quel manque de classe ! « Recalé à l’ensemble des concours d’entrée pour les écoles de journalisme, ce n’est certainement pas moi qui vais leur faire la morale. ». Effectivement ! Pas étonnant que cette formidable école vous ai “claqué la porté au nez dix ans plus tôt”. Mais si je ne m’abuse, la presse aussi non… ?
    A l’avenir, fermez votre caquet et ayez l’humilité de certains de vos confrères présents ce soir-là et les autres soirs. D’autant plus que vous n’en avez pas fait la moitié.
    Contentez-vous donc de votre blog, c’est pas mal à votre âge pour commencer vous diront les jeunots « aux regards vides de 22 ans en moyenne ” assis au premier rang, venus patiemment vous écouter. Non pardon, vous regarder vous pavaner et pouffer avec tant d’irrespect que vous êtes resté la risée de l’assistance plusieurs jours après…

    Au fond, vous êtes un journaliste raté…non ?

  12. Cet article tombe à point nommé.
    Dans le grand vide qui caractérise à la fois 1/ notre époque, 2/ la quête de nouvelles formes musicales et 3/ les façons de les faire partager à un auditoire paradoxalement en manque de repères, il n’y a guère que le fun, la justesse et la distinction qui pourront sauver la rock-critic française de la p(r)ose complaisante dans laquelle elle s’est embourbée.
    Pour ce qui est de la bible R&F, seuls Ungemuth ou Soligny peuvent aujourd’hui encore en attester.
    Donc : let’s push things forward.

  13. La véritable arnaque de ce papier, et plus globalement de ma situation, c’est que je n’écoute quasiment plus de rock dit “à guitare(s)”.

  14. Alors maintenant JLB nous dévoile son parcours et nous montre qu’il en a sous le capot, roulement de tambours … J’ai tellement entendu des journalistes se payer la tronche des p’tits gars qui sortent d’école bien formatés que cela me fait vraiment rire. A bien réfléchir je ne connais pas de très belle plume dans la musique qui sorte d’une de ses écoles prestigieuses.
    Bester arrête de dire que tu n’écoutes plus de groupes à guitares, la dernière fois que je suis passé chez toi tu écoutais Tonight’s the night et au bureau j’ai eu le droit au dernier Earth

  15. Plus sérieusement peut-être n’est-ce pas assez clair mais la conclusion de ce papier – pour moi – c’est juste que :

    – le terme rock critic est devenu complètement obsolète
    – que les journalistes dits “rock” ne parlent plus qu’à des audiences restreintes et de plus en plus minimes (ça rend le combat à la fois noble et dérisoire, ou noble parce que dérisoire)
    – le journalisme culturel en France n’a d’avenir que grâce à la prise d’initiative individuelle (et ça marche comme ça depuis les années 60), ceux qui croient encore pouvoir changer le système de l’intérieur se mettent le doigt dans l’oeil jusqu’au genou. Les vieux ne cèdent pas la place (on l’a déjà vu ailleurs avec le cas Lenoir) et passer son temps à se lamenter sur la paupérisation de la presse ou des médias musicaux c’est autant de temps qu’on ne passe pas à tenter de créer un nouveau modèle (essentiellement web, mais ça marche aussi avec le lancement de quelques titres presse) plutôt que de désespérément tenter d’infiltrer une émission TV ou Radio. L’exemple de Vincent Glad sur Canal + est à ce titre très éloquent (merde, il vient de l’ESJ, on va vraiment croire que j’en ai après cette école alors que non pas du tout en plus)

  16. Il faut prendre le mot culture au sens large et se diversifier. Peut être.

    Fabien
    Les cathares et les fanzines ont disparu, ce qui n’est pas le cas du protestantisme et des blogs, qui correspondent à des bascules sans retour liés à des inventions techniques modifiant le rapport au savoir. Mais c’est complètement hors sujet peut être.

  17. Bon bah ça y est, j’aurai pas du être d’accord avec Matt, suis cité dans jesuisunjournalistemusical, je n’aurai peut-être pas non plus du faire un gros doigts aux écoles dites “supérieures” ah ah, c’est fun, j’adore !!!

  18. Ça a l’air de vous faire tout bizarre de ne plus vivre au XIXème. La critique d’art et l’artiste maudit sont morts ?
    Je rigole mais l’article est très réussi.
    Et je pense que ça a à voir plus avec duchamp qu’avec internet…
    Et la mort a toujours été en germe dans la critique d’art française : rimbaud, johnny thunders, daney.
    Mes 2 centimes anonymes…

  19. Nan mais en vrai, “Rock critic”, c’est un mythe, Lester Bangs, c’est le Héraklès du binaire imrpimé noir et blanc sur quatre colonnes, nan ?

  20. Ah le mépris complet de ces écoles pour le “journalisme culturel” placé tout en bas de leur hiérarchie des styles légitimes nobles. Il suffit de le prononcer pour que leurs yeux s’écarquillent et s’emplissent de pitié.

    Effectivement un peu de folklore pour les changer du grand reportage, c’est pas sérieux.

  21. moi je ne lis plus que Pigeon Electrique. et encore je suis inquiet, rien de sorti depuis 1 an et demi. quelqu’un a des nouvelles de cet excellent fanzine ?

  22. Critique des critics, dans l’air du temps on dirait, Mr le rédac-chef : http://www.le-shamrock.com/?p=3172

    A vous lire on espère de tout coeur que vous ne le faites pas pour vous uniquement (pour votre santé notamment). Désespoir de ne trouver aucune proposition réaliste ou semblant de prise d’arme à la mort de votre métier… ou alors illustration derrière les lignes d’une auto critique du style affiché parisianohipster blasé et cynique peut-être. Mais reste la déception que même les critiques les moins couillonnes s’arrêtent à l’auto-critique et pleurent de la fatalité qui s’abat sur eux (si on l’on pleure 80% de notre temps l’inverse de ce que l’on veut, il est probable qu’on n’arrive pas à l’avoir, ce que l’on veut… bientôt un style pragmatique?). Next step : faire bouger la merde, non? Ou au moins donner l’envie aux (plus) jeunes de la faire bouger?

  23. Cher “PA”,

    faire bouger les lignes, le tenter du moins, c’est ce qu’on fait toutes les semaines (sur le site), c’est ce qu’on fait tous les mois (avec des concerts à Paris et bientôt en province), agir au quotidien n’empêche pas néanmoins l’auto-critique, la prise de recul sans qu’il s’agisse pour autant d’un chant du cygne ou d’une volonté de décourager tout le monde. Cynique peut-être, blasé surement pas.

  24. Dans ce cas… vivement un article qui exprime tout ça autant que celui ci, avec ce cynisme que vous avouez.
    “Engagez-vous”/”Indignez-vous”/”Vivez-vous”, déjà, peut-être un bon uppercut à donner à la superficialité affichée de votre époque journalistique culturelle.

    Bon courage, et continuez à bouger fort et faire bouger dans ce cas.

  25. PS : horreur de m’étendre, mais si on pousse la réflexion, et je m’arrêterai là, j’espère être constructif et pas trop nébuleux, mais je m’attache comme vous à ce sujet, et bien si il apparaît clairement que la Culture et sa diffusion (et non sa commercialisation) sont votre Projet et votre raison de vous lever le matin, il semble alors que cet essentiel ne soit plus un “détail”…qui alors ne compterait pas?
    J’entends par là que communiquer les idées par leur négatif à un avantage certain d’amplitude de finesse et d’humour possible, mais dire les choses pour ce qu’elles sont de manière “positive” (au sens philosophique et non Carrefourien du terme), ça a du bon (et non “ça n’a pas de mal”), et c’est bien ce cynisme (associé depuis un bon XIXe moderne à l’arrogance parisiano proutprout) qui peut sévèrement gonfler après avoir fait sourire, et qui rend faussement engagées et faussement profondes des propos qui somme toute peuvent ne pas l’être tant. J’ai de l’estime pour les journalistes qui justement prennent du recul sur leur texte et leur finalité.

    Re- sur ce, continuez, et je m’arrête là, ça suffit.

  26. En telle situation le cynisme/prise de recul reste la seule façon de traiter d’un problème, car à l’inverse opter pour un discours optimiste/tout content serait 1. contraire à la réalité et 2. donnerait une image de nous-même complètement sûr de notre fait, comme si nous étions les seuls à faire qq chose, ce qui est complètement faux.
    On ne peut pas traiter de ce problème avec un sourire aux lèvres, le positif est à lire entre les lignes dans tous les autres papiers qui traitent de choses, de disques, d’artistes intéressants. Cela demande un effort de la part du lecteur, et c’est très bien ainsi.

  27. Loin de moi l’idée d’opter pour un discours tout content bisounours, rien à voir, je regrettais juste que le trop plein de cynisme, qui donne une excellente critique, mais qui même entre les lignes, n’invite pas forcément à se battre (un avenir sans pognon possible pour les honnêtes que ça brancherait, franchement, là, si j’avais 18/20 piges, je veux m’orienter ou je suis déjà dans ma voie, je lis ça, entre les lignes ou non, qu’est-ce que je dois en penser vraiment? Ca vaut le coup? Je pense pas).
    De même que je pense que non, il n’y a jamais qu’un seul mode ou ton de communication face à un problème aussi important. Mais les amener à se compléter, c’est aussi la force d’une critique “constructive” pour reprendre un adjectif dix fois trop employé.
    Simplicité et efficacité dans des propositions sont souvent bonnes par exemple pour donner un coup de grâce après avoir “mis en bière” quelque chose de cette manière forte. C’est la différence entre un mec futé et acerbe et un mec futé, acerbe et charismatique.
    Et je peux me gourer, mais je pense que ça demande surtout un effort plus grand à vous autres de nos jours, c’est quand même con, mais ce ton devient si fréquent, vannes téléphonées ou non, qu’il en devient presque convenu comme je le soulignais plus haut.

    Pour mieux m’exprimer j’attendais un paragraphe à la fin qui montre ce qui se fait de bien à côté, qui donnent des pistes, des gens qui se bougent le cul sans sortir ESJ et sans être des fantômes de Bangs (et pas que vous, et pas que dans ce secteur). Par exemple il faut voir ce qu’ Annese a fait dans la presse sportive (en partant de rien d’ailleurs), il a changé la donne, que l’on aime ou pas, mais il a foutu un coup de pied dans la fourmilière, ce en plein dans le système, au contraire, car Bester, au contraire, les vieux meurent un jour ou l’autre, et entre MTV, Pitchfork, et Gonzai, il y a bien des steps et des choses à arroser d’intelligence et de propositions (sur des articles importants comme celui ci, pas sur des articles traitant de faits musicaux ou autres, mais bien qui parlent du fond du problème de votre boulot là, par quelqu’un qui prend un recul assez terrible sur la condition générale de son métier).

  28. Merci P.A. Je crois que je viens de comprendre le pourquoi du succès d’Indignez-vous : le besoin d’exutoire et d’idéal. Bref, de vie.

    Intéressant, comparé au portrait des étudiants de l’ESJ, bouclés dans un conformisme anesthésiant, par les mêmes vieux qui squattent tous les postes.

    @D.I. Benway : de fait.

  29. … oui enfin disons que je pense surtout qu’on vit une époque ou il faut non seulement se sortir les doigts et communiquer sur nos visions des choses de manière appropriée et au plus grand nombre. Ce n’est pas l’élite intellectuelle qui ira trouver dans le détail un contrepoint intéressant qui va faire changer les choses, ce sont les gens qui gobent de la merde qui le feront lorsqu’il s’arrêteront de le faire.

    Ta référence à ce bouquin est pas bête, 30 pages vendues à des millions d’exemplaires qui critique les choses ouvertement et simplement, et surtout qui incite. Qui fait découvrir apparemment à plein de gens qu’il n’est pas trop tard pour faire ce qu’on veut. Un exemple à imiter sur notre sujet?

    Que ce soit dans les domaines économiques, politiques, culturels ou, osons un gros mot, spirituel (au sens large), j’aimerais que les jeunes générations comprennent enfin qu’elles doivent se mettre face à leur vie et ce qu’elles en font. Sans être altermilitantsocioanarchiste ou caricature de changeur de monde, rien à voir, mais c’est juste une question d’être droit dans ses bottes, et d’utiliser intelligemment notre cerveau tant qu’il fonctionne, d’oser aller plus loin que le cynisme. Donc quand je lis un article bien ficelé qui crache sur, à mon sens, un vrai problème de conditions de diffusion de la culture (et derrière tout les impacts que ça, putain, mais regardez le français “”tout en bas””, sans déconner, qu’est-ce qu’on lui donne à bouffer?), ben j’attends les 3 phrases et deux exemples d’un pro qui te donne des idées pour avancer, le sentiment que c’est pas tout foutu et que pour ceux que ça chauffent il y a du boulot juste possible. Pas plus.
    Putain mes commentaires sont beaucoup trop longs. La synthèse a du bon aussi, ça c’est certain.

  30. Mais en fait nous sommes complètement d’accords. Quels sont les deux conclusions de ce papier, en deux temps?

    1. La soirée à l’ESJ: on ne peut compter que sur soi pour faire bouger les choses. Les jeunes ne semblent pas encore en avoir totalement conscience. (Je me trompe peut-être).

    2. La soirée à Nantes: on parle à des audiences de plus en plus maigres. Cela rend le “combat” (on n’est pas non plus en Libye, faut pas déconner) encore plus noble.

    Conclusion: La différence avec les vieilles générations, c’est qu’on doit travailler seul pour parler plus (mais à moins de monde qu’avant).

  31. @Vernon, merci, mais j’ai déjà choisi une autre voie pour ma part. Le dimanche matin il me reste 2h à tuer peut-être.

    @Bester, tout à fait, j’aurais juste aimé que vous alliez encore plus loin en tentant d’analyser dans un troisième temps :
    3. L’expérience et le point de vue de votre milieu et de votre parcours : qu’est-ce-qui prouve aujourd’hui et demain qu’on peut quand même bosser, et bosser en réseau, et faire en sorte de toucher le max de gens (ton clair, simple et percutant, exemple vécus, innovations en cours, personnes qui suent chaque jour pour faire le même genre de choses que vous faites et qui gagnent à être connues, à tous les étages des médias culturels, preuve explicite qu’on peut en vivre, quelles pistes de renouveau…etc)

    Donc j’en reviens toujours à ma conclusion :

    a) vivement une suite ou prochain article de fond sur ce sujet,
    b) continuez à vous étendre pour toucher le plus de glands possibles, sans vous mordre la queue
    c) merci pour votre attention
    d) au plaisir de se croiser à vos évènements

    A+

  32. Cher PA,

    pour vous répondre en toute franchise, je ne crois plus du tout à l’impact du mainstream culturel, ce terme n’a plus de sens depuis – pour résumer – 2005 – aujourd’hui c’est une société de niches où chacun picore sur tel site, tel journal, mais les audiences sont désormais fragmentées et un retour en arrière me semble impossible. Ce n’est qu’un point de vue, pas une assertion.

  33. Mon sentiment sur le rock, c’est que c’est un tas de boue ! C’est tout ce que vos parents en disaient, ça entre par une oreille et ça sort par l’autre, c’est de la merde – présent aujourd’hui, disparu demain – et alors ?
    Les seuls qui soient plus inutiles que les rockers, qui sont interchangeables, ce sont les rock critics, parce que personne n’en a rien à foutre, d’accord ? Je pense que tout le truc est ridicule, mais je suis heureux d’être ici. Je me donne du bon temps, et j’espère que vous aussi !

  34. Bel article. Je ressens un peu la même chose et je suis d’accord avec le fait que représenter les choses de façon positive serait mentir. Le lectorat intéressé par cette écriture gonzo d’origine devient hyper restreint selon moi, et les gens s’attardent dorénavant plus à la conclusion, voire à la note donné au disque qu’à l’article lui-même, histoire de savoir quoi télécharger. Malheureusement de nombreux critiques rocks actuels on oublié ou n’ont jamais su qu’il est possible d’écrire “rock”, de représenter tout ce barouf et cette énergie avec des mots. Tant pis.
    Sinon j’aime bien Technikart, autant que l’attaque gratuite sur Thomas VDB!

  35. Vous avez réussi à me déprimer total là … Je vais me mettre à la cuisine et au jardinage (y en a une qui va être contente) et je n’écouterai plus jamais une seule note de musique à par celui de mon pet du soir en contemplant le ciel étoilé dans la nuit silencieuse. Tiens j’ai mieux je vais créer un site gonzo sur la cuisine, pffff En fait je pense comme Sylvain que tout cela est un faut débat. Il y a des gens qui aiment la musique et qui savent lire, aiment lire même, d’autres aiment écrire sur la musique et ils se rejoignent. Peut-être pas nombreux mais ils existent et c’est ça qui compte. Perso j’ai tant donné sans rien recevoir dans cette affaire que je me demande l’intérêt de la question de ce qu’on a à y gagner à part être heureux de faire des trucs qui nous plaisent et exister à travers une passion commune. Bon je vais me tirer une balle et je reviens.

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