Dans ce marasme du tout sécuritaire, du bal masqué pas très dansant, dire que le Festival International du Film Grolandais (Fifigrot pour les intimes) est un appel d’air, c’est un euphémisme. Iconoclaste, pointu, sa 9ème édition se tenait à Toulouse du 14 au 20 septembre; festival qui, comme son nom l’indique est lié à la principauté de Groland. Un séjour court (2 jours et demi) mais riche en émotions et rencontres. On retient 4 noms : Lachaud, Hurtado, Mandico, Peretjatko… dont le point commun est d’être haut-perchés et de résonner avec la lettre O, comme Occulte ou Ô culte et O, comme un festival follement occitan !

Festival 2020 | FIFIGROT

Pour bien démarrer, Fifigrot, kesako ? Le Festival International du Film Grolandais de Toulouse, dit FIFIGROT, est un festival de cinéma, organisé chaque année au mois de septembre à Toulouse depuis 2012. Il résulte d’un partenariat entre l’équipe de l’émission télévisée française Groland, la chaîne CANAL+ et des associations Ciné Pax à Quend et A Côté à Toulouse. Le Festival du film grolandais existait auparavant à Quend dans la Somme entre 2005 et 2009. Le festival présente une sélection de films (documentaires et fictions, longs et courts métrages). La meilleure définition de ce qu’est un film grolandais vient de Yolande Moreau : « Une rébellion joyeuse ».

Ici, on fait fi de la bienséance, mais pas de séances : pas moins de 8 courts et 11 longs en compétition, des projections en plein air ; une douzaine de films dans les catégoriesMonde(s) d’après, mondes d’avant, mondes actuels, mondes à suivre , mondes cultes + une carte blanche à Jan Kounen, des bonus typiques maison : gare aux gourous ! Grozical : documentaires musicaux et Empires du vice… Enfin, également une programmation culturelle dans l’esprit grolandais : librairies, expositions, dédicaces, parade présidentielle, spectacles vivants…

En 2020, le festival a ouvert en force, avec le salutaire documentaire de David Dufresne sur les violences policières, Un Pays qui se tient sage, en présence d’un élu de la mairie, qui s’est fait huer par toute la salle ; la politique locale n’étant pas franchement Gilets Jaunes friendly

Cette année qui plus est, la grande prêtresse chargée de remettre le fameux amphore d’or était l’unique Blanche Gardin. Précisons que Figfigrot c’est un état d’esprit insolemment solaire avec des personnages phares type l’entarteur, Noel Godin, bien sûr l’éminent Benoit Delépine alias M.Groland… On trouve aussi des membres à vie (sic), type l’infatigable, Jean-Pierre Bouyxou auteur, réalisateur, figure notoire de la contre-culture.

L’une des forces du Ffigrot : présenter en avant-première quelques  films audacieux et… français. Deux adjectifs qui ne vont pas toujours  forcément ensemble, mais ici, oui.

L’auteure de ces lignes n’a hélas pas pu voir les deux lauréats ex-aequo de l’Amphore d’or, soit le premier prix, mais en a eu de très bons échos.  Soit, L’origine du monde de Laurent Lafitte (apparemment très loin de la Comédie française) et Mandibules de l’éternel empêcheur de tourner en rond, Quentin Dupieux. Le prix du public fut remis à Un triomphe de d’Emmanuel Courcol.

Commençons peut-être par les fondamentaux du festival. Voici ce qu’écrit Benoit Delépine dans le programme :

Malgré la richesse de ses gisements hydro-alcooliques, Notre Présipauté, elle aussi, a pâti du satané coronavirus. Il faut dire que les Grolandais sont quasiment tous des personnes à risque, ce qui fait leur force et parfois, donc, leur faiblesse. La canicule ayant en son temps emporté la moitié de notre population, nous n’osons toujours pas faire le bilan de cette pandémie-là. Alors, oui, nous avons dû confiner longtemps, longtemps. Beaucoup plus longtemps  que nos voisins Français. Jusqu’à même, chez les plus radicaux d’entre nous, faire l’achat d’écrans plats géants, d’appareils à raclette et de pompes à bière. Jusqu’à confire. Et devenir encore plus à risque.

Quelle hérésie ! Être grolandais, c’est l’être ensemble ou ne pas l’être. Quelle joie de ressortir enfin. De retrouver l’antique plaisir de se mettre à plein dans une grotte pour admirer une peinture rupestre qui bouge. De lever le nez vers un détail, un acteur, un effet spécial ou même normal, de tendre l’oreille à telle musique, dialogue ou bruit suspect. D’en parler après coup avec d’autres humains amateurs d’émotions collectives. De s’emporter à propos d’un film, de s’engueuler, d’en venir aux mains, de se rabibocher, de pleurer des larmes de vin. Avec des gants et des masques c’est encore plus ridicule mais le ridicule ne nous a jamais fait peur.

Aujourd’hui nous pouvons mesurer le gros vide qui a failli tous nous emporter. Celui de la solitude. Redevenons cinéphile en grand. En foule. En délire”.

Luxe de pouvoir compter parmi les happy few à la séance blindée le duo salutaire Gustave Kervern et Benoit Delépine, venus présenter en équipe Mords-les, rareté tournée en Super 8 avec Brigitte Fontaine, notre diva pré-post-punk – puis leur dernière bombe Effacer l’historique, qui cartonne : à ce jour, il a dépassé les 400 000 entrées France.

Le tandem pratique un cinéma artisanal au sens le plus noble du terme. Ainsi, ils sont venus, accompagnés de leur chef-op, Hugues Poulain et monteur, Stéphane Elmadjian, complices de tous leurs films et Blanche Gardin, silhouette de tanagra, rire qui fait trembler les murs de la salle, nouvelle venue qui semble avoir toujours appartenu à leur monde – qu’il soit d’avant ou d’après, une chose est sûre, il est à suivre et culte (pour paraphraser les mondes mis en avant dans le programme)

Kervern et Delépine concluent leur présentation en chantant les mots de leur ami, le regretté écrivain belge ,Robert Dehoux, qui vient de recevoir un des prix littéraires du 9e Fifigrot :

Le train-train quotidien va bientôt dérailler,
Qui veut rester dedans n’a qu’à bien s’accrocher.

Mords-les, leur court-métrage de 37 minutes – « trop long pour les projections de courts-métrages et trop court pour participer à des programmations de longs » ! comme le précise Benoit Delépine – fait partie de la frange expérimentale des deux compères. A l’image de leurs premiers films, Aaltra, Avida et la bifurcation houellebecquienne Near Death Experience. Tourné en Super 8, un film qui a vraiment un grain, dans tous les sens du terme.

Brigitte Fontaine, en haillons de luxe, erre en roue libre dans un cimetière breton, puis dans un marché, une cour d’école avec un texte récité off par la poétesse elle-même, crachant sa misanthropie avec le talent dément que notre Brigitte peut avoir. Son jeu est tellement faux qu’il en est fascinant.

Elle fraye vaguement avec un doux timide (Gustave Kervern) tandis qu’une sorte d’archange- Robin des bois dark, (Benoit D) sévit en ville avec son arbalète. Ce film, totalement libre, alterne en cinéma expérimental des seventies où Fontaine convoque une autre icône, Nico ; beauté de l’image granuleuse, des calvaires, de la cathédrale de Morlaix et cinéma-vérité irrévérencieux : Bribri piquant une perche à selfie et rôdant avec une discrétion éléphantesque dans des lieux terrifiants de normalité, avec des vrais gens, filmés en mode caméra cachée ! Les deux cinéastes ont souhaité rendre hommage à Diogénie Fontaine (tel est son nom ici). Un éclat de liberté à l’instar de la fusée enflammé qui embrasera l’écran…

Revenons à nos moutons, pas du tout moutonniers, soit le festival record chrono : 2 jours et demi, pas vécus à moitié. Mardi 16, à peine sortie du train, j’embarque pour (la) Gare au Gourou, qui montre aussi deux brillants documentaires de Werner Herzog et un florilège de pépites de l’INA autour du thème.

Soit 52 minutes d’une épatante compilation établie par l’INA à travers ses archives, dont la matrice est un document rare Les nuits secrètes de Paris. S’ensuit une machine à remonter dans le temps, des 60S à aujourd’hui, où l’on voit disparaitre comme une peau de chagrin le temps de parole des gourous et surtout de leurs disciples et se rallonger les commentaires moqueurs, voire arrogants des présentateurs. Nous découvrirons ainsi les élus de la planète Cyclamen qui affirment que quelques boîtes de cassoulet suffisent à se débarrasser d’une belle-mère encombrante (sic !), le druide de Drancy qui succède à Philippe le bègue ; à Bugarach, les réfugiés de la fin du monde… Étonnamment, un précepteur d’impôts à qui le gourou doit des sous, en a été excommunié ! Puis, déboulent les médiatisés Chevaliers du Lotus d’Or, dont le maitre a construit un Mandarom XXL qui rendit très nerveux les habitants de Castellane.

Puisque nous évoquions ici les boites de cassoulet, aptes à neutraliser des belles-mères encombrantes, cela fait le pont avec le troisième long d’Antonin Peretjatko La Pièce rapportée, comédie grinçante que le cinéaste présente ainsi : «  un film qui devrait parler à ceux, celles qui ont des soucis avec leur belle-mère ou leur belle fille » !…

Philippe Katerine : ses carnets de tournage du film d'Antonin Peretjatko

La belle-mère en question, c’est Josiane Balasko (qu’on découvre avec plaisir dans un contre-emploi) une très très riche pleine de morgue qui se désole de voir son dégénéré de fils, célibataire après tous les rallyes où elle l‘a  envoyé. L’héritier Château-Tétard est incarné par Philippe Katerine avec toute la grâce qu’on lui connait. Las ! il s’entiche d’une guichetière de la RATP pétulante et fraiche et…pauvre, jouée par la délicieuse Anais Demoustier.

Enfin évidemment pas délicieuse aux yeux de la belle-mère. La pièce rapportée est une comédie façon Philippe de Broca sous amphétamines, pleine d’élégance et de malice. Ainsi, lors d’une chasse à courre, les aristos tuent « par accident » des Gilets Jaunes qu’ils avaient confondu avec des sangliers, on fait des tests de l’ADN de la pauvreté, on  glisse sur une rampe Pinochet, etc… Cette satire réjouissante sortira en février 2021. (pas encore de bande-annonce)

Impossible de tout voir en si peu de temps. Cap sur la soirée Empires du Vice, soit un hors-d’œuvre sur les films X, puis deux trouvailles issues de lacollection d’Emmanuel Rossi . On s’ouvre l’appétit avec A la recherche du premier boulard, sympathique enquête pour tenter de découvrir quand, et par qui, a été tourné le premier film pornographique de l’histoire… réalisée par Denis Larzillière et Aurore Aubin. Quelques interview truculentes, type ceréalisateur de pornos qui déplore que les partouzes lui rappellent trop lebureau ! Des découvertes : la première « porn star » répondant au doux sobriquet de Sœur Vaseline, un remake coquin de La grande Bouffe : Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maude et Richard, réalisé par Alpha France et Frédéric Lansac.

Puis, Emmanuel Rossi, tête chercheuse, vient présenter sa sélection. Collectionneur de magnétoscopes, il possède plus de 500 VHS, introuvables en DVD et est un des contributeurs du site Nanarland et de sa cultissime nuit du Nanar.

Ce soir, Rossi offre à Fifigrot deux inédits, édifiants : de qui suis-je I‘enfant de Gerry O’Hara, manifeste cul anglais, pour l’insémination artificielle aux accents de mélo « camp » : soit, une bombasse à gros seins et au mari stérile qui va passer un peu trop de – bon – temps avec un donneur de sperme, pendant qu’une infirmière s’aperçoit qu’elle va se marier avec celui qui est éventuellement son père et que deux lesbiennes tentent de recourir à un donneur…

Le second, L’Empire du Vice du japonais Tetsuji Takechi est la romance d’un amant jaloux qui décide de réapparaître dans les orifices et blessures de celle qui s’est promise à lui, le tout jusqu’à un final, dixit Emmanuel, “combinant Don Camillo et L’Exorciste” !

Autre sections, autres joies : les midnight Movies. Grand plaisir de revoir l’immense In Fabric de Peter Strickland-sorti en décembre 2019, variation psychédélico-giallesque sur une robe rouge maléfique qui sévit dans le Londres de 1979.

On sort ravis de la nuit Clip & cop, un voyage nocturne dans la facette la plus pop et surréaliste de Bertrand Mandico avec quatre clips et courts-métrages dont le jouissif Extazus.

Une section régulière de Fifigrot fait la part belle aux documentaires musicaux : Grozical, On y trouve plusieurs morceaux de bravoure : le charmant Felix in Wonderland de Marie Losier qui a déjà bien circulé en festival (Locarno, Montréal, Lisbonne, Turin, Lausanne, Paris…),

Sont diffusés les tous récents My lover the killer et Texas Trip, carrément inédit.

My lover the killer est à la fois le titre d’un album réunissant deux musiciens phares de l’underground, Lydia Lunch et Marc Hurtado et du film qu’Hurtado a consacré à Lunch, avec cet album en fil rouge. Fil rouge sang car il narre un des nombreux événements hardcore et marquants qui jalonne la vie de Lunch et qu’elle a entrepris de transposer par l’art, depuis son viol adolescente par son père, jusqu’à cet épisode, digne d’un fait divers. En 2016, Lydia consacre un album My lover… à son premier amour, Johnny O’Kane qui allumait des bougies dans ses talons aiguilles, tuait ses chats, la piquait à l’héro à son insu (et autres attentions romantiques). C’était au siècle dernier. Lydia le recontacte maintenant qu’il a l’air rangé des voitures : marié, deux enfants. Las, Johnny se dispute très violemment avec sa compagne suite à cette reprise de contact, la bute, puis se suicide avant que la police n‘arrive.

En ce sens, l’album réalisé par Marc H et Lydia L était prophétique. Cet amour assassin devient un film où Lunch rouvre ses blessures avec le panache et la frontalité qu’on lui connait « I’m sorry but I’m not » comme elle clame crânement sur l’un des titres-clé du superbe album.

ultratop.be - Lydia Lunch / Marc Hurtado - My Lover The Killer

Autant l’avouer : j’y allais en reculant, miss Lunch m’ayant soit laissée sur ma faim, soit gavée récemment. Concerts décevants, voix usée, la sensation de la voir tenir l’épicerie underground, sans trop y croire, certes toujours avec charisme, mais le charisme fatigué de celle qui connait bien les ficelles et ne veut plus se réinventer.

Or, avec ses défauts et ses imperfections qui, au fond, lui confèrent un supplément d’âme, My lover… est une douce claque – si on me permet l’oxymore. Un documentaire expérimental qui m’a totalement réconciliée avec Lydia L et fait revenir à l’essentiel : pourquoi cette femme peut-elle être si fascinante ? Comme elle le dit avec superbe dans le film : » La plupart des gens souffrent d’avoir trop d‘émotions. ». Ici, l’émotion affleure sans peur, portée aussi par l’énergie sans limite de l’homme derrière la caméra, son compère, l’étonnant Marc Hurtado.

Rappel des faits : figure emblématique de la scène musicale expérimentale française, cofondateur du duo Étant Donnés, en 1977, avec son frère Éric, Marc Hurtado a, depuis cette date, suivi un parcours polymorphe de musicien, performer, poète, plasticien et cinéaste. Il a réalisé 19 films, dont 3 longs métrages, une trentaine d’albums et plus de 500 concerts / performances.
Ce qui frappe et en voyant le film et en entendant ensuite Marc Hurtado au débat c’est la rencontre de deux âmes sœurs tourmentées, soumises très tôt à des brutalités qu’elles ont transformées avec tonus, frontalité et humour.

Certes, le film se laisse parfois aller à des effets de solarisation ou de post-prod’ un peu faciles, forcément, il arrive que Lydia en rajoute, mais ses mots, leur musique, l’attention tendue portée sur elle, emportent le morceau. Un lien et un film contagieux à souhait.

Contagion d’images, bis pour terminer cette longue revue d’un court passage. Texas Trip-Carnival of ghosts de Maxime Lachaud et de Steve Balestrini. Celles filmées avec brio par Balestrini tandis que le maitre es- underground, Lachaud nous fait découvrir des musiciens et performers de l’ombre. Contagion des masques dans le film. Maxime L présente le film, comme un trip mental au sens hallucinogène, un Texas fantasmatique qu’un voyage physique. Même si voyage il y a : deux Français qui explorent le Texas. D’abord, ils s’attardent sur les ruines des derniers drive-in, territoires hantés par les fantômes d’une Amérique abandonnée, nourris d’extraits de films de genre. On pense au début du captivant The Canyons où Mr. Paul Schrader filmait des cinémas en déréliction ; puis, ils se focalisent sur plusieurs musiciens et performers : Mother Fakir, How I quit crack !, Attic Ted, Akchamel.

Le beau et masochiste Giless de Mother Fakir est le fil rouge, c’est le cas de le dire, car Giless se coudra la bouche live ! Ce documentaire expérimental fonctionne entièrement sur la notion de fantasme et de fascination et des deux réalisateurs et des spectateurs, comme une sorte de mise en abyme. Plus clairement : le tandem est fasciné par ces artistes outcasts, qui jouent dans des déserts et lieux parfois peuplés de white trash indifférents, spécialement par la performance de Mother F. Nous aussi, sommes happés par l’aspect sensoriel très réussi, la bande-son ciselée et envoutante, le beau filming et les astucieux inserts de film.

Texas Trip, A Carnival of Ghosts (2020) - IMDb

Seul hic : la dernière scène en très gros plan sur l’épiderme de Giless, on sort de l’hypnose car la scène dure et qu’on a un peu trop entendu Giless st ses confères gloser sur la création. On aurait envie d‘un peu plus de recul et de contrechamps : celui des laissés pour compte, non pas beautiful losers, mais ploucs, réacs, texans.

De même, lors de son concert ultime, on se demande si les masques qui apparaissent progressivement dans le public sont une volonté des deux réalisateurs et donc une mise en scène ou une réalité avérée ? Passé  ces quelques maladresses, mais c’est aussi la beauté et la pureté des premiers films, on se laisse porter par des images inspirantes et inspirée, en adéquation avec ces mots de Mother Fakir : nous sommes comme des sacs en plastique virevoltant, attendant de s’accrocher à une clôture pour se fixer momentanément .

Une parfaite métaphore de ces artistes flottant que l’on croise grâce aux deux cinéastes comme autant de balises dans une Amérique paumée, dévastée.

http://fifigrot.com/

6 commentaires

  1. j’en ai vu 1 de la bande le chevelu/fartasse et gros, qui s’est fait bousculer dans le (M) a Aubervilliers, comment il l’a insulté, le ceum etait noir alors a t-il rougi ?

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