Nous ne donnerons aucune interview. Les investigations dirigées vers le groupe, le label ou les bookers n'auront pas de réponse garantie.

Mitsuo Yanagimachi l

Nous ne donnerons aucune interview. Les investigations dirigées vers le groupe, le label ou les bookers n’auront pas de réponse garantie.

Mitsuo Yanagimachi leur a offert un nom. Impossible de mettre la main sur ce reportage d’Hells Angels Japonais. Pourtant, tout part très bas pour finir très fort.

Trente-trois copies d’une musicassette nommée All Lights Fucked on the Hairy Amp Drooling seront le premier glaive planté dans les abysses du système. Avec seulement deux âmes, puis quinze en une poignée d’années, la secte sera formée. On en retiendra cinq ans. Souvent deux. Parfois rien. Finalement, l’U.X.O. explose, non pas sur les majors et leur jaquettes, mais sur le groupe. Passer dans un média reviendrait à aspirer des larmes corrompues. On arrête. Tout allait trop loin. Juste une fois.
Ce qu’on est devenu depuis ces derniers temps? Une poignée d’autres groupes, des roadtrips, des errances solitaires, quelques enregistrements studio, un restaurant et trois lieux vivants aussi. La bande son d’un film, quatre nouveaux enfants et trois nouveaux chiens. Des jobs sans issue. Un peu d’agriculture et des jardins potagers. Un petit label. L’acupuncture comme un moyen d’existence. Trois d’entre nous sont restés sur la route.

Il y a des guitares. Quelqu’un parle et dénonce, s’arrête, puis recommence. Il se susurre la réalisation d’un dessin. Alors un timide arpège au son dégueulasse essaye de soulever le rythme d’une batterie asphyxiée sous des nappes distortionnées et déstructurées. Personne pour la sauver, tirer son corps vers le haut. Un massacre. La sortir du gouffre ou du néant peut-être. On a le temps après tout. On peu en rester là.  

Entre maintenant et les dates de concert, il y aura des rivières de bruit et de distraction. Internet est un petit monstre tyrannique. S’il vous plait, souvenez vous que tout ce qui compte est de continuer à continuer et tout ce qui compte vraiment sont les concerts puis l’engagement physique dans le monde, les gens comme nous et les gens comme vous.

On le ressent gros, voire obèse. Sa corde basse se fait branler, lentement. Une langue grasse et mouillée remplacerait-elle l’écrin ? Tout est dans la retenue. Attends-toi là la frustration, tu ne claqueras pas aujourd’hui. Les enfants sont justes à côté et gémissent quand le grand frère tente d’expliquer qu’il ne faut pas rester-là, qu’il va se passer quelque chose. En fond, on l’entend toujours soupirer gravement avant de disparaître. Il s’en vont tous, désertent, nous quittent. Une formation plus classique débarque pour romancer l’épilogue et lisser le conte pour ne blesser personne. Un cousin éloigné se lamente. C’est le chant des instruments défunts, de l’absurdité, celui des hommes qui ont loupé un cours ou sont trop humains pour se faire à l’idée qu’eux, sont les véritables connards. L’obus est en train de tomber. On a le temps. Encore quelques heures.

Nous allons peut être devoir y aller au marteau, avec de l’huile de coude et de la fureur, comme les vieux jours encore une fois.

Tu te rappelles comme tout tremblait finement, doucement. On ne le remarquait même pas. C’était devenu quelque-chose que l’on possédait. Une vibration. On pouvait définir les choses, contempler ces nuits d’été lugubres où notre putain de poste déconnait, où les vagues tabassaient le sable, où l’on s’hurlait l’un l’autre le dégout près du feu aux crépitements musicaux. On se noyait, on perdait pied, l’eau fut cette nuit d’un tiède rassurant. Rien pour nous rattacher. Sombrant dans la réalité, les prises manquaient. Il y avait juste ces trois bombes qui tombaient près de nous. On regardait cette beauté mortelle se rapprocher du sol et nous, se séparer encore, il n’y avait rien à dire pour sourire une dernière fois. La profondeur nous laissait ce dernier temps.  

Pour publication immédiate… Après une retraite d’une décennie, « god’s pee » décide de tourner à nouveau.

Le feu s’éteint dans le vent. Il ne reste rien, nos corps retouchent le sol. Les vagues ont décidé de revenir sur terre, couler le long des routes nord-américaines pour éteindre chaque flamme qui réchaufferait le sable. Les hommes marchent en tas, jaunis par la fumée des bombes. Plus rien n’est immaculé, les cordes se remettent à crier, la voix grave doit désormais apprendre à se polir seule. Il y a un soleil gorgé de haine sans souvenir. Tu sais Yanki, on n’a pas besoin d’être humain pour comprendre du temps qu’on écoute.

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