(C) Nathanaël Mergui

Fanzine culte de la scène hip-hop des années 90 passé furtivement en kiosques en 2001, Get Busy reste ce tag qui, même passé au Kärcher, refuse de s’effacer. Vingt ans plus tard, la publication d’une anthologie préfacée par Alain Chabat permet de faire le point sur ce qui fut l’équivalent d’Actuel pour les hippies. De quoi nous donner envie de ressortir cette vieille interview du daron Sear, fondateur casse-cou(illes) du magazine et dont les initiales valent leur pesant de chaînes en or : Signataire Eternel d’Articles Radicaux.

Le trimestriel Get Busy, on s’en souvient comme si c’était hier. Son ton cassant, son refus des copinages avec les stars montantes (comme les baskets), son look anti-Olivier Cachin et son slogan punchline. Ses plusieurs vies, aussi. Dont la première débute au début des années 90 dans une France où le rap monte en même temps qu’il est descendu par des journalistes qui, de toute façon, n’aiment pas ça. Sear, b.boy de Saint-Denis qui a grandi entouré de la clique NTM, décide alors de créer un fanzine qui parle aux gens qui écoutent cette musique. Taillé à la hache plus qu’à l’arrache. Culte.

Deuxième partie, début des années 2000. Après Authentiques, documentaire sur NTM réalisé par Alain Chabat et Sear, Get Busy revient furtivement en… kiosques, le temps de cinq numéros pas passés inaperçus, tous situés chez le marchand de journaux quelque part entre R.A.P (Rimes Anticonformistes Positives) et Radikal, en étant à la fois plus anticonformiste et plus radical que les deux titres précités. À cette période, le rap domine les autres musiques, non seulement en terme de productions (la France est n° 2, juste derrière les States) mais aussi en terme d’audience chez les jeunes (Skyrock). Comment créer une autre presse rap qui permette une alternative percutante ? En ne mâchant pas sa plume, en envoyant la sphère bien-pensante du hip-hop se faire foutre, en tirant là où ça fait du bien, en mêlant rappeurs, politiques, stars du porno, hommes des médias, sportifs, “infréquentables”, avec un sens de la débrouille, de la répartie, de la chambrette, de la “question que tout le monde se pose”, en ridiculisant la presse trop polie pour être sincère et en explosant les formats avec des entretiens tellement fleuves que ceux accordés par Jacques Vergès et Charlie Bauer [militant révolutionnaire d’extrême gauche, NdlR] s’étendent sur deux numéros. Et avec, comme dans tout album de rap qui se respecte, des featurings prestigieux pas placés là par hasard, de Rachid Djaïdani à Hamé de La Rumeur en passant par Julia Channel ou l’incroyable Grégory Protche. Sans vouloir faire une énième comparaison avec le rock, Get Busy ressemblait à un prolongement de l’esprit gonzo, dont le terme aurait été troqué contre “ego trip”. Comme le prouvent les lignes qui suivent (et l’anthologie qui va avec), Sear n’a clairement pas dit son dernier mot. Comme le veut la tradition, interview interdite aux bâtards.

Gonzaï : Bonjour, Sear. Avant de parler de Get Busy dans sa version kiosques, revenons d’abord sur les années 90 et la création du fanzine en réaction à la presse “rock”…

Sear : En 1988, la presse a commencé à s’intéresser au hip-hop. Comme le rock se trouvait un peu en perte de vitesse, le rap a été récupéré par des gens qui n’avaient jamais eu trop de passion pour la musique noire et qui ne pouvaient pas s’empêcher de le rattacher au rock. Public Enemy c’étaient des nouveaux Clash, LL Cool J incarnait la résurrection d’Elvis, etc. N’importe quoi. Parallèlement au hip-hop, la presse généraliste jubilait avec les histoires de phénomènes de bandes ; dans Le Parisien, par exemple, ils avaient dressé une “carte” où ils les répertoriaient les clans. Plein d’articles à la con, à côté de la plaque. On s’est dit naïvement qu’il fallait que des gens du hip-hop prennent la parole.

Pour les plus jeunes, qui ne l’ont pas connu, à quoi ressemblait le premier numéro ?

Une photocopie agrafée avec Public Enemy en couverture. Douze pages dans le vrai numéro 1, avec trois requins dessus, distribué au Bobino. De fil en aiguilles, on s’est amélioré, on a fait un magazine relié sur papier glacé avec une couverture couleur et on passait même dans des émissions télé genre Ciel Mon Mardi. À l’époque, on ne parlait que de hip-hop, les sujets sociaux étaient abordés, mais en filigrane. À partir d’Authentiques, on a pris une tournure plus sociétale.

Ce qui est marrant là-dedans, c’est que toi-même tu n’as jamais été fan de rap français. Côté presse, pareil, c’était vers les Anglo-Saxons que tu te tournais. Cela a dû influencer Get Busy, j’imagine…

Je fais partie d’une génération qui n’a pas tant écouté de rap français que ça. Les rappeurs français, on les accompagnait parce que c’étaient des potes. On était fiers de NTM. Niveau médias, on lisait The Source mais je n’étais pas si fan, je préférais Hip-Hop Connexion. Puis j’ai découvert Fat Lace : des fous, de l’humour british, super pointu. En France, il n’y avait pas du tout de presse rap et, d’un coup, il y en a eu beaucoup trop. Puis L’Affiche a instauré un modèle de publi-rédactionnel sur lequel tout le monde s’est calqué…

… Pour tomber dans un délire consanguin sans limite.

Ouais. Sans parler du décalage social entre les rédacteurs et les gusses dont ils parlaient. Des petits mecs qui avaient peur de se retrouver face à des rappeurs de quartier. Tu ne lisais jamais une chronique cassante et puis, bon, quand la couverture de ton mag est achetée par les annonceurs… C’est ce qui les a tués. C’était évident que ça allait se mordre la queue.

Inversement, n’est-ce pas ce qui a tué Get Busy version kiosques, cette position de francs-tireurs et de dézingueurs ?

Économiquement, si. Les mecs n’allaient pas acheter pubs chez nous en sachant qu’ils allaient mieux se faire traiter ailleurs. Mais je crois aussi que certains craignaient d’être en interview avec nous… Moi, ce qui m’intéressait, ce n’était pas qu’on discute des featurings du mec mais de rentrer dans l’humain, dans l’intime. Pouvoir plaisanter avec lui.

Les membres du groupe 113 disaient d’ailleurs que, depuis Get Busy, les journalistes se permettaient de faire des blagues en interviews. D’ailleurs, il y avait beaucoup d’humour avec diverses interventions “extérieures” pendant les entretiens, les montages photos à la Entrevue, etc.

Ouais, pas mal de trucs faits pour rire, même si ça ne faisait pas marrer tout le monde ! Pour les rencontres, on y allait à plusieurs – même le photographe participait parfois. Ça donnait des interviews riches : tu avais le mec qui connaissait bien le sujet, le profane, le sniper. Je regrette qu’on n’ait pas filmé les réunions de rédaction qui se passaient dans un rade reubeu improbable, ça partait tout le temps en chambrette, en embrouilles : la vidéo aurait pu passer à Strip-Tease. Le côté bric-à-brac de Get Busy, c’est ce qui faisait son charme.

Alain Chabat a d’ailleurs dit un jour que Get Busy était le magazine le plus intéressant qu’il avait lu depuis belle lurette.

Tu dis être quelqu’un d’assez asocial, pourtant tu as réussi à démarcher des poids lourds, des Marc Dorcel, des Jacques Vergès, des Thierry Meyssan, des Benoît Poelvoorde, des Thierry Ardisson, etc. Comment tu t’y prenais ?

Grâce au docu sur NTM, Authentiques. C’était un contrat avec le management du groupe et la maison de disque. Un service commandé, on va dire. Donc on avait la force de frappe du label Sony, et comme tous ces gens que tu cites aimaient bien NTM, on les obtenait facilement. Pour Poelvoorde, on avait même les billets pour aller l’interviewer en Belgique. Confortable. Avec Get Busy, en revanche, on n’avait pas ces moyens. Mais les mecs acceptaient : on envoyait un numéro et ils trouvaient ça bien, alors ils nous accordaient du temps. Alain Chabat a d’ailleurs dit un jour que Get Busy était le magazine le plus intéressant qu’il avait lu depuis belle lurette.

Justement, dans ton docu sur NTM réalisé avec Chabat, il y a cette séquence où on voit JoeyStarr s’embrouiller avec des journalistes de France 2. Il lâche alors un commentaire : “Ce qui est intéressant, c’est ce qu’on fait, pas ce qu’on est.” Ça t’inspire quoi ?

C’est parti en vrille sur ce tournage. Les mecs de France 2 s’y étaient pris à trois, quatre fois avec des questions de merde, bourrés, lourds. Des fonctionnaires, quoi. On en était resté là, mais quand on a vu comment ils ont monté la vidéo, c’était juste super malhonnête. Ils l’on ressorti parallèlement à l’histoire de JoeyStarr avec l’hôtesse de l’air agressée, avec un montage bien orienté. Et comme on les avait filmés en train de nous filmer, on voulait montrer la vérité. Au-delà de NTM, ça montre comment n’importe qui peut se faire entuber par les médias. Il y a toujours eu un mépris social, une incompréhension pour cette musique. Aujourd’hui, le rap est partout, tu ne peux pas nier son impact. Est-ce qu’on a gagné ? Oui et non. C’est aujourd’hui la musique la plus populaire chez les jeunes, néanmoins en terme de diffusion télé elle se situe quand même en dessous des autres. À l’époque, Arsenik vendaient 250 000 albums, Patrick Fiori, 80 000 ; pourtant tu ne voyais que des Patrick Fiori à tous les prime time. Une sorte de racisme social.

Le rap c’est comme tout : tu n’es jamais aussi bon que quand tu as le ventre vide.

Pourtant, au début des années 2000, il y avait qualité et quantité d’artistes dans le rap français. Donc beaucoup de mecs intéressants à rencontrer pour le magazine.

Les meilleurs albums de rap sont les premiers, ce sont ceux qui ont l’énergie, la rage. Après ça, ces artistes changent de mode de vie et ils continuent à raconter les mêmes conneries. Le rap c’est comme tout : tu n’es jamais aussi bon que quand tu as le ventre vide.

C’était la question un peu piège qui revenait : “Peux-tu encore rapper dans la rue quand t’as plein de thunes sur ton compte en banque ?” 

Ouais… C’est comme les prolos qui gagnent au Loto : généralement ils finissent dépressifs, ruinés. Parce que tu n’as pas les codes, tu as l’argent mais tu ne seras pas un bourgeois, tes potes restent les mêmes, sauf que tu te retrouves en décalage avec eux. Un rappeur qui va vendre 800 000 albums, ce n’est pas exactement la même chose que pour un vendeur de variété ; on va lui casser les couilles… Dans son quartier, dans sa famille, médiatiquement – ça renvoie aux allusions que faisaient les mecs de France 2 à NTM. Patrick Fiori, on ne va pas lui casser les couilles. Tu as toujours ce mépris social qui consiste à demander aux pauvres de rendre des comptes le jour où ils ne le sont plus. Par rapport à ça, IAM avaient eu une très bonne répartie. Bertrand Cantat les avait allumés, il leur demandait s’ils reversaient de l’argent en banlieue. Akhenaton avait rétorqué : “Vu que le public de Noir Désir est majoritairement constitué d’étudiants, est-ce que vous reversez de l’argent dans les facs ?”

Le slam n’est pas forcément le frère jumeau du rap, c’est le rap avec une béquille.

Pour faire le lien entre Meyssan [Get Busy est le seul magazine à l’avoir interviewé à l’époque – NdlR] et le contenu politique et rap que tu instaurais, tu penses quoi du livre L’Effroyable Imposture du rap de Mathias Cardet, sorti récemment chez Kontre Kulture ?

Il part d’un mauvais postulat. Il y a une erreur que les acteurs du rap eux-mêmes ont faite. Comme on a écouté The Message en 83, on a d’abord cru que le rap devait être militant à tout prix. C’est faux. Si tu regardes tous les débuts du rap, il n’y a que de l’entertainment et de l’ego trip. Une fois, je suis tombé sur une interview de Melle Mel des Furious Five ; il disait qu’ils n’en avaient rien à foutre, qu’ils n’avaient pas écrit le morceau, que c’était un producteur qui leur avait amené le truc.

Peace, love, unity & having fun.”

Exactement. Après, ils ont fait White Line, que tout le monde a pris pour un morceau contre la drogue, en vérité c’était un hymne à la cocaïne et la maison de disques a rajouté les “don’t do it” dans les refrains pour que ça passe en radio. Non, le rap militant, ça correspondait à toute la vague afrocentrique à partir de KRS-One, Public Enemy, ça a duré cinq ans et cet effet de mode coïncidait parfaitement avec la sortie de Malcom X de Spike Lee. Que certains estiment que le rap est devenu plus intéressant à partir de là, peut-être, mais il faut arrêter de dire que le mouvement est né comme ça. J’avais interviewé Crazy Leg de Rock Steady Crew, lui me disait : “Prends toutes les mixtapes d’Afrika Bambaataa, je te défie d’y entendre une seule parole politique !” L’erreur de Mathias Cardet, c’est de dire que le rap sert à dénoncer. Non. Il est là pour énoncer. Énoncer, ça peut être fun, superficiel, creux. Après, les gens vont citer les Last Poets, mais cassez pas les couilles : combien de personnes dans le rap du début connaissent les Last Poets ? Ça s’adressait à un public d’intellos jazz. De la même manière que le slam n’est pas forcément le frère jumeau du rap, c’est le rap avec une béquille ! Le rap n’était pas là pour apporter des solutions. Le rap n’est pas né dans une idéologie communiste. Il n’y a pas beaucoup de marxistes aux États-Unis…

Toi-même, tu te considères comme marxiste ?

Pas du tout. Je dis “rouge brun”, ça m’amuse. J’ai voté une seule fois, en 88, pour Mitterrand, qui était en fait une grosse raclure. Comme je n’avais pas été me faire recenser, je me suis fait gauler pour l’armée et j’étais insoumis. Nan, moi je suis un réac’, hein, pas de problème – comme la plupart de mes congénères. Mon grand-père était un immigré yougoslave vraiment communiste, au point qu’il croyait que les Russes vendaient du blé aux Américains ! Ma mère m’a toujours expliqué que les communistes c’était : “Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure !”

Ah, c’est donc d’elle que tu tiens ce sens de la formule ! Autre lieu commun : dire que les rappeurs sont forcément de gauche. Kenzy [manager imposant du Secteur Ä – NdlR], qui avait fait une couverture de Get Busy, disait clairement qu’il se sentait plus proche de Madelin et que de Besancenot.

Les rappeurs ne sont pas de gauche. Si tu prends toutes les questions, que ce soit sur le mariage homosexuel ou sur l’allègement des charges sociales pour les labels indépendants, ils sont de droite tendance Madelin. La seule notion de gauche qu’ils ont, c’est celle de l’État-providence qui est responsable de tous leurs problèmes. Mais dès qu’ils montent une boîte, la première chose qu’ils demandent au comptable, c’est comment enculer le fisc.

Niveau événements politiques, Get Busy version kiosques est tombé dans une période incroyable, à cheval entre ces deux dates charnières que sont le 11 septembre 2001 et le 21 avril 2002. Je me souviens encore de vos accroches de l’époque, j’avais été marqué par le contenu à contre-courant du reste de la presse culturelle.

On était morts de rire ! “Pinocchio a enculé Gepetto !”, c’était le titre de l’édito [au moment de la “victoire” de Le Pen – NdlR]. Je me souviens de la fin d’un débat entre Jean-Marie Le Pen et Malek Boutih, les deux se félicitaient d’évoluer dans le bon sens, le borgne et le boiteux, les deux Frankenstein construits par Mitterrand avec d’un côté le bâton Front national et de l’autre la carotte SOS Racisme ! D’ailleurs, tous les gens de gauche qui critiquent le Front national sont drôles. Pourquoi des prolos ou des anciens cocos votent Front national ? Pendant toute la campagne où il s’est ramassé, Jospin n’a pas prononcé une seule fois le mot “ouvrier”. Pareil, aujourd’hui les gens sortent le “fasciste” à tort et à travers, mais ils dénaturent le sens profond de ce que c’est : le fascisme c’est Mussolini, Hitler, Pinochet, pas Thierry Roland ou Marine Le Pen. Et François Hollande, son désintérêt total pour la classe ouvrière, c’est un boulevard pour elle. C’est pareil, quand je vois tous les cons qui se sont tournés vers Mélenchon comme si c’était Che Guevara, alors que le mec sort de trente ans de Parti socialiste. Et ces mêmes cons iront voter quand même pour le candidat qui fera opposition au Front national. C’est ce qu’on avait expliqué à l’époque dans Get Busy, ça aurait été hautement plus symbolique que les gens n’aillent pas voter, que Le Pen devienne président et que le pays se mette en grève générale ; ça aurait été grandiose. À la place, on a eu droit à une armée d’artistes – Noir Désir, Akhenaton, Zidane, etc. – avec leur clip “NON” pour appeler à la mobilisation…

Cette fameuse vidéo avec, entre autres, Matthieu Kassovitz, avait d’ailleurs été  rebaptisée par vos soins “Ma queue face aux bitches”. C’étaient quoi, les réactions les plus viscérales de la part des lecteurs quand ils lisaient vos propos à contre-courant ?

Une fois, un militant socialiste m’avait envoyé un mail de cinq pages, outré ! Mais qui nous a enculé plus que le Parti socialiste ? Personne ! Je préfère les vrais ennemis aux faux amis.

(C) Nathanaël Mergui

D’une certaine manière, Get Busy a un peu anticipé l’explosion de l’idéologie et du marché bobo en France.

Effectivement, on l’a vu arriver. Et on a remarqué que les mecs qui prononçaient les plus gros discours antiracistes étaient aussi ceux qui ne fréquentaient pas les Rebeus, hormis pour leur acheter du shit.

À l’instar de La Rumeur avec l’article “Insécurité sous la plume d’un barbare”, t’es-tu déjà tapé un procès ?

Le seul qu’on a failli avoir, c’est avec Afida Turner aka Leslie de la saison 2 de Loft Story ! Parce qu’on avait entendu une histoire comme quoi Doc Gyneco l’avait baisée, et lui disait que non, qu’elle le cherchait, qu’elle avait ses règles, mais que bon, même avec ses règles il l’aurait baisée, mais qu’elle était chelou ! Elle a vu ça, elle a voulu porter plainte. Heureusement, dans la presse tu as un délai : si tu ne le fais pas après trois mois, c’est mort. Ça aurait été grandiose, n’empêche.

Plein d’anciens lecteurs veulent que tu reviennes faire le ménage. As-tu déjà pensé à regrouper toutes ces analyses et interviews dans un livre ? Parce qu’entre les “discothèques idéales” façon Olivier Cachin et les bibles historiques comme Can’t Stop Won’t Stop, il n’y a pas grand’ chose au rayon des livres rap analytiques.

Grégory Protche [collaborateur proche du magazine – NdlR] voudrait qu’on en fasse un. Mais je ne veux pas faire un truc genre “Alain Delon raconte” et avoir un discours de vieux con qui se souvient de la grande époque. Et il y a des de trucs dans Get Busy que j’ai oubliés, c’est peut-être Alzheimer…

Si tu devais refaire Get Busy en 2013, qui voudrais-tu rencontrer ?

Des vieux, des atypiques. On a fait des Dominique Zardi, des André Guelfi, des François Marcantoni… Le problème, c’est que les gens incongrus, il y en a de moins en moins, Bauer [interviewé aussi – NdlR] est mort… Ah ouais, faudrait faire Le Pen père aussi, avant qu’il clamse. Comme je reste attaché au format papier, j’aimerais bien sortir quatre numéros par an, gratuits, et les filer dans des endroits stratégiques, avec une info surtout pas collée à l’actualité, parce que ça n’a plus aucun intérêt. Le truc qu’il faut que la presse amène, c’est de l’analyse et du recul, donc de l’intemporel. Qu’est-ce que tu vas faire avec un magazine tous les mois avec des chroniques de disques ? Est-ce ça qui a tué la presse rap ? Bah bien fait pour leur gueule, ils n’ont rien su apporter de plus.

Get Busy, L’anthologie, préface d’Alain Chabat. En librairie depuis le 17 novembre.

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19 commentaires

  1. « En 1988, la presse a commencé à s’intéresser au hip-hop. Comme le rock se trouvait un peu en perte de vitesse »

    Oui biensur,on y croit.
    Comme vous avez écrit dans le numéro special magazines que Magic avait sombré notamment du à la perte d’interet vis à vis du rock indé au cours des années 2000.
    Ah ah, c’est exactement l’inverse,les années 2000 ont vu EXPLOSER l’intérêt pour le rock indé, les années 2000 ont lancé le phénomène hipster,à Lyon , en 2005, yavait maxi une dizaine de concerts sympas par an.
    Combien 15 ans après? une centaine.
    Les journalistes sont une bande de bras cassés à qui il faut pas faire confiance, dès que j’entends un truc sur un sujet que je maitrise,je me rend compte qu’ils racontent n’importe quoi, c’est systématique.
    Magic rpm a sombré parce que vous c’était devenu une bande de bras cassés sans intégrité au niveau du goût, alors que c’est ce que veulent les gens,quelquechose de pointu.
    Qui a envie de s’abonner pour recevoir des unes avec Jehnny Beth?

    Sonic Blume
    Men i trust
    ekulu
    pardoner
    quicksand
    culkt of dom keller
    crooked rugs
    cower
    kit sebastian
    marconi union
    new candys
    kills birds
    portico quartet
    l’eclair
    electric eye
    nation language
    not citizen
    ministry
    xeno & oaklander
    band of bastards
    ….
    faites des magazines avec ce genre de groupes et on verra si ça marche pas.
    bande de batards

  2. La campagne de 2002, c’était insécurité insécurité insécurité h24 sur tous les médias.
    La voilà la vérité de pourquoi Le Pen a été au second tour.
    C’était pas du tout une surprise,et pas du tout dû à Taubira je sais pas quoi.ahah,continuez de gober les mensonges sur l’histoire,oui je l’écris avec un petit h, parce qu’elle est écrite à l’avance,comme un scénario de film,le scénario c’est la bible.
    par exemple 2022 c’est la crucifixion et la résurrection de Jésus Emmanuel Macron.
    à up.

  3. Cesse de te faire passer pour ce que tu n’es pas.
    A rebours de la fachisterie nationale,
    le culot de Monsieur Hulot te semble bien égal.
    Culture visible et underground.
    Personnalité visible, un trait de caractère dans l’ombre.
    Ce seront toujours les femmes qui porteront la culotte.

    L’autre jour, au supermarché, tu l’as bien fait marrer !
    Au rayon droguerie, lorsque tu demandas du cannabis à la vendeuse occupée à remettre de l’ordre parmi le bazar dans les articles, celle-ci menaça carrément d’appeler les flics !

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