Douze ans après, FrancoFaune a toujours le meilleur nom de festival de Bruxelles
C’est une histoire belge que les Bruxellois connaissent bien : depuis 2014, les tarés du festival Francofaune invitent la crème des musiciens indie à venir tordre des frites le temps de concerts répartis dans plusieurs points de la capitale européenne. A l’occasion de la douzième édition remplis de noms hyper paillettes, on fait le point avec Céline Magain (co-directrice) et Florent Le Duc (co-directeur) sur cet événement à taille humaine et très loin des clonages de festivals pour gens chiants.
Comment le festival Francofaune a-t-il commencé ?
Céline Magain : Disons qu’il y a une histoire dans l’histoire. FrancoFaune, en tant que tel, a débuté en 2014 avec le festival tel qu’il est organisé aujourd’hui, ainsi que son dispositif d’accompagnement. Mais avant ça, ça existait déjà mais avec un autre nom. Sauf que c’était trop à l’ancienne avec un concours, une finale ; bref un truc très à l’ancienne, très années 90 et très chanson française. En 2014, on a décidé de tout péter pour tout ouvrir en changeant le nom et l’image, en voulant de tout décloisonner, notamment avec plusieurs lieux de concerts dans Bruxelles pour des projets émergents.
Qui a eu l’idée géniale de ce nom de festival ?
Florent Le Duc : Ça, c’est notre copine Lara Herbinia qui est aussi musicienne et photographe. Pour ça, on a fait un gros travail de remue-ménage comme on dit en Québecois. Et l’idée de FrancoFaune est sorti autour d’un bon verre de vin. Il n’y avait pas mieux pour évoquer cette faune francophone qu’on souhaitait pousser dans plein de formats différents. Ça va autant des Liégeois de Cocaine Piss qui adaptent leurs textes en français pour jouer chez nous qu’au Flamand Stef Karmil Carlens (dEUS, Zita Swoon) qui ont fait des trucs en français. Les cartes blanches, c’est aussi l’une des particularités du festival.
Céline Magain : On tente au maximum d’éviter les copier-coller d’affiches de festivals, et la carte blanche est l’une des solutions pour proposer aux artistes de sortir du promotionnel. Et le point commun entre tous ces artistes venus de Belgique, France, Canada ou Suisse, c’est le français. Ce qui est certain, c’est qu’il y a toujours une dominante belge dans la sélection des groupes ou artistes programmés. Tout est question d’équilibre ; il n’y a pas de « quotas » pour choisir les projets locaux ou étrangers.
Florent Le Duc : Mais on est sensible au fait que la culture francophone est aussi un combat ; dans certaines provinces canadiennes la langue recule et pourrait disparaître d’ici deux à trois générations, au profit de celle de l’Oncle Sam…
« Lorsque le festival a démarré, les politiques pensaient encore qu’il n’y avait pas assez d’artistes belges pour remplir une programmation radio ! »
Question bête : c’est important pour le public bruxellois de voir sur scène des artistes majoritairement belges ?
Florent Le Duc : Il y a un choix politique derrière tout ça. On revendique d’être des artisans de cette « industrie » de la musique, et quand bien même on choisit des groupes faisant partie de l’industrie, on va leur proposer des cartes blanches pour se différencier. Brigitte Fontaine et Alain Chamfort, par exemple, sont venus ainsi. Mais il faut quand même se souvenir que lorsque le festival a démarré, les politiques pensaient encore qu’il n’y avait pas assez d’artistes belges pour remplir une programmation radio !
Céline Magain : Ils disaient que les talents belges n’étaient pas assez nombreux…
Nous, on aime bien dire qu’on fait les choses sérieusement, mais sans se prendre au sérieux.
L’une des belles cartes blanches cette année, c’est celle de Mathilde Fernandez (Ascendant Vierge) avec Fantazio. Dans ce cas-là par exemple, qui contacte qui ?
Florent Le Duc : De façon générale, c’est plutôt nous qui proposons. En l’occurence avec Mathilde, on se connaît bien puisqu’elle a fait partie du dispositif FrancoFaune évoqué précédemment.
Prenons l’invitation de la géniale Montréalaise Annie-Claude Deschênes cette année. Coup de coeur ?
Céline Magain : Affirmatif, vrai coup de coeur. Elle avait également son projet Pypy qui fonctionne bien au Canada, et j’ai halluciné en la voyant sur scène. De toute façon, avec les artistes dits « émergents », c’est toujours une affaire de coups de coeur.
Quand on vous écoute, tout semble simple dans l’organisation d’un festival comme FrancoFaune. C’est vraiment une histoire belge, au sens où tout coule de source ?
Florent Le Duc : C’est une bonne question. Ça fait douze ans qu’on bosse ce festival dans la configuration actuelle. On fait de la politique dans toutes nos actions, nous sommes également à la commission musique au ministère, et dans tous ces réseaux invisibles qui font que la musique indépendante existe en Belgique. Grâce aux soutiens qu’on a, avec de l’argent public, on a l’opportunité de se lancer sur de vraies prises de risque là où d’autres sont dans une approche purement capitaliste. Nous, on aime bien dire qu’on fait les choses sérieusement, mais sans se prendre au sérieux. C’est très belge, ça. Et de la même manière, il y a ce vieux proverbe qui dit : « la Belgique, si tu l’as bien comprise, c’est qu’on te l’a mal expliqué ». C’est très vrai aussi !
Céline Magain : Et c’est pareil avec FrancoFaune ! On a 15 lieux où les artistes sont programmés, donc rien n’est évident : il faut parfois convaincre les salles, ou les artistes.
Imaginons que Matthieu Pigasse, désormais propriétaire des festivals Rock en Seine et We Love Green, tape à la porte avec son chéquier. Vous dites quoi ?
Céline Magain : Honnêtement, on ne s’est jamais posé cette question. Nous avons très peu de partenaires privés, et je crois qu’on ne sommes clairement pas prêts à perdre notre indépendance.
Florent Le Duc : Après, c’est sûr que si demain le soutien à la culture n’est plus propriétaire et que les fonds publics disparaissent, il y aura tout un modèle à réinventer. Mais davantage avec une idée de coopérative impliquant les citoyens qu’avec des fonds privés parfois diaboliques. Notre indépendance, elle est également dans le ton ; on a déjà lancé des slogans type « Sexe, rock’n’roll et chanson française », et ça marque les gens. On se permet des choses que les autres ne se permettent pas.
Festival FrancoFaune, du 1er octobre au 11 octobre dans tous les lieux cool de Bruxelles avec notamment Citron Citron, Annie-Claude Deschênes, Chose, Nicolas Michaux, Lalla Rami, Eloi, Ojos, Laura Cahen, etc.
& fallait ou fa faloir l’appeler l’epeler les foufounes ou foufaunes çà ferait + belge
il a fermer a brx il rouvre a paris une brok , et referme ? malgre ton soutien (georges)