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POURQUOI LE ROCK EST « RE-MORT »

Il n’y a rien qui me déprime plus que de voir des mecs sur scène jouer leurs chansons pourries. Je connais dix mille activités plus fun dans la vie, et je crois que je préfère même porter des trucs lourds en plein soleil plutôt que d’aller m’ennuyer à un concert de rock.

Le récent article d’Albert Potiron sur la musique live soulevait d’ailleurs pas mal de choses dans lesquelles je me suis reconnu. Plus largement que la musique live, c’est le rock qui pue la naphtaline. Un refrain de vieux con déjà entendu ? Non, je suis jeune: j’écoute Gilbert Bécaud le volume poussé à onze, histoire d’emmerder le voisinage.
Et parce que je suis jeune, je me dois de pointer tous les ringards qui perdent leur temps à écouter du rock, ce vieux machin moribond né il y a soixante ans. Comprenez-moi bien : je n’ai pas donné ma part aux chiens pendant toutes ces années, m’attachant à écouter le plus grand nombre de disques possible, dès lors que mes finances me le permettaient – avant 1999 – ou lorsque mon emploi du temps m’y autorisait, soit à partir de l’an 2000 et du téléchargement de masse.

Les concerts, c’est « en moins bien » la plupart du temps. Je veux dire par là que dans 90% des cas, les artistes interprètent leurs chansons dans des conditions d’interprétation médiocres, en comparaison avec les versions enregistrées en studio et parues sur disques. Il s’agit souvent de rejouer les morceaux à la lettre, dans des conditions acoustiques moins bonnes. Rares sont les artistes qui proposent « autre chose ». Les Who, cités par Albert, créaient quelque chose de neuf et différent à partir d’un matériau existant. Rares sont les artistes capables de prendre une telle distance avec leur œuvre et je ne vais plus aux concerts parce que c’est le dernier endroit où je pourrais être surpris.

La petite bourgeoisie de la sueur

Autant dire que je n’attends plus rien des live. Le prestige qui auréolait les rockstars s’est passablement estompé depuis la crise du disque. Le rock génère moins de thune et de rêve et la conséquence, c’est qu’on s’emmerde à cent sous de l’heure à voir des mecs gratter leurs instruments. Une fois le concert achevé, les musiciens vont généralement dormir à l’Ibis de la Porte de Pantin ou dans un autre trou à rats où vous n’iriez dormir pour rien au monde. Le lendemain, un vol low-cost les ramènera chez eux, ou dans une autre ville dans laquelle ils donneront un énième concert. Et ainsi de suite… Je n’envie pas ces gens dont j’admire pourtant la ténacité et la démarche. La vie de groupe doit être difficile à supporter passé un certain âge (mettons 25 ans) : les conflits d’égos, la routine, le mauvais shit, la répétition des mêmes gestes, la valise à faire et à porter. Une vie de hamster lancé dans une roue. J’imagine tout ça quand des musiciens me font face, debout sur la scène, et ça me donne envie de leur tourner le dos et aller boire une bière au bar.

Pas mal d’artistes du circuit sont des vieux schnocks qui continuent de tourner des décennies après avoir sorti leurs meilleurs disques : Kid Creole (64 ans, 35.000 € de cachet exigé pour chaque concert) et Gary Numan (58 ans, environ 5000€), gloires éphémères du post punk, donnent encore des concerts, probablement pour payer leur emprunt immobilier et les études des gamins. J’ai du mal à imaginer que ces mecs tournent pour le plaisir de chanter leurs vieux hits. Imaginons que vos contemporains ne vous jugent plus que pour une chose : des chansons que vous auriez enregistrées entre 25 et 30 ans… Comment le vivriez-vous, passé 40 ans ?  Mal, probablement. Les rockers vieux me terrifient, leurs fans encore plus. Je vois un univers figé dans lequel je ne me reconnais pas et auquel je ne souhaite pas appartenir. Les Stone Roses, par exemple, se sont reformés sous la pression de leur public, qui leur est dévoué sur la foi d’un super album composé de onze chansons en 1989. Voilà où en sont ces quatre excellents musiciens, vingt-cinq ans après. Je ne voudrais leur vie pour rien au monde, je trouve ça profondément déprimant, à l’image des publicités annonçant les dates de concerts de groupes oubliés, que l’on trouve à la fin de Mojo et d’autres magazines anglais. Cardiff : cinquante minutes d’arrêt… Le rock et le temps qui passe ne s’accordent pas. Sandro, la marque de prêt-à-porter qui ressemble le moins aux Stone Roses, a flairé l’aubaine de leur reformation et vend à prix d’or des pièces aux couleurs du groupe. Les t-shirts des Beastie Boys valent moins cher et sont quant à eux disponibles chez C&A. Les groupes de rock sont des marques qui diversifient les manières de faire du blé.

Le rock est devenu un secteur d’activité comme un autre, dans lequel il y a moins de fric à faire mais dont les acteurs n’ont jamais été aussi nombreux. Il y a quarante ans, les mecs qui se lançaient dans la musique le faisaient pour prendre des drogues et bouffer de la chatte. Écouter des disques était cool, parce que ses protagonistes donnaient l’impression de vivre l’instant sans se soucier du lendemain alors que les artistes d’aujourd’hui donnent l’impression de se lancer dans la musique pour faire carrière. Peut-on les en blâmer ? Bien sûr que non : l’époque est flippante, et il paraît difficilement possible de monter un projet aussi impliquant et peu rémunérateur, sans en réfléchir aux conséquences. J’en aurais fait autant si j’étais moins velléitaire et m’étais donné la peine d’apprendre le solfège quand j’étais môme, au lieu de perdre mon temps à lire des livres en écoutant la musique des autres. Mais je m’égare.

Les musiciens actuels ont moins de choses originales à exprimer et une vision de la vie plus conventionnelle que celle de leurs aînés : on s’emmerde rapidement en lisant les interviews de ces gens qui n’ont pas grand-chose à dire et – précisons-le – sont peu stimulés par les questions posées par des journalistes rarement inspirés. On est passé de l’époque où l’on pensait que la musique pouvait changer le monde à celle où les disques les plus marquants paraissent aussi corrosifs qu’un discours d’Aurélie Filippetti.

L’époque actuelle manque cruellement de personnalités hautes en couleur telles Keith Moon, Damo Suzuki, Eazy-E ou Nikki Sixx – si je devais donner des exemples tirés de quatre décennies musicales plus passionnantes que l’actuelle et la précédente. Notez que je déteste la musique de Mötley Crüe mais on peut savoir gré à ce groupe d’avoir apporté du fun et du stupre dans ce qu’ils faisaient. Je vous invite à lire leur formidable autobiographie The Dirt pour plus de détails. Et que Dieu bénisse ces quatre mecs pour leur œuvre extra-musicale !

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Devoir d’inventaire

Bien sûr, la mémoire collective a joué un rôle crucial dans l’image que l’on a de ces glorieuses années où le rock et ses stars étaient géniaux. Tout le monde fantasme en pensant au Summer of Love de 1967, et rétrospectivement, on imagine l’amour libre dans les rues de Haight-Ashbury et l’odeur de marijuana flottant dans l’air californien. On rêve encore plus fort en imaginant que ce souffle de liberté s’est étendu à tout le monde occidental. Erreur : si vous aviez vingt ans en France à cette époque, il était pratiquement impossible de pratiquer l’amour libre avec une partenaire consentante. Parce que l’époque était bien plus coincée du derche qu’il n’y paraît, quarante-cinq après, et qu’il était très difficile de se procurer de l’herbe. Cette période qui apparaît magique ne l’a été que pour quelques privilégiés. Si vous habitiez à Maubeuge ou Toulouse, il n’y avait rien à espérer : « mettez votre bite sous le bras et par ici la sortie. » Le Summer of Love est une vue de l’esprit, une chimère. Les artistes de la fin des années 60 ont bénéficié de cette interprétation favorable de l’Histoire puisque leur œuvre ne s’inscrivait plus dans un registre uniquement musical mais dans un cadre culturel. Les Who font bien plus rêver que les Raconteurs, déjà parce que les Raconteurs sont un groupe merdique et ensuite parce que la mémoire collective a donné une image extraordinaire au groupe de Pete Townshend.

hotDu coup, les musiciens actuels paraissent bien falots quand on les compare avec leurs glorieux aînés… Prenons Radiohead, par exemple : je suis incapable de vous citer un trait de personnalité marquant de l’un des membres du groupe. « Le batteur est chauve et les quatre autres sont moches… » OK, mais à part ça ? Bien sûr, je pourrais vous dire que Thom Yorke paraît souffreteux et torturé, ou à la rigueur, qu’il imite super bien Jean-Paul Sartre avec les yeux… Mais rien de plus pertinent. Les autres membres du groupe m’ont toujours semblé être des ectoplasmes interchangeables : voilà où nous en sommes avec le groupe qui est probablement le plus populaire de son époque. Pareil pour Wilco, Arcade Fire ou les horribles Death Cab for Cutie, tous les membres de ces groupes n’ont pas d’image. Donc pas l’aspérité qui donnerait envie de plonger plus avant dans leur œuvre. Je ne sais pas comment Coldplay est parvenu à avoir autant de succès mais ce groupe mérite une médaille : ces mecs ont les tronches des mecs que tout le monde martyrisait au collège (je ne parle pas de Chris Martin qui a dû serrer toutes les nanas potables de son bahut mais de ses trois sbires).

Parlerait-on encore des New York Dolls s’ils ne s’étaient ni drogué ni travesti ? Pas sûr, si l’on en juge par la qualité intrinsèque de leurs deux albums. L’argument selon lequel il ne faudrait s’intéresser qu’à la musique et pas à l’interprète est difficilement recevable ou plutôt, je ne le reçois pas : le rock est intéressant en partie parce qu’il a engendré des monstres, d’Elvis à Eminem.

La musique que j’aime ne génère plus d’icône depuis un bon moment : la dernière rock star est morte canardée à Las Vegas, en 1996. 2Pac, bien sûr. On dit que porter un t-shirt Bob Marley dans n’importe quel township limiterait le risque d’agressions en raison de la popularité universelle du rasta sectaire. Et bien je crois que c’est pareil pour 2Pac, il a marqué les esprits de toutes les couches sociales et ce n’est pas Kanye West qui lui piquera la place. Le rock n’a pas engendré de figure aussi marquante depuis sa disparition, ce qui n’est pas bon signe quant à la vitalité de cette musique.

Rockers are the new robots

A toutes ces considérations subjectives s’ajoute aussi le fait que le rock s’est essoufflé et s’est vidé de sa substance. On écoute du rock comme on va au musée : on respecte les lieux mais on n’a pas l’idée de s’y installer. Ce qu’incarnait le rock a disparu : la rébellion, l’espoir, la haine des autres, l’envie de jours meilleurs, le dégoût de soi. Il m’est dès lors difficile de rentrer dans un concert, de me sentir habité par la musique que j’y entendrais. Je me tiens à distance de l’évènement auquel j’assiste, un gouffre se crée, les jeunes se moquent de moi et me traitent de vieux con.

Le rock a de plus perdu de sa capacité d’innovation : « Lost in the Dream », l’excellent dernier album de War On Drugs, aurait pu paraître il y a quinze ans, sans problème. Cette musique n’a pas connu de révolution à même de la relancer. Tous ses sous-genres ont plus de trente ans : le metal, la musique gothique, le hip hop… La perte de toute capacité d’innovation le rapproche du jazz. Pas de regret : il n’y a pas que le rock dans la vie et il y a suffisamment de bons disques à découvrir pour prendre encore du bon temps.

La musique évoluait sensiblement avant 2000 : les meilleures années, plein de super disques étaient publiés les meilleures années, et on sentait bien que les techniques d’écriture et de production progressaient. On sait tous que « Low » de Bowie est sorti quatre ans après« Berlin » de Lou Reed, ça s’entend, l’évolution est remarquable. Mais je défie quiconque de dire qui de « Funeral » d’Arcade Fire ou de « Speakerboxxx/The Love Below » d’Outkast est sorti le premier.  En fait, c’est le double album d’Outkast qui est paru le premier, en 2003, quand l’autre a été édité l’année suivante. Les années 2000 – ou « Noughties » – ont été un voyage musical morne et triste comme un jour sans pain.

Voici les pensées qui m’assaillent quand j’assiste à un concert. J’ai donc cessé de me torturer l’esprit et je préfère à tout prendre sortir en club. On peut faire plein de trucs en écoutant de la techno : boire des coups, discuter et, activité suprême, regarder les gens. L’implication du public dans un set – que ce soit en festival ou en club – est moindre, et c’est tant mieux. Je n’envie pas plus les DJ qui mixent tous les week-ends, loin de chez eux. Mais je leur sais gré de se faire oublier pendant leurs sets : ils n’essaient pas de capter mon attention comme tous ces rockeurs qui prennent toute la place. Tous ces artistes reconnaissent tous l’influence de Kraftwerk, ce groupe légendaire dont on vient d’apprendre qu’il allait donner pas moins de huit concerts en France (sold-out en 12 heures). Les concerts de l’année alors qu’il ne reste qu’un seul membre d’origine et que le dernier album du groupe date de 2003. Voilà ce qui fait l’actualité en 2014. Et savez-vous où auront lieu tous ces concerts ? A la Fondation Louis Vuitton, bien sûr.

34 Comments

  1. BESTER

    22 septembre 2014 at 10 h 17 min

    Toi tu vas prendre des coups….

    • Romain Flon

      22 septembre 2014 at 10 h 38 min

      Je vais me planquer derrière toi, tu es plus baraqué que moi.

      • BESTER

        22 septembre 2014 at 10 h 48 min

        Il va sans dire que je ne suis absolument pas d’accord avec toi, mais te défendrai malgré tout du haut de mes 2 mètres 85.

        • Romain Flon

          22 septembre 2014 at 10 h 56 min

          Qu’est-ce qu’on s’ennuierait si on pensait tous la même chose chez Gonzaï ! Bon, il reste des sujets de consensus sur lesquels nous sommes tous d’accord (le talent de Christophe Chassol et Bertrand Burgalat par exemple, mais c’est une autre histoire).

          • maadiar

            22 septembre 2014 at 12 h 57 min

            Il est où Christophe? Autrement, faites de la BD – commence à y avoir des meufs en festival et les connards à catogan disparaissent lentement des barnums. La bayday est une fête.

  2. Blopi

    22 septembre 2014 at 10 h 35 min

    Moai.. perso. je comprends
    tout à fait que certains membres de groupes voir même des artistes en solo
    n’aient pas une personnalité remarquable, unique, iconique. Oui c’est moins
    distrayant et attirant , oui y’a un coté aura qui n’est plus la mais quand même…
    Qu’un mec décide de faire de la musique parce qu’il aime ça et qu’il laisse
    tout le reste de coté je trouve ça tout à fait respectable.

  3. Lady Galiana

    22 septembre 2014 at 10 h 41 min

    J’ai rarement lu un article aussi torchon sans aucune profondeur. Moi aussi je peux me lancer dans le journalisme en disant que tout et nul juste par ce que je n’aime pas sans justification ni sources… De plus qu’est ce qui lui permet de dire que les rockers sont tous des musiciens ratés au activités de pré-pubère? Qu’il retourne voir sa télé réalité si tout ce qui l’intéresse c’est ce qui rapporte du fric. C’est sûr Rimbaud ça devait forcément être de la merde puisqu’à son époque la poésie ne rapportait rien. Ils me font bien gerber ses pseudos critique autoproclamés…

    • Pallier

      14 novembre 2015 at 23 h 15 min

      Je suis d’accord avec toi, cette article est l’un des plus ridicules que j’ai lu, d’où le rock est mort ? (ou re-mort), le rock (j’inclue aussi le métal) c’est un phénix, il ne meurs jamais ! peut être que la période rock n’est plus mais il existe de très nombreux fan de groupe maître quui ne sont pas trop vieux pour jouer encore (Scorpion, Black Sabbath et j’en passe), c’est juste que les radios que les jeune écoute ne passe que de la musique mainstream relativement nulle !
      De plus je vois pas en quoi l’auteur de cet article a contre les groupes qui jouent leurs meilleurs morceaux qui survivent depuis des décennies !! N’oublions pas que Paint It Black des Rolling Stones est souvent prises dans des films, jeux vidéos, vidéos …etc et que cette chanson aura bientôt 50 ans et ne perd pas de son charme sachant que les musique de radio s’éteignent au bout de quelques années si ce ‘est quelques mois.

      Non le rock n’est pas mort ! Ce n’est pas qu’un style ou une mode passagère, c’est un style de vie de liberté, d’anti-conformisme, de rébellions, d’idéaux, de jeunesse et en même temps de maturité qui continueras à exister tant que des fans, des rockeurs, des groupes toujours aussi inspirés persisteront car une fois que le rock-métal se sera embrasé, il renaitra de plus belle !!!

  4. Baptiste Manzinali

    22 septembre 2014 at 11 h 34 min

    Etablir un discours d’antithèse et défendre point point le fait que tu te trompes me parait vraiment nécessaire. Mais la flemme l’emporte, que quelqu’un fasse quelque chose

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  6. fabthefab

    22 septembre 2014 at 14 h 18 min

    le rock est mort ? ..(l’arlésienne) ….Perso , je m’en fiche . Je pense que vous vieillissez plutôt : les goûts évoluent. On est plus exigeant (m’enfin je parle pour moi….y’a des  » trucs » que je ne peux plus écouter cf ‘lindie pop molassone) , on se prend moins de claques esthétiques (plus jeune,on bouffe du rock ) et on écoute aussi autre chose (musique contemporaine, expérimentale, du jazz , du classique bref des styles que je ne comprenais ps y’a 10-20 ans ..et qui peuvent s’avérer 10 plus subversifs qu’un pantin de rock star) ………….et puis « Kill your Idols » (, en vieillissant, je délaisse les nouveauté rocks mais explore plus son passé )

  7. Umberto

    22 septembre 2014 at 17 h 13 min

    AAAAAAH chaque fois qu’un texte de ce genre est écrit, j’ai envie de mettre mon grain de sel. D’ailleurs je ne retrouve pas son prédécesseur, écrit par Bester il y a quelques années.

    A l’époque je m’étais insurgé en parlant de Rimbaud et de Verlaine et des Libertines. Je suis triste parce qu’aujourd’hui je suis plutôt d’accord pour dire que le rock est mort. Je n’écoute presque plus les Libertines.

    « Pas de révolution musicale » ben non. Ou alors des tentatives foireuses de rajouter des machins électroniques. Avec le même résultat que sur les cigarettes.

    En même temps, si on écoute du rock, c’est rarement pour l’extase musicale. Le rock est une attitude, dit Mr Bangs. C’est pour ça que les New York Dolls, comme tu dis, ont bien fait de se travestir et de se shooter. Un univers magique dans lequel on se prélasse, et qui fait grandir une vie intérieure fichtrement précieuse. Le territoire des derniers grands héros romantiques, des fois je me dis. Si j’achetais Rock’n’Folk tous les mois, c’est peut-être parce que j’étais trop vieux pour « J’aime Lire »…

    Je vois ta vidéo des Who. Combien d’entre nous ne se sont pas paluchés devant la veste à franges de Daltrey ? N’y a-t-il pas quelque chose de sacré dans les tourniquets de Townshend ? Moi, mon passage préféré de Woodstock, c’était (c’est) Santana qui joue Soul Sacrifice, avec ce batteur complètement taré. « Il a que 17 ans », m’avait soufflé un ami qui n’avait aucune preuve mais qui avait dû l’entendre de quelqu’un d’autre. Aujourd’hui je sais que ce batteur était juste très rapide, que n’importe quel jazzman jouerait mieux que lui. Mais l’image !

    J’arrête la digression ici. Mais d’après moi, le rock n’est mort « que » cliniquement. Il ne bouge plus mais continue de respirer, sorte de camp de réfugiés pour adolescents en mal de poésie. Si ça a marché pour nous, ça marchera pour les suivants.

  8. GoldnTouch

    22 septembre 2014 at 17 h 21 min

    Cet article me dégoute. Es-tu au moins aller au concert des Stone Roses quand ils se sont reformés? Quand tout le monde chante par coeur chaque chanson et qu’on sent une réelle osmoze avec un groupe ultra énergique (malgré l’age) et receptif au public au plus haut point… Ce n’est ni terrifiant ni déprimant, c’est juste BEAU et JOUISSIF. Surtout quand on avait qu’un an quand leur fameux premier album est sorti… Puis leurs vies ne doivent pas être si tristes que ca, je veux bien échanger avec Mani moi!

    Ensuite, comment peut-on comparer les Who aux Raconteurs??? WTF? Pourquoi ne pas avoir parlé des White Stripes déjà? T’as culture sur les années post-2000 ne s’arrête donc qu’aux raconteurs? Et les Strokes? les Arctic? les Foo Fighters? même Muse? les QOTSA? Kasabian? les Black Lips? les Dandy Warhols & les BJM (cf Dig!)? MGMT? Tame Impala? Les Horrors putain… Bien sûr que la posture de ces groupes n’est pas la même, LE MONDE A CHANGE, d’autres genres se sont développé! Ca veut pas dire que l’esprit n’y est pas et qu’il faut obligatoirement plonger corps et âmes dans ces « clubs » (lol) en oubliant pourquoi le Rock étaient si grand à une époque. Pour ma part, ca ne m’empêche évidemment pas de m’intéresser à l’électro et ses dérivées. Son intégration au Rock n’est d’ailleurs pas toujours inintéressante!

    Je crois que tu n’as rien compris à l’esprit mec. Le plus important dans un groupe, ce n’est pas la personnalité (et encore moins leur gueule… no comment…) de chacun des membres, mais plutôt la personnalité du groupe en tant que tel, la synergie opérée au sein du groupe et comment ce groupe arrive à communiquer cette énergie! Pour penser que les groupes de Rock prennent trop de place sur scène, t’as pas dû en faire assez ou alors les mauvais! Parce que quand t’as tout un Glastonbury qui chante le refrain de « Wake Up », t’as pas cette impression-là crois moi ! (Je t’invite du reste à lire ce très bon article de dumdum.fr sur les débuts d’Arcade Fire: http://histoire-orale-funeral.dumdum.fr, tu verras, c’est juste pas comparable avec Outkast 😉 😉

    Bref, si le Rock d’aujourd’hui ne te fait pas assez rêver, peut-être que tu aurais dû en effet prendre des cours de solfège et tenter de participer positivement à son évolution. En attendant, reste dans l’aigreur de tes regrets et retourne écouter ton pote 2pac…

  9. Willy Pek

    22 septembre 2014 at 17 h 42 min

    Donc c’est un gars, un journaliste, qui écrit que le rock est mort pour un magazine qui parle d’Interpol et de Morrissey… Et puis franchement, on parle de la mort du rock depuis plus de 5 ans, va falloir passer à autre chose et arrêter de traiter le sujet si c’est vraiment le cas…

  10. Alex Bstd

    22 septembre 2014 at 20 h 10 min

    ton article a autant d’importance pour le monde du rock, qu’une musique d’ana Montana pour ce rock même.

  11. ICI.TAILLAC

    22 septembre 2014 at 21 h 40 min

    Je suppose que le retour sur scène de Kate Bush personne en a rien foutre alors.

    • BESTER

      22 septembre 2014 at 22 h 16 min

      Bah là tout de suite, j’avoue que…

  12. BESTER

    22 septembre 2014 at 21 h 53 min

    Moi qui avais peur que le nouveau système de commentaires ne marche pas, me voilà au moins rassuré, ah ah !

  13. Alex Bstd

    22 septembre 2014 at 21 h 57 min

    on vas te retrouvait en live sur scène avec gorgorothe tu rigolera moins.

  14. Barclau

    22 septembre 2014 at 22 h 14 min

    je le trouve bon cet article!
    Et je le comprend. Le côté musée justement est peut être le plus énervant. Quand keith Moon était un chieur, la plupart des « rockeurs » d’aujourd’hui sont des intellos en quête de respectabilité. Bon bref, on généralise mais y’a bien quelques têtes de con qui s’ignorent dans ce milieu

  15. Anonyme III

    23 septembre 2014 at 10 h 19 min

    « L’amusant c’est que dès le début, il avait prédit la
    fin; en fait n’avait jamais cessé de dire que c’était fini. Pas de décréter
    « la mort du rock’n’roll » ni ce genre de niaiseries; juste la fin de
    son intérêt. »

    Philippe Garnier « Les coins coupés » p.62

    Avant d’écrire des gros mots, toujours relire les textes
    sacrés.

    Pour votre pénitence, vous réciterez trois « Pancho
    & Lefty », onze « Gloria » et dix-neuf « Don’t slander
    me »

  16. Ghost

    23 septembre 2014 at 21 h 13 min


    Mais qui a dit que le Rock était mort!
    Ce mec est à Paris, Bataclan fin novembre prochain!

  17. F5

    23 septembre 2014 at 22 h 06 min

    « La vie de groupe doit être
    difficile à supporter passé un certain âge (mettons 25 ans) : les
    conflits d’égos, la routine, le mauvais shit, la répétition des mêmes
    gestes, la valise à faire et à porter. Une vie de hamster lancé dans une
    roue. »

    Et tu leurs a posé la question aux musiciens en question, à savoir si leurs vies étaient telles quelles ? Car ton article donne l’impression que tu en reste à un étalage de représentations sentant bon la dépression.

    Pour sûr aller chercher de l’exaltation dans un concert des pixies c’est être pour le moins maso, tout comme ça l’était déja quand on allait voir Elvis à las vegas en 75.

    En ce qui concerne l’absence d’icônes moderne Les temps ont simplement changés, cela n’a rien à voir avec la personnalité d’un tom York qui n’est pas plus fadasse que celle de l’excellent Ray Davies . Je crois qu’on n’a jamais autant baigné dans de la musique qu’aujourd’hui mais on ne prends plus le temps de l’écouter, les trucs intéressants étant dilués dans le reste. Ty segall , un chouette mec en live, dit un truc également chouette à ce propos (
    http://www.youtube.com/watch?v=mTBTXX0tx10). Dans les années 60-70 on avait la capacité de fantasmer vachement plus sur un artiste. Pas de twitter, youtube, wiki pour connaitre les moindre détails de la vie d’un mec. On se contentait d’un album et d’un poster fièrement affiché dans sa chambre ; c’est ce minimalisme, cet essentiel, qui permettait de faire du rock et de manière plus générale de la musique à la fois une source d’identité forte ainsi qu’une exaltation collective. Le mysticisme et la force politique du rock ne sont certainement plus à l’ordre du jour mais la musique rock n’en reste pas moins intéressante aujourd’hui pour peu qu’on se donne la peine d’en écouter.

  18. MrBlack

    24 septembre 2014 at 20 h 21 min

    Quelqu’un pour expliquer au monsieur la différence entre le rock et le rap ? Parce que citer 2Pac et Eminem dans un tel article, ça prouve à quel point l’auteur maitrise son sujet…

  19. Lester Bangs

    25 septembre 2014 at 10 h 14 min

    « Premièrement, tout le monde devrait se rendre compte que toute cette histoire d' »art », de « bop » et de « rock’n’roll » et tout ce qu’on veut n’est qu’une blague et une erreur, rien qu’un tas de conneries, et par conséquent cesser de la traiter avec le moindre sérieux ou le moindre respect, et reconnaître simplement que ça n’est qu’un gros jouet à maltraiter comme on veut dans la nursery, ça n’est rien qu’un foutu hamburger gratuit, alors avalez le machin débile, rotez et revenez demain pour le suivant, et ne vous inquiétez pas que ce ne soit qu’une blague et une erreur et un tas de conneries, comme si ça pouvait amener les gens à la mépriser et à la condamner ou à la laisser se dessécher et mourir, parce que c’est la Super Vanne la plus forte, la plus coriace, la plus INVINCIBLE de toute l’histoire, rien ne pourrait la détruire à jamais, et la raison en est précisément que c’est une blague, une erreur, un tas de conneries. » (1971)

    • Gari Noon

      2 octobre 2014 at 21 h 59 min

      En 2014, les seuls vrais rockers avec un grand R Subversifs jouent des orgues de Staline à Raqqa en postant des selfies animés sur Youtube. Genre Djihad Joe and the ISIS Band.

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  21. Laurent Davesne

    3 octobre 2014 at 11 h 13 min

    C’est un peu exagéré mais il y a pas mal de vérités dans cet article, ce qui le rend intéressant. Je prends l’exemple d’Arcade Fire: A la découverte du premier album et des premiers live filmés, je trouvais Win Butler concerné, torturé, prêt à mourir pour sa chanson, ça s’entendait dans sa voix et son attitude. Aujourd’hui, ce sont des déguisements grossiers et la bande hype Coppola & Co (Bono!). Du coup, c’est très aseptisé et ça ne fait plus rêver du tout.

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  26. CHRIS

    13 janvier 2016 at 4 h 20 min

    Même si je ne suis pas d’accord avec le ton adopté par l’auteur de l’article et sa partialité (on pourrait appliquer les mêmes remarques à la techno et au rap), il n’en reste pas moins vrai que ce qui faisait l’essence du rock a disparu. Et le voilà condamné à répéter les formules du passé! Lorsque j’entendsThe Libertines, j’ai de la peine à croire qu’ils méritent leur succès. Sorte de copy-cat. Where is the spirit of the rock? Tout est dans la posture désormais.
    En revanche, l’auteur de l’article parle de la perte d’innovation du jazz. On voit bien qu’il n’en écoute jamais. Il nous parle de la techno comme d’un genre inventif… Pas plus conformiste que la musique électro. Elle nous ressert des formules éculées.

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