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GONZAÏ III : LIVE REPORT
Tango Mégot

Inviter le très culte Damo Suzuki à venir vociférer ses incantations pour notre troisième boom entre initiés, c’était en soi un sacré défi. Accessoirement une façon futée de fêter les 40 ans du disque « Tago Mago » qui, comme chacun sait, est en réalité bien plus vieux. « Aussi vieux qu’Yves Montand », dixit le principal intéressé. Pour cette troisième soirée Gonzaï à la Maroquinerie, on n’était de toute façon plus à une improvisation près.

Inviter le très culte Damo Suzuki à venir vociférer ses incantations pour notre troisième boom entre initiés, c’était en soi un sacré défi. Accessoirement une façon futée de fêter les 40 ans du disque "Tago Mago" qui, comme chacun sait, est en réalité bien plus vieux. "Aussi vieux qu'Yves Montand", dixit le principal intéressé. Pour cette troisième soirée Gonzaï à la Maroquinerie, on n’était de toute façon plus à une improvisation près.

Un live report, par définition, n’intéresse qu’une infime partie de la population. D’un côté, ceux qui assistent au concert préfèrent souvent ne pas regarder les images, de l’autre les absents — qui ont naturellement toujours tort — se rongent les ongles de ne pas avoir été là ; ils signifient leur profond dédain en évitant soigneusement la moindre image d’un concert qu’ils ont loupé. Entre les deux, reste une catégorie de personnes mal identifiée par les instituts de sondages, qu’on appelle les fans. Ceux qui se sont notamment pressés pour cette soirée où Damo Suzuki, chanteur hystérique de CAN, fut invité à venir poser sa voix sur quatre longues plages entièrement improvisées par les Toulousains d’Aquaserge. Un backing-band de luxe, un écrin idéal pour le petit Japonais monté sur ressorts.

Peut-être les fans cités trois lignes plus haut furent désappointés de ne point entendre le « Tago Mago » qu’on avait pris soin de mentionner sur l’affiche. Il est des techniques marketing un peu vicieuses, je vous l’accorde ; toujours est-il que ce vendredi 9 mars, Damo Suzuki imposa le respect à tout le monde, tantôt par ses intonations free, tantôt pour sa voix rauque pas si éloignée que ça des borborygmes de Captain Beefheart. Tout cela avec une bande de gamins imaginant les notes les unes après les autres, comme ça, comme par magie. Et ce petit Japonais sur le devant de scène, embarqué dans un never ending tour depuis tant d’années qu’on en oublierait presque qu’il est vieux comme un séquoia.

Récit d’une soirée qui se finira bien tard avec un Publicist qui peine à serrer de la groupie, cette vidéo sent bon la transpiration et les déo’ au bout du rouleau. Publicist joue torse nu pour des filles en chaleur, Judah Warsky roucoule pour une audience en manque d’éventails, et quelques badauds commentent la prestation de Damo Suzuki et Aquaserge d’un laconique et très désespéré « je ne connais pas ces morceaux ». Tu m’étonnes, John ! Après quarante minutes d’un concert tonitruant et unique – parce qu’il leur serait bien impossible de rejouer ÇA deux fois à l’identique — Damo sort de scène en sueur, visiblement satisfait de sa prestation et prêt à causer des miracles de… la physique quantique. Dans quelques heures, il prendra le métro, tout seul comme un grand, avec sa petite valise et cette modestie qui lui va si bien au teint. Mais en attendant, Sebastian Thomson – aka Publicist – explique à notre gonzo reporter pas bilingue pour deux pounds pourquoi ses shows sonnent comme les galipettes nightclubbing de Dominique Strauss-Khan, et surtout pourquoi les DJ sets n’ont absolument aucun intérêt : « C’est ennuyeux à mourir ! Imagine que tu regardes un artiste électro avec son ordinateur portable, et maintenant imagine que subitement tu deviennes sourd ou que le son se coupe, c’est rien d’autre qu’un type en train de checker ses e-mails ! » On n’aurait pas dit mieux.


GONZAÏ III :: Friday Right Fever, post-report du… par Gonzai_mag

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