Ôter le cran de sûreté et vider son chargeur sur Pink Floyd est tentant, mais trop facile, finalement. Comme Genesis ou U2, le groupe ne s’adresse pas a

Ôter le cran de sûreté et vider son chargeur sur Pink Floyd est tentant, mais trop facile, finalement. Comme Genesis ou U2, le groupe ne s’adresse pas aux esthètes, il est juste là pour engranger les dollars. Alors, pour la vraie nécro de Rick Wright, consultez plutôt Les Echos ou BFM.

Certes, Rick Wright n’était pas le pire des Pink Floyd. Parfois, il s’habillait même décemment. Musicalement, en revanche, l’expression « organiste piteux » le définit assez bien. Et je crains qu’il n’y ait pas grand chose d’autre à en dire…

Comme souvent dans les groupes anglais des sixties, le plus intéressant, chez les Floyd, était leur batteur, Nick Mason. Sa passion pour les bagnoles vintage semblait prouver qu’il avait compris depuis longtemps que le son d’un V8 bien réglé valait tous les albums de son groupe. Mais oublions aussi Nick Mason…

Prenez la pochette d’Ummagumma (Ummagumma… rien que ce nom !), au verso de laquelle s’étale le matériel du groupe – on dirait une pub Paul Beusher -, le Floyd y affiche sa réussite, en présentant ses Moog et ses Fender comme un banquier présenterait son bilan annuel. Tout est dit : le Floyd est une entreprise. Jusqu’aux roadies qui posent au garde-à-vous sur la photo… Manque juste le slogan : « Pink Floyd, une société qui aime ses salariés ».

Pourtant, la scène londonienne dont est issu le Floyd avait promis d’être excitante. Pink Floyd, lui même, fut un groupe imprévisible, le temps de quelques concerts, d’un album produit par Norman Smith, et d’un sublime single interdit par la BBC, Arnold Layne, réalisé par Joe Boyd. Mais Syd Barrett n’arrivait jamais à l’heure… Et quand il arrivait enfin, il était si défoncé que le studieux Roger Waters aurait préféré qu’il ne fusse pas venu.

De tous les groupes qui se produisirent à l’U.F.O., cette salle londonienne où s’inventait la scène psychédélique londonienne – celle qui donnait des sueurs froides à McCartney, tant elle lui faisait sentir que, désormais, les choses s’inventaient sans lui -, s’il ne fallait en garder qu’un, ce serait le Crazy World of Arthur Brown.

Comment ne pas comparer l’évolution de ces deux personnalités, Roger Waters et Arthur Brown… D’un côté, l’arriviste aigri, prêt à toutes les bassesses pour réussir – y compris évincer le leader de son groupe ou attaquer en justice ses anciens partenaires pour les empêcher de tourner -, de l’autre, un vrai freak psychédélique, cultivé et hédoniste, qui avance dans la vie au fil de ses rencontres et de ses envies, musicales et extra-musicales – Brown s’exilera au Texas dans les années quatre-vingts pour créer une… menuiserie.

D’un côté les cochons gonflables d’Animals, les briques en polystyrène de The Wall, les méga-shows avec Sinéad O’Connor… de l’autre, des concerts en club de plus de deux heures, entouré d’un combo anonyme directement sorti d’un film de Barbet Shroeder. Entre Waters et Brown, le choix est vite fait…

Le plus triste dans cette histoire, c’est que les fans de Pink Floyd ne réagiront même pas à cet article. Les fans de Pink Floyd ne lisent pas Gonzaï… Alors qu’on aurait pu s’offrir une bonne vieille polémique, façon « pub Gini 76 », quand le Floyd avait accepté de faire la publicité d’une boisson gazeuse. Car en ce temps-là, les rapports entre les groupes et les marques étaient quasiment inexistants.

A ce propos, combien d’entre vous ont assisté au concert d’Iggy Pop au Show Case, le 4 septembre, pour les 100 ans de Converse ?

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3 commentaires

  1. Toujours la même histoire depuis 77,les punks versus le Floyd, et donc les sempiternels clichés, la pompe à fric façe aux rebelles du wock ‘n’ woll le vrai, celui qui s’écoute la bouteille de Jack daniel’s à la main, le cuir sur les épaules…encore heureux que les anciens punks soient reconvertis en directeur de galerie d’art ou en donneurs de leçons aigris déversant leur amére bile dans des organes de presse consentants et trop heureux de vendre du cliché au kilométre…le punk n’aura donné qu’une chose de bien, le post punk et la cold wave, aujourd’ hui vos rockeurs en toc font de la retape pour Heidi Slimane, Iggy Pop fait de la pub pour une quelconque marque de portable et vous continuez à agiter votre pseudo rock ‘n’ roll attitude pour fourguer de la rébellion en kit à des ados sans repére, alors bon courage à vous, je retournes écouter mes vinyls d’ummagumma et de more…

  2. je n’avais pas lu cette article et franchement il est à côté de la plaque dans les grandes largeurs.
    On peut ne pas aimer wright par contre c’est un bon organiste inventif et qui maitrise ses expérimentations et son hammond( live at pompei, ummagumma, les deux premiers albums, more, ces albums solo sont des catastrophe mielleuses ( peut être qu’il y un titre ou deux à sauver va savoir) mais summer 68 sur atom heart mother a tellement de classe anglaise

    après on peut critiquer certains aspects de pink floyd mais il ne faut pas non plus les mettre dans le même sac que genesis, ne serait ce que musicalement. l’argument du procès est hors des clous, à ce moment là les beatles, les dead kennedy’s et des milliers de groupes ne sont que des bandes d’affreux salauds avides de pognon. la vérité est souvent entre les deux et les procès moins simplistes …j’ai eu la chance d’interviewer waters qui n’est pas un “gentil” mais qui ne se cache pas non plus derrière des facades de politesse.
    J’ai été plutôt surpris d’apprendre de sa bouche que la moitié de ses bénéfices de dark side of the moon ont été reversé à des oeuvres, sans qu’il n’en fasse étalage à l’époque. C’est simplement venu dans la conversation quand je le questionnais sur son rapport à l’argent et au pétage de plombs post succès. dans mons souvenir il me racontait que ça l’avait soulager un peu de faire ce geste même si le problème restait entier ok la moitié suffisait pour 4 générations de waters… mais c’est oublier qu’avant ce carton, le groupe a été dans une sombre merde financière et aux bords de la faillite notamment pendant l’épisode où on leur a volé tous leurs matos. Et puis fuck j’en ai marre de la connerie autour de la thune et des artistes. C’est tellement plus simple de maudire le monde avec les gentils artistes qui doivent rester purs et les méchants cravateux pleins de fric et sans moral.

    je ne comprendrai jamais comment on peut comparer deux groupes comme deux marques de lessive et mesurer son taux de crédibilité. c’est un peu jouer à celui qui pisse le plus loin sur le mur. Perso arthur brown est cool, même si limité par son trip et floyd est devenu une machine, ce qui n’enlève rien à leur bons albums du passé.
    Super Brown a monté une menuiserie mais qu’est ce qui ce serait passé si il avait eu un gros carton comme dark side …
    au fait dans ce cas là, ça fait quoi d’écouter un album de bowie ou des stones ? parce que côté compte en banque, actions et assurance c’est pas mal nan ?

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