En prévision de l’été, du reggae sur Gonzaï !? Je vous vois déjà en train de vomir sur votre grand con d’altermondialiste à djembé de service, celui qui vous casse les couilles sur les plages estivales à essayer d’embobiner de la donzelle concernée par la famine et l’eau qui brûle. Restons humains man, on ne tire pas sur une ambulance, même si on a longtemps espéré qu’un déchirement des cordes vocales y poussent Sinsemilia, Tryo et cet ancien fafa de Pierpoljak. Plutôt que de ruer dans les brancards d’un style musical agonisant sous le poids des t-shirts à l’effigie de saint Bob, mieux vaut appréhender Kingston via son canal historique. The harder they come, film culte de 1972 qui explose sur les écrans la même année que la percée des Wailers à l’international et dépeint de manière fulgurante les codes d’une identité musicale insulaire alliée à une réalité sociale loin d’être fumeuse.

Pour le novice en musique jamaïcaine, The harder they come est la porte qui donne accès de manière synthétique au quotidien rythmé de ces jeunots qui se débattaient dans le marasme des quartiers pauvres de Kingston, et ce, bien avant l’avènement du reggae. L’histoire est aussi banale qu’une récolte de canne à sucre aux Antilles. Yvan, gamin cul-terreux interprété par un Jimmy Cliff sidérant, décide de venir tenter l’aventure à la grande ville et de chanter dans les studios qui pondent du tube à la chaîne. Pourtant il y a peu d’élus dans la Babylone musicale, et s’il est bien question de chaîne, c’est sûrement plus celles de l’oppression sociale que portent les gamins de la concrete jungle.
Petit à petit, le personnage va se retrouver face à une multiplicité d’éléments extérieurs qui le détourneront du droit chemin, jusqu’à le transformer en un rude boy, idole des moins que rien. Yvan est à la fois l’incarnation du jeune Jimmy Cliff – qui, comme pas mal d’apprentis artistes, traînait du côté des studios dans l’espoir de pouvoir graver son premier single – et de Vincent Martin aka Rhyging (terme signifiant, en argot jamaïcain, « bad boy au sang chaud »), hors-la-loi des années 40 resté dans le folklore comme un Robin des Bois local du ghetto affamé.

La classe populaire jamaïcaine des 60’s se passionnait alors pour les westerns. Al Capone de Prince Buster, hit fondateur du ska en 1964, grâce à sa rythmique ingénieuse de R’n’B à contretemps, donne un aperçu de l’importance de la figure persistante de l’outlaw. (Buster, ancien boxeur et gros bras armé du business musical jamaïcain, tient le rôle du DJ dans le film). Loin de l’idée reçue de l’attitude peace and love à la sauce jamaïcaine, le film dépeint la violence comme faisant partie intégrante de la société et du développement de la musique dans l’île.

Dès son arrivée à la capitale, Yvan, encore naïf, se fait dépouiller du peu qu’il possède et part chercher assistance auprès sa mère, qui lui conseille d’aller bosser pour le pasteur évangéliste local, un tyran bien conservateur. La scène où le héros assiste à l’office montre une Jamaïque plongée – à l’instar du grand voisin américain – dans la ferveur du gospel, souvent pilier d’une éducation musicale. Le pasteur est, quant à lui, l’illustration de la classe noire privilégiée qui a pris le pouvoir lors de l’indépendance en 1962 et reste sourde et bornée face aux problèmes du ghetto, à ses yeux source de délinquance et de saleté. Pour lui, la répression policière, le spectre de la prison et l’ordre moral sont les moyens les plus sûrs d’assurer la mainmise sur une population souvent analphabète. Yvan, réfractaire à l’autorité, paie chèrement sa relation illégitime avec la fille adoptive du cureton, et se voit asséner une condamnation à recevoir le fouet ; condamnation qui le propulse directement dans le monde de la racaille et des coups à la petite semaine. Pourtant il s’accroche à son rêve de faire un jour un hit qui le rendra célèbre.

Derrière le tableau social, The harder they come dissèque surtout à merveille la mafia des grands studios et les petits business pour assurer un monopole sur le son jamaïcain.

La spécificité même du marché musical de l’île est le fruit d’un long processus d’adaptations et de débrouillardises forgées au fil des ans. Yvan, qui s’improvise coursier pour un studio, apprend à ses dépens combien ce milieu est verrouillé par une poignée de pionniers devenus nababs. La séquence des musiciens attendant le big boss du studio à la grille d’entrée pour pouvoir chanter leur petit brin de mélodie est confondante de réalisme. Toutes les stars du reggae ont un jour ou l’autre fait le pied de grue dans une cour avant de pouvoir pousser la chansonnette derrière un micro. Les plus chanceux et opportunistes se trouvaient un petit job de grouillot dans les labels ou les boutiques, en espérant l’embellie et un peu de temps entre les séances des gros bonnets vert/jaune/rouge. (Marley lui-même a tissé une grande partie de son réseau de cette manière.)
La particularité de la musique sur l’île a toujours été la capacité de la classe populaire à créer les outils de diffusion de leur propre culture, contre un système étatique toujours sous le joug de la censure britannique. L’apparition des soundsystems dans les années 50 a définitivement modelé le mode de création et de consommation des Jamaïcains, à contre-pied des modèles américain ou anglais basés sur les mass media et la toute-puissance radiophonique.

En Jamaïque, c’est tout l’inverse. L’absence de liberté sur des ondes, contrôlées par l’État d’une main de fer, a poussé quelques aficionados du rythm and blues à monter des soirées de danse endiablée dans les ghettos de Kingston. Plus sexy, débridée et rebelle que le traditionnel Mento que l’on ressert à la sauce jazzy dans les hôtels de luxe, cette musique colle bien aux aspirations du petit peuple, qui trouve une soupape en dansant et en se bourrant allègrement la gueule les week-ends. Devenus petit à petit lucratifs, grâce à un petit ticket d’entrée et des bar-restaurants ambulants, les soundsystems entrent dans une concurrence effrénée à la plus belle sono et aux meilleures galettes : la course aux basses vrombissantes commence ici.

Lorsque l’on vit dans le ghetto, on supporte son soundsystem comme on porte une écharpe de foot à St Etienne: avec une ferveur qui confine à l’aveuglement.

Les systems sont le cœur de la musique populaire jamaïcaine, ils font passer la pulsation du moment au peuple. Lorsqu’un DJ tient un titre en passe de devenir un tube, il peut le passer jusqu’à quinze fois d’affilée à la demande des danseurs devenus des éponges à sueur. Pendant cette première période, trois patrons des sound tiennent le haut du pavé : Tom the Great Sebastian, l’ancien flic toujours armé, Duke Reid, et Coxsone Dodd. A eux trois ils se livrent une bataille féroce pour dénicher les nouveautés du voisin américain. Dans un premier temps, ils voyagent ou paient des passeurs pour aller fouiner dans les bacs et ramener la perle rare de chez l’oncle Sam. Pour que leurs concurrents ne puissent reconnaître leur sélection de titres, ils arrachent souvent les étiquettes des disques ; le white label est né.

A force de se tirer dans les pattes, au sens propre comme au figuré, les huiles du ghetto, sous l’impulsion du Duke, engagent même des petites frappes, les dancehall crashers, qui vont détruire le matos des concurrents, menacer les danseurs et soudoyer des proches des DJ’s pour qu’ils balancent le nom des titres. Peace and love ? Plutôt hate and guns, brother…
A ce petit jeu, l’ancien keuf est le roi de l’embrouille jusqu’au jour où quelqu’un de son crew crache le nom de ses dernières découvertes, le ridiculisant auprès de son public qui se barre par paquets pour rejoindre le sound de Coxsone. Remonté comme un coucou jamaïcain, il décide alors de produire ses propres titres en faisant appel aux musiciens du coin, de manière à toujours avoir un coup d’avance. La scène devient locale, le public adhère immédiatement et tous les big ones s’engouffrent dans la brèche. La musique va de plus en plus parler le langage du quotidien, ce petit monde définit, pas à pas, un style inimitable.

Autre avantage, lorsqu’un morceau cartonne le week-end on peut être sûr que les ventes de disques, pressés en flux tendu le lundi directement dans les magasins, grimpent en flèche. Cette organisation à l’apparente indépendance cache pourtant bel et bien un oligopole virulent face aux nouveaux arrivants dans le marché, que le film dénonce avec précision.
Lorsque Yvan finit par coucher sur bande son single The Harder they come, il se voit proposer un contrat et un cachet d’artiste de base par Leslie Kong (fondateur du label et du magasin Beverley’s, qui joue son propre rôle dans le film) que notre rude boy commence par refuser, considérant que cela relève de la pure escroquerie. Le producteur lui rit alors au nez et le laisse partir avec son test-pressing sous le bras, en sachant que grâce à un simple coup de téléphone il pourra bloquer tous les circuits de diffusion du titre, aussi bon soit-il. Yvan tentera sa chance d’effronté mais reviendra la queue entre les jambes pour signer en bas de la page, et finalement décrocher son tube.

Un autre aspect, plus surprenant pour le béotien, c’est certainement la présence marginale du rastafarisme dans la scène musicale « officielle ».

A part une poignée de potes avec qui Yvan se lance dans le deal de ganja, il n’y a pas foule de Jamaïcains qui portent des dreadlocks. Et le seul moment du film où on les sent libres d’agir à leur guise, c’est lors d’une escapade sur la plage qui prend l’allure du baptême rasta d’Yvan, pourtant rude boy invétéré. Contrairement aux clichés, ce mouvement – qui reprend le thème du retour en Afrique cher à Marcus Garvey tout en alliant une certaine idée de la religion chrétienne éthiopienne – n’était pas vraiment populaire. Pendant longtemps, ce culte a même été fortement réprimé par l’État, qui en profitait pour brûler les champs de ganja. Duke Reid a d’ailleurs purement et simplement refusé de produire cette racaille, eu égard à son passé dans les forces de l’ordre. Et puis finalement, tout comme Yvan, le reggae finira mal et les propos politico-spirituels de ses acteurs deviendront un tissu de conneries plus ou moins rapiécé au fil du temps et des kilos de weed qui partent en fumée.

Pour ce qui est du film, on déplore toujours les nombreuses tentatives d’en faire un remake. On se souveidnra dses empaffés des Fugees, un temps pressentis dans les années 90, avant que Perry Henzel, le réalisateur, finisse par s’y opposer. Aujourd’hui six pieds sous terre, il doit certainement pester contre ces funestes messages 2.0 annonçant que l’on va remettre le couvert en 2012. Pour une fois, et à l’inverse du You can get it if you really want chanté par Jimmy Cliff, on espère que la volonté ne suffira pas.

19 commentaires

  1. intéressant.
    Si à l’instar de ce connaud de Nicolas Ungemuth on attache une quelconque importance à ce qui n’est après tout qu’un mouvement de mode révolu, on peut aussi rappeler que les mods anglais mettaient le ska au-dessus de tout.

  2. intéressant.
    Si à l’instar de ce sympathique connaud de Nicolas Ungemuth on attache une quelconque importance à ce qui n’est après tout qu’un mouvement de mode révolu, on peut aussi rappeler que les mods anglais mettaient le ska au-dessus de tout.

  3. oui Christophe c’est vrai, même si le mouvement mods est assez protéiforme et a eu pas mal d’influences.Ils étaient évidemment très soul, certains étaient très fiers de leurs groupes anglais, d’autres ne voulaient pas en entendre parler. et puis il y avait les jazzeux modernists … pour ceux qui aimaient le ska la connexion se faisait avec les immigrés jamaïcains souvent pour des histoires de weed ou d’amphets. Souvent c’était la frange la plus working class qui donc vivait dans les mêmes quartiers que les blacks…A la scission du mouvement aux alentours de 67, il y a les mecs qui partent psyché et portent les chemises à jabots (dans un esprit très je me fous du grand monde en parodiant l’époque victorienne) et ce que l’on a appelé les hard mods dont certains allaient devenir les skinheads à fond sur le reggae….mais c’est une autre histoire

    pour ceux que ça branche il y a un très bon doc de la BBC (who else ?) sur le reggae chez les britons

    http://www.youtube.com/watch?v=RdfvUohzY3g&feature=player_embedded#at=1645

    ps : je ne vois pas pourquoi en mettre plein la gueule au passage à Ungemuth

  4. I´ve been reading your blog for awhile and it for no reason occurred to me to comment. That is absolutely ironic, because I´ve spent quite a lot of time over the history few months studying what it takes to make people comment on my own website. Right after reading a couple of your posts I guess it´s controversial topics that stir people´s emotions to the point exactly where they can´t simply just ´let it go.

  5. Aaahhh enfin ! Du reggae sur Gonzai !
    Merci, au passage, de tailler un costard d’été au rastafarisme.
    On ressort quelques comils Trojan alors ? c’est le mot d’ordre.

  6. Présence marginale du rastafarianisme tout simplement parce qu’au début des années 70, quand a été tourné ce film, les rastas étaient encore assez peu nombreux en Jamaïque, en particulier dans la musique. Il n’en sera pas de même quelques années plus tard, il suffit de voir le film « Rockers », à partir des années 74-75, l’influence rasta sera prédominante dans le reggae, grâce au succès mondial de Bob Marley, Peter Tosh, Burning Spear et autres Max Romeo, qui a ouvert la voie à des géants comme Dennis Brown, Gregory Isaacs, Mighty Diamonds, Big Youth et plein d’autres. Pour beaucoup de gens c’est l’âge d’or du reggae et du dub. L’auteur de cet article n’a pas l’air d’apprécier ce style, ça fait bien de « tailler un costard au rastafarianisme » et de lancer des polémiques stériles et artificielles en opposant ainsi les styles, mais les vrais fans aiment toutes les périodes de la musique jamaïcaine, du ska et du rock steady au dancehall en passant par le reggae roots, le dub et le talkover.

  7. merci messieurs pour vos commentaires chaleureux.

    Bernard, je taille un costard au rastafarisme parce que je pense que c’est digne des meilleurs discours de camelots sur une place de marché : en toc.
    Quant à la présence marginale je te remercie mais c,est mon propos coco.
    Oui il y a de bonnes choses dans ce que tu cites mais je ne prends pas tout aveuglement, il n’y a pas de vrais fans et de mauvais fans c’est affligeant comme réflexion… je ne rentres pas en religion… pire je maintiens que le reggae moderne est une merde sans nom et au cas où tu n’aurais pas compris l’idée centrale de l’article je t’invites à relire le titre.

  8. On peut ne pas apprécier l’idéologie rastafarienne, mais on ne peut pas occulter le fait qu’elle a a été une source d’inspiration pour les plus belles choses qui ont été faites en reggae, à moins de prétendre que Marley, Spear et les autres que j’ai cités, c’est nul. Je sais que c’est difficilement compréhensible pour le journaliste de rock français moyen mais c’est un fait. Et Il ne s’agit évidemment pas de « prendre tout aveuglément », mais de ne pas mettre de fausses barrières.
    Pas d’accord non plus pour dire que le « reggae moderne est une merde sans nom », tu as l’air de bien aimer les phrases simplistes toutes faites, il y a de bonnes choses, par exemple je t’invite à écouter Richie Spice, Chuck Fender, Capleton ou Junior Gong, ceci dit je reconnais que depuis quelques années ça tourne un peu en rond, comme le reste de la musique, d’ailleurs.

  9. je ne parle pas de musique mais d’une putain de religion, ce n,est pas parce que j’écoute des chants grégoriens que je suis catho….C’est toi qui présuppose que je n’aime pas ce reggae là. cela étant je ne supporte pas les défenseurs de chapelle qui ne comprennent pas que l’on puisse avoir un avis tranché et différent. Ce que je considère comme de la merde me regarde mes oreilles et moi et je ne me base pas sur un quelconque avis collectif…
    j’ai intitulé mon article la musique jamaïcaine pour les nuls et pour faire rentrer des béotiens dans cette musique j’ai pris the harder they come comme fil rouge et pris le parti de démonter quelques clichés bien ancrés dans les têtes. C’est aussi simple que ça. On a souvent ce genre d’argument du genre vous n,avez pas parlé de machin ou truc mais franchement j’écris un article pas un bouquin et honnêtement je peux faire cela avec n’importe quel texte…

  10. c’est étrange j’en parlais tout à l’heure avec un pote qui a produit Yellow man et il me disait la même chose que moi sur le rastafarisme. Il me disait surtout à juste titre que les « rastas blancs » étaient d’ailleurs les pires pour donner des leçons…

  11. OK pour ta mise au point, tu peux penser ce que tu veux du rastafarisme, ton point de vue n’est pas très original soit dit entre nous, cracher sur les religions et la spiritualité est assez banal de nos jours, mais ce que je déplorais surtout c’est que tu n’aies pas nuancé ton rejet en disant que la spiritualité rasta avait été une grande et belle source d’inspiration pour cette musique. Parce que le « béotien » qui va lire ça, il risque d’interpréter « rasta c’est de la merde, le monsieur l’a dit, donc la musique rasta c’est de la merde », ce qui est archi-faux.
    Sinon ton article n’est pas mal foutu, on sent que tu as bien lu « Bass Culture », et « The Harder they come » est une excellente introduction au reggae, comme il l’a été pour moi quand il est sorti. Car ce n’est pas pour jouer les anciens combattants mais la musique jamaïcaine, ça fait plus de 35 ans que j’en écoute. Je ne suis pas rasta, mais j’ai vécu 6 mois en Jamaïque et j’ai le plus grand respect pour cette culture et l’influence qu’elle a eue. Pour en savoir plus et sortir des clichés, je recommande d’ailleurs le film d’Hélène Lee « Le premier rasta » qui est sorti récemment.

  12. ça y est on y est, c’est le point Godwin de celui qui pisse le plus loin, ça manquait
    quant aux rastas je crois que c’est pourtant la grande majorité des gens qui pensent qu’il n’y a que ça en Jamaïque et que musique = rastas
    amen

  13. Rien à voir je voulais juste apporter quelques précisions à ton article et à certains de tes raccourcis un peu hâtifs mais tu n’acceptes visiblement pas la critique, bonne journée, et Jah love.

  14. pas tres original cet article ,on sent une comprehension tres lacunaire de la culture reggae jamaicaine alors que cest celle qui a eu le plus d’influences dans la plupart des inovations musicales des 30 dernieres années ailleurs dans le monde … du dub au remix,a la techno,drum & bass,hip hop …en plus pas moyen de dire quoi que ce soit ,mr est impermeable a tout avis autre que le sien( psychorigide?).dommage .

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