– Dis Papy, re-raconte-nous encore l’histoire de la Britpop !
– Oh oui, Pulp, Blur, et les autres, là… Oasis ! Ils étaient trop rigolos !
– Les enfants, ce soir, je vais plutôt vous narrer les aventures de trois fiers gaillards qui étaient un peu au fond de la classe, ou plutôt « au fond du bus »… Ils ont connu la gloire éternelle et la rotation lourde sur MTV avec un de leurs morceaux puis ont lentement retrouvé leur place naturelle, au fond de la classe, près du poêle, avec leur poil à gratter !
– Dis papy, c’est quoi un poêle ?
– Et du poil à gratter ?
– …

Retour en 1993. La Britpop, vrai-faux courant musical, signe un énième « retour du rock ». Mais en dehors des têtes d’affiche ultra-connues citées plus haut, on pouvait se réjouir les oreilles du son de plein de petits groupes sympathiques, plus ou moins prolixes. Supergrass, trois jeunes mecs d’Oxford, jouent ensemble depuis déjà quelques années (ils ont commencé dans un groupe shoegaze nommé « The Jennifers » en hommage au prénom porté par plusieurs mamans de potes à eux).

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Je les découvre une nuit sur M6, à une époque où cette chaîne diffusait des clips de rock de jeunes (big up à Laurence Romance, où que tu sois…). Mansize Rooster et sa rythmique implacable m’hypnotise illico, et leur premier album, « I Should Coco » (« J’men balek ») est tout aussi énorme. Gaz Coombes, le guitariste-chanteur à rouflaquettes et voix de Mick Jagger (écoutez donc le phénoménal Time) devient une vraie star à 19 ans (il apparaît dans des pubs pour Calvin klein, excusez du peu, et est approché par Steven Spielberg pour jouer dans une série, qui, d’accord, ne verra jamais le jour, mais excusez du peu, bordel), et leur titre Alright qui figure dans la BO du naveton Clueless devient un tube planétaire (Alvin et les Chipmunks l’ont repris, excuseriez-vous du peu ?).

Bien sûr, et heureusement, ils ne deviennent pas les nouveaux quoique se soit, ne se compromettent pas, ne basculent pas dans la médiocrité ou la dope (le saviez-vous ? le terme « Supergrass » ne fait pas référence à la drogue, mais c’est un terme de la pègre britonne qui désigne les « super-mouchards » demandant la protection de la police après avoir tout balancé. Eh ouais.). Leurs albums suivants sont tout aussi recommandables, toujours dans la même veine de pop catchy mais tous différents. Et puis en 2010, c’est la séparation, sans perte ni fracas, avec un concert final à la Cigale, à Paris (Ils ont toujours été très francophiles, un de leurs meilleurs albums s’intitule « Road To Rouen »).

Divers projets solos ou en duo (comme un récent hommage au « Sgt Pepper » des Beatles), des albums assez dispensables de Gaz Coombes plus tard, le batteur Danny Goffey revient donc aujourd’hui avec « Schtick », un album façon Supergrass pur jus, avec des chœurs chatoyants qui donnent envie de remuer du bassin et de claquer des doigts. Voilà les enfants.

Maintenant, Papy est fatigué. Il va piquer un roupillon (non sans vous donner une petite sélection de titres, excusez du peu…)

She’s So Loose (sur l’album «  I Should Coco ») : dès le début on est enveloppé dans une atmosphère de polar, ou de fuite en bagnole, la nuit. Les gamins (ils n’ont alors pas encore 20 ans) nous balancent un blues avec solo et tout le tremblement…

Richard III (sur l’album « In It For The Money ») : morceau plus sombre (mais quand même catchy, comment font-ils ?), avec un solo de Theremine (excusez du p… TA GUEULE !)

Pumping On Your Stereo (sur l’album « Supergrass ») : un jour, dans le dictionnaire, au moment « irrésistible », il y aura ce morceau. Ok, ça ne veut rien dire, mais vous voyez l’idée…

St. Petersburg (sur l’album « Road To Rouen ») : parce que même en enregistrant leur « album de la maturité », ils parviennent à ne pas être chiants. Chapeau (le même que dans le clip).

Just Dropped In (sur la réédition de « I Should Coco ») : presque aussi bien que la version originale par Kenny Loggins dans « the Big Lebovski ». C’est dire.

4 commentaires

  1. Pour les avoirs vu quelques fois en concert( Marseille, Barcelone) Supergrass était aussi très bon en live , un vrai groupe de rock (pour faire cliché) nerveux et racé et effectivement sincères, sans poses bidons de rock star à la Gallagher.
    Une sorte de mix entre Spiders from Mars et les Buzzcocks.
    Perso leurs album “Life on others planet” est peut être leurs meilleurs.

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