4 novembre 2025

On a posé 10 questions à Vox Low pour les 10 ans du groupe

@Marion Barat

Que dire sur Vox Low que vous ne savez pas déjà ? Pas grand chose. Surtout sur Gonzaï, qui suit depuis les débuts ce duo synthétique qui plane depuis une décennie sur la scène underground française en écrasant la concurrence sans même passer la seconde. Puisque le groupe fêtera ses 10 ans d’existence avec un concert à la Station Nord le 19 novembre, on a préféré posé 10 questions à Jean-Christophe et Benoît sur le passé, le présent mais aussi le futur de Vox Low. Et juste pour vous, les gars sortent un nouveau clip pour un de leurs tubes, Henry Rode, à voir ci-dessous.

Pour nous, Vox Low c’est deux albums réussis, des lives qui défoncent et une très bonne réputation dans l’underground. Mais pour vous, qu’est-ce que ce groupe représente ?

Vox Low : Pour nous, Vox Low c’est un bon exutoire à notre déprime du quotidien, au pessimisme ambiant. On balance tout ça dans cette musique sombre et entêtante. Mais globalement, on se marre bien tous ensemble, que ce soit en studio ou en tournée.

Quelle est la leçon que vous avez appris avec votre ancien groupe Think Twice sur l’industrie musicale, et qui s’avère toujours pertinente en 2025 ?

Vox Low : Pour commencer, les choses ont radicalement changé depuis le début des années 2000, dont nos ambitions. Alors la leçon, c’est peut être que l’industrie musicale, ce n’est pas trop notre créneau. Nous sommes plutôt dans l’artisanat et l’entreprise familiale.

La rencontre avec JB de Born Bad a changé la donne et sans doute notre « stature » aux yeux de pas mal de monde.

Pourquoi sortir un clip pour Henry Rode maintenant, deux ans après la sortie de « Keep on Falling » ?

Vox Low : C’est un concours de circonstances, une rencontre. Assez bizarrement, nous n’avons jamais été très doués avec les clips, alors que nous revendiquons l’aspect cinématographique de notre musique. Il y a quelques mois, nous avons été contactés par Mathis Raymond, un jeune et talentueux réalisateur, pour collaborer sur la musique de son prochain court métrage. Nous sommes rapidement devenus amis et il s’est proposé de mettre en images Henry Rode. Etant donné que notre temporalité est assez flexible, nous nous sommes dit qu’il n’était jamais trop tard.

Justement, entre « voX loW » et « Keep on Falling », vous avez une préférence ?

Vox Low : Les deux nous tiennent à coeur. Le premier, c’était la conclusion de trois ans de production pour plusieurs labels indépendants au format EP, la rencontre avec JB (Born Bad) qui nous a décidé à sortir un album qui aurait la chance d’avoir un minimum de visibilité, et l’outil essentiel (nous sommes des artisans hein) pour pouvoir tourner avec le live.
Le deuxième, c’est un rendu plus collectif sur lequel Mathieu, Aurélien et Jerome sont intervenus dans tous les aspects : composition, réalisation et production. C’est un album qui est né dans notre studio de La Station Gare des Mines, après le lockdown de 2020. Ça a été un tournant important pour nous d’avoir cet endroit. Donc cet album synthétise toute cette période.

Quelle a été votre meilleure rencontre professionnelle en dix ans ?

Vox Low : Impossible de n’en citer qu’une. Même si, comme nous l’avons souvent raconté, c’est sans doute la rencontre avec Andrew Weatherall (et son acolyte Bernie Fabre qui mérite d’être cité) qui a été la plus déterminante. Sans son invitation en 2015 à jouer pour son festival Convenanza, à Carcassonne, les choses n’auraient sans doute pas pris la même tournure.
Mais pour que Weatherall nous invite, il fallait qu’il y ait un live en place et ça … c’est à Eric Stil que nous le devons. Nous ne nous connaissions pas, il faisait la curation pour Garage MU de la chaufferie de la Machine pour le Paris Psych Fest 2015, et il nous a contacté pour savoir si nous avions un live en place. Nous n’en avions pas, on s’y est mis. Enfin pour finir, c’est la rencontre avec JB de Born Bad qui a changé la donne et sans doute notre « stature » aux yeux de pas mal de monde.

@Marion Barat

Quel est le pire truc qu’on ait écrit ou dit sur votre musique ?

Vox Low : Dans l’ensemble nous nous en sortons plutôt bien. À moins que ça nous ait échappé, il n’y a pas eu trop de bâchage. Du coup, ce sera la phrase d’un des trolls qui écrivent des commentaires sur votre site (c’est souvent magique). À la suite d’une de vos chroniques sur nous, il ya eu ce triste constat : « Dommage la voix de merde ».

« Il y a un troisième album en préparation, des collaborations, donc les successeurs attendrons encore un peu. »

Votre meilleur souvenir de ces dix dernières années ?

Vox Low : Sans hésitation la date que nous avons fait au Mexique à Acapulco, pour le festival Tropico en 2016. Le programmateur a pris le pari de mettre 10 000 dollars sur la table pour nous faire venir et jouer sur la grande scène après Brian Wilson et Seun Kuti, c’était n’importe quoi, mais c’était son kif. On en a profité pour voir Allah-las, Timber Timbre et les Pachanga Boys qui jouaient sur la petite scène sur la plage, avec le Pacifique dans le dos. Puis on est restés deux semaines en vacances en claquant toute la thune.

Qui est le successeur de Vox Low en 2025 ?

Vox Low : Okay, on passe la barre des 50 ans, mais on ne va pas en rester là. Il y a un troisième album en préparation, des collaborations, donc les successeurs attendront encore un peu.

Les dix meilleurs disques sortis depuis que Vox Low est un groupe ?

Vox Low : Notre réponse, ce sera les dix disques que nous avons le plus écoutés, à défaut des meilleurs. Comme nous sommes deux à répondre aux questions, ce sera cinq disques chacun, d’abord ceux de Benoît puis de Jean-Christophe.

Rustin Man – « Drift Code »
King Gizzard and The Lizard Wizard – « Polygondwanaland »
Beak – « >>>> »
Osees – « Smote Reverser »
Trees Speak – « Vertigo of Flaws »
Tomaga – « Intimate Immensity »
Blak Saagan – « Se Ci Fosse La Luce Sarebbe Bellissimo »
Dollkraut – « Holy Ghost People »
Zombie Zombie – « Funk Kraut »
OumShatt – « Oum Shatt »

Enfin, comment vous voyez les dix prochaines années pour Vox Low ?

Vox Low : Radieuses.

Pour prendre vos places pour le concert du 19 novembre à Station Nord, c’est par ici.

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