Un an après « Mazes » et son EP de remixes « Mazes Remixed », Moon Duo revient avec son deuxième album, toujours chez Sacred Bones Records. Enregistré dans les montagnes, le tout est emballé dans une référence à un essai du XIXe siècle de Ralph Waldo Emerson. Est-ce bien important ?

Pour commencer, laissez-moi vous dire deux ou trois choses au sujet de Moon Duo. Il y a un an et quelques mois, je profitai de leur venue à Paris pour m’entretenir avec eux. Pour les plus curieux, c’était au moment du festival Filmer la Musique. La conversation, cordiale et pas nécessairement la plus délirante qu’il m’ait été donné d’avoir, tournait principalement autour de la répétition. J’avais dû leur poser une question du style « à quel point vous sentez-vous proche de la musique électronique ? » à partir de laquelle découlèrent quinze minutes sur la techno et Sonic Boom, que j’avais également rencontré la même semaine. Autour de moi, plusieurs de mes amis plutôt tournés vers les clubs s’étaient pris d’amour pour leur premier album, « Mazes ». Ça m’avait intrigué, comme Psychic Ills remixé par Juan Atkins – RVNG Intl., sur lequel est sorti ce disque, est un label merveilleux.

Un peu plus tard, j’ai eu la confirmation que tout ce à quoi peut toucher Ripley Johnson, le guitariste du duo, est une petite exception au milieu de toutes les formations « hypnotiques » que peut compter cette planète. Wooden Shjips, son autre groupe, venait de sortir un disque intitulé « Remixes », avec dessus une version de Crossing  par Andrew Weatherall le Grand, qui n’est vraiment pas n’importe qui. Jamais le lien entre la musique psyché et la musique électronique de club ne m’avait paru aussi fort, et c’est une parenthèse mais c’est peut-être à toute cette histoire que l’on doit aujourd’hui une certaine passion pour la musique balearic. Les détracteurs de Moon Duo et Wooden Shjips ont depuis un argument de poids pour balancer avec dédain que « de toute manière, ces groupes c’est toujours la même chose ». « Circles », le nouvel album de Moon Duo sur le désormais très prescripteur label Sacred Bones records, ne peut pas les contredire. Qu’ils aillent mourir et se faire foutre en même temps.

« Circles » fait partie d’une certaine catégorie de disques : les albums fabuleux. On trouve sur le même banc les albums de Suicide, Black Flag ou, plus récemment, le dernier Spiritualized – oui, voilà deux références à Spacemen 3 en quelques lignes, que voulez-vous. Cela tient à peu de choses, mais Moon Duo fait rougir la concurrence au moment de remettre sa copie : aller à l’essentiel et s’y tenir fermement, comme un pied appuyé avec force et conviction sur l’accélérateur. Cela demande un certain savoir-faire. Je pourrais vous bassiner longtemps avec les claps de Free Action, le très motorik I Been Gone ou plus généralement le sentiment d’écouter un album cohérent du début à la fin, enregistré comme s’il devait exister quoi qu’il arrive. S’il y a une chose à retenir de « Circles », c’est qu’il est un coup de pied au cul de tous les albums psyché chiants comme la pluie. Et qu’en comparaison avec « Mazes », la recette n’a pas changé ; la seule différence, c’est que désormais plus de monde semble être au courant. C’est tout. Moon Duo, c’est finalement comme les Cramps, les talons et les slips en cuir en moins. Et est-ce que vous reprocheriez à Lux Interior d’avoir chanté neuf fois le même album ?

Moon Duo // “Circles” // Sacred Bones

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3 commentaires

  1. C’est marrant, à chaque fois qu’on publie un papier sur Moon Duo tout le monde s’en branle. Je crois qu’on gagnerait à les traiter de dealos pour enfants dénudés, ça nous rapporterait plus de clics.

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