Après huit éditions à défricher et projeter des films sur des artistes et courants musicaux singuliers, FAME s’est brusquement éteint. Suite à quatre années indécises, les cofondateurs Benoît Hické et Olivier Forest remontent la bobine aux ciseaux pour organiser une édition DIY qui se tiendra cette fois dans deux cinémas du Quartier Latin entre le jeudi 23 et le dimanche 26 avril.
Depuis 2014, le Film and Music Experience (FAME) proposait annuellement de découvrir des films et documentaires autour de la musique à la Gaîté Lyrique. Cette année, c’est pour une édition de renaissance affranchie de tous partenariats institutionnels que le choix s’est porté sur deux salles de cinéma emblématiques de la rive gauche : L’Arlequin et Le Reflet Médicis. La 9e édition revient à l’essentiel. Pas de Fame Kids, ni concerts et DJ sets ou conférences, mais neuf films fascinants en compétition, présentés par les musiciens concernés, réalisateurs ou réalisatrices et autres professionnels du secteur.
Cette année, l’objectif se braque aussi bien sur le black metal que le ska de 2-Tone, avec des traveling qui passent par l’anti-folk, la musique minimaliste de Dennis Johnson, la movida du Chili post-dictature avec Panico et un focus de deux films sur l’éternel Sun Ra. Cette reprise sous un nouveau format s’érige sous le sobriquet de « FAME reloaded », Benoît Hické et Olivier Forest nous expliquent ce qui les a poussés à lever le rideau une nouvelle fois.
Pourquoi le festival s’était-il stoppé et qu’est-ce qui a initié ce retour ?
Benoît Hické : La Gaîté Lyrique a connu un changement de direction en 2022 qui nous a contraint d’arrêter. On en a profité pour faire une pause aussi, chacun avait ses projets. Avec Olivier, on s’est reparlé il y a presque deux ans maintenant pour repartir sur un autre tour de piste. Ça nous semblait important de poursuivre au moins jusqu’à la 10e édition, voire plus. Là, on prend notre essor pour une édition qui est vraiment placée sous le signe de l’indépendance à tout point de vue.
Assez rapidement, on s’est dit qu’il y avait différents lieux culturels à Paris mais l’envie initiale était de montrer des films autour de la musique dans une salle de cinéma. On se réjouit de travailler avec le Reflet Médicis et l’Arlequin qui sont des temples de la cinéphilie parisienne.
Olivier Forest : Personne n’était venu prendre cette place, on était un peu les seuls à Paris à projeter des films sur la musique. On voyait des films passionnants passer et on s’est dit que c’était quand même trop dommage parce que le choix d’arrêter ne venait pas de nous, on est toujours aussi passionnés par ce qu’on fait et on était prêt à continuer. Cette édition est indé en coulisse et à l’écran.
« On est un peu les Jeffrey Lewis du festival de cinéma ».
Cette neuvième édition se concentre uniquement sur les films.
Olivier Forest : La Gaîté Lyrique permettait d’organiser à la fois des concerts, des projections et des conférences. On profitait de tous ses espaces et c’était dans l’esprit de FAME de faire des choses comme ça. Là, on se retrouve dans des salles de cinéma et on se concentre sur les films puisqu’il s’agit d’une édition de la renaissance de FAME. On l’appelle entre nous le « FAME reloaded », on relance une édition pour remettre en branle la machine FAME mais pour l’avenir on ne s’interdit rien.
On va avoir des musiciens qui viennent présenter les films comme Nova Materia pour Panico ! de Jorge Catoni et Renata Valencia. On va vraiment faire vivre les séances à l’aide de nombreux réalisateurs. L’édition est forcément différente dans sa forme mais c’est le même esprit dans la programmation. Je pense qu’on retrouvera effectivement avec plaisir l’idée de faire des concerts, DJ sets et conférences. C’est à l’étude, on est déjà en train de penser à la prochaine édition. Aussi, on se retrouve à la fois dans un système culturel qui a changé, dans un écosystème autour des films qui s’est transformé et nous aussi on change un peu. Donc cette édition est effectivement un peu réinventée mais on retrouve aussi le plaisir indé quelque part de faire aussi pas mal de choses nous-mêmes. Un peu à l’image de Jeffrey Lewis dans le film qui lui est consacré. Sur ce coup-là, on est un peu les Jeffrey Lewis du festival de cinéma.
Benoît Hické : C’est aussi une édition de transition parce que les écosystèmes des événements culturels ont considérablement évolué. Si on dézoome un peu sur le fait que la culture est financée de manière très, très différente par rapport à il y a dix ans, un festival comme le nôtre aurait beaucoup de difficultés à être produit de la même façon aujourd’hui que pour la première édition.
En quoi les mutations du secteur culturel ont-elles considérablement rebattu les cartes ?
Benoît Hické : Quand on a commencé en 2014, la situation des films documentaires musicaux était tout à fait différente. Aujourd’hui, il y a des documentaires produits par les grosses plateformes qui sont très fréquemment des documentaires hybrides, biographiques, hagiographiques, qui forment des maillons de la chaîne marketing. De notre côté, on est très soucieux des marges – la marge fait tenir le livre. Tous les films documentaires qu’on présente sont produits de façon très légère ou font partie de dispositifs en tant que tels mais qui accompagnent la carrière d’artistes plutôt que ne la vendent. Je pense au film La baleine et le musicien de Valentin Paoli où on voit Rone qui essaye de communiquer avec les baleines – même si son single vient de sortir chez InFiné. En tout cas, on ne peut pas soupçonner ce film d’être un élément marketing même si in fine il y a quand même un lien.
À part le film sur Rone qui fait partie d’un circuit documentaire, on va dire, un peu classique : il a eu un prix au Fipadoc et il sort en salle, on déniche des films improbables sur des figures visionnaires, singulières, marginales qui échappent complètement aux radars des plateformes. Le seul critère qu’on met en place, c’est que le film nous plaise et qu’il nous semble refléter un état de la production autant musicale que cinématographique. Je pense que sur cette édition les 9 films sont autant d’aventures esthétiques et musicales, voire de parcours de vie, qui sont aussi totalement différents.
« Il y a désormais une espèce d’inflation autour du documentaire musical ».
Olivier Forest : L’écosystème de la culture a changé, et ça risque même d’empirer. Il y a aussi l’écosystème autour des films musicaux qui s’est transformé. Sans faire l’ancien combattant, quand j’ai commencé avec mon premier festival en 2007 au Point Éphémère, les documentaires musicaux tout le monde s’en foutait. Il n’y avait pas de plateforme évidemment, ces films ne sortaient pas en salle mais généralement directement en DVD. Il y a désormais une espèce d’inflation autour du documentaire musical. C’est une bonne chose, on s’en réjouit, mais on se retrouve en concurrence avec des plateformes.
Les films autour de la musique sont de plus en plus intégrés à des stratégies globales comme pour le film sur Taylor Swift. Les plateformes ont quand même ouvert un nouvel espace pour des choses qui n’auraient pas pu exister autrement, des formats très longs ou très courts. Maintenant, on assiste à ces sortes de formats hybrides qui font des sortes de démarrage dans des festivals ultra-premiums comme Cannes, Berlinale, Sundance, Montréal, et qui passent ensuite directement sur les plateformes. Je ne suis pas sûr qu’on puisse les considérer comme des films documentaires de réalisateurs. Ce n’est pas un regard très extérieur mais totalement intérieur depuis l’artiste, son management, son label. Ce qui ne veut pas dire que ça donne forcément de mauvais films. The Moment sur Charli XCX est une vraie tentative de faire un film différent et c’est plutôt réussi.
Benoît Hické : Ce sont souvent d’ailleurs les labels, voire les majors, qui co-produisent les films. C’est très simple à détecter. Ce qui ne veut pas dire que ce ne sont pas des films qui ne nous intéressent pas. Bien sûr, The Moment, on l’aurait programmé avec plaisir au moins pour commenter un objet culturel massif. Il y a quand même cette histoire d’observer des phénomènes culturels, c’est aussi ce que fait un festival de cinéma. On est poreux à l’état du monde et notamment du cinéma et de l’art en général.
Olivier Forest : Ces gros films musicaux font une sorte d’écran face au reste de la production parce qu’ils monopolisent toute l’attention médiatique. Ils ont évidemment des stratégies hyper poussées sur les réseaux, ils sont adossés à des plateformes qui sont elles-mêmes hyper puissantes. Les documentaires sur Taylor Swift ou Charli XCX font parler, mais derrière – et je me souviens que c’est ce qui m’avait motivé pour commencer – il y a toute une autre production, de nombreux passionnés qui font des films avec des réalisateurs et musiciens indés. À la base, c’est aussi le rôle de FAME de mettre en avant cette production massive qui, sinon, n’est pas exposée ailleurs. La plupart effectivement ne sortent pas en salle, ne sont pas coproduits par des chaînes de télévision traditionnelles. On s’intéresse à la pop mainstream mais surtout à ce qui est en marge, ou à côté, à contre-courant de toute cette culture.
Après l’édition en ligne de 2021, vous souhaitiez « hybrider » en 2022 avec la diffusion en streaming de L’énergie positive des dieux pour le public non présent en région parisienne. Cette initiative est-elle avortée ?
Olivier Forest : C’est trop compliqué, il y a beaucoup d’histoires de droits vis-à-vis des distributeurs, de protection, de zones de diffusion. Ce n’est pour autant pas une idée qu’on délaisse dans l’absolu. On l’a bien vu, quand on a fait l’édition en ligne en 2021 tous les distributeurs étaient très frileux. Finalement, ils ont accepté et il y a eu une sorte d’euphorie après et, dès que les choses sont revenues à la normale, c’est devenu beaucoup plus compliqué de faire les choses en ligne.

Benoît Hické : On a quand même programmé un film sur Tënk. On avait montré le film Don’t Think I’ve Forgotten: Cambodia’s Lost Rock & Roll en 2015 autour de cette scène cambodgienne anéantie par le génocide perpétré par les Khmers rouges. C’est un film qui fait partie pleinement de cette édition 2026, qu’on a déjà programmé physiquement et qui est un peu ancien mais qu’on prend du plaisir à ressortir d’un chapeau pour le diffuser à la communauté des amateurs et amatrices de cinéma documentaire d’auteur. On souhaiterait continuer à proposer des films en dehors du festival physique qui ne dure que quatre jours, c’est très court.
Qu’est-ce qui vous a décidé dans votre sélection de film cette année ?
Olivier Forest : Ils ont été sélectionnés à la sueur de nos yeux. Comme pour chaque édition, il y a des films pour lesquels c’est une évidence, de vrais coups de cœur. On fait attention au sujet mais on fait aussi attention à la forme. On essaye de trouver des formes qui ont un peu d’ambition, qui ne sont pas des documentaires trop formatés – ces fameux 52 minutes télé avec des gens assis. On cherche à trouver des formes de cinéma un peu excitantes sur des musiciens tout aussi excitants.
Benoît Hické : Là, on s’est autorisé à choisir des films un peu plus anciens puisqu’on a vu beaucoup de films passer depuis trois, quatre ans. Il aurait été très frustrant de ne pas s’autoriser à montrer le film sur Jeffrey Lewis qui date de 2024, là où l’orthodoxie des festivals aurait exigé qu’on ne montre que des films de 2025 ou 2026. En termes de corpus de films proposé, il y en a qui sortent littéralement du banc de montage comme November et Panico ! qui ont été finis pour nous parce qu’on a manifesté notre intérêt. Seront présentés également des films plus anciens mais qui n’ont jamais été projetés à Paris.
Olivier Forest : Ce qui nous touche également toujours dans un film, c’est quand ça parle de musique mais aussi un peu d’autre chose qui vient raconter la société ou une époque. Il y a des films pour lesquels c’est flagrant comme ceux sur Sun Ra où il y a évidemment toute la condition des Afro-Américains qui est en jeu à travers tout ce que Sun Ra imagine comme un nouvel univers, tout un nouveau monde auquel il pourrait accéder. C’est aussi très clair dans le film sur Pauline Black par exemple avec le mouvement 2-Tone qui s’opposait au National Front. On est sensibles à cette perméabilité entre quelque chose qui est à la fois très musical sur des musiciens qui quelque part nous semblent toujours pertinents et aussi ces formes de questions sociales. Je pense par exemple au film Hex sur ces trois jeunes norvégiennes qui montent un groupe de black metal avec, derrière, quand même la ferme intention de venir bousculer un monde qui est très testostéroné et viril. Ce sont des questions qu’on prend en compte. On ne peut pas se dire qu’on choisit uniquement un film sur un musicien qu’on adore, il faut qu’il y ait quelque chose en jeu dans le film qui se raconte aussi en plus.
Ce qui tranche quand on hésite, c’est de savoir si on l’assume dans une salle micro en main pour le présenter. Donc tous les films qu’on a choisis, on est prêt à se retrouver face au public avec le micro pour présenter la séance avec les réalisateurs et réalisatrices.

Pourquoi deux films sur Sun Ra ?
Benoît Hické : Le premier film qu’on a vu c’est Sun Ra : Do the impossible de Christine Turner qui nous semblait être le film le plus actuel et actualisé autour de cette figure assez méconnue en fait. C’est l’un des pionniers de l’afro-futurisme – voire celui qui a défini ce genre. C’est une notion qui est beaucoup reprise par toute une génération de théoriciens, penseurs, artistes afro-descendants – mais pas que – qui citent beaucoup l’afro-futurisme comme étant un courant de pensée et une esthétique qui les a considérablement marqués. Il y a toute une génération de trentenaires qui redécouvrent cela et Sun Ra revient de manière assez opportune dans cette espèce de puzzle intellectuel.
On se rend compte que le film est dans l’ère du temps. Il y a un courant de restauration des films de Sun Ra, dont les deux films qu’on montre présentent quelques extraits et c’est un documentaire très complet comme un livre d’images commenté d’une façon qui n’est pas télévisuelle, une forme un peu hybride qui n’est pas loin du cinéma.
Olivier Forest : Au-delà de la musique, il y a sa pensée. Ce qui me marque chez lui, ce sont ses phrases, sa façon de parler, il y a une forme de poésie. Il a une façon d’aborder le langage qui est assez fascinante. En ce qui me concerne, c’est aussi une continuation. Quand je faisais Filmer la musique, j’avais passé Space is the Place, Joyful Noise et deux autres films sur Sun Ra. Je trouve génial que cette figure soit encore convoquée et je pense que ce n’est pas pour rien. Je crois que c’est un des rares jazzman qui dépasse complètement le cadre des gens qui s’intéressent au jazz. C’est presque une sorte d’icône, une figure un peu mythique.
Il y a beaucoup de musiciens contemporains, je pense à Thomas de Pourquery et Laurent Bardaine de Poni Hoax, qui ont fait tout un projet autour de Sun Ra dans lequel ils ont réinterprété certains de ses morceaux qu’ils ont notamment joué à la Philharmonie. C’est un musicien qui parle encore à une génération contemporaine, à des artistes aussi qui sont dans l’électro. C’est une figure qui parle à qui s’intéressent à l’histoire, à la sociologie, à la philosophie. Joseph Ghosn, qui a écrit Sun Ra, Palmier et Pyramides (Le Mot et le Reste, 2014), viendra présenter une des séances. Je pense que Sun Ra est toujours stimulant et pertinent intellectuellement et qu’on n’est pas du tout dans le côté « rock’n’roll hall of fame », dans le musée ou dans le simple hommage.
Benoît Hické : Quand, après coup, on a découvert The Magic City – Birmingham According To Sun Ra, réalisé par deux Belges, on ne s’est pas posé 50 000 questions. C’est un peu comme l’amour, ça marche par évidence aussi. Là, on s’est dit assez rapidement banco, ça va compléter le documentaire dont on vient de parler. C’est un film qui n’a aucun rapport avec l’autre, où le cinéma résonne et vibre à coup d’images 16mm. Le principe du film, c’est que les deux cinéastes sont allés à Birmingham, la ville en Alabama où a grandi Herman Poole Blunt, pour réaliser un film d’enquête rétrospectif. Sun Ra faisait partie de ces artistes qui ne faisaient pas que composer de la musique, il inventait des mondes.
Olivier Forest : Ce film se consacre à Herman Poole Blunt avant Sun Ra. Il brosse une sorte de portrait presque psycho-géographique, sociologique, de la ville. Il traverse des temples maçonniques que Sun Ra a fréquenté avec des loges afro-américaines et va essayer de dégager un portrait de comment Sun Ra est devenu qui il était et comment il s’est réinventé. Ces deux films se complètent vraiment bien. Il y en a un qui est très documenté, beaucoup d’interviews et d’archives, et l’autre qui est plus un documentaire de création qui est absolument passionnant parce qu’il se penche sur une partie de l’histoire de Sun Ra qui en général n’est pas du tout racontée. À quoi a été exposé Herman Poole Blunt pour qu’il devienne cette sorte de pharaon cosmique de l’afro-futurisme. Le film fait ça de manière très intelligente, ce n’est pas du tout une thèse rébarbative. C’est un vrai film de cinéma, totalement visuel et très créatif.
Comment le jury a-t-il été constitué et quel est son rôle ?
Benoît Hické : Pour chaque édition on essaye de répartir un peu les forces, c’est-à-dire envisager un jury comme étant des experts dans leur domaine : des musiciens, des réalisateurs, parfois des producteurs ou des diffuseurs. Cette année, on a un peu réduit le jury comme il y a moins de films qu’auparavant. Jeanne Added, qu’on avait déjà essayé d’inviter par le passé, était partante. On a convié Thibault Deboaisne, un superviseur musical qui connaît très bien le lien entre musique et cinéma. C’est lui, par exemple, qui a fait la supervision musicale de L’Inconnue de Arthur Harari qui sera à Cannes dans la compétition officielle et d’Anatomie d’une chute de Justine Triet qui a reçu la Palme d’Or en 2023. Il travaille au plus près des cinéastes et a bossé dans des labels. Le troisième membre du jury est Hugo Sobelman, réalisateur du film Soul Kids qui a eu le prix FAME lors de l’édition en ligne de 2021. Son film autour de jeunes gens réfugiés à Belleville s’est fait assez remarquer au Cinéma du réel. En un mot, c’est un jury très aguerri.
Olivier Forest : On est un festival de films sur la musique donc pour nous c’est obligatoire qu’il y ait toujours un musicien ou une musicienne dans le jury. Ensuite, on les enferme en salle et on les laisse vivre leur vie pendant le festival. Ils boivent des coups ensemble, délibèrent, peuvent discuter avec les réalisateurs et à la séance de clôture on remet le prix FAME. Il y a aussi un prix du public. Depuis les débuts on a décidé de faire un festival compétitif avec un prix parce qu’on se dit que pour ces films – dont la plupart sont assez indépendants – c’est aussi une façon de les soutenir. Puisqu’on aime tous les films qu’on a sélectionnés, on ne fait pas partie du jury. Parfois, on est plus ou moins d’accord avec le verdict mais on n’a pas notre mot à dire.
Ce que le jury va évaluer c’est l’intérêt du film, la façon dont le fond s’allie avec la forme, la pertinence, l’audace, presque les risques, l’intérêt dans l’angle pour aborder les choses. Il y a une forme de ressenti personnel qui dépend de chaque membre du jury et, après, il y a une part d’échanges dans lesquels il faut aller un peu plus loin dans l’analyse du film. C’est pour ça qu’on tient à ce que le jury soit diversifié pour que ce ne soit pas un regard uniquement cinématographique. Notre travail consiste à composer un jury complémentaire qui va faire un choix qui sera nourri d’expériences multiples.
« On est totalement indé, ce qui signifie aucune subvention. Et on n’est protégé par aucune institution »
FAME repart-il sur un format annuel ?
Benoît Hické : On a envie de continuer le festival et on reste persuadé qu’à Paris il y a la place pour un festival comme FAME, que ça intéresse les gens et qu’ils ont envie de sortir de leur home-cinéma et ordinateur de 13 pouces. Il y a cette expérience collective autour du cinéma et de la musique qui fait que ça nous semble toujours autant intéressant, pertinent, passionnant. On a très envie de renouer aussi avec l’énergie des concerts. Quand on a commencé le festival, pour les deux premières éditions il y avait des nuits électro FAME. On a très envie qu’une institution culturelle ou une salle de cinéma nous accompagne dans cette volonté de développer à nouveau le côté live du festival.
On a mouillé un peu la chemise, pour que ça continue c’est important que le public soit présent afin de nous donner de la force pour la suite. C’est l’occasion aussi de se rendre dans cette sorte de QG de la cinéphilie. Ça nous intéresse beaucoup de voir un peu comment la sauce peut prendre entre les amateurs de black metal, celles et ceux qui adorent Jeffrey Lewis, etc, avec ce côté Saint Michel-Odéon. Les cinéphiles seront là mais les mélomanes viendront-ils ? C’est notre souhait.
Olivier Forest : Un dernier mot pour les lecteurs de Gonzaï : venez parce que sur ce coup on est totalement indé, ce qui signifie aucune subvention et on n’est protégé par aucune institution – même si à la Gaîté Lyrique on avait des objectifs de billetterie donc on pouvait aussi sauter comme ça. On a tout organisé avec nos petites mains et avec l’aide de Youna Rault. La meilleure façon de nous encourager à continuer c’est que cette édition se passe bien, qu’il y ait du monde, des rencontres, qu’on s’amuse et que des échanges fusent autour des films. On est prêt à enchaîner et à relancer la machine à partir de ce FAME reloaded.
FAME se déroulera du 23 au 26 avril dans les cinémas L’Arlequin et Le Reflet Médicis. La programmation complète et les horaires sont à retrouver sur le site internet : https://famefilmfest.fr/festival-2026/
ya le grOs xav de Po qui retransmet rude bOy çà va être du gatO