Pascal Bouaziz, chanteur du groupe Mendelson, a une imagination proprement délirante. Il a tenu pour nous le Journal d'un Chanteur "imaginaire" ouvrant son journal intime de 2013. Attention : Fiction garantie.

« J’écris à propos de choses que je n’ai pas vécues, qui n’ont jamais été, et ne peuvent en aucun cas exister. » Lucien de Samosate  (Histoire vraie)

21 mars 2014

À Nantes, une femme s’approche de toi, te demande, c’est vous qui avez écrit tout ça (« Oui Madame ») et s’en va.

23 mars 2014

Tu as vu Leonard Cohen dans un vieux documentaire dire : « What is success ? Succes is survival. »
Tu es rassuré. Tu vas pouvoir continuer toute ta vie à simplement survivre.

27 mars 2014

Lou Reed à un journaliste :

– “What are YOU doing Allan ??

– Well I’m just trying to get by.

– Well don’t make such a noise about it.

Et j’entends dans ma p’tite tête :

– “Qu’est-ce que TOI TU fais Pascal ?

– Ben Lou, j’essaye juste de faire aller.

– Ouais ben c’est pas la peine d’en faire toute une histoire.

Ok Lou, dont acte et fin de ce journal.

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20 décembre 2013

Parfois sur scène tu as l’impression d’être un dompteur imparable et de tout maîtriser, parfois tu as l’impression d’être au zoo et que les gens passent devant ta cage d’un air distrait, vaguement ennuyé.

15 décembre 2013

Tu te rends compte que tu as changé. C’est bien. (Est-ce que c’est bien ?) Avant les salles pleines te paraissaient vides, maintenant les salles vides te paraissent pleines. Déplacer 50 personnes à Villetaneuse un soir d’hiver te semble miraculeux, inespéré, inimaginable.

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Le bonheur c’est simplement de jouer de la musique avec tes amis : Tu l’avais oublié.

30 octobre 2013

Tu as dit du mal de Lou Reed sur scène, le lendemain de sa mort. À mon avis c’est uniquement parce qu’il ne t’a jamais appelé.

15 juillet 2013

Sartre dans Les Mouches :

Jupiter : « Pauvres gens ! Tu vas leur faire le cadeau de la solitude et de la honte, tu vas arracher les étoffes dont je les avais couverts et tu leur montreras soudain leur existence, leur obscène et fade existence, qui leur est donnée pour rien. »

Oreste : « Pourquoi leur refuserais-je le désespoir qui est en moi puisqu’il est leur lot ? Ils en feront ce qu’ils voudront. Ils sont libres, et la vie humaine commence de l’autre côté du désespoir. »

Moi : « Pour qui te prends-tu avec ta citation à la con ? »

1er juin (suite) 2013

Tu fais des concerts… Les gens ont l’air d’être content d’être là pour te voir. Te voir toi. (Incroyable…)

Parfois les gens te regardent même avec ce qui semblerait être une sorte d’admiration. Ils ressemblent à des gens impressionnés.

En même temps, ils ne te voient pas dormir la bouche ouverte dans le métro…

1er juin 2013

Plusieurs personnes de confiance te disent que c’est bien ce que tu as fait. C’est bien. Très bien. Tu es content, modeste. Bravo.
Certains de tes amis sont un peu tristes pour toi que tu paraisses si doué pour être si déprimant.

23 mai 2013

Mai 2013 : Ton dernier disque est sorti. 6 ans depuis le précédent. Combien d’années avant le prochain. Les Beatles sortaient un album tous les six mois, un single tous les mois. Et quels albums, et quels singles…

12 mai 2013

“Remember me, I used to live for music…”  Et pourtant tu aimes encore la musique… N’est-ce pas ?

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La plupart du temps, avec tes chansons,  tu te fais penser à l’alcoolique de service, seul au comptoir, qui parle tout seul, qui rit tout seul, qui pleure tout seul, dont tout le monde se détourne vaguement dégoûté avec une sorte de pitié et de moquerie mélangées.

(En voilà une belle image de toi-même ! Encore un petit effort, tout va mieux !)

5 mai 2013

À partir de combien de bouteilles à la mer envoyées inutiles, le naufragé arrête-t-il d’écrire et jeter des lettres « inutiles » ?

1er mai 2013

Parfois, je me dis que chez l’”artiste maudit” il y a comme quelque chose de celui qui préfère l’onanisme au, disons…, partage des sensations. Perdu dans son petit monde, son petit cercle vicieux, éperdu dans son petit monde, petit bonhomme n’est pas très passionnant. (Pour le moins)

Comme par exemple : Se mettre en position de victime “artistique”, artiste maudit donc, qui attend d’être sauvé par un public imaginaire et qui donc, en attendant, donne en spectacle le fait que personne ne veuille le voir en spectacle. Tout ça pour quoi ?

Pour exposer les failles d’un méchant système profondément injuste : Le système marchand ou pire encore le caprice du plus grand nombre… Exposer la bêtise du plus grand nombre, quel scoop, et quel beau projet.

Et personne ne vient sauver le pauvre “artiste maudit” et les failles du système ne sont pas tellement exposées que confirmées; on avait bien raison : Le monde est mal fait. On avait bien raison : Bravo, sauf que l’on est toujours aussi “maudit”.

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Albert Camus, alors en plein succès, le lendemain de la réception de son prix Nobel, dans ses carnets : « Trente articles : la raison des louanges est aussi mauvaise que celle des critiques. À peine une ou deux voix authentiques ou émues. La renommée ? Dans le meilleur des cas, un malentendu. »

Alors ? Indigestion de celui qui a trop mangé ? Ou bien alors tes intuitions navrantes recouperaient-elles une certaine réalité ?

Ce serait bien pour toi d’avoir eu raison d’avance sans avoir eu trop à te battre ni trop rien essayer. Ne rien essayer de manière à s’assurer, à l’arrivée, de ne pas trop être déçu.

24 avril 2013

Tu vas perdre ton temps à aller travailler pour de l’argent. Tout ça pour ne pas avoir à affronter le petit talent que tu refuses coquettement de te reconnaître. Et affronter le fait que ce petit talent pourrait éventuellement ne pas te rapporter d’argent !

Ne risque rien surtout !

Imagine-t-on Thésée faisant face à son destin dans le labyrinthe dire au minotaure et à Ariane « Euh excusez-moi, là  je vous laisse, il faut que j’aille bosser… »

22 avril 2013

Combien de concerts as-tu donné où l’on entendait pas ta voix ? Et tu passes des années à écrire tes textes…

20 avril 2013

Gros article dans Libération sur le rock français : double page. Et toi qui croyais qu’on allait parler de toi. Mon pauvre ami.

19 avril 2013

Ça te rassure aussi de penser que La Prisonnière et Albertine Disparue soit de facture moindre, légèrement pénibles à lire, inutilement répétitifs.

Comme si le fait que Proust ait pu ne pas être totalement toujours à la hauteur de sa propre ambition te donnait l’autorisation à toi, te permettait à toi de ne rien essayer (ou pas vraiment grand chose). Comme si le fait de le rabaisser te rehaussait sans effort.

Un peu tiens, finalement, comme les gens qui laissent des commentaires anonymes et crapouilleux, trolls, sur internet. Tous tellement contents d’eux mêmes.

17 avril 2013

Ça te rassure de penser que Proust a édité La Recherche à compte d’auteur. Comme si, par une sorte de vase communicant bizarre, le fait qu’il ait été lui aussi « refusé » te donnait un peu de son génie.

15 avril 2013

Ton mépris est incommensurable…

Les gens regardent leurs téléphones dans le métro (comme toi !) : Quels cons ! Quels dégénérés !

Il y en a bien sûr quelques uns qui lisent des livres ; oui mais pas les mêmes livres que toi !

Il y en a bien quelques uns qui lisent les mêmes livres que toi ; oui mais pas de la même manière !

Tu es toujours gagnant sur tout le monde, sûr de ton mépris, de ta supériorité, seul contre tous… Il ne manquerait plus que tu t’applaudisses toi-même sur ton propre passage.

4 mars 2013

Tu imagines une “Victoire des Refusés”, comme il y eut le Salon des Refusés… Pour te rassurer. Mais en même temps tu es presque sûr que tu n’y serais pas non plus invité.

3 mars 2013

Victoires de la Musique hier, retransmission à la radio. Tu es resté accroché au poste dans ton embouteillage, complètement ahuri. Dégoûté. Nauséeux. Fasciné comme devant une vidéo de décapitation.

Tu dis “dégoûté”. C’est vraiment le mot bien choisi. Dégoûté dans tous les sens du terme.

Ce monde-là n’a rien à voir toi, c’est sûr. Ces gens-là n’ont rien à voir avec toi, c’est sûr. Cette musique-là n’a rien à voir avec toi, c’est sûr.

Ah bon ? est-ce que c’est vraiment si sûr ?

Il suffirait que tu vendes des disques que tout ça ait totalement à voir avec toi.

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Quelque mépris que tu jettes sur leurs victoires elles signent quand même ta défaite.

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Comment peux-tu être autant frustré de ne pas être invité à une « fête » qui te dégoûte autant ? Tu me fascines… On dirait le mec du sous-sol qui court après le club des officiers, personnages qui le répugnent, qui leur court après uniquement parce qu’il en a été ignoré.

27 février 2013

Pour peu qu’on le veuille vraiment, le succès arrive toujours. Pas d’histoire de talent là-dedans. Uniquement de constance, d’acharnement. Même les plus mauvais des groupes des années 90 se reforment et remplissent les salles.

Continuer encore et encore : Pour toi comme pour les autres, rien qu’une histoire de constance et d’appétit. Mais je ne suis pas sûr que tu aies encore faim.

25 février 2013

Dans l’absolu c’est vrai : Plus y a de gens dans la salle plus le spectacle est mauvais. Dans les faits c’est idiot. Il y a aussi de mauvais spectacles dont les salles sont désertes.

12 février 2013

Quelle horreur ! Quelqu’un qui aime ce que tu fais ! Ah ce que c’est gênant…

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C’est même plus que gênant, puisque logiquement, (logiquement ?), ce quelqu’un tu ne pourrais qu’être tenté de le mépriser. Personne n’est « réellement » admirable et tu en sais quelque chose. Quelqu’un qui t’admire est quelqu’un qui admire quelqu’un d’impossible à admirer, c’est à dire un idiot. Ou un fou. Un pauvre gars dans tous les cas.

(Plus tard…)

Énième concert d’un groupe sans intérêt, qui chante des chansons sans intérêt, dans une salle sans intérêt avec des lumières sans intérêt…

Quel intérêt (puisque c’est le mot) de monter sur scène si on ne se débrouille pas pour offrir un spectacle, ou même un non-spectacle. Quelque chose. Rien que quelque chose de plus que soi.

Se montrer ? Simplement se montrer ? Pour de l’argent ? Dégoutant !…

Et encore plus dégoutant quand personne n’achète sa place pour vous voir vous montrer.

11 février 2013

Neil Young, Leonard Cohen, passent à Bercy. Penses-y… Tu ne peux pas leur reprocher de s’être vendus. Et pourtant ils ont été achetés.

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Young, Cohen, Reed, Dylan… Ils ont réussi. C’est-à-dire qu’ils ont réussi à rendre leurs défauts désirables : Voix impossibles, chansons déprimantes, concerts atroces, et pourtant…

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Bizarrement tu penses qu’à partir du moment même où un objet est acheté, il est périmé. C’est-à-dire au moment même où le désir est comblé, l’objet du désir se dévalue totalement. (“Animal triste… »)
À l’arrivée le désir abîme l’objet même de son désir. Ou, dans le moins pire des cas, tout du moins le salit.

D’où par renversement incroyable, ce snobisme surnaturel qui veut qu’un groupe aimé par plus que deux ou trois personnes est forcément dégueulasse.

Un peu différemment, c’est vrai qu’il te semble à toi aussi souvent t’abîmer dans l’amour que l’on te porte. Où qu’on semble te porter (Tu n’y crois jamais vraiment).
Être abimé, ou réduit, abêtit, sali…

10 février 2013

Tu fais semblant. Tu ne tiens pas spécialement à avoir plus de succès, à vendre plus de disques. (Ton mépris est plus fort que tout ça.) Ta position de chanteur inconnu, chanteur pour Happy Few te convient. Si seulement tu avais plus d’argent et que tu pouvais ne te consacrer qu’à ça…
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Vivre de la musique… Même mal.
Mais tu l’as fait à une époque ! Et pourquoi plus maintenant ?!

4 février 2013

Tu ne veux plus manger, ou alors que du riz. Tu ne veux plus faire l’amour ou alors tout seul. Tu ne veux plus faire de concerts ou alors dans le noir complet et que surtout on n’entende pas ta voix.

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Tu aimes toujours faire du bruit, tout seul dans ton coin. Tu ne t’enregistres pas, personne ne t’entend. Des concerts sans paroles et pour toi tout seul.

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Quelle différence entre toi et ce chanteur de métro ?
Lui au moins il essaye et tous les jours

29 janvier 2013

Tu te rêves en prophète qui n’annoncerait que des mauvaises nouvelles et qui pour cette raison même serait adulé…
·        « Vous êtes des merdes ! La vie est une merde ! »
·        « Ah Bravo ! Bis ! Encore ! Quel malheur ! Merci ! »

27 janvier 2013

Tu espères du public l’amour fou. C’est-à-dire l’amour sans raison. C’est-à-dire l’amour sans justifications. C’est-à-dire l’amour indépendant de tes défauts, de tes qualités. C’est-à-dire un amour tel que toi-même n’est pas une composante de cet amour, ni sa source, ni son réel objet. C’est-à-dire tu espères un amour qui ne s’adresse pas à toi. Franchement, de toutes manières, comment pourrait-on t’aimer toi ?
(Tout en ne faisant bien sûr aucun effort pour le mériter cet amour ! Au contraire, bien au contraire…)

26 janvier 2013

En échouant tu montres que ça aurait vraiment quelque chose de réussir. En réussissant, la réussite n’a pas le même goût.

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Ton esprit bizarre fonctionne vraiment par métonymie dérangée… Comme tes petits succès te déçoivent, tu imagines forcément qu’un gros succès ne sera rien qu’une grosse déception.

23 janvier 2013

Il ne faut pas prendre le public pour un con – même si tu es sûr qu’il l’est – de peur qu’il ne le remarque : « Car même une sourde vous en veut si elle s’aperçoit que vous ne parlez haut que pour qu’elle vous entende. » Stendhal

4 commentaires

  1. Le chanteur, ce petit être abimé par la vie dont la douleur s’exprime en poussant des cris plus ou moins harmonieux et des notes plus hautes que lui, qui chante ses colères froides, exprime l’inexprimable et mime sa mort ou ses orgasmes avec l’énergie du désespoir.

    Dans la Grande Dévaluation du Rock, le cours du chanteur s’est effondré, lentement mais surement. Au centre du dispositif du rock depuis l’origine, et connaissant une sorte d’apogée critique en 94 ( Thom Yorke, Bjork et Jeff Buckley conjuguant sensibilité et technique pour se placer au centre du groupe dont ils étaient les joyaux adulés ), le chanteur de 2015 est désormais regardé avec circonspection. Non musicien parmi les musiciens, on le pensait doté d’un pouvoir un peu magique : être capable de sublimer ses affres et de transformer directement ses angoisses en énergie. Une énergie belle et harmonieuse, à peine filtrée par l’intellect, un accès direct à la “beauté intérieure” de la personne. De l’humanité pure transformée en vibration sonore. Bien évidemment le chanteur ne doit pas faire de concession technique sur son art, car toute intervention consciente est un coup de scalpel à son être le plus profond. Sa voix, c’est lui. A prendre ou à laisser. Soit toi même et ta musique sera la plus belle.

    Et puis Coldplay et Muse sont arrivés, reproduisant le tour de force à chaque concert, à chaque disque, la souffrance en étendard. Je suis torturé. Ce soir aussi. Ce soir aussi. Sur ce disque, j’en bave. Sur celui là, ma tristesse est insondable et ma voix n’en est que plus expressive. Ici je suis en colère, sentez vous mon œdipe mal réglé, mon enfance détruite : la vie ne m’a pas fait de cadeau n’est ce pas ? Et après les suiveurs, la masse des jeunes gens tristes qui se trouvent un peu plus beaux et un peu plus intéressants lorsqu’ils chantent le final de Creep, partout chaque 21/06, sur tous les plateaux de télé à la recherche du meilleur chanteur. Le meilleur chanteur, c’est un anonyme qui en a gros sur la patate.

    Le chanteur est suspect car c’est un acteur plus qu’un musicien. Un acteur qui joue à être lui même, mais mieux. Ça ne prends plus. On ne peut pas reproduire la détresse à l’infini, sur commande. La voix si émouvante est devenue approximative et irritante. Elle disparaît alors du devant de la scène, on confie les parties chantées au guitariste, qui se contente de suivre la mélodie, sans technique, surtout sans affectation. La virtuosité vocale disparaît dans les limbes du mauvais gout, rejoignant celle des guitar héro des 80’s.

    Sur les morceaux pop, qui n’osent pas encore s’en passer, on colle un physique spectaculaire, une mélodie bateau, des paroles ineptes. Le chanteur de rock, lui, est devenu complètement obsolète. Plus personne ne fait l’hypothèse que Bono, Thom Yorke, Morrissey, PJ Harvey, Jarvis Cocker, Patti Smith ou Damon Albarn sont pertinents musicalement. Alors qu’est ce qu’il reste comme voix pertinente ? Tom Waits ? Nick Cave ?

    Pour m’impliquer un peu dans ce portrait peu flatteur, j’ajoute que c’est aussi le mien, chanteur depuis des années, ridicule, dépassé, surjouant ses émotions pour obtenir un peu de reconnaissance sincère, et toujours mal à propos. Mais j’aime chanter, j’aime entendre ma voix sortir du haut parleur, inattendue, brûlante et décharnée, la voix d’un enfant de 5 ans, ou d’un mort en sursis. J’aime y entendre ce que je ne suis plus, ce que je ne suis pas, ce que je serai peut être. Et imaginer que l’auditrice attentive pense que tout est vrai.

  2. Au fait, monsieur mendelson, votre dernier disque est magnifique. Votre parlé soyeux et amical succède ainsi au chant spontané des disques précédents et parait bien plus moderne et pertinent, même si j’aimais bien les précédents. En tout cas, ca confirme mes bêtises : il faut arrêter de chanter, ca fatigue tout le monde.

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