Jerry Cole, le dandy surfeur au déhanché fifties, contre Dave Allan, le looser énervé au regard d’homme des cavernes.

Jerry Cole, le dandy surfeur au déhanché fifties, contre Dave Allan, le looser énervé au regard d’homme des cavernes.

Il m’aura fallu la lumière incisive et kaléidoscopée de Sundazed pour découvrir ces deux héros oubliés de la guitare. Zappé Page, Beck ou Clapton, soit disant dieux de la guitare sixties. Voici deux destins de mecs qui ont presque fait la même musique, mais dans une démarche et une fougue totalement différentes. Je resterai en 1968 pour rester dans le temps présent, année ou ces deux tueurs enregistrèrent des bandes foudroyantes.

 

Jerry Cole, pour commencer par le plus vieux, était le leader des Spacemen, combo surf éclair du début sixties. L’homme qui sait faire couiner les Tesco. Il devient très vite session man pour les Beach Boys (Pet Sounds), Sinatra, les Byrds (Mr. Tambourine Man) et même le très select Elvis Band de 70, mais ça c’est une autre histoire. Un son acid du tonnerre, à faire pâlir les Anglais de l’époque. Pour l’heure en 68, Jerry Cole espère encore réussir en groupe, sous ses faux airs de Buddy Holly.

 

L’homme est un monument pour le son californien du Sunset Strip, mais reste dans l’hombre des gamins freaky. Avec The Animated Egg, il enregistre des compos destructrices de rythm n’blues énervé, de bossa acide et de pop psychée. Des instrus allant au devant du Booker T and The Mg’s ou des Ventures de l’époque. Un agitateur souriant de l’Amérique au beau costard rital, cheveux court et top groover imperturbable.

 

Non loin de là, dans des haciendas malfamées, Dave Allan and The Arrows déboîtent à coup de fuzz l’Amérique qui pue les vieux, les conservateurs et toutes ces conneries qui ont finalement bien résisté avec le temps. Des débuts très surf et puis c’est le virage. Du kérosène plein le pif, Dave Allan plonge dans la révolution violente des bikers.

 

Pas de politique, pas de compromis avec les hippies, et les vierges n’ont qu’à bien se tenir.


Le petit Dave change sa Jazzmaster Fender pour une double manche Mosrite (le bazooka de la guitare sixties). Spécialiste des BO de films de série Z (The Wild Angels, Devil’s Angels, Born Losers, Maryjane, Teenage Rebellion ou Hellcats pour ne citer que ceux là), Dave Allan devient le mythe de la guitare fuzz qu’il maltraite comme s’il conduisait une moto. « Cycle Breed » compile différentes instrus de films sortis en 68. Des films plus tabous pour le grand public de l’époque qu’un porno aujourd’hui. La musique est sautillante, groovy et tout bonnement succulente. Il y aura toujours un accord mineur au milieu d’un pont pour nous rappeler que le Rock n’roll c’est fait pour jouir.

 

Et puis à la réécoute des deux, le feeling est similaire. Pas de patchouli et de discours mystiques. L’élan est pour les branleurs et Dave Allan et Jerry Cole sont devenus avec le temps les rois maudits du Rock n’roll. Des illuminés surdoués de la guitare freak. Un miracle resté secret.

 

Fuzz was their God…Rock n’roll was the law they lived by…

 

Jerry Cole // The Animated Egg “Guitar Freakout” // Sundazed

Dave Allan // Dave Allan and the Arrows “Cycle Breed” // Sundazed

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