On avait attendu sept ans, et tout ça n’était déjà que passé. Pas de description logique suite aux instants irréels. Ils ont tous débarqué sur scène et après une introduction sourde, tellurique et profonde d’au moins vingt minutes, la messe a commencé.

J’ai tremblé, j’ai eu peur, j’étais terrorisé comme un gamin que l’on traînerait dans une cave humide remplie de barres métalliques rouillées et branlantes émettant des sons stridents. Aussi, j’ai voulu appeler mes proches pour leur annoncer ce jugement dernier. Godspeed en concert, je ne pourrais pas faire ça à plein temps, c’est beaucoup trop puissant, prenant, vivant.
Tournevis à la main, Efrim polit ses cordes jusqu’à atteindre la note qui transpercera mon intimité avec cette violence si nostalgique d’un temps passé. Les corps, figés et glacés dans la grande halle remplie, fixent ces quelques apôtres venus en famille pour disloquer nos mondes. Les deux batteries rythmeront la marche alors que les deux basses se feront les sommiers des vagues de violons et de guitares.

Je me souviens, au tout début, le mot « hope » apparaissait. Il clignotait, se décalait, tremblotait. Il disparaissait enfin sur l’écran, pour laisser place aux mots et aux maux des temps. L’univers graphique construit par les fous nous traînait dans cet imaginaire instable et romantique. Des flammes jaillissaient au fond sur la toile, le bitume semblait se fondre. Qu’ils ne s’arrêtent pas, car je resterais prisonnier. Plus d’images que de mots, voilà l’ersatz, un sentiment : quelques photos. Ces points culminants, puissants, qui tordent les corps en arrière pendant que les guitares enragent et qu’un violon cisaille l’inoubliable des heures durant.

Crédits Photos: Mathis Up Bloater


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