L'écharpe qui va bien. Le café «bien tassé» qui suit, L'Equipe posé sur un bord de table et la Vespa garée à l'entrée de la brasserie Les Princes... Daniel Riolo ne pourrait p

L’écharpe qui va bien. Le café «bien tassé» qui suit, L’Equipe posé sur un bord de table et la Vespa garée à l’entrée de la brasserie Les Princes… Daniel Riolo ne pourrait pas faire plus cliché pour m’accueillir.

Polémiste, réac’ à deux sous, tête à claques, grande gueule, beaucoup s’expriment déja sur le cas Riolo. Mais très peu peuvent se vanter d’avoir eu une véritable discussion de plus de trois quart d’heure avec lui. Parfois perdu dans des principes passéistes, Riolo ose – dans un milieu de consanguin un peu attardé – balancer des vérités qui font mal: Canal + en tête de turc, la direction du football français en exutoire, il offre une vision certes acerbe mais souvent juste d’un milieu qu’il aime par dessus tout.
Le football…Merde, une sensation bien étrange de début d’interview, une goutte de sueur qui s’écrase sur un dictaphone et ma célèbre devise qui trouve sa place, pleine de légitimité: «Parler beaucoup en connaissant presque rien». Je vais tenter de camoufler mes lacunes, laisser parler le monsieur et apprécier sa vision féroce du… football. Vas-y mec, donne moi de la polémique, des phrases chocs, des embrouilles bien crasseuses. Fais ressortir le roquet qui est en moi. “Pas bien difficile”, diront certains.

 

Ton parcours journalistique est plutôt atypique. Tu as commencé par le cinéma avant de te lancer dans le foot….

J’ai commencé à bosser super tard. J’ai pris du retard dès le début de ma carrière, après avoir abandonné mes études. Puis un jour, j’ai décidé de me lancer dans le journalisme, ma vraie passion depuis toujours, en commençant les piges. Deux trucs me bottaient plus que tout: le foot et le cinéma. Au début, tu n’as pas le choix. Avec ma faible expérience, j’ai sauté sur la première occasion: L’émission Spectacles sur Canal Sat’, les petits reportages cinéma sur M6, tout ça, c’était vraiment un coup de bol monstrueux. J’ai d’ailleurs au départ délaissé le monde du foot pour le cinéma. Je rencontrais plein de mecs géniaux, j’allais voir tous les films qui sortaient. C’était une période incroyable de ma vie.

 

Puis en 2004, RMC Info t’appelle pour suivre le PSG.

Avant ça, j’avais pigé pour Infosport sur TPS et Radio France pour le tennis. Mon expérience grandissait, la qualité de mon travail aussi. Entre temps j’avais écris mon bouquin sur la rivalité PSG-OM. Je suis donc passé pour LE spécialiste du PSG. RMC tentait à ce moment le décrochage régional pour les matchs de D1, ils m’ont appelé pour commenter (1). Mon billet d’entrée chez eux.

Au niveau de tes bouquins, Luis contre attaque ressort du lot parmi l’ensemble de tes contributions….

Ah non, pour moi le plus marquant reste mon premier livre, OM-PSG l’histoire d’une rivalité. C’est un vrai livre d’enquête, un vrai projet de longue date. Démontrer en quoi cette pseudo rivalité qui monopolise tant les médias chaque année – et la police aussi – n’est qu’une simple opération marketing. Il n’y a pas d’antagonisme sociologique, comme on a trop souvent voulu nous faire croire. C’est vraiment le bouquin dont je suis le plus fier.

Soyons clair, d’un point de vue extérieur, le football est perçu comme un univers de beaufs. Tu arrives à y survivre ?

Attends, c’est quoi un monde de beaufs, pour toi ?

Un monde peu ouvert, limité culturellement, un monde ou le débat et la discussion tourne souvent court. D’un côté l’aspect positif du «populaire», de l’autre le mauvais côté du nivellement par le bas. Quand tu as les joueurs à l’antenne qui te ressortent toujours les même phrases, sans la moindre petite étincelle d’esprit…Tu te sens Einsten dans ce monde là, sérieux ?

Nous ça déjà, les déclarations des joueurs hyper banals, «on prend les matchs les uns après les autres», on les tourne régulièrement en dérision. Et malgré tout, à l’intérieur de ce monde là, tu as quelques mecs qui sont vifs d’esprit et intéressants. De là à que ce ne soit pas la référence culturelle, okay, mais il faut voir ça différemment. Si tu envisages ce monde là comme le reflet de la société d’aujourd’hui, si tu arrives à analyser l’évolution d’un joueur, qu’il soit adulé ou détesté, cette vision ringarde du foot devient tout de suite passionnante. Qui, dans le monde d’aujourd’hui, qui va te donner autant d’indices sur l’évolution d’une société ? C’est un monde hyper parlant. On est d’accord, ça peut être désespérant et te filer une opinion cynique et pessimiste de la société. Mais c’est un environnement qui ne ment pas.

 

Tout de même, quand tu entends des joueurs de basket, de tennis voir de rugby. C’est autre chose quand même.

Ah non, c’est une fausse idée. Vu le chemin qu’a fait le rugby dans le professionnalisme entre 1995 et aujourd’hui, t’inquiètes pas quand dans cinq ans, ce seront les mêmes. Après que tu me dises que dans le tennis, le mec va mieux s’exprimer, oui je suis d’accord. Mais pourquoi ? Parce qu’il vient d’un milieu généralement aisé et non de la zone. Je me méfie de cette attribution d’«intelligence» à la va-vite. Si tu pars de ce principe là, va plus loin. Tu te dis que les mecs qui font du foot viennent de milieux défavorisés, et que tous ces gens là sont des cons. Maintenant, à toi de disserter là dessus. Pas à moi.

 

C’est un parallèle bien rapide je trouve, et une généralité réductrice. En gros, le foot est un monde de ratés intellectuels, si je te suis.

Bah écoute, le nombre de joueurs issus de milieux favorisés est de 5 %, tout au plus.

Donc si je veux être footballeur professionnel c’est raté quoi. J’aurai du avoir une enfance difficile et vivre en banlieue. Merde.

Je ne dis pas ça. C’est un simple constat…(malaise certain). Ce sont des mecs qui n’ont pas eu une bonne éducation, ils allaient très peu à l’école et pour ceux qui ont rapidement signés un contrat pro, ils se retrouvent avec des sommes colossales d’argent sur le dos. Et je ne pense pas que cela te pousse à être intelligent.

 

Ce qui m’inquiète, c’est que cet état d’esprit chez les joueurs, on le retrouve au niveau des entraineurs français – avec ce système incestueux de chaises musicales – comme au niveau des instances dirigeantes de la FFF. Partout.

Tout à fait. C’est comme une énorme boutique. Les entraineurs peuvent passer de club à club. Ils ratent, ils recommencent juste après. Et si jamais ils ne trouvent pas de poste, ils deviennent consultants à Canal Plus. La grosse boutique c’est bien Canal qui la tient. Canal remplit la fiche de paye de plus de 50% du monde du football français.

C’est un sport qui n’évolue pas. Des dirigeants qui s’enferment dans des principes qui ont 20 ans…

C’est le principe des fédérations, tout est cloisonné. Mais je ne sais pas moi, est-ce que le monde politique est différent ? Le monde du cinéma ? Canal Plus n’a-t-elle pas crée une grande famille du cinéma français, à un moment donné? Avec des mecs sans talents qui sont devenus des vedettes et qui n’arrêtent pas de tourner…. Avec des animateurs qui deviennent acteurs (cf Louise Bourgoin)… Je le répète encore une fois, la grande boutique c’est Canal. Ils ont insufflé un mode de parler dans le foot complètement aseptisé, «mon produit est beau, parfait et on le vend».

C’est un peu logique non ? Vu l’investissement colossal qu’il mette (2)?

Et bien moi je pense qu’au contraire, ça devrait leur donner une liberté supplémentaire. Quand TPS a fusionné avec Canal Plus, on m’a proposé un contrat de journaliste sportif. Au même moment, j’étais en train d’écrire le livre avec Luis Fernandez. Et on me dit clairement, “soit tu arrêtes tout de suite, soit tu prends un pseudo”. La direction de Canal avait peur que Luis parle des années PSG et leur chie sur la gueule. Eh bien… je ne suis pas venu. Après, il y a eu un nouveau ton dans le football, grâce à RMC Info. Mon émission L’after foot a débuté et après, tout le monde l’a pompé: Europe 1, RTL, Canal avec Dugary qui a clairement carte blanche. D’ailleurs, ça a été la grande découverte de ces derniers mois, on s’est rendu compte que les gens n’avaient plus envie d’être pris pour des cons. Pour aller dans ce sens. RMC info est partenaire de la Coupe de la ligue. Tu connais combien de médias qui mettraient un jingle qui ridiculise la compétition et des journalistes de l’antenne qui n’arrêtent pas de la traiter de compétition en bois ? Non, je crois que Canal Plus devrait s’offrir bien plus de libertés.

Pour en revenir aux instances françaises, tu leurs reproches quoi au juste?

Un immobilisme total, mais que faire ? A la tête de la sélection nationale on a un incompétent au niveau du jeu, qui ne sait pas en parler, qui n’est pas proche des gens, qui n’a rien fait dans le passé. Il faut essayer de rassembler les gens, de les passionner. Et cet homme fait tout le contraire et les divise. On a un président qui a un costume bien trop grand pour lui, petit professeur d’anglais de province qui se retrouve propulsé là, complètement dépassé par les événements, harcelé par les lobby. C’est déplorable. Est ce que ça va changer ? Oui, Laurent Blanc deviendra peut être sélectionneur. Ca changera certainement. Rien qu’au niveau du jeu. Mais on retombera dans un principe équivalent. Il placera des amis et ce sera un autre cercle qui se mettra en place. Mais un cercle bien plus compétent que celui actuel, complètement sclérosé par Domenech.

 

Le principe de l’After foot, c’est de donner la parole aux auditeurs. C’est pas saoulant de devoir écouter des gens inintéressants et de les couper au bout de 30 secondes en leurs faisant croire qu’ils sont à l’antenne ?

Moi ce qui me plait dans cette radio, c’est la liberté. Point. Nous, on est toujours soutenus. Je vais te dire, Pesenti (ndr : patron des sports de RMC Info) n’arrêtent pas de recevoir des plaintes et des coups de fils. Et la plupart, à cause de moi. Je connais plus d’un boss qui m’aurait dit de me calmer. Lui, il se renseigne, vérifie que je ne suis pas tombé dans la diffamation, et me soutient. Pour revenir à cette histoire d’auditeurs, je crois que l’on est plutôt réglo au contraire. Si le mec vient me dire «le foot ça dure 90 minutes, on ne sait jamais comment ça va tourner», on lui conseille clairement de se barrer. Ce genre d’auditeurs, je les appelle les Footix, des mecs qui se sont mis au foot à partir de la coupe du monde 1998, sans culture du jeu, avec un avis sur tout et n’importe quoi.

Et bien justement, quel est l’intérêt de le faire parler alors ?

Non mais quand un Footix appelle, je lui dis tout de suite. Nous, on ne contrôle pas les auditeurs (Léger énervement), il y a un standard qui sélectionne la personne sur un sujet à aborder sans aller plus dans les détails. Il intervient. Parfois ça m’exaspère et on le coupe.

On aime bien te coller cette image de polémiste, tu n’as pas peur qu’on te prenne pour le réac’ de service, le Thierry Roland 2.0 ?

Rires. Alors là, qu’on me prenne pour le nouveau Thierry Roland ça me ferait mal. Sérieusement, je ne sais pas pourquoi ça va toujours dans ce sens. Moi je pense qu’au total, entre le bien et le mal que je dis des gens, c’est parfaitement équilibré. A moins d’être un neuneu, ça me semble compliqué de tout aimer. On ne retient que les phrases chocs et négatives. Après oui, je suis sans doute un peu réac’ mais je ne crois pas que ce soit une tare. En fait je suis pas très bobo contrairement à ce que tu penses….

Vraiment ? Tu traines au Baron, tu es fringué comme un dandy, «l’homme de culture dans un monde de brutes…»

Au Baron ? J’y es mis les pieds deux fois dans ma vie. Ou alors, j’ai un sosie qui y traines…

 

Merde, j’ai des mauvais informateurs…Non mais avoue tout de même que tu as un univers bien différent de tes collègues.

Non mais attends… En gros, en tant que journaliste sportif, il faudrait forcément se trimballer en laine polaire? Ah c’est vrai que j’en ai connu des mecs comme ça, mais on n’est pas obligé d’être ridicule quand on parle foot, enfin j’espère. On est des gens comme les autres tu sais. Non et puis la laine polaire, je déteste ça. Il faut qu’elle soit belle et bien coupée. Et encore. (Rires)

Tu dois recevoir un max d’insultes non ? Je trouve ça plutôt cool.

Et bien tu vois, vachement moins maintenant. Au début, c’était dur…Pas mal d’histoires dans le monde du football entre Cissé, Ben Arfa, des coups de fils par ci par là. Abidal c’était terrible. L’équipe de France était à Lyon et j’avais dis à l’antenne que son absence en finale de La Ligue des champions n’était pas une grande perte pour Barcelone. Le soir même, il dinait au même endroit que moi. C’était chaud, il voulait venir me péter la gueule. Après dans le milieu, Ménès (3) me découpe un peu partout. Mais de toute manière, j’ai toujours pensé qu’il fallait limiter ses relations dans le milieu.

Tu as quand même des potes dans la vie ? Ou ils se cassent dès que tu parles d’arbitrage video (4) ?

Oui oui, ne t’inquiètes pas. Et pour la vidéo, ils sont obligés de penser comme moi. Mais le jour où l’arbitrage vidéo débarque, j’arrête le foot. Je changerai de sport, obligé.

Moi je suis totalement pour. Mais passons, ça durerait des heures je suppose. Pour finir, tu es gonzo toi ?

Quoi ? Ca a un rapport avec les films de cul ?

Non rien à voir (quoi que). C’est un style journalistique qui prône l’ultra subjectivité à la première personne.

Si tu me vois là dedans, oui pourquoi pas. La subjectivité bien sur, si elle est basée sur des éléments objectifs. Et cela donne une opinion qui devient subjective. Comme n’importe quel critique de cinéma ou de musique. Si le mec a vu trois films dans sa vie et me dit que le quatrième est un chef d’oeuvre, bah je ne peux pas l’écouter. Je ne considère pas que tous les avis soient équivalents. La liberté d’expression certes, mais elle mène à tous les extrémismes…

De biens paroles qui viennent conclure un entretien sans retenu, parfois perdu dans une démagogie de quartier mais toujours ancré dans une véracité glaciale. La force d’un journaliste me rajoute-t-il avant de me quitter, c’est « d’avoir une culture générale béton dans tous les domaines». Je pensais, hélas à tort, que le journaliste sportif faisait exception. La vision caricaturale du vieux pecnot sans rhétoriques, enfermés dans sa piaule poussiéreuse où les bibelots, pin’s et autre boules enneigées des 25 dernières Coupe du monde s’entassaient. Daniel Riolo, en plus de m’offrir une vision neuve du football moderne vient de me réconcilier avec le journaliste sportif et a fortiori de football. Mais putain c’est clair, pourquoi porteraient-ils tous une laine polaire ?

——

(1) Emission stoppée au bout de 3 mois par le CSA pour des causes obscures de non respect des cahiers des charges radiophoniques.

(2)  Des droits TV adjugés à Canal Plus pour plus de 500 millions d’euros

(3)  Pierre Ménès, journaliste sportif d’envergure (sic), bossant pour L’Equipe, Canal plus et RTL. A déclaré sur Daniel Riolo «si je le croise, je lui fais fermer sa grande gueule».

(4) Daniel Riolo est connu comme un fervent anti-vidéo et n’hésite pas à le scander dans les médias

26 commentaires

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