Aujourd'hui : 12 décembre 2025
par
17 janvier 2025

Chris Imler sait comment réchauffer les bunkers allemands

Review

Krautrock
8/10
Funk berlinoise
6/10
Fils de DAF et Kraftwerk
9/10
Capacité à faire danser des gens de moins de 30 ans
10/10
Swag allemand mi-smicard mi-junkie
7/10
Overall
8.0/10

Cireur de parquets de club souterrains depuis des lustres, Chris Imler confirme la robustesse des constructions allemandes. A 66 ans, il publiera en février son quatrième album chez les Belges de Moli Del Tro. L’occasion de dépoussiérer le genre krautrock, lui-même increvable.

Beethoven, pionnier des sons motörik teutons, l’a dit avant tout le monde : « si l’Allemagne veut devenir une dinguerie planétaire, il lui faudra trouver des idoles de discoclub capables de marier la froideur de la guerre froide au chant désincarné de DAF ». Bon, Beethoven n’a jamais dit ça. Mais c’est néanmoins une vérité pour qui a déjà eu le plaisir de choper une angine dans les longues files des caves du quartier de Kreuzberg à Berlin. Oui, il existe bien un son typiquement allemand et à des années lumières des cantates méditerranéennes. On y cogne dur sur des machines, on chante comme un professeur d’histoire-géo atteint d’une scoliose prononcée et c’est toujours parfait pour illustrer un film d’entreprise Volkswagen où les usines cracherairnt des voitures métalliques construites par des hommes-robots obsédés par le quatre temps. Kraftwerk a fait une partie de sa carrière là dessus, et c’est désormais au tour de Chris Imler.

Homme-orchestre repéré jadis chez Peaches ou Puppetmastaz – encore des Allemands – Chris Imler c’est une discographie à rebours confectionné à un âge où tant d’autres commencent à consulter leur proctologue. Avec son futur The Internet Will Break My Heart, il signe un quatrième album inespéré à 66 ans ; étant entendu qu’arrivé là, le gonze n’a pas prévu de faire un bilan de ses points retraite. On y entend autant le Silver Apples minimaliste que les incantations à la Alan Vega, et c’est clairement tout sauf un suicide pour qui s’intéresse aux différentes transmutations du son krautrock. Dans une veine proche de celle de Das Kinn, et un peu plus loin de celle de Publicist, Chris Imler a profité de son bain de jouvence pour un featuring avec Naomie Klaus (elle-même signée chez Moli Del Tro) et c’est un peu comme se mouiller la nuque avant le grand plongeon dans le Rhin électronique qu’est ce disque en forme de GIF martial. Si vous cherchiez un tuto pour transformer un bunker en rave contre-discoïde, vous venez donc de frapper à la bonne porte.

Chris Imler // The Internet Will Break My Heart // Sortie le 28 février chez Moli del Tro & Fun in the Church

partages
Aller enHaut

Ca vient de sortir

« Extraterrestre » : un clip intersidérant pour Flippeur

A la vitesse d’une étoile filante, Flippeur est bien parti

Mais qu’est-ce que vous avez tous avec Feu! Chatterton ?

Nom de dieu. Ça recommence. Depuis quelques mois, on ne

« Vague Scélérate » : Gros Cœur livre un gros deuxième album

Cœurs fragiles, s’abstenir : Gros Cœur déferle avec « Vague