A quoi ressemblerait une fusion pokémon entre Beak et Stereolab ? Pas besoin de fouiller dans vos vielles cartes : les Belges de Chaton Laveur livreront en mars une rareté qui devrait plaire au collectionneur, à cheval entre kraut et dreampop.
Pour bien débuter l’année 2026, les plumes de Libération ont eu la bonne idée de se frotter à un exercice inévident : répertorier les 25 meilleurs albums de ce quart de siècle. Outre le fait que les classements soit l’un des challenges les plus piégeux au monde (avec l’écoute torturée de l’intégralité de la discographie de Pascal Obispo sous drogues), on fut ravi de constater que le très magistral mais trop peu connu Tender Buttons du groupe anglais Broadcast (amputé depuis 2011 de sa moitié Trish Keenan, morte d’une pneumonie) y figurait en bonne place. Une sorte de bon révisionnisme pour un duo qui aurait mérité un peu plus qu’un petit mot dans le livre d’or des esthètes de la pop alambiquée.
Cette esprit, on le retrouve ces jours-ci de l’autre côté de la Manche, à Liège plus précisément, chez Chaton Laveur ; un groupe qui n’a certainement pas été cherché son nom de scène chez ChatGPT. Formé pendant le confinement – l’équivalent du baby boom musical des années 20 – cet autre duo omnipotent emprunte un peu partout où la lumière brille, qu’il s’agisse de pop sous ecstasy chantée en français ou de kraut motorique contemporain. On pense évidemment très fort à Stereolab et Beak, évidemment, mais aussi à Grand Veymont (encore un duo, à croire que ces musiques de chambre s’écrivent souvent à quatre mains).
Sur le deuxième album à paraître, nommé Labyrinthe, tout n’est pas parfait ; c’est parfois un peu bancal ou en équilibre instable et c’est précisément ce qui rend cette pop imparfaite si nostalgique, avec l’impression que les années 2000 bricolées par Broadcast sonnent à la fois terriblement lointaines et proches. On en viendrait presque à penser à l’époque des CD gravés avec une larme à l’oeil, mais à condition qu’ils aient été burinés par un psychopathe refusant les refrains trop faciles et la taylorswiftisation du monde.
Vivement conseillé à qui souhaite prendre un shoot d’hélium avec une pop atmosphérique ne crachant pas à l’occasion sur quelques envolées krautrock. Broadcast nous manque beaucoup, mais Chaton Laveur pourrait bien faire cicatriser cette tristesse d’un coup de patte.
Chaton Laveur // Labyrinthe // Sortie le 13 Mars chez Exag Records.
https://chatonlaveur.bandcamp.com/

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