Gonzaï, le webzine meilleur qu’un fist fucking, s’intéresse à l’art, le vrai, celui de la maison Dorcel associée à Hervé Bodilis le génie.

Gonzaï, le webzine meilleur qu’un fist fucking, s’intéresse à l’art, le vrai, celui de la maison Dorcel associée à Hervé Bodilis le génie. En avril sortait dans les meilleurs sex shop la plus grosse production que le X européen ait jamais connu : Casino No Limit, le Dorcel à 230 000 euros, environ 140 000 euros de plus qu’une production porno moyenne gamme.

Un produit de luxe pour celui qui s’est fait un nom dans le milieu par ses films haute qualité. Dorcel, une institution depuis sa popularisation, par internet notamment. Faites le test, lancez une blague lourde et vaseuse, «Tu me fais penser à cette fille dans ce film .. mais oui tu sais bien, elle joue une femme de ménage qui rend plus belle la vie de son patron … La Soubrette voilà ! Tu ressembles à Angel Dark en soubrette ! Un bon vieux Dorcel !», évaluez les réactions : rires coincés, regards gênés, ou potes décomplexés en transe sur le dernier Story of Virginie, tout le monde ou presque sait aujourd’hui qui est Marc Dorcel: Une performance pour un milieu marginalisé.

C’est d’ailleurs par ce refus de voir le cinéma porno mis à part que Dorcel s’est inscrit dans le palmarès des plus grands producteurs mondiaux. Grâce à Hervé Bodilis, aussi. Dans l’ombre, ce réalisateur a créé la «touche» Dorcel : la série des Pornochic par exemple met en scène des femmes à la plastique parfaite, des éclairages classe, un montage (sans jeu de mot, on parle cinéma messieurs) innovant, ici on bannit les plombiers, et autres garagistes, sauf si la réparation se passe dans un manoir bourgeois, ou sur une Rolls Royce flambant neuve.

C’est ça, l’esprit Dorcel : offrir une noblesse à la lettre X. Faire du genre un véritable cinéma d’auteur. Aujourd’hui, pour une actrice, rejoindre l’écurie Dorcel revient à signer chez la Mowtown pour un artiste Soul (pas celle de Diam’s, la vraie Mowtown des sixties/seventies). Alors quand l’annonce du plus gros budget du cinéma porno, réalisé par Hervé Bodilis, fait ses premiers pas sur la toile, on frétille : c’est quoi un gros budget dans le X ?

La réponse est simple et ne casse pas trois pattes à Oksana D’Harcourt : beaucoup de communication, des «vrais» journalistes invités en projection privée sur les Champs Elysées, une montée des marches de Cannes controversée (Yasmine, égérie Dorcel du moment, n’avait pas de culotte, clichés à l’appui), des plateaux TV plus ou moins bien fréquentés (c’est la dernière fois que vous lirez «Cauet» sur Gonzaï, profitez en) … Voilà, le pornochic poussé à son paroxysme, c’est un film holywoodien en promo. Un scénario aussi. Enfin presque.

Casino No Limit
c’est l’histoire de ces hommes qui, all over the world, sont prêts à tout pour vivre de nouvelles expériences toutes aussi folles les unes que les autres, jusqu’à jouer avec les limites humaines, jouer avec la mort. Ils s’engagent alors dans des parties de «No Limit» : sexe, violence, argent, tous les vices sont en jeu. Nacho Vidal, obsédé par le plaisir et l’argent, prépare une de ces parties à la demande de Hortz (ancien criminel de guerre) et de sa séduisante assistante, Nina…

Voilà pour le pitch. En substance, ça reste du cul. Du pornochic tout de même, entrecoupé de scènes «de cinéma», avec des acteurs au jeu aléatoire, des dialogues dignes d’AB production, et des chars de guerre. Les décors restent très classe (tourné en partie à Ibiza), le concept est le même, la réalisation est poussée à l’extrême, le film reste «à vocation masturbatoire» comme l’expliquait Nina Roberts sur Paris Première … Pari perdu donc ? Sans doute. Dorcel a fait un porno de plus, et sa tentative de se raccrocher au wagon «cinéma» ne prend pas, on ne regarde pas un casting d’Hervé Bodilis (aussi séduisant soit-il, Mélissa Lauren, Yasmine, Nacho Vidal, Roxy Panther, Claudia Rossi, Nina Roberts …) comme on regarde un Spielberg, n’en déplaise à E.T.

Casino No Limit sera distribué dans 54 pays, avec la volonté affichée de traverser l’Atlantique, et de trancher sur le marché dans les pays d’Europe de l’Est. Les productions Dorcel souhaitent clairement rivaliser avec les Américains de chez Private (on a même le droit à une scène plutôt violente comme on les aime au pays de l’oncle Sam), perdant de la même manière un pigment de l’empreinte Dorcel dans certaines productions telles que les pornochic, russian institute ou la petite série des Story Of.

Dommage. Comme une pénurie de papier toilette.

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