La première fois que j’ai entendu «Billion dollar babies», je me suis arrêtée net et dit ‘‘Qui est ce type qui chante de deux manières différentes avec deux voix qui s'entremêlent parfaitement ?’’. La seconde fois que j’ai été amenée à écouter cet artiste, c’est quand une de ses chansons m’a été dédicacée par SMS : ‘‘J’écoute « Poison » et... bon sang, qu’est-ce que je penses à toi avec ce morceau...’’ A partir de là, j’ai écouté tous ses albums, j’ai aimé Alice Cooper, sa voix, tout ce qui peut s’en dégager. Je l’ai trouvé sexe (musicalement). Puis j’ai appris qu’il avait 63 ans. Hum. Bref.

Puis il y a des matins où tout va mal. Vous vous prenez une porte dans la tête, la cafetière vous laisse en plan et il vous manque 5 centimes pour vous acheter votre paquet de cigarettes (et bien sûr, vous ne fumez que les plus chères). Vous attendez votre métro, en retard à cause d’un mouvement social (encore) et vous priez pour qu’un truc de dingue vous arrive. Et ça arrive….

Ce jour-là, si je n’avais pas tourné la tête au moment où le métro arrivait, je n’aurais jamais vu l’affiche exaltant son magnifique maquillage (63 ans et toujours aussi bien apprêté) m’informant accessoirement qu’il passerait le 8 novembre 2011 au Zénith dans le cadre de sa tournée No More Mister Nice Guy Wolrd Tour. Alors j’ai couru à la FNAC la plus proche, prévenu mes deux amis qui lui vouent un quasi culte et me suis ruinée en tickets de concert.

Et pendant 9 mois, j’ai attendu ce concert . Comme certains attendent patiemment un bébé, j’ai attendu patiemment un « papy » du rock que je considère plutôt comme une pépite.

Le jour J, j’étais prête. J’avais mes baguettes et connaissais les classiques d’Alice Cooper à la batterie, au cas où – au mieux – son batteur se foulerait le poignet sur scène, au pire qu’il fasse une overdose. Bon, je passe sur le fait que j’ai raté la première partie. Je n’étais pas venue pour les Treatment, bien que, paraît-il, ils furent bon.

Bien installée en fosse, pendant que les deux charmants jeunes hommes qui m’accompagnaient étaient déjà en transe, j’ai regardé le reste du public. Beaucoup étaient âgés, comme mes amis et moi, d’une vingtaine d’années. Certains étaient fans de Motörhead (comment je le sais ? Très simple, ils portaient un t-shirt du groupe à  un concert d’Alice Cooper. Normal quoi.) sans oublier les fans de la première heure, habillés pour quelques uns de façon assez BCBG, avec une certaine retenue. Mais c’est à cause d’eux que j’ai fait une otite. Après tout, chaque concert a son lot de groupies hystériques. Pour Alice Cooper, c’étaient les BCBG cinquantenaires qui se sont époumonés plus que la nature humaine ne le permet.
Alice a fait son show, même si j’ai bien cru au début qu’il s’agissait d’un play-back. Je l’ai – un tout petit peu – hué, à tort finalement. Et j’ai cru que j’allais me faire lyncher par les cinquantenaires. Et par mes potes. L’erreur est humaine… non ? Non.
Alice a joué avec tout ce qui constituait le décor de scène – une poupée zombie, une béquille, un sabre de pirate, une canne – ainsi qu’un véritable serpent, énorme de surcroît, qui n’a pas dû comprendre ce qui lui arrivait. Mais ce n’est pas grave, Alice a continué à chanter avec son serpent qui s’enroulait progressivement autour de son cou. Il a également poignardé un photographe et s’est fait décapiter. Pour de faux bien sûr.

Le petit plus qui est vraiment sympa en concert, c’est que chaque musicien d’Alice Cooper a toujours droit à  son quart d’heure de gloire. Le batteur, Glen Sobel, est un dieu. Je peux même vous le prouver de façon logique :

Aucun homme ne peut faire onduler des baguettes de batterie. Glen Sobel a fait onduler ses baguettes.
Donc Glen Sobel n’est pas un homme.
Et comme ce n’est pas une femme, c’est un dieu.

Le bassiste, Chuck Garric, a mis un peu plus d’ambiance que les trois guitaristes. Ça tombait bien remarquez, parce que j’en venais à me demander ce qu’ils faisaient là : le premier, Steve Hunter, donnait l’impression d’avoir été engagé parce qu’il avait un très bon niveau, mais surtout pour son style 100% compatible avec celui d’Alice Cooper. Le second, Tommy Henriksen, était un mix entre le rockeur et le jet-setteur. Le troisième était une fille : Orianthi. Jeune, jolie et talentueuse. Mais le public n’a pu s’en apercevoir que quand elle a fait régner un silence religieux dans la salle par son jeu, puisqu’elle non plus ne semblait pas vraiment être parmi nous. Plus stoïque, pas possible. Même avec un solo incroyable, la belle n’a pas bougé. Mais bon, respect. D’autant plus qu’elle a fait fantasmer une bonne partie du public masculin.

Le bonus : Alice Cooper a fait un clin d’oeil à Pink Floyd en insérant le ‘‘We don’t need no education / We dont need no thought control / (…) Leave them kids alone !’’ du fameux Another Brick in the Wall Part 2 entre deux couplets de School’s Out.
Il s’en est dégagé une certaine euphorie du public (oui, même les grands fans de Motörhead ont semblé apprécier, bien que ce ne soit pas forcément leur style de musique). Grande communion dans la salle. Surtout quand on sait qu’Alice Cooper est un fervent croyant et que son père était pasteur. En sortant, nous avons croisé la caméra de J’y étais – émission web diffusée sur Konbini – où mes deux hommes de la soirée ont même fait une apparition pour gueuler à la France à quel point ils avaient kiffé, avec leur plus belle voix de bisounours.

Bilan de la soirée :

Extinctions de voix et otites garanties pour le public, soit un enrichissement potentiel pour tous les médecins ORL de France. Évidemment un très bon moment avec un Alice Cooper qui – Dieu merci – n’a pas perdu sa voix. Quant aux musiciens, pitié, j’ai déjà donné ma version des faits. Là vient le moment où je termine cet article puisque mon portable n’a plus de batterie et que je ne retrouve pas le chargeur.

PS : Si vous étiez au concert, et si vous avez cru, lorsque le batteur a lancé ses baguettes à la fin du concert dans la fosse, que vous arriveriez à lever les bras assez haut pour les attraper, mais que vous les avez ratées et que c’est la personne en face de vous qui les a eues, que vous avez fait un arrêt cardiaque durant cinq minutes et que vous ne vous en êtes toujours pas remis… sachez que vous n’êtes pas seul. Idem si vous n’avez pas eu les médiators des guitaristes.

8 commentaires

  1. Mortel cet article! J’était présent au concert et je peut vous dire qu’il a été éminemment bien retranscrit dans cet article bien foutu et très marrant!
    Rock’n’roll!!!!!!!

  2. C’est toujours bien de causer d’Alice Cooper, maintenant ça serait bien aussi de connaitre ses classiques ; si Steve Hunter a « un style 100% compatible » avec le Coop’, ç’est parceque le bonhomme a joué sur Welcome to my nightmare et Billion dollars babies, chefs d’oeuvres incontestés du grand homme, m’enfin !!!
    Seul le détail compte, n’est ce pas ?

  3. Steve Hunter est un bon musicien mais cela ne m’empêche pas de penser qu’il était plus qu’ à l’ouest sur scène, et ça, croyez-moi c’est un détail qui a toute son importance justement vu le personnage et ses diverses collaborations.

  4. On m’a conseillé ce site, nétant pas un spécialiste en la matiere et surtout pour étoffer ma bibli musical, javou que je suis conqui, les articles sont clair et précis comm je les aime, jreviendrai sur gonzaiiii !

  5. Ahah, c’était aussi « poison » ma première d’Alice Cooper, sans que je connaisse le compositeur, mais ça reste « I’m Eighteen » qui me marque le plus (on est souvent pas d’accord avec moi. Et alors?)

    C’est fou ce que les vieux de la vieille ont besoin de faire des spectacles flashy. Même si ça rend bien et que ça fait plaisir, la communion d’une salle avec un groupe mis à nu sur scène reste le plus intense… Genre Lukather dans ses tournées solo!

    Sympa l’article sinon. Rock’n’roll!

  6. *I’m back*

    idem! « poison » était aussi ma première d’Alice Cooper

    cela dit j’ai pas souvenir d’avoir vu une video de « j’y était » sur le concert d’alice cooper… bien dommage, j’aurai bien voulu entendre la voix de bisounours de tes 2 hommes dont tu parle

    cordialement Le Duc!
    ¤*¤-_ I will be back _-¤*¤

  7. Si Steve a l’air à l’ouest sur scène, c’est parce qu’il est pratiquement aveugle. Alors avant de critiquer, on se renseigne, Kiddo. Donc, je dirais plutôt RESPECT pour ce grand homme de la musique, malheureusement trop mal connu, et qui est également, comme son épouse Karen, d’une gentillesse remarquable!!

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