En interviewant des artistes, le chroniqueur découvre des hommes, des femmes, mais également des lieux : le rade miteux qui sent le Rapido moisi, le bar branché, le palace où même votre mère argentée n'oserait pas poser un escarpin Jimmy Choo, et puis, et puis, d'autres endroits improbables, comme la cantine de Radio France. A l'occasion de la sortie de son live "La nuit est là" voici livrée en pâture la première partie de l'interview plateau-repas du Stakhanov de la french pop : Bertrand Burgalat.

En me confiant cette mission, le boss m’avait prévenu. « Tu verras, BB, c’est un peu la Rolls-Royce de l’interview». En retrouvant Burgalat aux portes de Radio France, je m’attends surtout à retrouver le dandy ultime. L’image d’Epinal en prend pour son grade. Si la casquette portée à l’anglaise est bel et bien là, c’est une paire de Puma aux pieds que l’homme reçoit. L’entretien va donc pouvoir se passer en toute décontraction. Son emploi du temps étant blindé comme un Sherman M4, on se rapatrie sur la cantine.

6a013486c547bd970c01a73d8e7a2b970d-800wiBurgalat sort donc un album live. Autant vous le dire de suite, je n’ai jamais été un grand fan des concerts enregistrés. Enfin, des « Live » officiels. Toujours eu beaucoup de mal à saisir la démarche de l’artiste qui souhaite immortaliser dans une discographie cet instant de partage avec son public. Ma position est manichéenne et basique : la musique de studio doit être écoutée sur disque, dans un salon ou ailleurs. La musique « live », comme son nom l’indique, doit être cantonnée à la salle de concert et ne pas en franchir les portes grinçantes. Si le public est omniprésent sur la galette, j’ai rapidement envie de l’étriper, et quand il n’y est pas, je m’interroge sur l’intérêt de la chose.  Et je me sens un peu con en tapant dans mes mains, seul devant ma chaîne hi-fi Panasonic achetée en trois fois sans frais chez Boulanger. De toute façon, une salle de concert n’est jamais qu’un immense baisodrome sonore que ma salle à manger n’égalera jamais, même si j’achetais des Dôme Focal 5.1 et un ampli audiophile. Tu l’auras compris, le live enregistré et moi se marient en gros aussi bien que Bataille et Fontaine sur une télé couleur.

Bien sûr, tout principe a ses exceptions, et on trouvera aisément ici ou là des live qui m’auront ponctuellement fait changer d’avis. Je ne parle pas d' »Under a blood red sky » de U2 voire de « Live! » par Bob Marley, mais par exemple de « Burgalat meets AS Dragon ». Problème : sur ce disque à la production mat, le public avait quasiment été gommé des bandes par Burgalat. Normal qu’il me plaise, donc. « La nuit est là » est très différent. L’enregistrement a été réalisé quasiment brut de décoffrage, sans être retravaillé derrière. On tient là un véritable live et ça s’entend. La pochette est sublime de sobriété, et les fans de Burgalat devraient se régaler, même si ce live contient en réalité des extraits de deux concerts, ce qui confère à la chose un caractère un peu biscornu. Le chroniqueur spécialisé live chez Gonzaï étant actuellement en RTT, je vous propose de passer directement à table, avec le patron du label Tricatel.

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Gonzaï : Bonjour Bertrand . Arrangeur, directeur de label, compositeur de musiques de films, chanteur,…Te voilà désormais animateur radio. Peux tu résumer en quelques mots le concept de Face B, ton émission sur France inter?

Bertrand Burgalat (BB) : Je n’avais jamais fait de radio et Barbara Carlotti m’avait proposé de la remplacer autour du jour de l’an. J’ai fait ça pendant deux semaines, et je me suis alors retrouvé face à moi-même. Bien sûr, j’ai l’habitude en tant que chanteur d’être interviewé. Tu parles de toi, c’est très narcissique et confortable. Tu arrives à la radio les mains dans les poches pour faire la promo de ton nouvel album. Avec Face B, c’est très différent. Tout à coup, je me suis demandé de quoi j’allais pouvoir parler aux auditeurs. J’étais un peu bloqué. Avant de faire la première émission, je ne savais pas par quel bout prendre le truc. J’ai eu de la chance, une réalisatrice et une assistante de production de Radio France m’ont aidé à trouver le déclic, en me disant « pense à ce que tu veux dire à la radio ». J’ai me suis alors posé cette question simple :  si j’étais l’auditeur, qu’aurais je envie d’entendre ce soir à la radio?
Pierre Jouan et Blandine Rinkel m’ont rejoint sur ce projet éphémère puisqu’il ne devait durer que deux semaines. Ils apportent des choses totalement uniques. Je ne voulais pas faire une émission dans laquelle je passerai uniquement des disques. Et puis là, France Inter m’a demandé de revenir pendant six semaines. C’était pas du tout prévu dans mon emploi du temps. Ca tombe au moment où on doit enregistrer le Ben et Bertie show, et d’autres choses encore. Tout tombe en même temps, et je me retrouve à faire plein de choses qui m’intéressent au même moment. C’est génial, mais compliqué à gérer.

G : Avec toutes ces casquettes, comment parviens-tu à organiser ton emploi du temps?

BB : La radio, franchement, ça rend très humble. J’ai passé des années à ricaner, y compris sur des gens comme Bernard Lenoir, en disant « ouais, trop facile », et je n’avais pas pris la mesure du travail que c’était que de se retrouver devant un micro. Je n’avais pas mesuré le rôle du réalisateur, notamment, qui rend très fluide ce qui passe à l’antenne. Il y a quelque chose de vraiment difficile à la radio. Dès lors que je considère que je suis dans une station du service public, je n’ai aucune légitimité à dire aux auditeurs « Voilà, c’est ça qu’il faut écouter ». Ce serait très présomptueux de ma part de définir ce qui est bien de ce qui ne l’est pas, et j’essaye vraiment de ne pas être dans un truc de recommandation, à la Canal + statutaire. Je ne veux pas être un prescripteur. Sur un service public, ma seule légitimité c’est finalement de montrer aux auditeurs ce que j’aime. C’est cette subjectivité qui est légitime. En aucun cas, je ne veux  pas dire : « voilà ce qu’il faut écouter actuellement ».

« Si j’avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut faire de la musique, je lui dirais de jouer en écoutant la radio. »

G : La radio, c’est un média qui a joué une importance cruciale dans le développement de ta culture musicale?

BB : Oui, je pense. C’est marrant, parce que j’y ai pensé l’autre jour. Si j’avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut vraiment faire de la musique, avec un peu d’instinct, je lui dirais de jouer en écoutant la radio. Pas d’apprendre sur des disques. Juste d’apprendre de la guitare, de la basse, n’importe quoi, en écoutant la radio ou en regardant la télé. Tu mets FIP, et tu joues. Mathématiquement, au fur et à mesure, tu vas reconstituer les intervalles par exemple. Je pense que les apprentis musiciens se forgeraient beaucoup plus ainsi qu’en écoutant un ou deux disques en mode répétition.
C’est assez marrant d’être sur France Inter. Ce que je trouve agréable avec cette station, c’est que c’est une radio généraliste. Ce n’est pas une radio de spécialistes, et c’est magique de parler en direct à 21 heures, d’être écouté par des gens qui ont des goûts musicaux très différents, des vies différentes. J’adore écouter France culture, qui est une radio plus ouverte qu’elle n’en a parfois l’air, mais je trouve que d’essayer de faire un truc sur France inter, c’est assez formidable parce qu’on est pas du tout dans une émission de spécialistes. Dans plusieurs périodes de ma vie, j’ai découvert plein de trucs par la radio. Je pense par exemple à Pierre Bouteiller qui passait des disques que j’aimais. Un jour, je me suis intéressé à Léo Ferré parce qu’un mec comme lui à passé La solitude, alors que je ne connaissais jusque là que les grands standards comme Avec le temps. Ceci dit, je ne ferai pas de la radio très souvent, car quand on manque d’habitude, on prend beaucoup de temps à concevoir une émission, et ça n’a de sens que si on essaye de le faire bien.

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G : As-tu profité du fait d’être dans les murs de Radio France pour aller visiter les archives où dorment des centaines de milliers de vinyles?

BB : Pas du tout, d’autant que ces archives ne sont pas situées dans Radio France même mais ailleurs. Par contre, j’en ai profité pour visiter le GRM (NDLR : Groupe de Recherche Musicale) et faire une émission là-dessus. Mais la discothèque de Radio France, non. Ils ont un système de classement ultra-informatisé et j’aurais adoré repasser des vieux concerts. Quand j’avais 14 ans, il y avait une émission de radio qui s’appelait Ecoutes, sur France Musique. C’était tous les jours, vers 17 heures, et le générique, c’était la fin de « Rock Bottom », le disque de Robert Wyatt, avec la trompette de Mongezi Feza. Dans cette émission, il y avait des mecs comme Alain Dister qui passaientt des groupes comme Tangerine dream. Cette émission a du duré deux ans et dans cette période, j’ai vu le virage de Tangerine dream à Ultravox, c’était assez marrant. Ils avaient diffusé en différé un concert de Can au Bataclan que j’adorerais repasser. Depuis, je n’ai jamais entendu ce que j’avais entendu ce jour là à la radio, d’autant que Can improvisait beaucoup. C’était une musique hypnotique, faites dans leur période « Flow Motion » qui est magnifique.

G : Venons-en à Tricatel. En 2015, cela fera 20 ans que le label existe. As-tu envisagé un special event pour fêter ça?

BB : Non. On devait déjà le faire pour les quinze ans et on avait quasiment rien fait. On est plus dans l’action que dans la commémoration. J’adorerais qu’on fasse un gros concert avec plein d’artistes, mais bon…

G : Comment le label parvient-il à survivre et à sortir des disques dans un contexte d’industrie musicale peu florissant?

05995222-photo-ben-bertie-show-680x300BB :  A vrai dire, je ne sais pas trop comment Tricatel s’en sort. On est encore là probablement parce qu’on a été confronté à certains problèmes avant d’autres, et qu’on a du y faire face. On met par exemple le maximum d’énergie et de moyens à faire les disques, et le minimum à les sortir. Ca a un côté très frustrant, en ce sens qu’on a toujours des ventes qui sont misérables, par rapport au temps passé sur la conception du disque. Mais d’un autre côté, on ne se met pas dans cette spirale qui a coulé plein de petits labels, poussés par les distributeurs, de faire du marketing et de prendre des pubs à tout-va. Tout ça pour vendre quelques milliers de disques en plus, mais au final, ces milliers de disques coûtent plus chers que s’ils ne les vendaient pas. Chez Tricatel, on a intégré le fait qu’on vend peu de disques. Ca a un petit côté « qui m’aime me suive », mais voilà…Je veux faire le maximum d’efforts pour que notre musique soit claire et réussie, mais pas pour le reste. C’est un des bons côtés du numérique. Si quelqu’un veut trouver nos disques, il les trouve sur le site du label. Ou dans certains magasins. Je ne veux pas aller au-delà de ça parce que ça coule parfois les petits labels. Ces petits labels sont d’ailleurs souvent coulés par le succès. Tout à coup, ils ont un truc qui marche. Du coup, tous leurs frais de fonctionnement explosent, et le disque d’après vendant mathématiquement forcément moins, ils coulent. Tricatel a réussi en vingt ans à agréger plein d’artistes formidables, par exemple des musiciens comme A.S dragon. Par contre, ce qui me gêne dans le modèle économique du label, c’est qu’il est insuffisant pour rendre justice à ces artistes et  leur permettre de bien gagner leur vie. C’est ça qui est vraiment frustrant, le manque de moyens qu’on peut donner à des gens talentueux. Quand un disque ne fonctionne pas, les maisons de disques font souvent endosser la responsabilité à l’artiste. Chez nous, c’est le contraire, je mets tout sur le dos du label. Quand un album ne vend pas, je ne me retourne pas vers l’artiste en lui disant « Ah ben nan, tu comprends, tu n’étais pas bien dans le clip ». C’est en fait de la faute du label, car on a du mal par exemple à faire passer nos artistes en radio, etc.

« On avait le fantasme des poêles Invicta, avec Jean-Pierre Dupire. Un mec comme ça nous lâcherait 30 000 euros. »

De manière plus globale, on vit une période assez révoltante. D’un côté, tu as des sommes colossales investies dans des oeuvres d’art qui sont souvent là pour des raisons fiscales liées à l’existence de niches fiscales, un art défiscalisé, et de l’autre côté, on trouve la musique qui ne rentre pas du tout dans ce système. Dans la musique, on ne parvient absolument pas à trouver des financements extérieurs. Même avec une émission de télévision comme le Ben et Bertie show, on a un mal fou à trouver des sponsors, mis à part une aide du CNC. Mais impossible de trouver une boîte qui dirait « Tiens, c’est marrant, on va leur filer une aide financière ». D’autant que là-dessus, on est absolument pas puritain. On avait le fantasme des poêles Invicta, avec Jean-Pierre Dupire. Un mec comme ça nous lâcherait 30 000 euros, on le mettrait partout dans l’émission, parce que c’est marrant et que créativement, c’est intéressant. Les futuristes étaient fascinés par Campari et mettaient bien Campari partout. Ca ne me gênerait pas qu’on soit d’une certaine façon acheté, car ça ne remettrait pas en cause notre intégrité artistique. On pourrait même être associé à des marques, je ne serai pas gêné du tout.

G : Comment décrirais-tu l’industrie musicale aujourd’hui?

Bertrand-Burgalat-AutoportraitBB : Le monde du disque est sur trois niveaux. D’un côté, tu as les majors. Qui ne sont pas celles qui se conduisent le plus mal, bizarrement. En 10 ans, cette industrie a perdu 80% de son chiffre d’affaires, et parallèlement elle a perdu à peu près 50% de ses effectifs. Donc les majors ont plutôt amorti le truc. Socialement, des gens comme Pascal nègre sont loin d’être ceux qui se sont conduits le plus mal ou le plus sauvagement. La stratégie des majors, c’est de s’en sortir par l’effet de masse. Elles disposent de catalogue contenant des millions d’oeuvres, donc elles sont en position de force pour négocier avec Spotify, Free ou Deezer, y déposer ce catalogue, et recevoir ensuite du fric. Pour les artistes ou les ayant-droits, cet argent, c’est des clopinettes, mais pour la major et sa logique de masse, ça représente beaucoup d’argent.
Après, il y a les gros faux indépendants, subventionnés, comme l’était par exemple Naïve par la Caisse des dépôts, ou par Lagardère pour d’autres. Ces labels sont les rois de la subvention et signent les artistes uniquement en fonction des quotas radio et des crédits d’impôts qu’ils ont réussi à se faire voter. Leur ligne artistique, c’est ça : je vais rembourser tous mes frais de structure avec mon crédit d’impôt. Pour ça, il y a un certain nombre de règles qu’ils ont édictés eux-mêmes. Les pouvoirs publics essayent avec de bonnes intentions d’aider ces labels, mais les mecs dans ces labels sont très bons pour dévoyer le dispositif.
Pour synthétiser, il existe une espèce d’accord de Yalta entre les gros et les moyens. Et après, t’as le producteur qui fait ça avec son fric, celui qu’on dit indépendant. Je n’aime pas la notion d’indépendance, car je trouve qu’il n’y a pas de vertu là-dedans. Les labels qui mettent le plus en avant leur côté indépendant, bizarrement, c’est ceux qui ne le sont pas. Ces producteurs dont je te parle, c’est des gens comme nous, Third side, Born bad, Pan European ou Record Makers, qui sont complètement laissés à l’abandon. On a ni l’effet de masse du catalogue, ni la petite combine des quatre ou cinq gros « indés ». Donc c’est une économie compliquée. Si tu posais la question à tous ces labels, tu aurais probablement à peu près la même réponse. Pourtant, tout le monde a envie de continuer, sans espérer grand-chose.

« Avec Tricatel, on signe ce qu’on a envie d’écouter et ce qu’on a envie d’entendre. »

G : Un autre de vos problèmes, c’est aussi la distribution de vos productions, non?

BB : Non. Il y a quelques années, on a été tellement maltraité par Discograph, avec qui je n’ai jamais réussi à parler de musique. La musique ne les intéressait pas. Souvent dans les très grosses boîtes, tu trouves des personnes qui ont une culture musicale bien plus importante que chez une structure comme Discograph qui a un mépris total pour la musique. Au bout d’un moment, je leur ai dis « ça suffit, je préfère qu’on ne soit pas distribué que distribué aussi mal ». Et ça nous a sauvé aussi, parce qu’ensuite Discograph a fait faillite, et a planté tous les labels qui en dépendaient. Puis ils se sont faits remboursés une partie de leur dette par l’Etat, et ils se sont revendus à Harmonia Mundi. La classe.
De notre côté, on a donc fait l’inverse en bétonnant la vente par correspondance et le numérique, comme ça quelqu’un qui est à Vancouver et qui cherche le disque va le trouver et le recevoir facilement, si notre site internet n’est pas trop mal fait. Et en plus, on vend nos productions aux disquaires que ça intéresse et qui sont vraiment motivés. Il y en a, mais pas tant que ça. Je me méfie aussi du côté « bon petit disquaire indépendant », car j’ai eu quelques mauvaises surprises. (…) Mais il y a des gens qui jouent le jeu, comme les Balades sonores, All access ou d’autres, qui pourtant rament à mort. Aujourd’hui, je ne cherche pas du tout un distributeur pour Tricatel. On fait des disques, on les vend à peu d’exemplaires, mais on en est fier.

G : Au delà de l’éventuelle responsabilité de Tricatel dans le manque d’exposition de vos artistes, on a aussi l’impression que vous jouez un peu de malchance au niveau du calendrier. Pour faire simple, tu arrives dans le paysage après Miossec ou Dominique A, et AS dragon est arrivé trop tôt pour bénéficier de la vague french pop du moment.

BB : Tu as tout à fait raison, on a eu un vrai problème de timing. La difficulté aussi, c’est que quand tu as un label, tu as deux choix. Je comprends les mecs qui signent un groupe parce qu’ils pensent que le groupe en question va marcher. Franchement, Plein de disques géniaux ont été faits comme ça, et je ne jette pas la pierre aux mecs qui fonctionnent ainsi. Quand tu es un petit label, c’est différent. Il y a eu dans l’histoire des labels indés qui agissaient comme sous-traitant des gros labels. Ils signaient de la licence à tout-va et ensuite allaient voir Universal en tenant le discours «Vous voulez du Noir Désir? J’ai un truc un peu dans ce genre là, etc…». Ceux-là, ce sont des éleveurs de Yearling, ils font leurs trucs et ils revendent après. Mais il y en a de moins en moins, et c’est une bonne chose.
Avec Tricatel, on n’a jamais été là-dedans. On signe ce qu’on a envie d’écouter et ce qu’on a envie d’entendre, c’est justement quelque chose de différent de ce qui se fait en ce moment. Donc on se crée nos problèmes… Après on a une tendance à se décourager sur la longueur, et au moment où ça pourrait marcher, on n’y est plus trop. C’est un peu comme si tu draguais une nana pendant des mois et des mois en ramant. Cinq ans plus tard, on revient te voir et on te dit, ok c’est bon, mais tu es déjà probablement passé à autre chose..On est allé dans plein de pistes et on les a peut-être mal explorées. Depuis 20 ans, je fais des trucs, mais quand ils sont fait, je n’ai qu’une envie : passer à autre chose.

(Episode 2 à suivre la semaine prochaine)

Burgalat // La nuit est là // Tricatel
http://www.tricatel.com/

3 commentaires

  1. Merci BB pour les albums d’April March (forever love, Elinore !), Jef Barbara (fausse fourrure fétiche !) et celui de Houellebecq que j’ai réécouté l’autre jour et qui m’a foutu un joyeux bourdon salvateur.
    Merci pour ces propos sincères et pertinents, et merci enfin pour les heures martiennes sur France Inter.
    Burgalat Président !

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