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THE BELIEVERS
Chasser le surnaturel, il revient au galop

Le vieil adage de Saint-Thomas dit qu’il faut « le voir pour le croire ». Question recentrée et pragmatique : Comment croire aux esprits si on ne les voit pas ? Une piste : voir « The Believers », série-docu qui part à la recherche de preuves comme quoi il y aurait une vie après la mort. Les enquêteurs, Sandy Lakdar et Jonathan Dailler forment un couple qui ne fricotait pas avec le monde du paranormal. Jusqu’à The Believers. En France, il faut le croire, c’est du jamais vu.

Le vieil adage de Saint-Thomas dit qu'il faut « le voir pour le croire ». Question recentrée et pragmatique : Comment croire aux esprits si on ne les voit pas ? Une piste : voir "The Believers", série-docu qui part à la recherche de preuves comme quoi il y aurait une vie après la mort. Les enquêteurs, Sandy Lakdar et Jonathan Dailler forment un couple qui ne fricotait pas avec le monde du paranormal. Jusqu'à The Believers. En France, il faut le croire, c'est du jamais vu.

D’ordinaire, on appellerait ça « chasser les fantômes » ; The Believers tente de les appeler pour qu’ils reviennent. Sandy écrit, raconte l’histoire ; Jo, son compagnon, se charge de l’habillage esthétique. Depuis longtemps, ils voulaient bosser ensemble : la mort les a réuni. Nos croyants visitent des châteaux, des manoirs, des observatoires, bref, tout un tas de lieux habités par des disparitions mystérieuses. Niveau matériel, ils ont ce qu’il faut : la spirit box intégrale, importée des États-Unis, pour la captation sonore et visuelle. Et la patience nécessaire, comme un pêcheur sur le pont qui attendrait que sa ligne tremble. Pas un coup d’épée dans l’eau : s’ils étaient revenus bredouilles, la série n’existerait pas.

Sur le plan du Grand 8, The Believers, c’est du snuf à l’envers : on n’est pas dans la démolition live de chair humaine mais dans la « réanimation » d’âmes prématurément dissoutes. Et « live », là aussi, puisqu’ils prennent le soin d’appuyer, comme si c’était en temps réel, pile où ça fait peur ; sur la touche « désorientation » du cerveau ; la caméra épaule en tant que pied d’appui pour faire contrepoids avec la tension qui monte, qui monde, qui monte… Et la notion de réalité matérielle qui dégringole, en deux temps trois mouvements (de caméra, donc).

Si le corps est tendu tout entier, c’est d’abord la main qui l’est (dans le vide, la question « Y a quelqu’un ? » prend alors une autre dimension), tendue intimement, en fait, vers le spectateur-sujet qui suit Sandy et Jo en plein tâtonnement dans le monde parallèle. Sur la même ligne funambule qu’eux – question identification, on est forcément du côté des vivants – jusqu’à ce qu’elle se brise, la ligne, quand celle de l’autre côté vient s’en mêler. Pour apporter les fameuses « preuves » (oui, il semblerait qu’il y ait quelqu’un) et, simultanément, encore plus de doutes (qui et quoi exactement ?).

Si le fil est tremblotant, le sujet lui-même est, évidemment, casse-gueule à l’extrême. Surtout en France. Pas pour rien, non. Pas tant un hasard quand le paranormal renvoie automatiquement à une imagerie cheap presque plus atroce que le petit catalogue d’une sauterie scientologue. Pas un hasard, quand, vers 2-3h de la nuit, un reportage TV toc toc et en toc vient nous flinguer la rétine encore fraîchement gonflée par l’alcool et la pollution. Étrange aussi que les cinéastes d’ici, qui se sont plus ou moins penchés sur la question, ont été tourner plus loin que sur nos terres : pour le rappel, Gothika de Kassovitz a été réalisé aux States, Martyrs de Laugier, au Canada ; Enter The Void de Noé, au Japon ; (Fantôme avec Chauffeur de Gérard Oury a été conçu à Paris, lui). Un hasard ?

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Pour Sandy et Jonathan les premiers, le paranormal provoquait jadis ce que… le paranormal provoque chez la plus grande proportion de terriens : un éclat de rire ironique qui maquille sans doute la trouille profonde de ce qu’on peut appeler littéralement pour une fois l’inconnu. Un délire d’illuminés à évacuer de l’esprit, une espèce de parasite à chasser comme… les bons vieux fantômes dans Ghostbusters. Mais.
De l’au-delà a coulé sous les ponts. Sandy et Jo sont revenus, à la fois « de loin » et « sur leur position ». Quant au spectateur, il reste encore un peu plus, euh, désorienté (ce qui veut dire que c’est réussi) : il ne peut pas croire, il n’a pas vu, c’est différent, on lui a montré. Dans l’une des petites vidéos qui présente The Believers, Jo précise : « on cherche à ce que les gens se posent des questions, plus qu’à leur apporter des réponses », incitant ces mêmes gens à bloquer leur week-end pour aller voir là-bas s’ils y sont, les esprits. En attendant à notre tour, si l’envie nous en prend, de tenter l’immersion, voici quelques questions qu’on serait tenté de se poser en visionnant The Believers. Et les réponses, qu’il va bien falloir qu’ils apportent, pour nous éclairer dans le noir. Interview sur le fil.

Sandy, dès les début du premier épisode, tu annonces que le point de départ de cette aventure provient d’un drame personnel mais tu ne précises pas lequel. Est-ce que ce serait indiscret de te demander ce qui s’est passé ?

Sandy : J’ai enterré une amie très proche, quelqu’un qu’il ne fallait absolument pas toucher. Impossible de faire mon deuil. En même temps, je cherchais une nouvelle thématique à développer pour avancer sur un docu. Je me suis alors posée la question : qu’est-ce qu’on en sait, de la mort, aujourd’hui ? J’ai constaté qu’aux États-Unis, il y avait moins de tabous là-dessus, on peut facilement affirmer qu’on croit à une existence au-delà de la vie sur Terre sans passer pour un dégénéré ; des spécialistes font des recherches sérieuses sur la mort et certains possèdent, par exemple, des preuves audio relativement infaillibles, ce qui suscite encore plus le doute, forcément. Je me suis mise en tête d’ aller à leur rencontre. Et, parallèlement, avec Jonathan, on a été témoins de poltergeist, un signal fort. J’y suis allée, Jo m’a suivi.

L’un comme l’autre, avant de vous lancer là-dedans, vous n’étiez pas familiers au monde du paranormal.

Jonathan : Plus jeune, j’ai vécu plusieurs histoires flippantes que je cherchais à mettre définitivement sous le tapis. Quand des amis me parlaient de telle anecdote en rapport avec le paranormal ou me racontaient le passage de tel film d’horreur, je préférais me boucher les oreilles. The Believers, c’est du gonzo, comme quand Thompson partait faire du Dakar, qu’il n’y connaissait rien et qu’il y restait perpet’. Un peu une quête à la Indiana Jones. On a jamais été bercé par le paranormal, on cherche juste à communiquer avec des personnes décédées il y a longtemps. Le problème, dans ce genre d’émissions, c’est qu’ils nous renvoient systématiquement à la dualité Paradis/Enfer. Et après ils se plaignent que les spectateurs n’accrochent pas ! C’est logique : s’il y a bien un angle d’attaque qui sépare les foules d’office, c’est bien la religion. On essaye plutôt de montrer que l’ésotérisme et le scientifique ne sont pas si séparés que ça.

« Si quelqu’un me dit que son HLM est possédé, c’est intéressant pour nous mais, à l’écran, ça donne quoi, visuellement ? »

Mais vous vous rendez vous-même dans des endroits connotés (châteaux, manoirs…) qui génèrent d’emblée une certaine ambiance. Vous n’avez pas eu envie d’aller dans des lieux plus lambda, moins liés au surnaturel ?

Jonathan : Il faut toujours demander l’autorisation aux propriétaires. On n’est pas dans une opération de chasseurs de trésors, prêts à scanner n’importe quel champ qui ne nous appartient pas. Et puis, on ne plaisante pas avec ça. La plupart des châteaux dans lesquels on va ne sont pas habités durant l’année. Si on choisit ce type d’endroits, c’est parce qu’on aime démarrer avec un cadre narratif fort ; dans chaque épisode, il y a une dizaine de minutes de mise en contexte historique ; on ne veut pas s’introduire directement au beau milieu des lumières vertes. Si quelqu’un me dit que son HLM est possédé, c’est intéressant pour nous mais, à l’écran, ça donne quoi, visuellement ? Question esthétisme, si on fait une émission dans un immeuble basique, ça n’a pas de gueule. Alors que s’immiscer dans des manoirs, plus tard dans des prisons, des vieux hôpitaux ou autres, ça en a. On partage nos aventures, tout est vrai, on écrit rien donc il faut que la source, les lieux que l’on choisi soient suffisamment fort en eux-mêmes. Il faut penser qu’on fait un show.

Justement, on n’a pas trop l’habitude de voir ce genre de show en France, dans le fond comme dans la forme. Sur le paranormal, il y a des reportages souvent plus que too much, pas des docu-séries. En revanche, aux États-Unis, Ghost Adventures, votre référence directe, cartonne.

Sandy : On adore Zak Bagans, on l’a même rencontré. Pour la petite histoire, on ne trouvait personne pour livrer un point de vue sur l’une des meilleures « preuves » qu’on détenait lors de notre pilote et, bam, le lendemain, on tombe sur qui ? Zak et son équipe, en plein tournage d’un nouveau projet documentaire NetherWorld : Paris Catacombs. J’ai fini par enquêter à ses cotés (émission diffusée en avril dernier sur Travel Channel – NdA). Ça a été un nouveau signe que j’étais sur la bonne route avec The Believers. Hors caméra, on a montré nos preuves à son technicien Billy Tolley; le mec a attrapé l’iPhone et a été subjugué. Sinon, en Angleterre, ce genre d’émission existe : sur le web, il y a deux séries qui font des centaines de milliers de vues. Et il y a, par exemple, beaucoup d’hôtels qui ont pignon sur rue et qui proposent d’aller dans un manoir hanté avec la location de tout le matériel pour interagir.

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Allons dans le vif du sujet, la preuve dont tu viens de parler, c’est celle qui se trouve à la fin du premier épisode : la captation d’une présence translucide qui tournoie sur un mur.

Jonathan : Si tu regardes bien le plan, l’ombre sort du mur, elle se déplace, va où elle veut, se stoppe quelque temps. Il y a une vraie intelligence dans le mouvement. Si tu analyses la courbe, il n’y a aucune symétrie. Pourquoi cette lumière bleue sort ? Pourquoi la forme change ? Quand on dit que ça ressemble à un visage, on pose un point d’interrogation, on met des guillemets ; d’un seul coup, ça change et, quand ça revient sur Sandy, on dirait une boucle. On n’a pas envie d’en faire des pataquès mais, si tu vas dans le détails, si tu mets des calques, ça donnera sûrement un résultat dingue. Dans un vrai laboratoire vidéo, ils peuvent savoir s’il y a des retouches ou pas, comme pour une image photoshopée ; dès lors que tu as changé quelque chose, tu ne le vois pas mais c’est signé. Du coup, on garde précieusement l’image sur l’iPhone, on ne sait jamais. Un mec sceptique l’a vu : direct, pour lui, il s’agit de phares de voiture, rien d’autre ! Bon, il était 2h du matin, à des kilomètres de la civilisation, au deuxième étage d’un château… Pfff… Nos vies, ce n’est pas que deux microbes qui ont baisé ensemble. Mais je peux comprendre. Même moi, après le château de Fougeret, alors que je l’ai vécu et ressenti intensément, une semaine après, je restais persuadé que c’était que du bullshit. Il nous a fallu un petit temps d’adaptation pour défoncer cette espèce de cadenas qu’on a tous en nous.

Vous avez réussi à enregistrer des voix avec différents grains et intonations. A un moment, on y entend notamment un « merci » qui sort de nulle part.

Sandy : Oui, les voix diffèrent ; on a obtenu des voix disons… humaines, d’autres plus d’outre-tombe. Le « merci » obtenu à Fougeret sonne un peu enfantin. Dans d’autres enquêtes, on a eu des voix totalement différentes : dans un prochain épisode, on y entend mon prénom prononcé par une voix plus éraillée et fluette. Un « Me Voilà » aussi, avec un grain plus féminin et spontané. Enfin, une entité qui a dit « Amen » lors de notre passage au Château de Puymartin.

Le « merci », c’est en réaction à quand tu préviens que tu arrêtes de filmer. Alors que c’est faux, l’iPhone continue d’enregistrer. C’est astucieux mais ça voudrait dire que les morts ne voudraient pas apparaître à l’écran ?

Sandy : Ça nous est arrivé plusieurs fois. Quand on dit qu’on stoppe les caméras, hop, ça arrive. Ça reste purement théorique mais peut-être que quand le corps humain est tendu, il dégage une réaction particulière – vu qu’on est en position ninja, sur le qui-vive, que tous nos sens sont décuplés. Peut-être que cette pression crée une barrière qui les empêche d’approcher.

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Aussi pour faciliter la communication, vous y allez en équipe réduite : dans le pilote, il y a Jonathan, une médium et toi, puis Pascal Jaubert. Autant je trouve vos preuves sidérantes, autant les médiums me laissent perplexes, comme, je pense, pas mal de gens. Comment est-ce qu’on prétendre percevoir ce que le commun des mortels ne perçoit pas ?  

Sandy : Je vais te prendre le cas de Christelle Dubois, avec qui nous avons déjà travaillé, qui nous a expliqué comment elle était devenue médium. Enfant, suite à un accident, elle a fait une NDE (une expérience de mort imminente ; quelqu’un comme Dave Gahan, suite à une overdose, en avait fait une, par exemple – NdA). Contrairement à tout le monde, elle n’a pas vu le fameux tunnel, elle se trouvait déjà de l’autre côté, son grand père l’attendait ; elle ne l’avait jamais vu mais elle l’a reconnu. Au réveil, elle savait qu’un phénomène étrange s’était passé puis elle s’est mise à entendre des voix. Comment elle pouvait savoir qu’elle ne devenait pas folle ou schizophrène ? Elle distinguait des voix précises. Au début, elle voulait les rejeter, ses parents partaient du principe qu’elle rêvait, rien de plus. Aujourd’hui, elle est aide-soignante, elle fait des soins palliatifs et se trouve à la tête d’une association qui aide les gens à dépasser leur deuil.

Jonathan : D’ailleurs, on lui a demandé : avec tous les cas de réveils après une mort clinique, vous devez bien parler entre infirmières ? Vous devez en voir des phénomènes étranges ? Évidemment. Des gens qui se sont réveillés et qui ont eu telle ou telle vision, il y en a plein, mais chut, personne n’en parle ; non seulement on va se foutre de ta gueule mais, en plus, tu risques te faire virer. Pour aller plus loin, je me demande comment un enfant de 4 ans arrive à décrire le paradis. Ou alors ça veut dire que, dès qu’on vient au monde, on est formaté par la religion. Pourquoi, dans ta base de données, on t’a enregistré une vision du paradis ? Les scientifiques sceptiques estiment qu’au moment de mourir, c’est le bordel dans le cerveau, ça explose et ça crée l’image d’un tunnel et que de gens qui viennent te chercher. Okay, mais comment un enfant de 4 ans peut déjà imaginer ça – ou pourquoi l’homme naît avec l’image de la religion pré-enregistrée crée avec cette image-là ?

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Sur le plan de la perception, est-ce que vous avez déjà essayé d’aller sur le terrain en ayant pris des psychotropes ?

Sandy : On veut vraiment être à 100 % de nos moyens donc non. Big Brother is watching you.

Jonathan : Si on voulait aller plus loin dans nos expériences, il faudrait qu’on aille dans un lieu dit surchargé d’entités, avec une défonce qui tord la vision des énergies et des couleurs, une substance non-hallucinatoire qui briserait la réalité basique et offrirait une nouvelle « vue », qui enclencherait d’autres boutons du cerveau. Si tu regardes cette pièce, tu vois uniquement des étagères. Mais si tu pars sur de la physique quantique, il y a quatre millions d’éléments ; c’est une question de régulation des yeux. Les humains sont limités par leur propre vision. Vis à vis de la vie après la mort, le paranormal, c’est l’invisible : est-ce que ce n’est pas quelque chose qui serait limité à cause… de nos propres yeux ? Des médecins ont fait des scans sur les médiums : ils se sont rendus compte qu’ils avaient une zone plus développée. Bon, ils ne vont pas plus loin parce que ça les fait marrer. Sauf aux États-Unis, encore une fois, où, quand une enquête bloque, ils vont jusqu’à solliciter un médium.

Sandy : D’ailleurs, la série Medium avec Patricia Arquette est inspirée d’une vraie femme, Allison Dubois,qui bosse pour le FBI.

Beaucoup de fictions ont traité la question du paranormal et ils ont ce point commun d’être terrifiants – des films d’Argento à ceux de Shyamalan. Alors qu’au fond, le fait de supposer qu’il y aurait quelque chose après la mort devrait plutôt rassurer tout le monde, non ?

Sandy : C’est vrai, c’est très rassurant de savoir que notre histoire ne se termine pas à notre mort, que quelque chose nous attend. Ce qui l’est moins c’est de se retrouver dans cet univers. On est plongé dans le noir complet : le spectateur peut l’oublier, lui voit tout avec les caméras infrarouge, alors que, sur le moment, il n’y a que le petit écran de la caméra qui nous permet de voir devant nous. Et, personnellement, je n’arrive pas encore à gérer mon corps avec tout ça. Dans les épisodes qui suivent, on évolue dans nos techniques, approches et compréhension. On a été témoins d’autres manifestations bien flippantes qui m’ont tétanisé de la tête aux pieds ; c’est quelque chose que je n’arrive pas encore à maîtriser. C’est l’inconnu de tout ce monde qui me fait peur.

« Si à 20h on donnait la preuve ultime qu’il y a une vie après la mort, les gens deviendraient cinglés. »

Dans The Believers, ce ne sont pas les mouvements de caméras, les gros flashs ou les cris qui font peur mais bien les silences qui tétanisent.

Jonathan : On ne voulait surtout pas sur-jouer la peur. Pas foutre de reconstitutions d’images ou d’illustrations qui angoissent pour angoisser. Si ça fait flipper, c’est que la réalité fait flipper. On n’a rien à gagner à faker deux ans de notre vie.

Ce qui fonctionne bien aussi, c’est l’identification ; par exemple, quand vous avez froid, on a froid.

Jonathan : Il fallait que le spectateur se sente comme une quatrième personne. Ce n’est pas jouer, il y a une crédibilité dans les visages.

Sandy, tu es comédienne.

Sandy : Oui et j’ai peur là aussi qu’on me tombe dessus.

Jonathan : En creusant dans le background de Zak Bagans, des gens ont vu qu’il avait pris des cours d’acting pour présenter son émission. Du coup, il a été sur-critiqué parce qu’il est considéré comme « acteur » alors qu’aux États-Unis, c’est normal : quand les mecs se lancent dans une émission, ils prennent des cours. Donc s’il y en a qui cherchent et qu’ils voient que Sandy est actrice… Mais bon, de toute façon, on doit s’attendre à se faire fusiller pour x ou y raison.

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Sur le plan des réactions, on pourrait dresser trois catégories de personnes : celles qui, comme toi Jonathan avant, préfèrent refouler toute éventualité d’existence post-mortem, celles qui n’y croient pas catégoriquement et celles qui doutent ou croient à l’invisible.

Jonathan : Imagine… Si à 20h on donnait la preuve ultime qu’il y a une vie après la mort, les gens deviendraient cinglés. Nous, on essaye de trouver des pistes visuellement, avec du bon matériel. Mais une fois qu’on aura prouver, on voudrait savoir comment ça fonctionne. Je vais te donner un exemple : il y a encore 5 ans, les scientifiques rigolaient quand quelqu’un affirmait qu’il rêvait en pouvant choisir ce qu’il voulait faire et où il voulait aller. Puis ils ont fait des tests, ils sont aller loin : pendant le sommeil, ils ont donné un clavier à quelqu’un qui dormait, le mec tapait les mots. C’est donc désormais prouvé que tu peux prendre conscience dans ton rêve. Maintenant, reste à savoir comment ça fonctionne. Quand tu arrives dans un rêve, tu ne connais pas toi-même le point A ; quand tu arrives, tu en es déjà à F ; et la fin, c’est en wake up. Qu’est-ce qui t’y emmène ? Un mec disait qu’il adorait la montagne et qu’il voulait escalader le K2. Et il rapportait que, dans son rêve, il y était allé, il s’était même assis dessus. On l’a prouvé à un scientifique qui ne croyait pas aux rêves et qui défendait l’idée selon laquelle le cerveau ne peut imaginer que ce qu’il a déjà vu. Le type l’a déjà monté, le K2 ? Non ! Il a vu peut-être des documentaires, des photos sur le web, mais là, il l’a escaladé, l’a touché, l’a ressenti. C’est là que ça bloque : comment le mec a pu imaginer à 100 % son K2 ? Il y a quelques années, on se foutait de la gueule de ce genre d’histoire. Pareil pour le paranormal : peut-être que dans 5,10 ans, on prendra ça plus au sérieux. Mais je reste très confiant, la science bouge vraiment ces dernières années.

C’est fou, cette histoire : ça voudrait dire qu’on aurait une double vie, une pendant l’éveil, une autre pendant le sommeil…

Jonathan : On ne sait pas où ça va aller, tout ça. Peut-être qu’on va permettre aux gens de dormir pendant 20h et faire en sorte qu’ils imaginent ce qu’ils veulent. C’est du Philip K. Dick ! Ces sujets étaient dits paranormaux, aujourd’hui ils sont…

Juste « normaux ».

Sandy : Voilà. Et toi, tu y crois ?

Moi, je ne me considère du tout comme matérialiste. J’ai foi en l’intelligence humaine mais je ne pense pas qu’elle se suffise à elle-même : j’aime croire qu’il y ait toute une part invisible extérieure qui intervienne constamment, tant sur nos choix que sur notre inspiration, par exemple. Toi, tu en penses quoi ?

Sandy : Je pense qu’on a un ange protecteur et j’y crois encore plus aujourd’hui. Quelqu’un m’a suggéré cette idée que je trouve assez plausible : on a tous une certaine route à faire et, tant qu’on n’a pas atteint l’absolu, on se réincarne. Ceux qui, par exemple, se retrouvent emprisonnés dans les maisons dites « hantées » sont, pour certains, ceux qui ont quitté le monde trop vite. Ils sont morts dans un tel état qu’ils n’ont pas eu le temps de monter. Et quand tu te réincarnes, c’est là que tu deviens un ange, un archange – et même quand tu es ange, tu as encore d’autres missions à accomplir, celles d’aider les êtres vivants. Enfin, j’aime bien cette façon de voir les choses, mais rien ne peut être prouvé à 100% aujourd’hui, il faut être patient. Sinon, personnellement, je n’ai aucun doute : il y a une vie après la mort.

Jonathan ?

Avec The Believers, je m’attendais à avoir la confirmation que tout ça, c’est du blabla, comme tout le monde. Aujourd’hui, je me suis pris une grosse réalité en pleine face, une réalité qui dérange, qui peut vraiment faire flipper, voire rendre fou si on ne s’y prépare pas. Je ne conseille à personne de tenter des expériences solo ou même entre amis. Parce que, si vous faites le choix d’entendre ou de voir, vous faites un pas vers eux ; après, il faut assumer qu’à leur tour, ils puissent faire un pas vers vous. Quand on me demande si je regrette ou non d’avoir mis les pieds là-dedans, je ne suis même pas sûr de ma réponse ; je t’assure que la plupart du temps, tu es très loin de te marrer… La simple motivation de comprendre, de trouver des faits, des réponses ne suffit pas face à certain compromis que le paranormal t’oblige à faire. Aujourd’hui quand je me dis « plein le cul de ces conneries, j’arrête », pour me remotiver, je pense aux gens qui ont subi ce monde invisible et qui se sont retrouvés face à l’incompréhension, le mépris et les moqueries. C’est cette envie de justice, l’envie de donner la parole, d’aider les incompris qui me donne encore le courage de continuer.

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